Une fois n’est pas coutume, je change de format pour cet article. Je réponds ici en quelques phrases courtes à des questions que l’on me pose souvent. En général, vous trouverez des réponses plus étayées dans le livre “Épargnant 3.0” ou sur des articles du blog que j’ai déjà dû écrire… ou que je prévois d’écrire.

N’hésitez pas à poster des questions ou à m’en envoyer, j’essaierai d’y répondre. Cela me donnera aussi des idées pour les prochains articles.

 

Quel est le meilleur ETF répliquant un indice “monde” ?

Pour répliquer un indice monde dans un PEA, il n’y a que deux choix. Un ETF de Lyxor et un ETF d’Amundi. Celui d’Amundi est légèrement moins cher (coût par an de 0,38% contre 0,45% par an) et surtout il a un encours bien supérieur. Cependant, le prix de la part du tracker d’Amundi est bien plus élevé que celui de Lyxor. Et comme sur un PEA il n’est pas possible de fractionner l’achat (acheter des bouts d’une unité de trackers), certains pourront préférer le Lyxor. Cela facilite l’achat progressif avec des petits montants. Mais comme je l’explique dans l’article “Quel impact de la fréquence de versement sur votre portefeuille actions?”, vous pouvez aussi espacer votre investissement progressif, et par exemple le faire tous les trimestres plutôt que tous les mois.

Sur une assurance vie, l’assuré n’a en général pas le choix du tracker monde. Le Lyxor Monde non PEA coûte 0,3% par an, donc légèrement moins cher que l’Amundi (qui n’a pas de version différenciée PEA et hors PEA). Le Lyxor est distribuant, ce qui fait que les dividendes vont sur le fonds en Euros. C’est moins bien qu’un capitalisant mais pas réellement grave. Il faut essayer d’éviter le Lyxor DJ Global Titans (soit disant un ETF « Monde ») et préférer les ETF suivant l’indice MSCI World. En effet, l’indice DJ Global Titans est concentré sur uniquement 50 valeurs (contre 1500 sur le MSCI World), à 70% américaines. Par ailleurs, de manière générale, les très grosses entreprises performent moins que le reste du marché. Puissance Séléction du courtier Assurancevie.com et de l’assureur E-cie vie Generali a l’offrte la plus large. On a en plus le choix avec le Lyxor All World qui intègre les pays émergents et le iShares Core MSCI World, qui ne coûte que 0,2%. Une excellente option.

Le CTO est à manier avec précaution, car sa fiscalité est hasardeuse et changeante. Mais le trackers iShares Core MSCI World est une option à étudier. Pour avoir plus d’informations sur comment investir en ETF sur un CTO vous pouvez vous référer à cet article.

 

Faut-il diversifier les émetteurs de trackers ?

Comme je l’explique dans cet article, je ne pense pas que l’investissement en ETF soit très risqué. Le risque de “faillite” d’un ETF est à peu près équivalent à celui du grande banque française.

Mais, de manière générale, il est plutôt sain de diversifier, alors oui pourquoi pas diversifier si l’on fait un portefeuille d’ETF. Mais je ne pense pas que ce soit une raison suffisante pour faire un portefeuille de trackers plutôt qu’un unique ETF Monde.

 

Que penser des matières premières ?

Les matières premières ne rapportent rien (il n’y a pas de dividendes), ce n’est donc pas l’idéal dans un portefeuille. Mais étant décorrellées avec les autres actifs il peut y avoir un intérêt. En ajoutant des matières premières dans son portefeuille, on réduit la volatilité et la perte maximale … mais aussi, assez probablement, la performance. C’est un choix, qui peut être valable pour des investisseurs.

Mais l’autre problème est que les ETF Matières Premières s’appuient sur des contrats futures et non des prix spot, ils sont donc par nature assez souvent perdants. Ces ETFs ne me semblent donc pas devoir intégrer un portefeuille financier. C’est un sujet un petit peu technique, mais vous trouverez des informations plus détaillées dans cet article.

Il y a aussi ce que l’on appelle les « Managed Futures » qui font du momentum sur les matières premières (ainsi que sur les devises, actions, obligations, etc.). Ils peuvent être dignes d’intérêt ; mais l’offre est complexe et les coûts sont élevés.

 

Est-ce qu’il y a des OPVCM dignes d’intérêt ?

Il y a assez peu de cas où les fonds actifs classiques, fortement chargés en frais (plus de 1,5%) sont dignes d’intérêt. Pour rappel, dans le dernier bilan de l’AMF, on peut voir que les frais moyens 2016 des fonds en actions françaises ont été de 2,2%, c’est absolument énorme. Pour plus d’informations sur l’intérêt des ETF par rapport aux OPVCM, vous pouvez lire cet article.

Cependant, il existe des cas ou les fonds classiques peuvent avoir un intérêt.

Par exemple, le fonds Indépendance et Expansion a une approche smart beta « France-small-value-quality (et peut être momentum) ». Il n’y a pas de telle offre du côté des ETF. Cependant, il n’est plus possible d’y souscrire.

L’ETF disponible sur le PEA-PME est vraiment peu attrayant. On peut se diriger vers des fonds actifs. Ils ont en plus l’avantage d’investir dans toute l’Europe. Pour plus d’informations sur le PEA-PME, vous pouvez lire cet article.

 

Faire un simple mix d’ETF monde et fonds en Euros est-il toujours valable ?

Oui ! Les fonds en Euros sont la partie sécurisée de votre patrimoine. Cette part de votre patrimoine n’a pas pour première vocation à fournir du rendement (même si c’est toujours préférable). Elle cherche à limiter les baisses et à vous fournir de l’argent quand vous en avez besoin. Cependant, en cas de crise systémique, la liquidité des fonds Euros pourrait ne pas être parfaite (vous pourriez avoir du mal à retirer votre argent). Il ne faut donc pas mettre toute son épargne de précaution dans ces fonds.

Cette partie de ce patrimoine est aussi utile pour rééquilibrer votre portefeuille financier. Lorsque les actions subissent une chute importante, vous vendez ces fonds en Euros pour acheter des actions.

Les fonds en Euros ne sont tout de même pas parfaits. Ils sont notamment très opaques. Contrairement aux ETF. Pour plus d’information sur les fonds en Euros, vous pouvez lire cet article.

Pour la partie actions, quoi que l’on pense du monde aujourd’hui, avoir un portefeuille diversifié géographiquement est certainement une sage décision. Les États-Unis ont un marché qui est particulièrement haut par rapport aux marchés des autres zones géographiques, mais c’est le résultat de l’intelligence collective (de tous les spécialistes du monde), et il est difficile de battre cette intelligence collective. D’ailleurs, cela fait au moins cinq ans que l’on entend que le marché américain est trop haut, et pourtant il surperforme le reste du monde chaque année depuis. Pour plus d’information sur la valorisation des marchés, vous pouvez lire cet article. Il essaye aussi d’imaginer la performance future des différents actifs.

 

Vu l’état économique de la France, elle pourrait faire défaut. Que va-t-il se passer avec les fonds en Euros et les autres actifs ?

Au-delà des considérations politiques, vu l’endettement de certains pays, dont la France, on peut s’interroger sur l’avenir de certains actifs et notamment des fonds en Euros.

Les fonds en Euros sont composés pour une large part en obligations d’État, mais pas uniquement, et pas uniquement l’État français. Donc le problème ne me semble pas uniquement lié à la France, mais à l’ensemble des états fortement endettés … et ils sont nombreux. Et si vous prêtez à un pays peu endetté, donc plus sûr, vous aurez un rendement inférieur, voire nul. Regardez les taux d’emprunt de l’Allemagne.

Quel serait l’impact d’un défaut de la France sur les fonds en Euros ? Fort bien sûr. Mais il serait fort sur votre salaire, votre immobilier, votre banque, votre assureur et plein d’autres choses.

Être diversifié, notamment en actions mondiales, permet de limiter ce risque. En ce sens, avoir un portefeuille diversifié en actions en complément des fonds en Euros est moins risqué qu’un portefeuille uniquement en fonds en Euros. Et oui … les actions pour faire baisser le risque !

Si vous avez des actions dans un PEA (ou CTO), vous en êtes propriétaire, vous encourez le risque des baisses de ces actions. Votre courtier ne devrait pas être impacté par la faillite d’un Etat, mais de toutes les façons l’impact devrait être limité.

Si vous avez ces actions dans une assurance vie, vous n’en êtes pas propriétaires. L’assureur est propriétaire de ces actions et a une créance envers vous. Si l’assureur fait faillite, vous aurez du mal à récupérer tout votre argent. L’assurance vie luxembourgeoise est réputée plus protectrice des épargnants, j’ai prévu de faire un article à ce sujet. Mais vous pouvez aussi lire cet article sur les risques des fonds en Euros.

Cela étant tout cela est théorique, on ne sait pas vraiment ce qu’il se passerait dans ce cas là.

 

S’il n’y avait qu’un livre à lire ?

Revenons à des choses plus maîtrisables et plus réjouissantes.

En français, les placements de l’épargne à long terme de JF de Laulanié, qui a été mis à jour en 2016.

En anglais, au choix :

Pour d’autres idées de livre sur l’investissement passif, n’hésitez pas à lire cet article.

Mais surtout mon livre Épargnant 3.0 … 8€ en format papier, et 5€ en Kindle. D’ailleurs, n’hésitez pas à mettre un commentaire sur Amazon si vous l’avez aimé. Et aussi, parlez-en autour de vous.