ETF MONDE : QUEL EST LE MEILLEUR ?

ETF MONDE : QUEL EST LE MEILLEUR ?

Quel est le meilleur ETF Monde ? Avant de répondre à la question, ne tergiversons pas, la plupart des ETF sont des bons choix dès lors qu’ils suivent des indices larges et connus. La méthode la plus simple pour choisir un ETF est de s’assurer que son encours est suffisant (afin d’éviter qu’il ferme) et que ses frais de gestion restent contenus.

Comme je l’ai détaillé dans le livre « Créer et piloter un portefeuille d’ETF », il est possible d’aller plus loin. Pour cela, il faut étudier cinq points :

  1. L’indice suivi
  2. Le type de réplication
  3. L’éligibilité aux différentes enveloppes fiscales et la place de cotation
  4. La qualité de suivi de l’indice
  5. La liquidité

Honnêtement, ce n’est pas très simple, car les données ne sont pas facilement accessibles. Mais faisons le test sur les ETF Monde. Nous allons regarder de plus près les trackers suivants :

  • AMUNDI ETF MSCI WORLD UCITS ETF – EUR
  • iShares Core MSCI World UCITS ETF – USD
  • iShares MSCI World UCITS ETF (Dist) – USD
  • LYXOR UCITS ETF MSCI WORLD – D – EUR
  • LYXOR UCITS ETF PEA MSCI WORLD – C – EUR
  • SPDR MSCI ACWI IMI ETF – USD
  • SPDR MSCI ACWI UCITS ETF – USD
  • Vanguard FTSE All-World UCITS ETF – USD
  • Vanguard FTSE Developed World UCITS ETF – USD

Les différents indices suivis par les ETF Monde

Pour avoir des détails sur l’indice suivi il faut se référer aux “factsheets” produites par les émetteurs de ces indices. En général, il suffit de rechercher le nom de l’indice plus le mot « factsheet » dans son moteur de recherche préféré.

On peut voir que :

  • Le MSCI World est indice suivant les actions de 23 pays développés et est constitué de 1652 entreprises.
  • Le MSCI ACWI est un indice suivant les actions de 23 pays développés et 24 pays en développement, soit 2491 entreprises.
  • Le MSCI ACWI IMI suit les pays développés et en développement, mais en y ajoutant les petites entreprises (small caps). Cela fait tout de même 8603 entreprises, accessibles en quelques clics de souris.
  • Le FTSE Developed World suit les pays développés, en comprenant des petites capitalisations. Il y a 2130 constituants. C’est plus que le MSCI World, mais moins que le MSCI World IMI, qui compte 5936 constituants. C’est donc un indice un peu plus small que le MSCI world, mais pas nettement. Un autre point permet de vérifier cela : la capitalisation médiane du FTSE Developed World est de 7,3 Mds $ tandis que celle du MSCI World est de 10,1 Mds $. Un autre point de différence aussi, la Corée du Sud est classée en pays développés chez FTSE (1,9% de la capitalisation de l’indice) et en pays émergents chez MSCI. Par exemple, Samgsung pèse 0,5% de l’indice (la 23e plus grosse capitalisation de l’indice). À noter que sur 5 ans, le MSCI World et le FTSE Developed World ont tous les deux eu une performance annualisée de 7,6% en dollars (gross return).
  • Le FTSE All World suit les pays développés et émergents. Il y a 3153 constituants. C’est plus proche des 2491 constituants de l’ACWI que des 8603 de l’ACWI IMI.

Le type de réplication

Pour en savoir plus sur le type de réplication des ETF, vous pouvez vous référer à l’article « Les types de réplication et les risques associés ». Les informations sur le type de réplication sont aisément disponibles sur les sites web des émetteurs.

Les ETF de Lyxor et d’Amundi sont à réplication indirecte, encore appelée réplication synthétique.

Les autres ETF sont à réplication physique. Mais il y a une nuance. Certains achètent l’ensemble des titres de l’indice et pas d’autres :

Les ETF de Vanguard ont autant de positions que dans l’indice de référence

Le site web d’iShares indique qu’ils sont à réplication physique optimisée. Ils détiennent donc un sous-échantillon de l’indice. Cependant, étonnamment, lorsque l’on regarde la liste détaillée des positions il y a bien 1650 lignes, tout comme dans le MSCI World.

Les ETF de SPDR sont à réplication physique optimisée. L’ETF suivant le MSCI ACWI a 1903 positions alors que l’indice a 2491 constituants. L’ETF suivant le MSCI ACWI a 952 positions alors que l’indice a 8603 constituants. On se serait attendu à ce que l’ETF suivant l’indice le plus large ait plus de positions, mais ce n’est pas le cas.

L’éligibilité aux enveloppes fiscales et la place de cotation

Les informations sont disponibles sur le site web de l’émetteur et chez votre courtier. Parfois certains ETF censés être éligibles au PEA ne le sont en fait pas chez votre courtier (c’est par exemple le cas pour certains ETF de SPDR). C’est le site web d’Euronext qui fait fois, mais parfois le courtier ne change pas d’avis.

L’ETF d’Amundi est éligible au PEA.

Lyxor a une gamme spécifique PEA. L’ETF classique est disponible sur de nombreuses bonnes assurances vie.

Les autres ETF ne sont disponibles que sur le Compte Titre Ordinaire (CTO).

À noter que certains sont capitalisants et d’autres distribuants. Cela n’a pas d’influence sur les enveloppes capitalisantes telles que le PEA et l’assurance vie, mais a un impact sur le CTO. Nous en avons déjà parlé dans l’article sur la nouvelle fiscalité, mais nous en reparlerons.

Aussi, si ces ETF sont tous cotés sur Euronext (Paris ou Amsterdam), ce n’est pas toujours le cas. Et passer un ordre sur une bourse hors Euronext coûte plus cher. Il faut donc être attentif.

La qualité de suivi de l’indice

La qualité de suivi de l’indice se mesure selon deux critères :

  • La « tracking difference » qui est l’écart à l’indice sur le long terme (souvent à un an)
  • Le « tracking error » qui est la volatilité des écarts à court terme (journalière, par exemple)

Ça se complique un peu maintenant, car les données sont moins facilement accessibles.

Pour la tracking difference vous pouvez aller sur le site web de Morningstar ou de Quantalys.

Si l’on regarde sur Morningstar on voit par exemple, que la performance à cinq ans est de 13,42% pour l’ETF d’Amundi 13,35% chez Lyxor (en comptant le versement des dividendes de l’ETF qui est un ETF distribuant). Mais en allant chez Quantalys c’est l’ETF de Lyxor qui est devant (toujours sur cinq ans) : + 90,11% contre 87,11% pour Amundi. J’essaierai de me renseigner sur l’origine de cette différence.

Le tracking error ne se trouve pas facilement.

Mais il y a aussi le site web Trackinsight, qui est justement un outil d’aide à la sélection des ETF. Dans la version gratuite, vous avez accès (notamment) aux informations suivantes :

  • L’encours
  • L’indice suivi
  • Le type de réplication
  • Les places de cotations
  • Une note de suivi de qualité de l’indice (de 1 à 5)
  • Une appréciation sur les composantes de suivi de l’indice (bon ou mauvais)

Voici à quoi cela ressemble :

Trackinsight

Il faut noter qu’ils utilisent en plus de la tracking difference et du tracking error deux indicateurs :

  • Le Hurst Exponent qui identifie la capacité de l’ETF à continuer à bien performer (un bon ETF a un Hurst supérieur à 50%).
  • Le Kurtosis qui mesure la fréquence des écarts extrêmes par rapport à l’indice

C’est vraiment un endroit incontournable pour ben choisir un ETF.

J’ai la chance d’avoir accès aux informations plus détaillées disponibles sur Trackinsight. J’ai reproduit de nombreux chiffre dans le livre « Créer et piloter un portefeuille d’ETF » et pour de très nombreux ETF.

Voilà ce que cela donne pour les ETF Monde dont nous venons de parler (l’ETF Developed World est trop récent pour être noté, car les chiffres sont sur trois ans):

ETF World

L’ETF Monde d’Amundi suit assez précisément l’indice à la fois sur le long terme et le court terme. Le hurst component est bon, mais pas le Kurtosis. La note est donc de 4 sur 5.

C’est la même histoire chez Lyxor. Il a une performance légèrement supérieure à Amundi pour la version classique. Étonnamment le Kurtosis est excellent sur la version PEA ! C’est l’ETF le mieux noté, mais l’encours est très faible à 9 millions d’Euros.

L’ETF Monde de Vanguard a une tracking difference équivalente, mais un tracking error moyen, un hurst exponant inférieur et un mauvais Kurtosis. Au final la note est de 1 sur 5.

L’ETF de la gamme historique d’iShares est assez cher à 0,5% par an et au final c’est celui qui a la moins bonne performance de long terme. En revanche, l’ETF de la gamme Core ne coûte que 0,2% par an et la performance de long terme est excellente. Cependant le Hurst et le tracking error sont moyens. Cela lui vaut une note de 2 sur 5.

Lest ETF de SPDR ont une surperformance importante par rapport à l’indice. Mais comme c’est une réplication partielle (optimisée) de l’indice cela peut être dans un sens comme dans l’autre sens. Ce qui fait que les autres indicateurs s’en ressentent et la note est de 2 sur 5.

Regardons ce que cela donne sur un an pour deux ETF

L’ETF Monde de Lyxor a vu sa performance relative a l’indice augmenter assez régulièrement. L’écart journalier (mesuré par le tracking error) est extrêmement stable. Il n’a jamais dépassé -0,01% !

L’ETF Monde de Vanguard a vu sa performance relative à l’indice diminuer. Par ailleurs, vous voyez qu’il y a clairement des petits soubresauts et parfois (très rarement) des grands écarts (allant jusqu’à -0,2%).

Pour aller plus loin, regardons ce que celà donne pour l’ETF Monde d’Amundi et celui de Lyxor.

ETF Monde : suivi de l'ind

L’ETF Monde d’Amundi a une performance annuelle relative à l’indice qui fait des hauts et des bas entre -0,2% et +0,2%. Il a un tracking error faible, mais on peut observer que l’écart journalier est monté à 0,05% .

La performance relative à 12 mois de l’ETF Monde d’iShares est passée de -0,2% à +0,2%. Comme l’ETF Vanguard on voit qu’il y a des soubresauts journaliers. C’est le cas pour les ETF à réplication physique. Cependant, cela n’a pas entraîné d’écar à 0,05%.

Quelques conclusions intermédiaires :

  • On peut observer que la tracking difference peut (un peu varier) pour un ETF. L’évolution future de cette différence à l’indice est difficilement prévisible.
  • La note synthétique surpondère probablement le tracking error pour les investisseurs de long terme.
  • L’écart journalier avec l’indice est nettement plus stable pour les ETF à réplication synthétiques que les ETF à réplication physique. Normalement, les écarts restent contenus (et ont lieu dans les deux sens), mais il peut y avoir quelques dérapages (de l’ordre de 0,2%).

Le premier point est corroboré par les données du tableau suivant (Source : Morningstar), chaque année c’est un ETF différent qui a eu la meilleure tracking difference :

 

La liquidité des ETF Monde

Tout ça n’est pas facile à analyser, j’en conviens … mais ce n’est pas fini.

Nous venons d’analyser l’écart entre la valeur intrinsèque de l’ETF que l’on appelle la NAV à la valeur de l’indice et il faut désormais se pencher sur le prix en bourse par rapport à la NAV de l’ETF. Dans cet article, je vais me focaliser uniquement sur la liquidité du marché secondaire qui est censé être inducteur de l’écart des prix de transaction avec la NAV.

On peut trouver les volumes de transactions sur une journée sur Euronext (site web d’Euronext ou Boursorama) :

  • AMUNDI ETF MSCI WORLD : 1833 parts * 244€
  • iShares Core MSCI World : 21 500 parts * 44 €
  • iShares MSCI World : 56 000 parts * 37 €
  • LYXOR UCITS ETF MSCI WORLD : 2350 parts *170€
  • LYXOR UCITS ETF PEA MSCI WORLD : 2693 parts * 15€
  • SPDR MSCI ACWI IMI : 3 parts * 104€
  • SPDR MSCI ACWI UCITS : 6 parts * 108€
  • Vanguard FTSE All-World UCITS : 8369 parts * 70€
  • Vanguard FTSE Developed World UCITS : 2 parts * 50€

Sur le site d’Euronext, il est possible d’avoir l’historique au-delà d’une journée, mais je pense que ces chiffres donnent une tendance assez nette.

D’ailleurs, le graphique ci-dessous montre l’historique de nombre de titres échangés par jour sur Euronext pour deux ETF Monde (SPDR  et iShares). J’ai du utilisé 2 échelles, car les volumes n’ont rien à voir.

L’ETF d’iShares a des volumes journaliers moyens depuis le début de l’année de 72 000 unités.
L’ETF de SPDR a des volumes moyens de 400 unités et ça tombe assez souvent sous 10 unités.

 

Est-ce que cela a un impact sur le prix que va payer l’épargnant ? Voyons déjà l’écart entre les prix de clôture et les NAV de clôture sur un ETF avec un faible encours et un volume de transaction moyen.

On voit que l’écart est, l’immense majorité du temps, entre 0,1% et 0,2%. D’un côté ce n’est pas beaucoup pour celui qui investit pour le long terme, mais d’un autre côté c’est autant que ce que va vous facturer votre courtier lorsque vous avez un courtier bon marché.

Comparons désormais l’écart de cet ETF avec celui du Lyxor World classique, mais on intraday et sur l’ensemble des transactions de la journée du 13 octobre 2017 :

Le World PEA a bien un écart de l’ordre de 0,15%. Mais attention, comme le prix de la part de l’ETF est bas, 2 centimes représentent 0,15%. Avoir un prix de la part bas a des avantages, mais aussi des inconvénients.

Le Lyxor classique a des écarts extrêmement faibles par rapport à la NAV. Et ce bien que certaines transactions soient peu volumineuses. Un écart en général de 0,02%. Je penser que l’on peut dire que c’est négligeable.

Autant, je pense qu’il faut éviter les ETF à (très) petits volumes, autant il me semble initule de chercher absolument les ETF à énormes encours (typiquement ceux d’iShares).

L’étude de Lyxor sur la qualité de suivi de l’indice

Lyxor publie une étude sur la qualité de suivi des indides de différtents ETF : « ETF Efficency« .

Elle ne liste pas les mêmes ETF que ceux dont j’ai parlé ici, car ils se placent d’un point de vue Européen et s’adressent aux institutionnels plutôt qu’aux investisseurs particuliers. Il faut donc faire attention à deux choses :

  • Certains ETF ne sont pas cotés sur Euronext
  • La liquidité est analysée sur l’ensemble des bourses sur lesquelles est coté l’ETF. Par ailleurs, ici ils ne mesurent pas le volume ou l’écart à la NAV, mais la fourchette d’achat-vente du cartnet d’ordre (le « bid ask spread » en anglais)

A titre d’exemple, l’ETF voici les volumes pour l’ETF DBX que l’on peut voir sur le site Web de l’émetteur de l’ETF:

On observe que l’ETF n’est pas coté à Paris et que les volumes sont très différents en fonction des places de cotation.

Cependant, c’est tout de même une étude intéressante, dont voici les résultats 2016 pour les ETF Monde:

 

Etude de Lyxor

Lyxor calcule un score synthétique de trois mesures :

  • La différence de performance sur l’année avec l’indice
  • Le liquidity spread qui est le bid ask spread dont nous venons de parler
  • Le tracking error

Ils utilisent aussi ce qu’ils appellent un « scaling factor » qui mesure la « confiance statistique » dans les chiffres.

Il faut lire qu’il a 95% de chance de faire mieux que l’indice synthétique qu’ils appellent l « efficiency measure ».

Alors que peut-on observer ?

  • L’ETF de Lyxor a un tracking error très faible au regard des autres émetteurs. C’est cohérent avec les chiffres de Trackinsight.
  • La tracking difference de l’ETF Monde d’iShares est de loin la meilleure.
  • Le spread est équivalent pour l’ensemble de ces ETF qui ont tous des encours significatifs, à l’exception d’un des ETF de db x-rackers.

 

Conclusions pour l’épargnant 3.0

Dans « Créer et piloter un portefeuille d’ETF », vous aurez de plus amples détails sur l’ensemble de ces concepts. Je pense que cela intéressera bon nombre d’entre vous. Connaître précisément le fonctionnement de ce dans quoi l’on investit est très important.

Cela étant, rester simple est un des principes clés du Lazy Investing. Je répète donc ce que j’ai écrit dans l’introduction : choisir des ETF avec un bon encours, un prix correct et un indice large.

Pour le PEA, les ETF Lyxor et Amundi sont des bons choix. L’ETF Monde de Lyxor est un peu meilleur sur le papier. De plus, il a une valeur de la part faible ce qui facilite les petits investissements. Mais nous avons vu que cela pouvait jouer sur l’écart à la NAV. L’ETF d’Amundi a un encours plus important, ce qui est rassurant. Cela étant le risque majeur d’un petit encours n’est pas la mauvaise qualité de l’ETF (comme nous l’avons vu), mais sa fermeture. Y a-t-il un risque que Lyxor ferme toute sa gamme PEA (ils ont tous un faible encours) ? Je n’espère pas, d’autant plus qu’ils l’ont lancée assez récemment.

Pour l’assurance vie, c’est l’ETF classique de Lyxor qui est pratiquement toujours présent. Un très bon choix.

Pour le CTO, le choix est plus large. Cela va dépendre des critères que chaque épargnant privilégie. Celui qui a rempli sont PEA avec des ETF Lyxor et Amundi pourra se diriger vers le iShares Core MSCI World qui est peu cher, a une bonne tracking performance, un énorme encours et une très grande liquidité. Mais son tracking error est moyen (de manière générale la réplication synthétique est meilleure sur ce plan-là). Cela étant, le tracking error n’est qu’un petit sujet pour l’investisseur de long terme. C’est donc un excellent choix !

 

Par | 2017-11-05T15:01:57+00:00 14/10/17|27 Commentaires

27 Commentaires

  1. olivier103 15/10/2017 à 08:16 - Répondre

    Bonjour,
    Merci pour ce très bon article comme toujours.
    Vous n’avez pas abordé le risque de change (EUR/USD) qui me semble important. Si l’investisseur est essentiellement européen avec un patrimoine financier peu conséquent, il a tout intérêt à investir dans un ETF en EUR et donc, son choix est vite fait 🙂 – surtout si son projet de vie est 100% en zone euro –

    Par contre, si le patrimoine est plus conséquent (je dirais > 100ke à apprécier selon chaque cas), l’investisseur se doit de réduire son risque en investissement sur 2 voire 3 monnaies et donc se pause le choix de la couverture ou bien d’utiliser un ETF « edgé » (couverture intégrée) qui rentre dans son cout.

    Qu’en pensez vous ? Est-il judicieux de passer par des pdt structurés pour cette couverture en plus d’un bon ETF World USD ?

    Dernier point, à titre personnel, je suis de plus en plus dubitatif quant au risque de contre partie et donc des émetteurs d’ETF lors de la prochaine crise financière … mais ce point est un sujet de discussion sans fin …

    Olivier

    • Edouard Petit 15/10/2017 à 08:31 - Répondre

      Bonjour Olivier,

      Disons que si j’aborde tous les sujets … je réécris mon livre. Il y a un chapitre entier sur la couverture de change.

      Mais pour vous répondre :
      – Je ne pense pas que si le projet de vie est Européen il faut investir en Euro. Mais qu’entendez vous par là ? Pour investir en euro, il faut soit investir en en zone euro (ce qui est plus risqué que d’investir mondialement) soit se couvrir en devise. Par ailleurs, je pense que cela dépend de la structure du patrimoine humain (~ses revenus) autant que de sa monnaie de dépense.
      – Donc investir dans un indice monde non couvert permet de diversifier le risque de devise
      – Une couverture en devise coûte cher et n’apporte pas de réduction de la volitilité à moyen long terme. D’ailleurs, êtes vous prêt à passer à côté du PEA pour vous couvrir en devises ? (il y a des ETF éligibles mais ils sont peu nombreux)

      Pour le risque de contrepartie, vous parlez des ETF à réplication synthétiques j’imagine ?

  2. Treffon 20/10/2017 à 00:54 - Répondre

    Bonjour,
    Comme toujours article approfondi et intéressant.

    Cependant je voudrais faire une remarque sur la liquidité et le bid/ask spread : je pense que l’étude de lyxor mesure le bid-ask spread visible sur l’échange.
    Or c’est très différent du bid/ask réel. La plupart des market makers :

    sont prêts à trader une quantité bien supérieure au nombre montré
    sont prêts à trader à un prix plus serré que le prix montré, mais uniquement à leur initiative.

    En fait ça se voit sur certains ETFs (je n’en ai plus en tête, je pense amundi stoxx 600 C6E que j’utilise) : disons que le mid price est à 70€, avec un bid à 69,90 et un ask à 70,10.
    Si on achète avec un market order on tradera à 70,10€. Par contre un limit order à 70,05 a de bonnes chances que le market maker identifie votre ordre comme étant un ordre « retail » venant d’un investisseur particulier (ordre à limite, faible montant) et donc non porteur d’information sur le prix (en gros, c’est juste du bruit aléatoire et non un investisseur informé qui arbitre la valeur de l’ETF avec une news affectant le sous-jacent). Il sera d’accord pour trader à ce prix et enverra un ordre dans la même seconde que le votre.

    Ça m’est déjà arrivé plusieurs fois d’avoir une exécution immédiate à un prix plus bas que le prix affiché.
    Bon c’est du détail, mais c’est pour dire que le bid/ask effectif n’est pas mesurable par le bid/ask affiché à mon avis.

    Je vous conseille cette étude https://am.jpmorgan.com/blob-gim/1383272223898/83456/1323416812894_Debunking-myths-about-ETF-liquidity.pdf
    JP morgan montre que sur un de leurs ETFs, dans les 2 premiers mois, il ont eu 2 très gros ordres, donc un à 4,7 millions de $ (30x le volume moyen journaliers et 1/4 de l’AUM) sans que le prix de l’ETF ou le bid/ask spread ne change.

    Bon il y a peut être un peu de pub dedans mais c’est quand même intéressant

    • Edouard Petit 20/10/2017 à 06:58 - Répondre

      Bonjour,

      Merci pour le lien que je lirai avec attention.

      Je suis d’accord que le concept de liqudité et surtout de son impact n’est pas facile à appréhender ! Il y a la liquidité sur le marché primaire et le marché secondaire, que l’on peut mesure soit par le volume soit par le spread, soit par des indicateurs compliqués (comme le fait Bloomberg, par exemple), et surtout de la liquidité du sous-jacent.
      Il faut regarder l’impact entre le prix payé et la NAV (si tant est que la NAV soit bien calculée …)
      On doit nécessairement faire des approximations.
      Je parle de tout ça dans le livre.

      Aussi, comme les markets makers sont des acteurs du Trading à Haute Fréquence, c’est sûr qu’ils ont des techniques pas toujours facile à comprendre.
      Cela étant sur les grands indices l’écart par rapport à la NAV est rarement très significative.

  3. Nicolas 23/10/2017 à 18:04 - Répondre

    Bonsoir, je lis avec intérêt votre blog; J’ai une Av chez boursorama 50 % fonds Euro, 50 % Ishares core MSCI world. Dois je conserver ce tracker ou arbitrer vers le Lyxor? Merci pour vos conseils

    • Edouard Petit 23/10/2017 à 18:18 - Répondre

      Bonsoir,

      Le problème du tracking error c’est au moment des transactions, donc il ne faut pas bouger à mon avis.

  4. Laurent 01/11/2017 à 18:03 - Répondre

    Bonsoir,
    Je vais débuter mensuellement dans l’investissement en ETF. Si je comprends bien l’investissement minimum est celui du montant de l’action

    Sachant que je souhaite investir mensuellement via un PEA 200 euros sur du MSCI World, quelle est la meilleur alternative au AMUNDI ETF MSCI WORLD, puisque celui ci est est a 250€/action?

    Merci pour vos conseils

  5. Jérémy 04/11/2017 à 19:36 - Répondre

    Bonjour.
    Parmi les ETFs PEA, à qualité comparable (ça se joue « à un poil de cul » si j’ose l’expression :D), ne vaut-il mieux pas aller vers celui avec les frais les plus faibles donc l’ETF d’Amundi ?
    Merci.

    • Edouard Petit 04/11/2017 à 21:04 - Répondre

      Bonjour Jérémy,

      Effectivement, les différences sont faibles. C’est un des intérêts des ETF : peu de chances de se tromper.
      Les deux solutions sont excellentes.
      Je partirai sur celui d’Amundi probablement, car effectivement moins de frais, mais surtout un plus gros encours.

  6. Black 05/11/2017 à 13:20 - Répondre

    Encore un article de référence, qui explique la méthodologie pour comparer différents ETF et choisir celui qui convient le mieux à sa situation.

    Les données fournies par Trackinsight sont vraiment intéressantes.
    Par contre je suis déçu par leur système de notation (la note sur 5) :
    – le poids de la tracking difference est trop faible à mon goût
    – et surtout pour la régularité (tracking error, Hurst exponent, Kurtosis) j’ai l’iimpression qu’ils utilisent des seuils ou qu’ils font des comparaisons interne dans la gamme, ce qui n’est pas un bon indicateur.

    Cela conduit à des aberrations : le Ishares Core obtient 2/5 alors qu’il est clairement meilleur que l’amundi qui obtient 4/5.

    La note sur 5 a donc très peu d’intérêt pour sélectionner un ETF. Il faut donc recourir à la version payante pour avoir accès aux informations détaillées qui là permettent de faire un choix éclairé comme l’a très bien détaillé l’article.

    • Edouard Petit 05/11/2017 à 14:27 - Répondre

      Je suis d’accord, mais Trackinsight s’adresse aux investisseurs de long terme comme nous, mais aussi à ceux qui arbitrent souvent. Et j’ai bien peur qu’ils soient plus nombreux.
      Pour nous, il faudrait surpondérer la tracking difference et la capacité à le faire sur le long terme. Oui, ils utilisent des seuils aussi.
      Je pense aussi que l’ETF d’iShares mériterait une meilleure note que 2/5.

      Je suis d’accord que la version payante est utile. Mais c’est le seul endroit où l’on puisse avoir des données sur la qualité de suivi de l’indice.
      Dans la version gratuite, il y a quand même une indication sur quels sous indicateurs sont bons ou mauvais.

      J’ai mis à jour le texte, précisant mieux que le tracking error n’était pas très important pour l’investisseur de long terme.
      Mais j’ai ajouté aussi un tableau avec la tracking difference par année. Et on voit clairement qu’elle n’est pas persistante. Ce n’est pas toujours l’ETF d’iShares qui était devant.

  7. Black 05/11/2017 à 16:17 - Répondre

    Votre tableau avec l’évolution de la tracking difference est édifiant.
    On voit qu’il est très diffiicile de prédire lequel de ces trois trackers (ishares, Lyxor, Amundi) va mieux performer à l’avenir.
    On en revient au fait que la suroptimisation entre trackers ne va pas faire gagner grand chose.

  8. Pascal 12/11/2017 à 18:55 - Répondre

    merci pour vos commentaires et articles qui sont vraiment très clairs et avec de très bons conseils. je pense ouvrir un PEA avec la repartition suivante:
    65% MSCI world
    15% pays emergents
    10% small cap euro
    10% euro stoxx 50

    j’ai fait ceci pour réduire un peu la part des USA dans l’allocation globale car nous avons deja des investissements en usd aux USA. Qu’en pensez vous?

    et je me mets a lire votre livre!

    Pascal

    • Edouard Petit 13/11/2017 à 07:57 - Répondre

      Cela me paraît très bien.
      J’aime pas trop l’euro stoxx 50 car c’est indice big cap assez concentré, je préfère les indices un peu plus large si vous avez accès à des ETF qui suivent ces indices (Stoxx 600, par exemple). Mais comme vous avez ajouté des small cap euro pourquoi pas.
      Réduire la part des USA est une possibilité tout à fait intéressante aussi.
      Vous avez aussi surpondéré les émergents pourquoi pas.

      Mais vous allez trouver plein de réponse sur le livre « Créer et piloter un portefeuille d’ETF », si c’est celui ci que vous avez acheté.

  9. Bonjour Edouard,

    Merci pour cet article. J’ai acheté ton livre cet été et je suis ravi de ta méthode d’investissement. Je passe plus de temps à gérer mes autres projets et je suis moins stressé avec mon PEA ahah !

    Une question me taraude cependant, je suis investi sur Amundi MSCI world sur mon PEA et je n’arrive pas à saisir le danger du risque de change. En effet, une partie du produit est composée d’actions en dollars, de fait, on est exposé (en partie) au risque de change sur ce produit, venant alors grever notre perf. Pourrais-tu faire un point à ce sujet s’il te plait ?

    Merci à toi 🙂

    • Edouard Petit 21/12/2017 à 06:34 - Répondre

      Bonjour,
      Il y a un risque de change à court terme, mais comme à long terme le risque des actions est fort, le risque de change devient négligeable à long terme. Il y a un chapitre sur le sujet dans « Créer et piloter un portefeuille d’ETF »

  10. Nicolas 03/01/2018 à 19:53 - Répondre

    Bonjour,

    après avoir acheté vos livres et ouvert un compte chez Bourse Direct, je me lance dans le lazy investing.

    Je compte verser 500 € par mois sur un ETF World.

    1ère question :

    Les frais de courtage chez bourse direct sont de 0.99 € pour un ordre de 500 € au plus et de 1.99 € pour un ordre compris entre 501 et 1000 €.

    Je pensais choisir l’ETF World de Amundi mais comme la part vaut 252.5 €, si j’en achète deux, je dois investir 505 € et passer le palier des 1.99 € de frais soit 0.36%.

    Mais en choisissant l’ETF world de Lyxor, la part étant à 15 €, je peux en acheter 33 pour un investissement de 495 € soit des frais de courtage de 0.99 € soit 0.20 %.

    Je pense donc investir sur l’ETF de Lyxor, est-ce que le passage de paliers des frais de courtage doit être pris en compte dans notre analyse ou est-ce que cela est négligeable sur le long terme ?

    2ème question :

    Au moment d’investir, il y a plusieurs possibilités sur Bourse Direct l’option par défaut est l’offre à cours limité.
    Je pense choisir pour plus de simplicité l’ordre au cours du marché ?
    Quelle option est préconisée dans le cadre de la méthode du lazy investing ?

    • Edouard Petit 04/01/2018 à 06:26 - Répondre

      Bonjour,
      Bravo !
      1- Oui, il faut prendre en compte les frais si possible. Après, sur le long terme, avec un courtier peu cher comme Bourse Direct, cela devrait être négligeable
      2 – Regardez l’article acheter un ETF. Vous devriez trouver une réponse.

  11. Hennebo Cédric 14/01/2018 à 11:37 - Répondre

    Bonjour Édouard!

    Merci pour ce blog complet et clair!

    J’ai récemment ouvert un PEA après avoir lu votre livre.

    J’ai une stratégie passive sur du très long terme (>20ans).
    Pour l’instant je ne suis pas parti sur un portefeuille d’ETF mais uniquement l’ETF MSCI World d’Amundi (FR0010756098).

    En vous lisant je comprends que suivre un unique ETF monde est la chose la plus importante.
    Mais j’avoue avoir un doute maintenant Sur mon choix Amundi vs. Lyxor
    En regardant votre étude comparative Lyxor semble être un peu meilleur que celui d’Amundi.
    J’ai vu que celui de lyxor a un petit encours. Qu’entendez-vous par « risque que le fond ferme »
    Que se passe t’il pour l’épargnant?
    Me conseillez vous d’aller sur Lyxor au final? Sur du très long terme la différence de frais aura son impact…

    De plus, j’ai du mal à me décider à ouvrir également un CTO afin de suivre un ETF obligations (fond euros).
    Puisque que j’ai une stratégie très long terme, c’est peut être intelligent de s’exposer un peu plus au risque en action aujourd’hui (100%) et d’ouvrir Le CTO plus tard pour prendre de l’obligation (80/20)?
    L’idée serait d’augmenter la part d’obligations en se rapprochant de l’horizon de retrait (ma retraite).

    Enfin dernière question 🙂
    Je n’y suis pas encore mais le PEA est plafonné.
    Est ce qu’il y a des choses à anticiper pour basculer sur un CTO?
    Que faut il faire quand le PEA atteint sa limite de dépôt?
    On ouvre un CTO et on repart de zéro?

    Merci pour le temps que vous prendrai à mon répondre!

    Cédric

  12. Mourad 25/02/2018 à 23:49 - Répondre

    Quand je fais une recherche dans Morningstar, sur le MSCI World capitalisant PEA Euronext Paris, il ne ressort que Lyxor, très surpris que les Amundi n’apparaissent pas. Ils sont tous distribuants !

  13. Pampers 26/02/2018 à 22:15 - Répondre

    Bonjour je viens de lire le livre 3.0.
    il me semble que dans les World vous indiquez qu’il manque les émergeant où qu’ils sont sous représenter. Pouvez me conseiller sur le meilleur des ETF World avec émergeant pour un cto svp ? Ou bien le meilleur World sur cto tout cours sans émergeant mais me conseillez un émergeant à côté ? (10% max d’après vous ?) ?

    Cordialement

    • Edouard Petit 04/03/2018 à 14:25 - Répondre

      Ca ne va pas changer grand chose, avoir un etf ACWI (monde+emergeant) est plus pratique mais ils sont moins courants, donc c’est peut être un peu moins optimal. Sauf que la simplicité est optimale.

  14. Sébastien 28/02/2018 à 08:49 - Répondre

    Bonjour,
    J’ai récemment acheté et lu vos 2 livres et j’ai décidé grâce à vous d’ouvrir un PEA et de commencer par un ETF monde. Cependant une question me vient à l’esprit. Comme je ne peux pas mettre beaucoup par mois sur le PEA j’ai décidé de faire des investissements trimestriels de 600€. Et la le choix Amundi ou lyxor se pose. Personnellement je suis plus attiré par celui d’amundi pour la différence de frais. mais vu que le prix de la part est haute, vaut-il mieux acheter 2 parts de l’etf Amundi par trimestre ou plutôt 34 pour celui de Lyxor?
    Un nombre de part faible influence t-il quelques choses dans l’investissements?

    Cordialement,
    Sébastien

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