Dow Jones : pourquoi son calcul change tout

Rédigé par Édouard Petit
Fondateur d’Épargnant 3.0 depuis 2015 · Mis à jour le 01/08/2026 · Qui suis-je ?

Rédigé par

Édouard Petit

Fondateur d’Épargnant 3.0 depuis 2015

Mis à jour le 01/08/2026

Comprendre pourquoi le Dow Jones se calcule autrement que les autres indices, ce que cela change pour un investisseur, et décider s’il mérite une place dans votre portefeuille. Trois ETF y donnent accès, à des coûts très différents.

Trente actions choisies par un comité, depuis 1896.

Le Dow Jones Industrial Average suit trente grandes sociétés cotées aux États-Unis. Il exclut les transports et les services aux collectivités, qui ont leurs propres indices. Le mot « industrial » est un héritage : on y trouve aujourd’hui des banques, des assureurs, des laboratoires et des entreprises technologiques.

Sa particularité tient d’abord à la sélection. Il n’existe pas de règle quantitative d’entrée. Un comité de S&P Dow Jones Indices et du Wall Street Journal décide, sans calendrier fixe, quelle société entre et laquelle sort. Les critères publiés tiennent en quelques lignes : réputation, croissance soutenue, intérêt des investisseurs, siège aux États-Unis, représentation sectorielle correcte.

Les changements sont rares mais lourds de sens. En novembre 2024, Nvidia a remplacé Intel et Sherwin-Williams a remplacé Dow Inc. Le 29 juin 2026, Alphabet a pris la place de Verizon. Un indice boursier classique applique une règle ; celui-ci applique un jugement. Ce n’est pas illégitime, mais cela mérite d’être su avant d’y placer son épargne.

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Le poids d’une entreprise dépend du prix de son action, pas de sa taille.

C’est la vraie singularité du Dow. Dans le S&P 500, comme dans la quasi-totalité des indices modernes, une société pèse à hauteur de sa capitalisation boursière : prix de l’action multiplié par le nombre d’actions. Dans le Dow, elle pèse à hauteur du seul prix de son action.

Le calcul est resté celui de 1896 : on additionne les trente cours et on divise par le « Dow Divisor », un coefficient ajusté à chaque division d’action ou changement de composition pour éviter les ruptures dans la série historique. Le poids de chaque société est donc simplement la part de son cours dans la somme des trente.

SociétéCours de l’action (USD)Poids dans l’indice (%)
Goldman Sachs1 03911,6
Caterpillar8149,1
Microsoft5005,6
Amgen4374,9
UnitedHealth3974,4
Total des cinq premières35,5
Cours de clôture du 2 septembre 2026. Poids calculés comme la part de chaque cours dans la somme des trente cours de l’indice. Arrondis.

Deux choses que ce tableau ne dit pas. D’abord, Nvidia, première capitalisation de l’indice et l’une des premières du monde, y occupe le dix-neuvième rang avec 2,6 % : son action vaut 230 $. Ensuite, le rapport entre le poids de Goldman Sachs et celui de Nvidia, environ quatre et demi, est exactement le rapport entre leurs deux cours. Rien d’autre n’entre dans le calcul.

La conséquence la plus spectaculaire tient à un événement pourtant sans portée économique : la division d’action. Quand une société divise son titre par quatre, sa valeur en Bourse ne bouge pas d’un centime, mais son poids dans le Dow est divisé par quatre. Apple l’a fait le 31 août 2020.

Division d’action du 31 août 2020

Poids d’Apple dans le Dow Jones, avant et après

La veille de la division, action à environ 500 $

environ 11 %

Le lendemain, action à environ 125 $

environ 3 %

Première position de l’indice le lundi, dix-septième le mardi.

Échelle : 100 % de la barre = 11 points de pondération. La capitalisation boursière d’Apple est restée identique. Poids indiqués par S&P Dow Jones Indices, août 2020.

Sur dix ans, cette construction a coûté plus de deux points par an.

Hors dividendes, le Dow Jones a progressé de 11,2 % par an sur dix ans, contre 13,5 % pour le S&P 500. Les deux chiffres sont arrêtés au 31 août 2026, en dollars, et calculés par le même producteur d’indices.

Deux points d’écart annuel, c’est considérable sur une vie d’épargnant. L’explication est mécanique. Les plus fortes hausses de la décennie sont venues d’entreprises technologiques qui ont divisé leurs actions à répétition, et chaque division a réduit leur poids dans le Dow au moment précis où elles tiraient le marché. Résultat au 31 août 2026 : la finance pèse 27,5 % de l’indice, la technologie 18,4 %.

J’ai longtemps résumé le sujet à « un indice mal construit », et c’était trop court. Le Dow a des qualités réelles : sa sélection privilégie des sociétés rentables et établies, il a mieux résisté que le S&P 500 en 2008 comme en 2020, et sur des périodes très longues il a tenu la comparaison.

Mais ces qualités ne sont garanties par aucune règle : elles dépendent des choix d’un comité, qui peut changer de doctrine sans prévenir. Et pour l’essentiel, le Dow reste très corrélé au marché américain. Vous achetez à peu près la même chose, avec trente lignes au lieu de cinq cents et une clé de pondération arbitraire.

Savoir si une brique mérite sa place dans un patrimoine ne se règle jamais indice par indice, mais par la façon dont l’ensemble s’articule. C’est le fil de la Masterclasse gratuite.

ETF : les trois erreurs qui vous coûtent vraiment cher

Trois ETF, et un coût total qui va du simple au double.

Trois ETF UCITS répliquent le Dow Jones et sont accessibles depuis la France. Ce qui compte n’est pas leurs frais affichés mais le coût total que vous supportez, frais de gestion de l’enveloppe compris.

ETF et code ISINEnveloppe la moins chèreCoût total (%/an)
Amundi PEA Dow Jones Industrial Average Dist (LU2572256662)PEA0,45
iShares Dow Jones Industrial Average Acc (IE00B53L4350)Assurance-vie0,83
Amundi Dow Jones Industrial Average Dist (FR0007056841)Assurance-vie1,00
Repère : un ETF S&P 500 en PEAPEA0,12
Catalogue ETF Épargnant 3.0 au 1ᵉʳ septembre 2026. Coût total = frais de l’ETF plus frais de gestion de l’unité de compte du meilleur contrat ; sur PEA, frais de l’ETF seuls, hors frais de courtage.

Trois remarques sur ce tableau. Le seul ETF éligible au PEA est synthétique, donc adossé à un contrat d’échange avec une banque : c’est le prix à payer pour loger des actions américaines dans une enveloppe réservée à l’Europe. L’iShares, lui, détient réellement les trente titres, mais il n’existe que dans quelques contrats d’assurance-vie. Et la dernière ligne est la vraie information : quatre fois moins cher, pour un indice plus large et construit selon une règle publique.

Vérifier avant d’acheter

Le surcoût d’un ETF Dow Jones n’est pas un détail de frais : c’est un pari sur les choix futurs d’un comité, payé plein tarif. Avant d’en acheter, calculez ce que vous paieriez pour la même exposition américaine par un indice plus large.

Un écart de coût annuel se lit mal en pourcentage. Reprenez ces chiffres sur vos propres montants et votre propre horizon avec l’application.

Les questions qu’on me pose sur le Dow Jones.

Pourquoi l’indice affiche-t-il des dizaines de milliers de points ?

Parce que le diviseur est aujourd’hui très inférieur à 1. La somme des trente cours est donc multipliée, et non divisée, ce qui gonfle le niveau affiché. Ce nombre n’a aucune signification économique : seules ses variations en ont une. Comparer le niveau du Dow à celui d’un autre indice n’a pas de sens.

Que se passe-t-il dans mon ETF quand une société entre ou sort de l’indice ?

Le fonds ajuste son portefeuille à la date d’effet, en général annoncée quelques jours avant. Vous n’avez rien à faire et rien à déclarer. Ces arbitrages génèrent des frais de transaction internes, invisibles dans le TER mais réels : c’est l’une des raisons pour lesquelles la performance d’un ETF s’écarte légèrement de celle de son indice.

Un ETF Dow Jones verse-t-il des dividendes ?

Cela dépend de la part que vous achetez. Les deux ETF Amundi distribuent une fois par an ; l’iShares capitalise, c’est-à-dire qu’il réinvestit les dividendes dans le fonds. En assurance-vie et en PEA, la version capitalisante évite d’avoir à les réinvestir soi-même. Le rendement du dividende de l’indice ressortait à 1,5 % au 31 août 2026, et les performances citées dans les médias l’excluent presque toujours.

Le Dow Jones fait-il double emploi avec un ETF S&P 500 ?

Largement. Les trente sociétés du Dow figurent toutes dans le S&P 500, qui en contient environ cinq cents. Détenir les deux ne diversifie donc presque rien : cela surpondère simplement trente grandes valeurs, selon une clé qui dépend du prix de leurs actions.

Un thermomètre, pas un portefeuille.

Le Dow Jones reste un excellent repère : cent trente ans de série continue, une notoriété que rien n’égale, une corrélation forte avec le marché américain. Comme brique de portefeuille pour un épargnant français, il se défend beaucoup moins bien : moins diversifié, plus arbitraire dans sa construction, et quatre fois plus cher que l’exposition américaine la plus courante.

Reste la vraie question, celle que le choix d’un indice ne règle jamais : quelle part de votre épargne mérite d’être exposée aux actions américaines, et par quelle enveloppe. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

À propos de l’auteur

Édouard Petit

Édouard Petit

Créateur d’Épargnant 3.0 · Professeur de finance à l’ESCP · Auteur

Depuis 2015, j’aide des milliers d’investisseurs à éviter les erreurs les plus fréquentes avec les ETF et à construire un patrimoine sur le long terme.

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Les contenus publiés sur Épargnant 3.0 sont fournis à titre pédagogique et ne constituent pas des conseils en investissement. Certains liens peuvent être affiliés, ce qui contribue au financement du contenu gratuit proposé sur le site. Vous pouvez vous référer à ma Charte éditoriale et politique de transparence. L’investissement comporte un risque de perte en capital.

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19 commentaires

  1. Nous vous remercions de nous avoir fourni des informations utiles sur la comparaison des performances des ETF basés sur les indices S&P 500 et Dow Jones.

  2. Sur cette période, le S&P 500 a eu une performance de 7,03% par an (avant la prise en compte de l’inflation). Mais, le Dow Jones Industrial Average a eu une performance de 7,87% par an. C’est une différence significative, 10 000 $ sont devenus 52 000 $ avec l’ETF S&P 500 et 63 000 avec l’ETF DJI.
    Cerise sur le gâteau le risque du DJIA a été légèrement moins grand que celui du S&P 500 :
    La volatilité a été de 14,95% avec le Dow Jones et 15,32% avec le S&P 500
    La chute lors de la crise de 2008 a été de 51% pour le S&P 500 et de 47% pour le DJIA
    Cependant, depuis 10 ans, les performances du S&P 500 sont meilleures que celles du S&P 500.
    (VOUS VOULIEZ ECRIRE QUE LE DJ)

  3. Bonjour,

    Merci pour ce nouvel excellent article. (Comme toujours)
    Petite coquille détectée chapitre 3.

    Cependant, depuis 10 ans, les performances du S&P 500 sont meilleures que celles du S&P 500.

    Bien à vous.
    Denis

  4. Bonjour Edouard
    Merci pour toutes vos riches informations.
    Dans la dernière partie sur l’indice Dow Jones par rapport au Smart bêta.. je n’ai pas trop bien saisi. Vous voulez dire que l’indice Dow Jones se rapproche des Smart bêta et lequel est-il plus intéressant finalement ?

  5. Merci pour cet article sur cet indice un peu particulier dans son mode de calcul, mais qui est encore très utilisé dans les médias.

    De façon générale, pourriez vous prendre l’habitude de présenter les évolutions des indices en échelle log, car les graphes long terme en échelle linéaire sont très trompeur sur la performance de ces indicateurs …

    1. Je suis complètement d’accord avec vous sur le fond. Mais force est de constater que les graphiques en log sont très mal compris. Il faut dire qu’ils sont très peu utilisés dans les media. Donc on n’est pas habitué.
      Parfois je mets les deux, ce qui m’oblige à re expliquer le concept et alourdit le propos.
      J’en mettrai plus …

  6. Bonjour,

    Une information incomplète est source de désinformation.

    A l’origine, le calcul du DOW JONES INDUSTRIEL AVERAGE était,comme son nom l’indique, la moyenne de la somme des cours des actions composant l’indice (Somme du cours des 13 actions diviser par 13).(Remarque:il n’y a AUCUNE pondération dans ce calcul)

    Aujourd’hui il n’est plus du tout AVERAGE car il est multiplié par un coeficient ,ce qui augmente beaucoup sa valeur: cela crée donc un effet de levier très important. (remarque:le coeficient n’a AUCUN rapport avec une quelconque pondération des actions)

    Vous pouvez vérifier par vous même cette information en essayant de calculer la valeur du DJI à partir du cours des actions le composant,vous n’arriver JAMAIS à 26574 points (exemple pour cours du vendredi 04/10/19)

    Calcul de la valeur du DJI AVERAGE sur cotation du vendredi 04 Octrobre :

    3918,18 /30 = 130,606 POINTS

    On est donc très loin de la progression historique afficher dans le graphique du Dow Jones , car on passe 40,94 le 26 mai 1896 à 130,606 points le 4 octobre 2019.

    La sur-performance du Dow Jones est donc un mythe.

    D’où l’intérêt de vérifier les informations.

    Cordialement

    1. Bonjour,
      Il y a toujours plus de choses possibles à dire, c’est évident. On ne peut pas être exhaustif. De là à crier à la désinformation, il ne faut pas exagérer.

      Sur le fond : bien sûr qu’il y a un diviser qui n’est pas le nombre d’actions, et heureusement ! Comment on ferait sans ça pour gérer les changements dans l’indice, les divisions d’actions, les dividendes ?

      Je vais donner un exemple :
      Soit un indice “average” avec 2 entreprises, Bidule et Machin, avec des actions qui valent chacune 200$. L’indice vaut 200 points ((200 + 200)/2). Maintenant, celui qui maintient l’indice se dit “Machin ne correspond plus aux critères d’éligibilité. On va remplacer Machin par Truc”. Il se trouve que Truc a une action qui vaut 100$. On fait alors la moyenne (average) : ouch on a un indice à 150 points ((200+100)/2). L’indice baisse donc de 25% (200->150) du jour au lendemain sans (bonne) raison. Il est donc indispensable d’avoir un multiplicateur pour rester à 200 …

      La méthode de calcul est clairement décrite dans les documents de l’émetteur de l’indice et notamment S&P Dow Jones Indices Index Mathematics Methodology (qui est plus précis sur le sujet que Dow Jones Averages
      Methodology).

      Voilà, voilà …

    2. Avouer quand même que en gardant la méthode historique du calcul du DJ,la performance n’est pas terrible…

      Plutôt que de désinformation,je parlerai plus de manipulation entre la vitrine (l’indice DJ) et son contenant.:Acheter toutes les actions du DJ ne permets donc pas d’égaler les performances de l’indice DJ du fait de cet effet multiplicateur.
      Donc pour le DJ,un ETF est un atout indéniable pour ne pas dire indispensable.
      Mais pour le CAC par exemple,celui qui respecte la pondération et le flottant de l’indice,réalisera exactement les performances de l’indice CAC, un ETF n’aura pas d’intérêt particulier.
      Dans une politique de gestion des risques “émetteur”,un mix action CAC et ETF DJ serait une stratégie pertinente.

      Cordialement

      Cordialement

      1. De quelle méthode historique vous parlez ? Il y a toujours eu besoin d’un diviseur… (enfin dès qu’il y a eu des stock split, des changements dans l’indice, etc. )

        Après, je ne vous contredirai pas si vous dîtes que le DJIA est calculé sacrément bizarrement !

  7. Bonjour .. merci pour ce nouvel article . J’ai acheté vos 2 livres er suivre vos conseils . Je vais donc sortir certains fonds pour les réinvestir en ETF sur mon PEA . Par contre lorsque je vais devoir procéder au ré équilibrage et vendre des ETF pour les investir en fonds euro pouvez vous me dire si il y a une période propice pour le faire (par rapport au versement des dividendes ) ? Idem pour ma vente de mes fonds euro … y a t il un.moment à privilégier? Merci par avance si vous avez la gentillesse de m’éclairer.. et belle journée .

  8. Pour nous Européens :
    1 million = 1000 000 = 10 puissance 6
    1 milliard = 1000 millions = 10 puissance 9
    1 billion = 1000 milliards = 10 puissance 12
    1 billiard = 1000 billions = 10 puissance 15
    Etc
    1 trilliard = 10 puissance 21 donc.

  9. l’ETF Lyxor inclut le change euro/dollar alors que l’indice DJIA ne l’a pas ?
    est-ce que ça change la perfo annuelle/volatilité significativement ?