Les placement financiers permettent de conserver ou mieux, faire fructifier votre épargne. Cependant, il existe de plus ou moins bons placements financiers. Et il ne faut clairement pas juger uniquement au regard de la performance et surtout de la performance passée sur le court terme.

Vous verrez dans cet article que les meilleurs placements ne sont pas nécessairement ceux que l’on croit. Nous y parlons des actions, de l’or, des SCPI, du Livret A et de nombreux autres actifs.

Qu’est-ce qu’un bon placement financier ?

Performance, risques et frais des investissements

Il existe beaucoup de produits financiers excellents et beaucoup de produits très mauvais.  De très nombreux épargnants, regardent en premier lieu la performance d’un produit financier. Parfois, ils se focalisent sur la performance passée à court terme, parfois sur ce qu’ils ont entendu dire, et parfois sur ce que promet le vendeur du produit. Tout cela est à éviter.

La plupart du temps, les mauvais investissements sont mauvais soit parce qu’ils font prendre plus de risques que ce que l’on pense prendre, soit parce qu’ils ont un niveau de frais trop élevé. Il est donc particulièrement important de s’intéresser à ces deux sujets. Cependant ce n’est pas toujours évident.

La vraie performance n’est pas toujours facile à identifier. En effet, dans l’immense majorité des cas, la performance est présentée avant tous les frais, avant la fiscalité et sans prendre en compte l’inflation, c’est à dire la hausse des prix. La différence est absolument monumentale.

Les frais totaux ne sont pas non plus toujours évidents à déceler. Ils s’empilent parfois de manière assez astronomique. Au dépend de l’investisseur naturellement.

Il ne faut pas chercher le meilleur produit financier, mais le bon portefeuille financier

Les bons produits financiers ont des caractéristiques très différentes, que ce soit au niveau de la performance, du risque, ou même de la fiscalité. Un produit financier peut être adapté à certaines personnes et pas à d’autres.

Le bon produit financier est celui qui va vous permettre de développer votre patrimoine et atteindre vos objectifs financiers.

Mais un produit financier ne doit pas être pensé en isolation. Un épargnant doit avoir un ensemble de produits financiers avec des caractéristiques différentes et qui permet une bonne diversification.

Ce portefeuille financier doit  être adapté en fonction de la performance que vous voulez obtenir et du risque que vous êtes prêts à prendre. Ce niveau de risques dépend d’un certain nombre de choses, dont l’horizon de placement. En règle générale, plus on investit sur le long terme, plus on peut prendre de risque et meilleure est censée être la performance.

Les placements financiers sans risques

Les placements sans risques sont ceux qui ne peuvent pas baisser. Ils sont souvent utilisés pour protéger son patrimoine. L’idée est de ne pas prendre de risque sur l’épargne que l’on a durement acquise.

Cependant, cette vision est à la fois très commune et très faussée. La raison est toute simple. Ces produits ne peuvent pas voir leur valeur baisser si l’on ne prend pas en compte l’inflation. Or la hausse des prix grignote inéluctablement le pouvoir d’achat de l’épargnant qui investit dans ce type de produits financiers.

En réalité, avec ces produits l’épargnant a quasiment 100% de chance de perdre de l’argent.

Mais ce n’est pas pour cela que ce sont des mauvais produits. Ils doivent être utilisés pour l’épargne de précaution et pour les projets de court terme. On a 100% de chance de perdre, mais au moins on ne perd qu’un petit peu.

Les livrets bancaires et les super livrets pour l’épargne de précaution

Les livrets bancaires des particuliers sont en général non rémunérés. De ce fait, le pouvoir d’achat diminue chaque année du montant de l’inflation. Depuis les années 90 du siècle dernier, l’inflation est inférieure à 2% par an en France. Cela peut paraître peu élevé. Cela étant sur le long terme cela commence à faire des pertes significatives : 2% de perte pendant 10 ans font une perte de 18% !

Certaines banques telles que les filiales de constructeurs automobiles proposent des supers livrets. Les rendements ne sont pas faramineux (ils sont actuellement en dessous de 1%), mais c’est toujours cela de pris. Cependant, ces taux sont bruts de fiscalité. Le taux final dépendra de votre imposition et sera nécessairement nettement moins bon que ceux annoncés.

Les livrets réglementés : Livret A, LDD, etc.

Les livrets réglementés tels que le Livret A ou le LDD (Livret Développement Durable) ont une petite rémunération. Le taux est actuellement de 0,5% par an et ne subit aucune fiscalité. C’est tout de même inférieur à l’inflation. L’inflation a été de 1,8% en 2018 et 1,1% en 2019 (voir le site de l’INSEE pour ces statistiques).

Historiquement, le Livret A a parfois eu une performance supérieure à l’inflation et parfois une performance inférieure à l’inflation. Mais la perte depuis 1900 a été de plus de 3% annuellement ! On aura perdu beaucoup d’argent en laissant dormir son argent sur un livret réglementé.

Sur le graphique en tête de cet article vous pouvez voir l’évolution de la rémunération du Livret A et le taux de l’inflation. La résultat est sans appel …

Aussi, il faut rappeler que les livrets réglementés ont des seuils maximums.

Les fonds en euros : un élément indispensable pour votre patrimoine

Les fonds en euros sont uniquement disponibles dans les assurances vie. La rémunération a été historiquement supérieure à l’inflation. Cependant l’écart devient de moins en moins important, voir négatif.

Il existe des fonds en euros plus ou moins performants. Il est vraiment très important de choisir un bon fonds en euros dans une bonne assurance vie. Vous pouvez vous référer au comparatif des assurances vies que j’ai rédigé. Certains assureurs proposent des fonds avec une rémunération allant jusqu’à 3%.

Malgré la baisse de la rémunération des fonds en euros, ils ont toujours toute leur place dans un portefeuille financier équilibré et performant sur le long terme.

Les placements financiers avec risques

Les placements financiers dits risqués ont plus de chance de baisser de manière significative sur le court terme, mais ils ont aussi plus de chance d’apporter une bonne performance sur le long terme. C’est donc probablement ces actifs qui vous permettront d’atteindre vos objectifs d’investisseurs.

Les actions des entreprises cotées : l’investissement de référence

Une action est une part d’entreprise. Lorsque vous investissez dans une entreprise vous devenez un de ses propriétaires et vous avez donc droit à une part du bénéfice, et donc souvent des dividendes.

Historiquement, et même après inflation, la performance des actions cotées ont été excellentes. Les actions mondiales ont eu, en prenant en compte la hausse des prix, une performance annuelle de 5% à 6% par an.

Naturellement les risques sont élevés. On le voit à chaque crise boursière : la chute peut être très rapide et très sévère.

Il existe de nombreuses façon d’investir en bourse, dont je parle dans l’article en lien.

Le private equity : réservé aux gros investisseurs … mais en train de se démocratiser

Une entreprise peut être cotée en bourse, et notamment sur la bourse française Euronext. Mais il existe aussi de nombreuses entreprises non cotées très intéressantes. Par exemple, Ferrero, qui produit et vend Kinder et Nutella, n’est pas cotée.

Certains fonds permettent d’investir dans des entreprises non cotées. Ils sont souvent accessibles uniquement si on a un capital très important à investir. Cependant, ils commencent à être accessibles dans certaines assurances vie.

La performance est plus importante que pour les actions cotées (sauf lorsqu’ils sont utilisés comme placement de défiscalisation, voir ci-dessous), mais le risque est aussi plus important. C’est aussi un placement financier peu liquide : il faut rester investi plusieurs années sans pouvoir récupérer son argent.

Les obligations : au travers des fonds en euros ou des ETF

Les obligations sont des prêts à des entreprises ou des Etats. L’entreprise ou l’Etat a l’obligation de rembourser cet emprunt et de verser la rémunération liée à cet emprunt. Un investissement en obligations est réputé être moins risqué mais aussi moins performant qu’un investissement en actions. Depuis 1900, les obligations mondiales ont eu une performance de l’ordre de 2% à 3% par an net d’inflation.

Les fonds en euros dont nous parlions plus haut sont constitués en grande partie d’obligations. Cependant, ce placement financier ne peut pas baisser, au contraire d’un investissement en obligations.

Il est possible de s’exposer aux obligations de manière efficace au travers des ETF obligations. C’est un placement qui présente de nombreux avantages, notamment par rapport aux fonds en euros. Ils sont notamment nettement moins chers et bien plus transparents. Je détaille ce sujet dans la formation.

Les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) : pour investir dans l’immobilier sans les soucis

L’immobilier est un actif très intéressant, mais il faut s’en occuper … Les SCPI permettent d’investir dan l’immobilier sans s’occuper de la gestion. Naturellement, déléguer cette gestion a un coût important. Cependant, c’est un actif de diversification qui peut être intéressant.

Cer article du blog va plus en détail sur ce sujet : Pierre Papier : SCPI ou foncière cotée.

Le Crowdfunding Immobilier : un nouveau type de placement

Une autre façon, plus récente, d’investir dans l’immobilier avec moins de tracas, est le Crowdfunding immobilier. Les rendements présentés par les sociétés de Crowdfunding sont alléchants, on parle de 8% par an. Ces 8% sont avant prise en compte de tous les frais, avant la fiscalité et avant la faillite des entrepreneurs à qui on prête (quasiment inexistante jusqu’à maintenant, mais qui pourrait exister). J’ai écrit un article sur ce sujet en prenant comme exemple la plateforme Homunity.

L’or : un placement physique ou financier

L’or est un actif qui fait rêver, c’est à la fois un métal précieux et une monnaie. L’or est réputé être un actif sûr et anti crise. Ce n’est que partiellement vrai, cependant l’or reste malgré tout un actif pas inintéressant. J’ai écrit un article sur une des façons d’investir dans l’or : les ETF Or. En effet, on peut acheter et stocker des pièces ou lingots d’or. On peut aussi s’en procurer en tant que placement financier grâce aux ETF.

L’or a eu une performance sur les 40 dernières années de l’ordre de 2% par an net d’inflation. Sur le plus long terme, sa performance est proche de 0% par an.

Les placements financiers qu’il faut éviter

En finance, il est au moins aussi important de se focaliser sur les bonnes pratiques que d’éviter les erreurs. Il est donc très important d’éviter les mauvais produits financiers.

Dans ce paragraphe, nous listons des produits manifestement mauvais, et des produits que l’épargnant “normal” devrait éviter. Ils sont à réserver à des investisseurs professionnels ou très avertis.

Les arnaques : un investissement performant sans risque n’existe pas

Il y a malheureusement beaucoup d’arnaques. Beaucoup de gens se font avoir, cependant il est souvent assez facile de repérer ces arnaques. Les vendeurs de ses produits n’y vont pas de main morte, ils vantent des performance très importantes, sans risque. Cela n’existe pas. Tous les produits sont risqués. Nous avons même vu que les produits dits sans risques tels ques le Livret A ou le LDD qui présentent en réalité des risques significatifs.

Pour donner un ordre de grandeur, une performance supérieure à 10% par an (sans prendre en compte l’inflation), doit déjà commencer à vous rendre vigilant.

L’autorité des marchés financiers (AMF) alerte régulièrement sur les arnaques financières. Voilà un exemple récent dans le domaine des Parking :

Arnaque placement Parking (AMF)

Les ETF à effet de levier : à éviter dans la plupart des cas

Les ETF (Exchange Traded Funds) sont en général d’excellents investissements, notamment car leurs frais sont faibles. Cependant, la plupart des épargnants devraient éviter les ETF à effet de levier, c’est à dire qui tentent de démultiplier la performance de l’indice suivi. Par exemple, un ETF X2 sur le CAC 40 devrait multiplier la performance du CAC 40 par 2. A première vue, puisque les actions montent sur le long terme, ce devrait être une bonne opportunité. Cependant, comme je l’explique dans cet article, sur le long terme, les ETF à effet de levier, ne multiplient par la performance par le multiplicateur indiqué !

Les CFD (Contract for Difference) : à éviter

CFD veut dire Contract for Difference, qui se traduit “contrat sur la différence” en français. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un contrat où l’on paie uniquement la différence (de performance du sous-jacent). Il est possible d’utiliser l’effet de levier, c’est à dire d’investir sans avoir la totalité de l’argent sur son compte bancaire. On emprunte alors cet argent. Ca peut être intéressant lorsque ça monte, mais l’effet est dévastateur lors des baisses.

Comme la plupart des produits dérivés, il s’agit d’un produit complexe, que les investisseurs non chevronnés ne devraient probablement pas utiliser. A titre d’exemple, l’épargnant peut perdre plus que ce qu’il a investi. Dangereux ! D’ailleurs, ce sont des produits interdits aux Etats-Unis.

Les options : utiles aux professionnels

Les options sont des produits dérivés qui donnent le droit d’acheter ou de vendre pendant un certain temps un autre produit financier (une action, une obligation, etc.). Ce sont des produits très utiles aux professionnels de la finance, que ce soit sur les marchés ou dans les entreprises. Ils permettent, par exemple, de se couvrir contre certains risques (change, évolution des matières premières, etc.)

Cependant, ces produits ne sont pas à mettre entre toutes les mains. L’investisseur particulier n’a pas d’intérêt majeur à investir grâce aux options. C’est un placement financier qu’il est souvent préférable d’éviter.

Les placements financiers avec beaucoup trop de frais

Les frais d’entrée et les frais récurrents sont vraiment néfastes pour la performance des investissements. Il viennent directement en déduction de la performance. Naturellement, si ces frais sont transparents et rémunèrent un vrai service, ce n’est pas un problème, bien au contraire.

A titre exemple, les assurances vie avec mandat de gestion sont en général très peu performants, à cause de l’empilement de frais. Les frais annuels sont de l’ordre de 3 à 4%. On peut y ajouter des frais d’entrée qui sont régulièrement aussi entre 3% à 4%.

Il y a mieux à faire ! Ou en tout cas, il faut sélectionner avec le plus grand soin ce type d’investissement.

Les placements financiers de pure défiscalisation

Certains épargnants sont tellement allergiques aux impôts qu’on leur propose très souvent des produits qui font certes réduire l’impôt, mais qui sont à la fois très peu performants et très chargés en frais. L’économie d’impôt est en réalité captée par les intermédiaires et non par l’investisseur.

Il faut toujours s’intéresser à l’investissement en tant que tel, qui doit être avantageux et non uniquement à l’économie d’impôt. 

Conclusion pour l’épargnant 3.0 sur les meilleurs placements financiers

Les produits financiers proposés aux épargnants sont très nombreux. Il existe beaucoup de produits financiers foncièrement mauvais, beaucoup qui ne sont pas adaptés aux épargnants qui veulent gérer leur patrimoine sereinement sur le long terme, et un certain nombre de bons produits voire d’excellents produits.

Cependant, un bon produit n’est pas excellent en tant que tel, il est excellent parce qu’il s’insère dans une stratégie patrimoniale. Il s’agira en particulier de définir les pourcentages de chaque produit à détenir en fonction de vos objectifs, de votre appétence pour le risque, de votre besoin de prendre du risque 

J’ai créé une formation spécifiquement pour vous aider à construire ce que j’appelle une politique d’investissement. 

Je vous souhaite le meilleur pour votre épargne et surtout pour tout le reste