Défiscalisation 2026 : les bonnes et mauvaises solutions
Rédigé par Édouard Petit
Fondateur d’Épargnant 3.0 depuis 2015 · Mis à jour le 01/08/2026 · Qui suis-je ?
Mis à jour le 01/08/2026
La moitié des FIP commercialisés en France ont fait perdre de l’argent à leurs souscripteurs. Pas « moins gagné » : perdu. L’Autorité des marchés financiers a passé au crible les fonds soldés et a mesuré un taux de rendement interne médian de -2,4 % par an pour les FIP et -1,1 % par an pour les FCPI, avant même de compter l’avantage fiscal. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, mais un chiffre pareil, sur des centaines de fonds, ce n’est pas de la malchance : c’est une caractéristique du produit.
Et pourtant, chaque mois de décembre, des milliers d’épargnants signent. Parce qu’on leur a dit « 30 % de réduction d’impôt ».
Cet article fait le tri. Il vous donne les chiffres 2026 à jour, les plafonds exacts, et surtout la seule grille de lecture qui compte : un dispositif de défiscalisation n’est jamais bon ou mauvais en soi, il est bon ou mauvais net de tout, une fois l’impôt économisé, les frais payés et le capital récupéré (ou pas).
Ce qui a changé en 2026, et que beaucoup n’ont pas vu passer
Deux textes ont modifié la donne cette année : la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) et la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025).
Le changement le plus structurant n’est pas une niche fiscale. C’est la fin du taux unique de prélèvements sociaux sur le capital, en place depuis 2018.
Traduisons. La CSG (Contribution Sociale Généralisée, l’impôt qui finance la Sécurité sociale) passe de 9,2 % à 10,6 % sur les revenus financiers. Les prélèvements sociaux totaux montent donc de 17,2 % à 18,6 %, et la flat tax (le prélèvement forfaitaire unique, ce taux fixe qui s’appliquait à presque tous vos revenus de placement) passe de 30 % à 31,4 %.
Mais l’assurance vie et l’immobilier locatif nu ont été explicitement exclus de la hausse. Conséquence directe, et on la lit rarement écrite noir sur blanc : pour la première fois, les gains d’un PEA sont plus lourdement prélevés que ceux d’une assurance vie de plus de 8 ans utilisée dans la limite de son abattement annuel. J’y reviens plus bas avec les chiffres, parce que la conclusion n’est pas celle qu’on croit.
Les autres nouveautés 2026, dans le désordre :
- Le Pinel est mort, et il est remplacé par le statut du bailleur privé, dit dispositif Jeanbrun ou plan « Relance logement ».
- Les versements sur un PER ne sont plus déductibles à partir de 70 ans.
- En contrepartie, le report des plafonds PER non utilisés passe de 3 à 5 ans.
- Les FCPI classiques disparaissent : seuls les FCPI investis en jeunes entreprises innovantes ouvrent encore droit à réduction. Les FIP métropolitains classiques avaient déjà été supprimés l’an dernier.
- Le plafond de la réduction « Coluche » à 75 % double, à 2 000 € de dons par an.
- La contribution différentielle sur les hauts revenus est reconduite : imposition minimale de 20 % au-delà de 250 000 € de revenu fiscal de référence pour un célibataire, 500 000 € pour un couple. Elle change l’équation de la défiscalisation en haut de barème.
Défiscaliser, c’est quoi exactement ? Les 4 mécanismes à ne pas confondre
C’est la confusion numéro un, et elle coûte cher. Quand un vendeur vous annonce « 30 % », demandez toujours : 30 % de quoi, retirés de quoi ?
| Mécanisme | Ce qui baisse | Ce que vaut 1 000 € d’avantage affiché |
|---|---|---|
| Évitement PEA, assurance vie | Rien aujourd’hui | Zéro tout de suite, beaucoup plus tard : vous ne payez pas d’impôt sur les gains |
| Déduction PER, déficit foncier | Votre revenu imposable | 110 € à 11 % de TMI, 300 € à 30 %, 410 € à 41 %, 450 € à 45 % |
| Réduction Girardin, FIP, dons | Votre impôt | 1 000 €, quelle que soit votre tranche, mais dans la limite de l’impôt dû |
| Crédit d’impôt Emploi à domicile | Votre impôt, et au-delà | 1 000 €, même si vous ne payez pas d’impôt : le Trésor vous rembourse |
Retenez cette asymétrie : une déduction vaut d’autant plus que vous êtes imposé, une réduction vaut la même chose pour tout le monde, un crédit d’impôt vaut même pour ceux qui ne paient pas d’impôt. C’est pour cette raison que le PER n’a d’intérêt qu’à partir d’une certaine tranche, alors que le crédit d’impôt pour l’emploi à domicile intéresse tout le monde.
Quel est le barème de l’impôt sur le revenu en 2026 ?
Voici le barème applicable aux revenus 2025, déclarés au printemps 2026, revalorisé de 0,9 % par la loi de finances.
| Revenu imposable par part | Taux marginal |
|---|---|
| Jusqu’à 11 600 € | 0 % |
| De 11 601 € à 29 579 € | 11 % |
| De 29 580 € à 84 577 € | 30 % |
| De 84 578 € à 181 917 € | 41 % |
| Au-delà de 181 917 € | 45 % |
Un exemple pour ancrer les idées. Un célibataire avec 40 000 € de revenu net imposable paie 1 978 € au titre de la tranche à 11 %, puis 3 126 € au titre de la tranche à 30 %. Soit 5 104 € au total : une TMI de 30 %, mais un taux moyen de seulement 12,8 %.
Cette différence entre 30 % et 12,8 % est fondamentale. Beaucoup d’épargnants se croient écrasés d’impôts et se jettent sur n’importe quel produit défiscalisant alors qu’ils paient en réalité 12,8 % de leur revenu. Avant de chercher à payer moins d’impôt, calculez ce que vous payez vraiment.
Pourquoi la plupart des produits de défiscalisation sont de mauvais placements
Commençons par l’argument que tout le monde connaît : si l’État doit vous payer pour que vous investissiez quelque part, c’est que personne n’y va spontanément. La carotte fiscale compense un défaut. Un rendement faible, une illiquidité longue, un risque élevé, un prix d’achat surévalué. Parfois les quatre.
Vient alors l’objection intelligente, celle que me font régulièrement des conseillers en gestion de patrimoine, et elle mérite d’être prise au sérieux : « Vous généralisez. Un bon Girardin monté par un opérateur solide est une opération saine. Un déficit foncier sur un immeuble bien acheté est un excellent montage. Ce n’est pas le dispositif qui est mauvais, c’est la sélection. »
C’est vrai. Et c’est exactement là que se situe le vrai sujet.
Le problème n’est pas que les bons dispositifs n’existent pas. Le problème est que l’avantage fiscal est capté avant vous. Quand l’État offre 18 % de réduction sur un actif, le vendeur de cet actif le sait, le promoteur le sait, la société de gestion le sait. Le prix s’ajuste. C’est ainsi que les FIP et les FCPI en arrivent à supporter des frais annuels totaux de 3,5 % et 3,2 % selon l’AMF, contre 2,4 % à 2,7 % pour les autres fonds non cotés grand public. Ce n’est pas un hasard, c’est de l’économie élémentaire : là où il y a une subvention publique, il y a une marge à prendre.
Et surtout, il y a une arithmétique que presque personne ne fait : un avantage fiscal est un gain unique, les frais sont un prélèvement annuel. Comparez.
LE CALCUL QUI TRANCHE LE DÉBAT
10 000 € placés pendant 25 ans, avec un rendement brut de 7 % par an.
Avec 0,8 % de frais annuels (assurance vie en ligne et ETF) : 44 994 €
Avec 3 % de frais annuels (contrat bancaire et fonds actifs) : 26 660 €
Écart : 18 334 €. Une réduction d’impôt de 18 % sur la mise de départ vous aurait rapporté 1 800 €. Soit dix fois moins que ce que les frais vous ont pris.
Voilà pourquoi je répète la même phrase depuis dix ans : il vaut mieux un bon placement fiscalisé qu’un mauvais placement défiscalisé. Les frais sont le seul paramètre de performance que vous contrôlez à 100 %. L’avantage fiscal, lui, dépend d’une loi qui change chaque année, comme 2026 vient encore de le démontrer.
Le test en trois questions avant de signer
1Est-ce que j’achèterais ce produit sans l’avantage fiscal ?
Si la réponse est non, la réponse est non.
2Quel est le coût total annuel, tout compris ?
Frais d’entrée, frais de gestion de l’enveloppe, frais internes des fonds, frais de sortie. Additionnez tout.
3Comment et quand je récupère mon argent, et combien il en reste après impôt ?
Beaucoup de dispositifs sont généreux à l’entrée et douloureux à la sortie.
Le plafonnement des niches fiscales : 10 000 €, et les exceptions qui changent tout
L’article 200-0 A du Code général des impôts plafonne à 10 000 € par foyer fiscal et par an le total de vos réductions et crédits d’impôt. Chaque euro au-delà est perdu, sauf report spécifique.
L’erreur que je vois le plus souvent : un couple avec une garde d’enfants et une femme de ménage sature déjà son plafond sans le savoir, puis souscrit un FIP en décembre. La réduction est intégralement perdue, mais les frais de gestion, eux, sont bien prélevés pendant huit ans.
Un point que presque personne ne mentionne, et qui vaut de l’argent : pour le Girardin industriel de plein droit, seule une fraction de la réduction est retenue dans le plafond spécifique de 18 000 €, en fonction du taux de rétrocession consenti à l’exploitant ultramarin. La réduction d’impôt effectivement utilisable dépasse donc nettement 18 000 €. C’est le seul dispositif du droit français qui fonctionne ainsi, et c’est pour cela qu’il occupe une place à part chez les contribuables très imposés.
Les bonnes solutions : les enveloppes qui évitent l’impôt plutôt que de le réduire
Voilà la partie la moins vendeuse et de très loin la plus rentable. Ces enveloppes ne vous font pas gagner d’argent en décembre. Elles vous en font gagner beaucoup sur vingt ans.
Le PEA : toujours numéro un, même avec 18,6 % de prélèvements sociaux
Après 5 ans, le Plan d’Épargne en Actions est totalement exonéré d’impôt sur le revenu sur les plus-values et les dividendes. Il n’a en revanche jamais été exonéré de prélèvements sociaux, et ceux-ci sont passés à 18,6 %.
La limite de versement est de 150 000 € par adulte, soit 300 000 € pour un couple, plafond qui ne concerne que les apports : vos plus-values et dividendes peuvent le faire exploser sans conséquence. Grâce aux ETF éligibles au PEA, vous investissez dans le monde entier depuis cette enveloppe. J’ai détaillé les critères et les frais dans mon comparatif des meilleurs PEA.
L’assurance vie est-elle devenue plus intéressante que le PEA en 2026 ?
La question est légitime, et l’argument circule déjà. Faisons le calcul, il est instructif.
Un célibataire retire un gain de 4 600 € d’un contrat de plus de 8 ans : l’abattement annuel efface l’impôt sur le revenu, il ne reste que 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 791 €. Le même gain sorti d’un PEA de plus de 5 ans supporte 18,6 %, soit 856 €. L’assurance vie est effectivement 65 € moins chère.
Et la conclusion reste pourtant la même : le PEA d’abord. Parce que 1,4 point sur les gains, une fois, ne pèse rien face à 0,5 point de frais de gestion, chaque année. Un contrat d’assurance vie en ligne facture au minimum 0,50 % par an sur les unités de compte, là où un bon PEA ne facture aucun droit de garde. Sur 20 ans, 0,5 % de frais annuels amputent le capital final d’environ 9,5 %. L’écart de prélèvements sociaux, lui, coûte 1,4 % appliqué à la seule fraction de gains : de l’ordre de 0,8 % du capital final si les gains en représentent 60 %. Le rapport est d’environ un à dix.
Cela ne rend pas l’assurance vie inutile, bien au contraire. Elle reste indispensable pour trois raisons que le PEA n’offre pas : l’accès au fonds en euros, dont le rendement moyen s’est établi à 2,6 % en 2025 selon France Assureurs, pour la troisième année consécutive ; l’absence de plafond de versement ; et surtout la transmission, avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans. La loi de finances 2026 n’y a pas touché, malgré les amendements déposés en ce sens. Mon comparatif des meilleures assurances vie détaille les contrats que j’ai ouverts et testés.
Le PER vaut-il encore le coup en 2026 ?
Le Plan d’Épargne Retraite est le seul vrai dispositif de déduction à la portée de tous. Vous versez, le montant est retiré de votre revenu imposable, et l’économie d’impôt est immédiate. Les plafonds 2026 :
- Salariés, fonctionnaires, retraités, personnes sans activité : 10 % des revenus professionnels de 2025, avec un plancher de 4 710 € et un plafond de 37 680 €.
- Travailleurs non salariés : jusqu’à 88 911 €.
- Les plafonds non utilisés sont désormais reportables 5 ans au lieu de 3, et mutualisables entre conjoints mariés ou pacsés.
- Cette déduction est hors plafonnement des niches fiscales. C’est un atout majeur.
- Depuis le 1er janvier 2026, les versements réalisés à partir de 70 ans ne sont plus déductibles.
Vient maintenant l’objection classique, celle que me font mes lecteurs les plus attentifs depuis des années : « L’avantage à l’entrée est repris à la sortie, donc c’est un jeu à somme nulle. »
C’est faux, mais pour une raison plus subtile qu’on ne le dit habituellement. Le calcul correct ne consiste pas à comparer 10 000 € versés sur un PER et 10 000 € versés sur une assurance vie. Il consiste à comparer un même effort net d’impôt. Verser 10 000 € sur un PER quand on est à 41 % de TMI ne coûte que 5 900 € de pouvoir d’achat. C’est donc 5 900 € qu’il faut mettre sur l’assurance vie en face.
| TMI identique à l’entrée et à la sortie | Effort net | PER, net d’impôt | Assurance vie, net d’impôt |
|---|---|---|---|
| 11 % | 8 900 € | 20 242 € | 21 083 € |
| 30 % | 7 000 € | 18 342 € | 16 582 € |
| 41 % | 5 900 € | 17 242 € | 13 976 € |
Le résultat est net, et il valide chiffres à l’appui la règle que je donne depuis toujours : le point de bascule se situe autour de 17 % de TMI. Comme le barème français saute directement de 11 % à 30 %, la conclusion est binaire. À 11 % de TMI, le PER vous fait perdre de l’argent. À 30 % et au-delà, il en fait gagner, même sans baisse de tranche à la retraite.
Pourquoi ? Parce que le PER fait travailler la part d’impôt que vous n’avez pas payée. L’État vous prête cet argent à 0 % pendant vingt ans. Cet effet de portage l’emporte sur le fait que les gains du PER sortent au prélèvement forfaitaire unique alors que ceux de l’assurance vie profitent de l’abattement.
LES TROIS RÉSERVES À CONNAÎTRE
1. L’argent est bloqué jusqu’à la retraite, hors cas de déblocage anticipé comme l’achat de la résidence principale ou les accidents de la vie.
2. Sortir un gros capital la même année peut vous propulser dans une tranche supérieure et détruire l’avantage. Étalez vos retraits.
3. Le calcul suppose des frais identiques. Un PER bancaire à 2 % de frais annuels face à une assurance vie à 0,6 % annule tout l’avantage fiscal. C’est exactement le piège que je décris dans mon comparatif des meilleurs PER.
Ce calcul, vous pouvez le refaire avec vos propres chiffres. Les applications Épargnant 3.0 contiennent un simulateur d’impôt, qui vous donne votre TMI et votre taux moyen réels, et un simulateur d’économie d’impôt, qui chiffre ce qu’un versement vous rapporte vraiment. Elles sont gratuites et sans inscription.
L’épargne salariale et le compte-titres, les deux oubliés
Le PEE (Plan d’Épargne Entreprise) est probablement le meilleur rendement fiscal disponible en France, et il ne coûte rien : l’intéressement et la participation versés dessus échappent à l’impôt sur le revenu, les frais sont souvent payés par l’employeur, et l’abondement est de l’argent gratuit. Le seul vrai sujet est la qualité des fonds proposés, souvent médiocre. Cherchez le fonds indiciel actions monde s’il existe dans votre gamme.
Quant au compte-titres ordinaire, on le présente toujours comme l’enveloppe sans avantage fiscal. C’est une erreur d’analyse. Un ETF capitalisant, qui réinvestit automatiquement les dividendes au lieu de vous les verser, ne déclenche aucune imposition tant que vous ne vendez pas. Vous transformez un impôt annuel en un impôt différé de vingt ans, sur un capital qui a continué à travailler entre-temps. C’est de la défiscalisation invisible : elle ne coûte rien et personne ne vous la vend. J’explique le mécanisme dans mon guide sur l’investissement en Bourse.
Le seul tableau qui compte : le coût total annuel
| Enveloppe | Frais de l’enveloppe | Frais du support | Coût total |
|---|---|---|---|
| PEA chez un bon courtier | 0 % | 0,20 % (ETF) | ≈ 0,20 % |
| Assurance vie en ligne | 0,50 % à 0,60 % | 0,20 % (ETF) | ≈ 0,70 % à 0,80 % |
| PER en ligne | 0,50 % à 0,60 % | 0,20 % (ETF) | ≈ 0,70 % à 0,80 % |
| Assurance vie ou PER bancaire | 0,90 % à 1 % | 1,50 % à 2 % (fonds actifs) | ≈ 2,40 % à 3 % |
| FIP ou FCPI | Droits d’entrée | 3,2 % à 3,5 % par an | ≈ 3,5 % et plus |
Regardez la dernière ligne, puis relisez la promesse commerciale « 30 % de réduction d’impôt ». Sur huit ans de blocage, 3,5 % de frais annuels représentent environ 25 % du capital. L’avantage fiscal est mangé avant même de parler de performance.
Défiscalisation immobilière 2026 : que reste-t-il après la mort du Pinel ?
Avant de regarder ce qui reste, il faut regarder ce qui vient de mourir. Parce que le Pinel a été évalué deux fois par la puissance publique, et que ces évaluations sont la meilleure leçon de défiscalisation immobilière jamais écrite.
Le bilan du Pinel, dix ans après
Le Pinel s’est éteint fin 2024, après dix ans d’existence. Ce n’est pas une opinion de blogueur : l’Inspection générale des finances et le Conseil général de l’environnement et du développement durable l’ont évalué en 2019, à la demande de quatre ministres, en croisant les déclarations fiscales de la DGFiP, les fichiers fonciers et les observatoires locaux des loyers. La Cour des comptes a repris l’exercice en 2024. Leurs conclusions méritent d’être lues avant de signer quoi que ce soit en 2026, parce qu’elles disent quelque chose de général sur la défiscalisation immobilière.
| Le chiffre | Ce qu’il dit |
|---|---|
| 7,3 Md€ | Le coût cumulé du dispositif fin 2023. Le Pinel est éteint depuis fin 2024, mais la facture continuera de courir jusqu’en 2038. L’administration n’a pas su en donner le chiffrage exact à la Cour des comptes |
| 244 000 | Le nombre de déclarations fiscales recensées. Mais ni la DGFiP ni la direction du logement n’ont été en mesure de dire combien de logements ont réellement été construits grâce au dispositif |
| 9,3 % | La part de la réduction d’impôt qui s’est réellement traduite par une baisse de loyer pour le locataire. Les neuf dixièmes restants n’ont eu pour seule contrepartie que la construction d’un logement |
| 38 108 € contre 28 200 € | Le coût pour l’État d’un logement financé par un particulier en Pinel, contre un logement financé par un investisseur institutionnel. Soit 35 % plus cher pour le même résultat |
| 30 % | La décote de l’ancien par rapport à un logement neuf éligible au Pinel, mesurée section cadastrale par section cadastrale |
| Un sur deux | La part des investissements dont le rendement net global était négatif au bout de neuf ans, hors hausse des prix de l’immobilier |
Arrêtez-vous sur les deux premières lignes. L’État a engagé plus de sept milliards d’euros, il paiera encore pendant treize ans un dispositif qu’il a lui-même supprimé, et il est incapable de dire combien de logements il a fait sortir de terre. La Cour des comptes qualifie les données fiscales disponibles de peu fiables, lacunaires et peu contrôlées. C’était le dispositif de défiscalisation le plus utilisé de France.
Puis sur la quatrième, qui vous concerne directement. Pour produire exactement le même logement intermédiaire, l’État payait 35 % plus cher en passant par un particulier défiscalisant que par un investisseur institutionnel. Cet écart, c’est le prix de la motivation fiscale. Quelqu’un le paie. La question intéressante, pour vous, est de savoir qui.
Comment l’avantage fiscal était capté avant vous
Le rapport documente le mécanisme avec une précision rare. Un promoteur calcule ce qu’il peut payer un terrain « à rebours » : il part de la recette qu’il espère, retranche ses coûts, et le solde devient sa capacité d’achat foncier. Or les auteurs établissent qu’une hausse de 1 % du prix de vente au particulier permet au promoteur d’augmenter de près de 4 % le prix qu’il peut offrir pour le terrain. Autrement dit, la réduction d’impôt remontait dans le foncier avec un effet de levier de quatre. Elle finançait la concurrence entre promoteurs pour les terrains, pas votre patrimoine.
Deux observations achèvent de le confirmer. D’abord, les investisseurs Pinel négociaient moins le prix que les futurs propriétaires occupants et que les institutionnels : ils signaient plus vite, plus tôt, souvent sur plan. Ensuite, un investisseur institutionnel a indiqué à la mission qu’il visait des prix d’acquisition avec 25 % de décote par rapport aux prix de marché à l’unité. Dans le même immeuble, le professionnel achetait un quart moins cher que le particulier.
Détail plus cruel encore : la surcote du neuf était proportionnellement plus forte là où les prix de marché étaient bas. En dessous de 3 000 € du mètre carré, l’écart avec l’ancien se creusait. Or 57 % des logements Pinel ont été construits en zone B1, c’est-à-dire précisément dans les villes moyennes où le marché est le moins cher. Le dispositif était le plus coûteux là où il était le plus vendu.
Le tableau que les vendeurs ne montraient jamais
La mission a fait le calcul complet : elle a comparé un investissement Pinel type, à 3 700 € du mètre carré, avec la même somme placée dans l’ancien à 2 590 € du mètre carré, donc sur une surface plus grande. Loyers encaissés, effet de levier du crédit, charges, travaux, réduction d’impôt, plus ou moins-value à la revente : tout est intégré, sur neuf ans, dans cinq scénarios d’évolution des prix.
Le résultat va plus loin que ce que l’on raconte habituellement sur le Pinel. À prix stables, l’opération ressort en perte de 16 254 €, réduction d’impôt comprise. C’est le chiffre que tout le monde cite. Mais le vrai enseignement est ailleurs : dans quatre scénarios sur cinq, l’ancien fait mieux que le Pinel. Et l’écart se creuse à mesure que le marché monte. À +1,6 % par an, le Pinel gagne 6 296 € quand l’ancien en gagne 18 049. À +3,4 % par an, 33 796 € contre 53 919 €. Le seul scénario où le Pinel résiste mieux est celui de l’effondrement des prix, où il perd 48 704 € au lieu de 53 690 €. Ce n’est pas un argument de vente.
Voilà la démonstration la plus nette qui soit de ce que je répète depuis dix ans. Le Pinel ne perdait pas seulement quand il perdait. Il perdait aussi quand il gagnait. Un investisseur ravi de sa plus-value de 6 000 € ignorait qu’il venait de laisser 12 000 € sur la table en achetant du neuf subventionné plutôt que de l’ancien fiscalisé.
Reste le seuil, que la mission chiffre précisément : l’opération n’était rentable que si le logement se revendait au-dessus de 2 886 € du mètre carré, soit une hausse du marché de plus de 11 % en neuf ans, ou 1,2 % par an. Retenez la nature de ce chiffre : ces 1,2 % ne vous font rien gagner, ils vous ramènent à zéro. La réduction d’impôt n’a jamais été votre rendement, elle a été votre seuil.
Et c’est ici que les deux rapports se referment comme une pince. En 2024, la Cour des comptes constate que la revente du bien est « très souvent le principal moyen de rendre ce dispositif financièrement attractif » pour l’investisseur. Or l’IGF avait démontré cinq ans plus tôt que la revente est précisément le moment où l’opération se retourne, puisqu’un bien acheté avec plus de 40 % de surcote se revend au prix de l’ancien. Le seul levier censé rendre le Pinel rentable était celui qui le détruisait.
Et ceux qui ont signé n’étaient pas des épargnants naïfs. Près de 70 % des investisseurs Pinel se situaient dans le dernier décile de revenus, et la réduction d’impôt était la motivation principale de 80 % d’entre eux. Un bon revenu et un bon conseiller ne protègent de rien quand le produit est mal construit à la base.
Soyons complets, parce que le rapport l’est. Pendant la phase de détention, le Pinel écrasait l’ancien : hors revente, l’effet de levier du crédit et la réduction d’impôt lui assuraient une rentabilité supérieure de 233 % et un gain de plus de 50 000 € sur neuf ans. Un investisseur qui regardait son tableau de bord à huit ans avait toutes les raisons d’être content. C’est la revente qui effaçait tout. Et la revente, personne ne la simulait au moment de la signature. Le rapport le dit sans détour : l’aspect fiscal jouait un rôle de déclencheur psychologique qui « éclipse complètement » les questions de rendement locatif et de plus-value.
Le dispositif Jeanbrun est-il un meilleur Pinel ?
C’est avec cette grille de lecture qu’il faut aborder son remplaçant. Le nouveau statut du bailleur privé, entré en vigueur le 21 février 2026, change de logique. Il ne s’agit plus d’une réduction d’impôt forfaitaire mais d’un amortissement : chaque année, vous déduisez de vos loyers une fraction du prix du bien, comme le fait un loueur en meublé. Les caractéristiques annoncées :
- Logements en immeubles collectifs, neufs ou anciens avec au moins 30 % du prix en travaux.
- Aucun zonage : le dispositif s’applique partout en France.
- Amortissement plafonné à 12 000 € par an selon le niveau de loyer choisi.
- Location nue en résidence principale pendant 9 ans, avec plafonds de loyer intermédiaire, social ou très social, et interdiction de louer à un proche.
- Déficit foncier imputable sur le revenu global jusqu’à 10 700 €.
- Hors plafonnement des niches fiscales, puisqu’il s’agit d’une déduction et non d’une réduction.
Sur le papier, le mécanisme est supérieur au Pinel : il s’ajuste au bien réel, il n’est pas plafonné par les niches, et il se combine avec le déficit foncier. Les commerciaux vont s’en donner à cœur joie.
Alors disons les choses clairement. Changer le mécanisme fiscal ne change rien au problème qui a coulé le Pinel : le prix d’achat. Un logement neuf se paie toujours sensiblement plus cher qu’un équivalent ancien, et il se revend sur le marché de l’ancien. Aucun amortissement ne rattrape une surcote de 40 % à l’entrée. Ajoutez un loyer plafonné pendant neuf ans, et vous comprenez que la vraie question n’est pas « quel dispositif », mais « à quel prix j’achète et quel loyer j’encaisse réellement ». Faites la simulation sans l’avantage fiscal : si l’opération ne tient pas debout, elle ne tiendra pas debout avec.
Le déficit foncier reste le meilleur outil immobilier
Voilà mon préféré, et pour une raison simple : il ne vous pousse pas à acheter un mauvais bien. Vous déduisez des travaux réels sur un bien que vous auriez acheté de toute façon. L’excédent de charges s’impute sur votre revenu global jusqu’à 10 700 € par an, porté à 21 400 € pour les travaux de rénovation énergétique. Le surplus reste reportable dix ans sur vos revenus fonciers. Et il est intégralement hors plafonnement des niches.
LMNP, Denormandie, Malraux : où en est-on en 2026 ?
| Dispositif | Avantage 2026 | Plafond des niches | Le vrai point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Jeanbrun statut du bailleur privé | Amortissement jusqu’à 12 000 € par an | Hors plafond | Prix du neuf, loyer plafonné, 9 ans d’engagement |
| Déficit foncier | 10 700 € par an, 21 400 € si rénovation énergétique | Hors plafond | Location nue 3 ans minimum après travaux |
| LMNP au réel | Amortissement du bien, maintenu par la loi de finances | Hors plafond | Amortissements réintégrés à la plus-value depuis 2025, et prélèvements sociaux passés à 18,6 % |
| Denormandie | Réduction de 12 % à 21 %, jusqu’à fin 2027 | Dans les 10 000 € | 25 % de travaux minimum, communes éligibles seulement |
| Loc’Avantages | Réduction selon la décote de loyer, jusqu’à fin 2027 | Dans les 10 000 € | Conventionnement Anah, loyer très inférieur au marché |
| Malraux | 22 % ou 30 % des travaux, plafond de 400 000 € sur 4 ans | Dans les 10 000 € | Secteur protégé, chantier long, revente étroite |
| Monuments historiques | Déduction de 100 % des travaux | Hors plafond | Conservation 15 ans, contraintes lourdes |
Notez au passage un effet de bord de la réforme des prélèvements sociaux qui n’a fait l’objet d’aucune communication : la location meublée est passée à 18,6 %, alors que la location nue reste à 17,2 %. Pour la première fois, le meublé est socialement plus taxé que le nu. Sur 10 000 € de bénéfice, cela fait 140 € par an. Ce n’est pas dramatique, mais c’est exactement le genre de détail qui manque toujours dans les simulations des vendeurs.
Si votre objectif est l’immobilier sans les contraintes de gestion, regardez plutôt du côté des SCPI, en gardant les yeux rivés sur les frais. J’ai écrit un article entier sur les frais des SCPI et comment les réduire.
Girardin, SOFICA, FIP, forêts : les dispositifs à fonds perdus
Ces produits ont un point commun : l’avantage fiscal est la seule raison de les acheter. Ce n’est pas forcément disqualifiant, mais cela impose une lucidité totale sur ce que vous achetez.
| Dispositif | Avantage 2026 | Plafond | Ce qu’on ne vous dit pas |
|---|---|---|---|
| Girardin industriel | Réduction supérieure au versement, obtenue l’année suivante | Plafond dérogatoire de 18 000 € | Capital perdu par construction. Risque de reprise fiscale si l’exploitant ultramarin fait défaut avant 5 ans |
| SOFICA cinéma | 30 %, jusqu’à 48 % sous conditions | Plafond dérogatoire de 18 000 € | Perte en capital fréquente. C’est du mécénat, assumez-le comme tel |
| FIP Corse et Outre-mer | Jusqu’à 30 % | 12 000 € seul, 24 000 € en couple, dans les 10 000 € de réduction | TRI médian négatif selon l’AMF, 3,5 % de frais annuels, blocage de 6 à 10 ans |
| FCPI jeunes entreprises innovantes | 30 % | Plafond spécifique | Seuls survivants des FCPI. Risque de perte totale sur ce type d’entreprises |
| Groupements forestiers | 18 % et exonération partielle d’IFI | 50 000 € seul, 100 000 € en couple | Rendement courant très faible et forte illiquidité, mais actif réel et fiscalité successorale attractive |
| IR-PME en direct | 18 %, 25 % pour les entreprises solidaires, 30 % pour les jeunes entreprises innovantes | 50 000 € seul, 100 000 € en couple | Conservation 5 ans, risque de perte totale, valorisation impossible à vérifier |
Arrêtons-nous sur le Girardin industriel, parce qu’il est à part et que je le pratique. Vous financez du matériel loué à une entreprise ultramarine, vous perdez votre mise, et vous recevez l’année suivante une réduction d’impôt supérieure à ce que vous avez versé. Le gain net est connu d’avance.
Ce que les brochures ne disent pas assez fort : Le risque du Girardin n’est pas un risque de marché, c’est un risque juridique et opérationnel. Si l’exploitant cesse d’exploiter le matériel pendant l’engagement de cinq ans, l’administration reprend la réduction, avec intérêts de retard, et c’est vous qui payez. Aucun taux affiché ne compense un mauvais monteur. La seule variable qui compte est donc la solidité de l’opérateur et la nature exacte de sa garantie de bonne fin, pas le rendement annoncé. Si vous n’êtes pas prêt à lire les contrats en détail, ne faites pas de Girardin.
La défiscalisation que tout le monde oublie, et qui ne coûte rien
Le paradoxe le plus agaçant de ce sujet tient en une phrase. Des épargnants signent des FIP à 3,5 % de frais annuels alors qu’ils n’ont pas déclaré leur crédit d’impôt pour la garde d’enfants.
| Levier | Avantage | Limite |
|---|---|---|
| Emploi à domicile : ménage, soutien scolaire, jardinage | Crédit d’impôt de 50 % | 12 000 € de dépenses, majoré de 1 500 € par enfant ou par membre du foyer de plus de 65 ans, sans dépasser 15 000 € |
| Garde d’un enfant de moins de 6 ans hors domicile | Crédit d’impôt de 50 % | 3 500 € par enfant |
| Dons aux associations | Réduction de 66 % | 20 % du revenu imposable, excédent reportable 5 ans |
| Dons aux organismes d’aide aux personnes en difficulté | Réduction de 75 % | 2 000 € par an, puis 66 % au-delà |
| Pension alimentaire versée à un enfant majeur | Déduction du revenu | Plafond annuel par enfant, à vérifier chaque année |
| Enfants scolarisés | Réduction forfaitaire par enfant | Montant croissant du collège au supérieur |
| Parts fiscales | Baisse du quotient familial | Avantage plafonné à 1 807 € par demi-part |
Une remarque à contre-courant sur le quotient familial, puisque le sujet revient sans arrêt : l’avantage lié à une demi-part est plafonné à 1 807 €. Autrement dit, à partir de 30 % de TMI, un enfant supplémentaire ne fait plus baisser votre impôt proportionnellement à ce qu’il vous coûte. Ce n’est pas une raison pour ne pas faire d’enfants, mais c’est une raison pour ne pas bâtir une stratégie patrimoniale là-dessus.
Dans quel ordre faut-il défiscaliser ?
Voici la hiérarchie que j’applique et que je recommande. Elle va du gratuit et sans risque vers le coûteux et risqué. On ne passe à l’étage suivant qu’une fois le précédent épuisé.
LE RÉFLEXE QUI ÉVITE 90 % DES ERREURS
Ne souscrivez jamais un produit de défiscalisation entre le 15 et le 31 décembre. C’est la fenêtre où l’on signe sans lire, et c’est exactement pour cela que les campagnes commerciales sont calées dessus. Un dispositif qui mérite votre argent en décembre le méritera encore en février.
Cette hiérarchie n’est que la première marche. La vraie question, celle qui décide de votre patrimoine dans vingt ans, n’est pas « quelle niche fiscale », mais « quelle allocation, dans quelles enveloppes, avec quelle discipline ». C’est ce que je détaille dans la Masterclasse gratuite Épargnant 3.0.
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Questions fréquentes sur la défiscalisation en 2026
À partir de quel niveau d’impôt faut-il chercher à défiscaliser ?
En dessous de 30 % de TMI, presque aucun dispositif à contrainte ne se justifie. Concentrez-vous sur les crédits d’impôt du quotidien, le PEA et l’assurance vie. Entre 30 % et 41 %, le PER devient le meilleur outil. À 41 % et 45 %, l’éventail complet s’ouvre, mais la discipline sur les frais reste exactement la même.
Le PER est-il toujours hors du plafond des niches fiscales ?
Oui. Le PER fonctionne par déduction du revenu imposable, pas par réduction d’impôt. Il n’entre donc pas dans le plafond de 10 000 € et se cumule librement avec les autres dispositifs. C’est l’un de ses trois atouts, avec le report des plafonds sur 5 ans et la mutualisation entre conjoints.
Faut-il encore verser sur un PER après 70 ans ?
Plus pour l’impôt sur le revenu : la déduction a disparu au 1er janvier 2026. Les versements restent possibles, et les sommes versées sans déduction ne sont pas réimposées à la sortie en capital, seuls les gains le sont. Mais pour un objectif de transmission, l’assurance vie reste plus lisible, et il vaut mieux avoir alimenté ses contrats avant 70 ans pour conserver l’abattement de 152 500 € par bénéficiaire.
Que se passe-t-il si ma réduction d’impôt dépasse mon impôt ?
Elle est perdue. C’est la différence fondamentale entre une réduction et un crédit d’impôt : le crédit vous est remboursé par le Trésor même si vous ne payez rien, la réduction s’arrête à zéro. Un contribuable qui souscrit un Girardin calibré sur un impôt qu’il ne paiera finalement pas perd sèchement la fraction excédentaire. Certains dispositifs prévoient un report, comme l’IR-PME sur 5 ans, mais c’est l’exception. Vérifiez toujours votre impôt prévisionnel avant de calibrer un versement.
Peut-on cumuler plusieurs dispositifs de défiscalisation ?
Oui, et c’est même la stratégie optimale en haut de barème : empiler une déduction hors plafond comme le PER ou le déficit foncier, le plafond commun de 10 000 €, et le plafond dérogatoire de 18 000 € réservé au Girardin et aux SOFICA. Attention toutefois : au-delà de 250 000 € de revenu fiscal de référence pour un célibataire, la contribution différentielle sur les hauts revenus garantit une imposition minimale de 20 %, ce qui neutralise une partie de l’empilement.
Conclusion pour l’Épargnant 3.0
La défiscalisation n’est pas un objectif. C’est la cerise sur un gâteau qui doit déjà être bon sans elle. Un investissement qui n’a de sens que grâce à sa réduction d’impôt n’est pas un investissement, c’est une dépense fiscalement subventionnée.
Et il y a une leçon plus large dans le millésime 2026. En une seule année, un taux de prélèvements sociaux en place depuis huit ans a été cassé en deux, le dispositif immobilier phare a été remplacé par un mécanisme entièrement différent, une famille entière de fonds a disparu, et une limite d’âge est apparue sur le PER. Toute stratégie patrimoniale bâtie sur une niche fiscale est bâtie sur du sable. Une stratégie bâtie sur des frais faibles, une diversification large et une discipline de long terme, elle, traverse les lois de finances sans broncher.
Vos actions concrètes, dans l’ordre :
- Calculez votre TMI et votre taux moyen réel. Votre dernier avis d’imposition suffit. Beaucoup découvrent qu’ils paient 12 % et non 30 %.
- Vérifiez votre marge restante sous le plafond de 10 000 €, une fois comptés emploi à domicile et garde d’enfants.
- Ouvrez un PEA si ce n’est pas fait, ne serait-ce que pour prendre date. Le compteur des 5 ans démarre à l’ouverture.
- Ouvrez au moins un contrat d’assurance vie de qualité, pour le fonds en euros et pour l’abattement successoral.
- Si votre TMI est de 30 % ou plus, ouvrez un PER, et regardez d’abord ses frais, pas sa promesse fiscale. Votre plafond figure sur votre avis d’imposition, et il est désormais reportable sur 5 ans.
- Ne touchez au quatrième étage qu’après avoir épuisé les trois premiers, et jamais en décembre.
Pour aller plus loin, j’ai construit un module complet de la formation Épargnant 3.0 qui passe en revue 34 dispositifs de défiscalisation, avec mon avis argumenté sur chacun et les astuces qui permettent d’en tirer réellement parti. Et si vous voulez d’abord replacer tout cela dans une vision d’ensemble, mon guide des placements financiers, du meilleur au pire compare les enveloppes entre elles.
Je vous souhaite le meilleur pour votre épargne, et surtout pour tout le reste !
À propos de l’auteur

Édouard Petit
Créateur d’Épargnant 3.0 · Professeur de finance à l’ESCP · Auteur
Depuis 2015, j’aide des milliers d’investisseurs à éviter les erreurs les plus fréquentes avec les ETF et à construire un patrimoine sur le long terme.
50 000+
livres vendus
2 500+
avis lecteurs
2015
actif depuis
Guide gratuit

Les trois erreurs que j’observe le plus souvent dans les portefeuilles d’ETF.
Les contenus publiés sur Épargnant 3.0 sont fournis à titre pédagogique et ne constituent pas des conseils en investissement. Certains liens peuvent être affiliés, ce qui contribue au financement du contenu gratuit proposé sur le site. Vous pouvez vous référer à ma Charte éditoriale et politique de transparence. L’investissement comporte un risque de perte en capital.

Édouard Petit
Créateur d’Épargnant 3.0 · Professeur de finance à l’ESCP · Auteur
Depuis 2015, j’aide des milliers d’investisseurs à éviter les erreurs les plus fréquentes avec les ETF et à construire un patrimoine sur le long terme.
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Les trois erreurs que j’observe le plus souvent dans les portefeuilles d’ETF.
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Bonjour Edouard,
Merci pour vos analyses et avis : c’est agréable d’avoir une information non biaisée et objective. j’ai apprécié votre article sur les assurances vie et les critères de choix.
Concernant la défiscalisation via le PEE, je rajouterais que pour les salariés qui peuvent en profiter (toutes les entreprises n’ont pas mis en place de PEE), c’est un placement interessant d’autant plus qu’il y a souvent un abondement de l’employeur sur les sommes versées par les salariés, soit sous forme de prime en plus, soit sous forme de rabais sur les actions de l’entreprise proposées aux salariés. Le blocage des 5 ans n’est pas absolu car il existe des situations de déblocage prévues.
Le CTO permet surtout de faire une donation à son enfant, le tout c’est d’arriver à un capital sur un CTO de 100k€ obtenu avec un max de plus value, qui vous transmettez les 100k€, vous n’avez investit qu’une partie et votre enfant touche les 100k€ alors que vous n’aurez jamais payé d’impots sur les plus values
par exemple j’ai planifié un CTO specifique pour ça en tablant sur une plus value de 5 à 8% sur 15 ans pour que j’arrive a 100k€ , si jamais il y a trop je revend les titres qui ont le moins performé, ou mieux, les moins value que je pourrais déduire des plus value d’autres placement par exemple
Tout à fait
Bonjour,
J’ai une Pinel depuis 2019. Cette année je réalise en plus une Girardin Industriel et une FIP Outre-mer. Je souhaite en plus faire du mécénat à une association mais j’ai du mal à évaluer le montant maximum que je pourrais allouer. Pouvez-vous me donner les règles à respecter en cas de cumul ?
Bonsoir Edouard,
Dans toute cette liste, vous pouvez rajouter l’adhésion à un ou plusieurs syndicats. 66% de crédit d’impôt sur l’adhésion + se défendre en tant que salarié ou employeur + assurances.
Nicolas
Je suis chef d’entreprise et je suis dans l’obligation d’être au courant de tous les éléments importants sur la défiscalisation. En lisant cet article de blog, j’ai pu avoir des réponses à toutes mes questions. Je peux alors avancer et prendre les meilleures décisions possibles grâce à ce dernier !
Bonjour Edouard,
Je serai intéressé par avoir le contact par lequel vous passez pour la défiscalisation Girardin .
Merci
Julien
Bonjour,
je suis souvent dubitatif sur les solutions permettant de défiscaliser. la plupart du temps (sauf PER par exemple), il faut s’endetter. Je me demande souvent ce qui fait qu’autant de gens veulent défiscaliser :
– entre s’endetter dans un projet (genre pinel) pour gagner X% d’impots ou investir la meme somme que le remboursement d’emprunt pour rapporter X% (- la génération d’impots que cela génère), cela ne revient il pas au même ?(économiser une dépense de 100 euros ou générer 100 euros, au final on gagne 100 euros)
On m’a expliqué qu’il s’agit parfois d’une sorte de biais, certains sont “allergiques” à l’idée de payer des impots, ce que je peux comprendre aussi.
Bonjour,
j’ai fait du Girardin Agricole.
Trimestre 2023
Rentabilité fiscale
T1 25% puis 21,951%
T2 20,482%
T3 17,647%
T4 16,279%
Bonjour jerome, est ce que pour le girardin agricole il y a des garanties comme le girardin industriel? Merci
bonjour,
Pour le Girardin Agricole.
site web lesentrepreteurs.com
Mon code parrain : PARRAIN226888
Merci
Bonjour Edouard, Merci pour ce bel article très détaillé. Intéressé par savoir par quel partenaire vous êtes passé pour le Girardin. Bonne soirée !
Moi aussi ;)
Bonjour,
Ma résidence est une maison classée aux Monuments Historiques. Je confirme qu’il faut la conserver 15 ans au moins pour pouvoir défiscaliser. En revanche, il n’y a pas obligation de la louer (dès lors que le propriétaire l’occupe).
Bonjour,
Concernant le Pinel, savez-vous s’il est possible d’en faire dans l’ancien afin d’optimiser la rentabilité du bien ?
Bien à vous
le “pinel dans l’ancien” revient à faire du denormandie je pense.
Bonjour Mr Petit,
Vraiment complet comme sujet. J’aurais juste une petit precision sur le LMNP:
« Les recettes doivent être supérieures au montant total des autres revenus d’activité du foyer fiscal (salaires, autres BIC) » et non 50%.
En vous remerciant pour toute vos recherches et informations.
Bonjour,
Merci pour votre lecture attentive.
oui mais si les recettes doivent être inférieures aux autres activités, c’est qu’elles doivent bien représenter au maximum la moitié de la totalité des revenus. Non ?
Bien à vous
Edouard
Bonjour Monsieur Petit,
Conseiller en gestion de patrimoine, je cherchais un livre cet été pour étoffer mes connaissances. Sur Amazon, je suis tombé par hasard sur vos livres très bien rédigés avec bcp de pédagogie et de générosité. En effet, vous donnez sans compter dans vos livres et votre site internet le résultat de vos expériences et d’innombrables heures de travail.
Votre capacité d’analyse et de synthèse est l’apanage des grands !
Dans notre métier, nous avons une obligation de formation de 45 heures par an. Vous devriez essayer d’obtenir le label compatible DDA pour vos formations. En attendant, je dois financer mes heures de formation obligatoires. C’est pour cette raison que je n’ai pas suivi vos formations qui doivent être comme le reste, excellentes !
Bonjour,
Merci et bravo pour votre nouvel article (défiscalisation 2021) qui est très intéressant et instructif, comme vos publications et livres sur les ETF.
J’ai juste une petite question sur le CTO : vous ne mentionnez pas l’abattement de 40% sur les revenus de capitaux mobiliers (comme les dividendes). J’ai lu en particulier sur le site du gouvernement :
« Vos dividendes d’actions ou autres revenus distribués sont soumis au barème après déduction d’un abattement forfaitaire de 40%. Il est calculé automatiquement par l’administration sur le montant brut des revenus ».
N’est-ce pas un abattement intéressant ? Pourriez-vous nous donner des précisions et votre avis à ce sujet ?
Merci d’avance.
Cordialement.
Xavier
Bonjour Xavier, oui ça peut être intéressant si vous êtes dans une tranche marginal d’imposition (strictement) inférieur à 30%. Cependant, je ne suis pas fan des dividendes (en tout cas sur le plan fiscal).
Bien à vous
Bonjour,
je ne partage pas votre enthousiasme sur le PER, l’avantage fiscal à l’entrée étant balancé par une taxation à la sortie qui rend la carotte fiscale le plus souvent assez médiocrement intéressante… Ce point mériterait d’être plus détaillé dans l’article.
Plus généralement j’ai bien aimé le début de l’article et sa mise en garde général sur la défiscalisation mais je reste un peu sur ma fin sur l’analyse produit par produit… Merci tout de même pour cet article.
Bonjour Bernard,
Il y a un article entier sur le PER, qui est naturellement un sujet en soi.
Oui c’est taxé à la sortie, mais l’Etat vous fait un prêt à 0% pour faire travailler cet argent.
Bonjour,
Merci pour cet article résumant un sujet assez vaste et complexe.
Je trouve l’investissement PME aussi intéressant car il permet d’investir aussi dans une entreprise, concrète, et hors secteur boursier comme habituellement.
Comment par contre investir dans ce domaine ? Par quel moyen, support ?
Merci
Bonjour Jérome,
Malheureusement je n’ai pas d’expérience dans ce domaine, donc je n’ai pas de moyen opérationnel simple à vous indiquer.
Bonjour Edouard,
Merci pour ce bel article très détaillé.
Intéressé par savoir par quel partenaire vous êtes passé pour le Girardin.
Bonne soirée !
Merci Edouard pour ce nouvel article assez chargé.
Autour de moi, je vois beaucoup de gens qui se sont fait “Pineler”. Comme décrit dans l’article, le promoteur table sur des prévisions ultra optimistes, et ne mentionne pas les dépenses à droite à gauche, les frais…et la contrainte de durée de location (sinon, faites une croix sur la defisc !).
A la revente, c’est la cata: acheté bien trop cher en neuf, le bien se revend au sein de la concurrence de l’ancien, en forte moins-value.
Voilà comment une bonne partie de cet argent investi arrive finalement dans la poche des promoteurs, bien plus que dans celle des investisseurs (qui hélas, n’ont pas fait l’effort nécessaire de bien comprendre le sujet !).
Bonjour David, merci pour votre retour, comme le montrent les statistiques le Pinel est souvent la seule stratégie patrimoniale d’un foyer … et le résultat n’est pas fameux. Il faut faire attention à la défiscalisation immobilière.