ETF et trackers : la définition claire, et ce qu’elle cache
Rédigé par Édouard Petit
Fondateur d’Épargnant 3.0 depuis 2015 · Mis à jour le 01/08/2026 · Qui suis-je ?
Mis à jour le 01/08/2026
En 2025, 1,1 million de Français ont acheté ou vendu un ETF. C’est 83 % de plus qu’en 2024, et leur âge moyen est de 38 ans, contre 48 ans pour ceux qui achètent des actions en direct.
Ces chiffres de l’AMF racontent une bascule silencieuse. Mais ils cachent un malentendu tenace : un ETF n’est ni une stratégie, ni un indice, ni même forcément un produit peu cher. C’est une enveloppe, un contenant. Et comme dans toute enveloppe, on peut mettre le meilleur comme le pire.
Le meilleur : un fonds qui suit un grand indice mondial, pour quelques centièmes de pourcent de frais par an. C’est l’outil que je recommande depuis des années et qui constitue le socle de la méthode Épargnant 3.0. Le pire : un ETF à effet de levier qui perd mécaniquement de l’argent quand le marché fait du surplace, ou un ETF thématique à la mode avec des frais de 0,65 % et un encours de 15 millions. Même étiquette, résultats aux antipodes.
Comprendre ce qui fait la différence prend dix minutes. Les voici. Et si vous vous demandez plus largement comment investir en Bourse, mon guide dédié reprend la démarche pas à pas.
L’essentiel
- Un ETF est une enveloppe : un fonds coté en Bourse. Ce qu’on met dedans change tout.
- Ce qu’Épargnant 3.0 recommande d’y mettre : un indice large, diversifié, à frais très bas.
- Le marché mondial pèse 23 090 milliards de dollars pour 17 404 ETF à fin juin 2026.
- Sur 10 ans, 98 % des fonds actions monde en euros ont fait moins bien que leur indice.
- Le seul chiffre à surveiller : le coût total annuel, enveloppe plus fonds. Il va de 0,20 % à plus de 3 %.
- Le vrai risque n’est pas le produit. C’est votre comportement pendant les baisses.
Un ETF, c’est quoi exactement ?
ETF signifie Exchange Traded Fund, soit « fonds négocié en Bourse ». En français on dit aussi tracker, parce que la plupart de ces fonds traquent un indice. Les deux mots désignent la même chose dans le langage courant.
Partons du plus simple. Un fonds met en commun l’argent de milliers d’épargnants pour acheter un panier de titres. Avec 200 euros, vous ne pouvez pas acheter 1 300 actions différentes. Le fonds, lui, le peut. Quand vous achetez une part, vous détenez une fraction du panier entier.
Un ETF est un fonds comme un autre, soumis aux mêmes règles européennes. Sa seule propriété garantie, c’est d’être coté en Bourse. C’est le contenant. Tout le reste, la stratégie, les frais, l’indice suivi, c’est le contenu que l’émetteur décide d’y mettre.
Ce que la cotation en Bourse change concrètement
Un fonds classique s’achète auprès d’un distributeur : votre banque, votre courtier, votre assureur. Ce distributeur touche une part des frais de gestion, la fameuse rétrocommission. Il a un intérêt financier direct à vous orienter vers les fonds qui le rémunèrent le mieux.
Un ETF, lui, se négocie en Bourse. Personne ne touche de commission sur sa vente. C’est d’ailleurs la raison, rarement dite, pour laquelle votre banquier ne vous en a jamais parlé spontanément : un ETF ne rapporte rien à celui qui vous le vend.
Trois conséquences pratiques de cette cotation :
- Accessible partout. Un fonds maison de la BNP n’est pas distribué au Crédit Agricole. Un ETF coté à Paris est disponible chez n’importe quel courtier.
- Prix en continu. Vous pouvez acheter ou vendre à tout moment pendant la séance (9h à 17h30 sur Euronext), contre une seule valorisation par jour pour un fonds classique.
- Pas de frais d’entrée. Vous payez des frais de courtage, souvent inférieurs à 1 euro chez un bon courtier, là où un fonds bancaire prélève couramment 2 à 3 % dès le premier euro.
Ce qu’Épargnant 3.0 recommande de mettre dans cette enveloppe
La cotation en Bourse est la seule certitude. Mais dans la pratique, l’immense majorité des ETF partagent deux autres caractéristiques, et ce sont elles qui en font un outil aussi puissant :
- Ils suivent un indice. Ils achètent les actions du CAC 40, du S&P 500 ou du MSCI World dans les mêmes proportions, sans chercher à faire mieux. C’est la gestion passive.
- Ils coûtent très peu cher. Pas d’équipe d’analystes à rémunérer, pas de gérant vedette. Un bon ETF large coûte aujourd’hui entre 0,05 % et 0,25 % par an, contre 1,5 % à 2 % pour un fonds actions classique.
C’est cette combinaison, indice large et frais minimes, qui fait la force de l’approche Épargnant 3.0. Mais attention : rien dans la définition d’un ETF ne garantit ces deux propriétés. On peut très bien mettre autre chose dans l’enveloppe.
Ce qu’on peut aussi y mettre (et qu’il vaut mieux savoir)
C’est le point crucial et celui que la plupart des guides escamotent. Le mot « ETF » sur une fiche produit ne vous garantit ni l’indiciel ni le bas coût. Voici ce que l’on trouve réellement dans cette enveloppe :
- Des ETF gérés activement, où un gérant choisit les titres. Ils pèsent déjà 108 milliards d’euros en Europe, soit 3,4 % des encours d’ETF. Leurs frais tournent autour de 0,30 % à 0,65 %, nettement moins qu’un fonds classique, mais bien plus qu’un ETF indiciel à 0,12 %.
- Des ETF à effet de levier ou thématiques, dont les frais et les risques n’ont rien à voir avec ceux d’un ETF indiciel large. J’y reviens dans la section sur les risques.
- Des ETF obligataires, immobiliers, ou de matières premières. L’enveloppe ETF s’est étendue à quasiment toutes les classes d’actifs.
Rien n’empêcherait en théorie un émetteur de lancer un ETF avec 2 % de frais annuels. Le format l’autorise. En pratique, la transparence de la cotation en Bourse et la facilité de comparaison exercent une pression à la baisse sur les frais que les fonds classiques ne subissent pas. C’est précisément ce qui rend l’enveloppe ETF si intéressante : la concurrence y est visible et immédiate.
À l’inverse, il existe d’excellents fonds indiciels non cotés, notamment dans les plans d’épargne entreprise. Le sigle ETF n’est ni nécessaire ni suffisant. Ce qui compte, c’est le contenu : l’indice suivi, les frais et l’encours.
Comment un ETF fonctionne-t-il sous le capot ?
Un ETF peut suivre son indice de deux façons, et cette distinction a une conséquence très concrète pour un épargnant français.
Retenez ce point, souvent présenté à l’envers : la réplication synthétique est ce qui vous permet d’investir sur les actions mondiales à l’intérieur d’un PEA, une enveloppe théoriquement réservée aux actions européennes. Sans elle, pas d’ETF Monde en PEA, donc pas d’exonération d’impôt sur le revenu après 5 ans sur un portefeuille mondial.
Pourquoi le prix en Bourse ne dérive-t-il pas ?
C’est la bonne question. Si le cours dépend de l’offre et de la demande, qu’est-ce qui empêche un ETF de coter 5 % au-dessus de la valeur réelle de son panier un jour de panique ?
Un mécanisme d’arbitrage permanent. Des professionnels, les participants autorisés, peuvent créer ou détruire des parts d’ETF par blocs directement auprès de l’émetteur, en échange du panier d’actions correspondant. Dès qu’un écart apparaît, ils l’exploitent, et l’écart se referme.
C’est la mécanique d’un bureau de change. Si un cambiste affiche le dollar 10 % trop cher, un concurrent achète au bon prix et le lui revend jusqu’à ce que l’anomalie disparaisse. Sur un ETF large et liquide, l’écart reste habituellement sous 0,1 %. Sur un ETF confidentiel, il peut se creuser : un argument de plus pour rester sur les indices larges.
Rien pour vous. Les actifs d’un fonds européen sont juridiquement séparés du bilan de la société de gestion et conservés par un dépositaire indépendant. Si Amundi ou BlackRock disparaissait, leurs ETF ne serviraient pas à rembourser leurs créanciers : le fonds serait transféré ou liquidé, et vous récupéreriez la valeur du panier. Un produit structuré vendu par une banque n’offre pas cette protection.
Les ETF battent-ils vraiment les fonds gérés activement ?
C’est l’argument central de la gestion passive, tellement répété qu’on ne le vérifie plus. Vérifions-le, avec les données européennes les plus récentes plutôt qu’avec les statistiques américaines recopiées partout.
L’étude SPIVA de S&P Dow Jones Indices mesure chaque semestre la part des fonds actifs domiciliés en Europe qui font moins bien que leur indice. Sa force : elle compte les fonds fermés en cours de route comme des échecs, ce qui est la seule façon honnête de compter. Voici les chiffres au 31 décembre 2025, pour les fonds libellés en euros.
| Fonds actifs en euros | 1 an | 10 ans |
|---|---|---|
| Actions monde | 70,6 % | 98,4 % |
| Actions américaines | 77,0 % | 98,2 % |
| Actions Europe | 81,8 % | 97,0 % |
| Actions pays émergents | 47,7 % | 90,9 % |
| Obligations d’entreprises | 54,1 % | 73,6 % |
Part des fonds gérés activement ayant fait moins bien que leur indice de référence. Source : SPIVA Europe Scorecard, données au 31 décembre 2025. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps.
Deux remarques d’honnêteté, que vous lirez rarement ailleurs. D’abord, 2025 a été une bonne année pour la gestion active sur les actions monde : c’est le meilleur millésime depuis 2021. Ensuite, sur les pays émergents, une majorité de gérants a battu son indice l’an dernier. Les défenseurs de la gestion active ont donc de vrais arguments à court terme. Simplement, ils s’évaporent avec le temps.
L’ampleur du décrochage parle mieux que les pourcentages. Sur 10 ans, la moyenne des fonds actions monde en euros a délivré 8,4 % par an, contre 11,9 % pour l’indice.
« Il suffit de choisir les bons gérants »
C’est l’objection que fait tout conseiller, et elle est factuellement exacte : si 98 % des fonds échouent, 2 % réussissent. La vraie question n’est donc pas de savoir s’ils existent, mais si l’on peut les repérer à l’avance.
S&P mesure exactement cela. Prenons les 386 fonds actions monde en euros classés dans le quart le plus performant fin 2023, ceux qu’on vous aurait recommandés. Fin 2024, ils étaient encore 47,7 % dans ce premier quartile. Fin 2025, ils n’étaient plus que 11,1 %.
Soyons précis, car c’est là que beaucoup d’articles trichent : 11,1 % reste supérieur au pur hasard, qui donnerait 6,25 %. Il existe donc sans doute une petite dose de talent réel. Mais traduisez : près de 9 fonds sur 10 sélectionnés parmi les meilleurs ne le sont plus deux ans après. Vous devez réussir ce pari, puis le refaire, pendant vingt ans, en payant 1,8 % par an pour le privilège d’essayer.
Sur les 1 087 fonds actions monde en euros qui existaient fin 2015, seuls 62 % existaient encore fin 2025. Un fonds ne ferme jamais parce qu’il surperforme : il ferme parce qu’il déçoit, et sa contre-performance disparaît alors des classements. Quand vous consultez un palmarès de fonds sur cinq ans, vous ne voyez que les survivants.
Le seul chiffre qui compte vraiment : le coût total
Vous ne choisissez pas le rendement des marchés. Vous choisissez ce que vous payez pour y accéder. C’est le seul levier que vous contrôlez à 100 %.
Et l’erreur la plus répandue consiste à ne regarder que les frais de l’ETF. Un ETF à 0,05 % logé dans un contrat qui prélève 1 % par an vous coûte 1,05 %, pas 0,05 %.
Coût total annuel = frais de l’enveloppe + frais de l’ETF. Personne ne vous donnera ce chiffre spontanément. Calculez-le pour chacun de vos contrats. Au-delà de 1 % par an, il y a un problème à traiter.
Traduisons en euros. Sur 50 000 euros placés vingt ans, avec un rendement brut de 7 % par an :
| Coût total annuel | Rendement net | Capital après 20 ans |
|---|---|---|
| 0,20 % | 6,8 % | 186 400 € |
| 1,00 % | 6,0 % | 160 400 € |
| 2,00 % | 5,0 % | 132 700 € |
53 700 euros d’écart entre la première et la dernière ligne, pour les mêmes entreprises et la même durée. C’est plus que le capital de départ. Calcul Épargnant 3.0, hors fiscalité et hors inflation : une illustration, pas une promesse de rendement.
Le plus utile est de refaire ce calcul avec vos propres montants. Nos applications gratuites, sans inscription et sans publicité, le font en quelques secondes.
Comment choisir un ETF : 6 critères suffisent
L’Europe compte près de 3 900 ETF. Vous n’avez pas besoin de les connaître, vous avez besoin d’une grille.
| Critère | Ce qu’il faut viser | Pourquoi |
|---|---|---|
| L’indice | Large, mondial, pondéré par les capitalisations | C’est l’essentiel de votre résultat futur. Le reste est du réglage fin. |
| L’encours | Au moins 100 M€ | Un ETF trop petit n’est pas rentable et finit par être fermé. |
| Les frais | Moins de 0,25 % sur un indice large | Le seul levier que vous maîtrisez totalement. |
| Le traitement des dividendes | Capitalisant pendant la phase d’épargne | Réinvestissement automatique, sans frais de courtage ni fiscalité. |
| L’éligibilité | Compatible PEA, ou présent dans la liste de votre contrat | Un excellent ETF inaccessible ne sert à rien. |
| Le prix de la part | Quelques euros à quelques dizaines d’euros | Décisif pour investir 150 € par mois sans laisser dormir de liquidités. |
En pratique, un épargnant français dispose aujourd’hui d’ETF Monde à 0,20 % de frais éligibles au PEA et à 0,12 % sur compte-titres. Les codes ISIN et le détail sont dans mon article sur le MSCI World. Et si vous voulez aller plus loin dans la méthode de sélection, j’ai détaillé comment choisir concrètement un ETF pas à pas.
Choisir sur les étoiles ou la performance passée. Ces notes reposent sur le rétroviseur, et Morningstar l’a écrit plusieurs fois. Entre deux ETF suivant le même indice, l’écart vient des frais et de la qualité de réplication, pas du talent de quiconque.
Ajouter un ETF S&P 500 à un ETF Monde « pour diversifier ». Les États-Unis pèsent déjà plus de 70 % du MSCI World. Vous ne diversifiez pas : vous concentrez. Pour une vraie diversification au-delà des pays développés, regardez plutôt le MSCI ACWI, qui intègre les pays émergents.
Dans quelle enveloppe loger ses ETF ?
C’est la décision la plus rentable de votre parcours, et elle passe avant le choix du produit. Un ETF moyen dans une bonne enveloppe bat un excellent ETF dans une mauvaise.
Le PEA
Après 5 ans, exonération d’impôt sur le revenu : seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus au retrait. Plafond de 150 000 € de versements.
Ouvrez-le, ne serait-ce que pour prendre date. Mon comparatif des PEA.
L’assurance vie
Après 8 ans, 4 600 € de gains exonérés par an (9 200 € pour un couple), puis 7,5 %. Pas de plafond, versements programmés, fonds en euros et transmission.
Le PER
Versements déductibles du revenu imposable, mais épargne bloquée jusqu’à la retraite. Intéressant surtout à partir de la tranche à 30 %.
Regardez d’abord les frais, ensuite l’économie d’impôt. Mon comparatif des PER.
Le compte-titres
Imposition à 30 % sur les plus-values réalisées et les dividendes, mais liberté totale sur les supports et aucun plafond.
Utile quand les autres enveloppes sont saturées.
Fiscalité applicable en France à l’été 2026, pour un résident fiscal français.
Une propriété méconnue du PEA mérite d’être connue : tant que vous ne retirez pas d’argent du plan, vendre et racheter à l’intérieur ne déclenche aucune imposition. Beaucoup d’épargnants conservent un vieil ETF à 0,38 % par crainte de l’impôt, alors qu’arbitrer vers un équivalent à 0,20 % ne coûte que quelques euros de courtage.
Les vrais risques des ETF
Le risque de marché est le seul qui compte vraiment. Un ETF n’a pas de risque propre : il a le risque de ce qu’il contient. Un ETF actions mondiales a perdu plus de 50 % entre 2007 et 2009, et cela se reproduira sans qu’on puisse dire quand. La bonne réponse n’est pas de fuir les ETF ni de chercher un indice « moins risqué », mais de calibrer la part d’actions dans votre patrimoine selon votre horizon. Si vous avez besoin de cet argent dans trois ans, la Bourse n’est pas le bon support. Mon article sur les risques des ETF creuse chaque point en détail.
Le risque de contrepartie est réel mais encadré. C’est la peur numéro un des Français, puisque les ETF Monde éligibles au PEA sont synthétiques. La réglementation européenne plafonne l’exposition nette à une contrepartie à 10 % de l’actif du fonds, et en pratique les émetteurs restent bien en dessous : remise à zéro fréquente du swap, garanties déposées dépassant souvent 100 % de la valeur du fonds, contreparties multiples. Accepter 2 % de frais annuels certains pour éviter ce risque serait un mauvais calcul.
Le prêt de titres est le risque dont on ne parle jamais. Voici l’ironie : les ETF physiques, réputés plus sûrs, prêtent la plupart du temps leurs actions à d’autres acteurs contre rémunération. C’est encadré et collatéralisé, mais cela signifie que les deux structures comportent une contrepartie. Le débat physique contre synthétique est bien moins tranché qu’on ne le raconte.
Le risque de fermeture existe, et il est facile à éviter. Un ETF sans encours suffisant est liquidé : vous ne perdez pas votre argent, vous récupérez la valeur de vos parts, mais cela peut déclencher une plus-value imposable au mauvais moment sur un compte-titres. J’explique en détail pourquoi il faut éviter les ETF à petits encours. La parade est gratuite : privilégier les gros encours. Le marché européen est très concentré, ce qui joue en votre faveur, les cinq premiers émetteurs détenant les trois quarts des encours.
Les ETF à éviter
- Les ETF à effet de levier et les ETF short (BX4, LQQ…). Ils multiplient la performance quotidienne, pas annuelle. Sur un marché volatil qui revient à son point de départ, ils perdent mécaniquement. Ce sont des outils de trading, pas d’épargne. J’y ai consacré un article.
- Les ETF thématiques ultra-spécialisés (intelligence artificielle, hydrogène, cybersécurité…). Ils sont lancés après la mode, donc après la hausse, avec des frais plus élevés et des encours souvent fragiles. Ce sont les premiers candidats à la fermeture.
Un cas mérite une nuance à part, parce qu’on le range trop souvent, à tort, dans la même catégorie.
Le cas de l’or et des matières premières : des ETF qui n’en sont pas
Quand vous achetez un « ETF Or », vous n’achetez pas un fonds. Un produit adossé à un seul actif physique ne peut pas être un fonds UCITS diversifié : c’est juridiquement un ETC (Exchange Traded Commodity), une obligation adossée à du métal physique ou à des contrats à terme. Même nom de famille, structure différente.
Ce n’est pas une raison pour les éviter. L’or a sa place dans une allocation patrimoniale, et les ETC adossés à de l’or physique stocké dans des coffres sont des produits tout à fait utilisables. Mais il faut savoir ce que l’on achète : un ETC comporte un risque émetteur que n’a pas un fonds UCITS, puisque c’est une créance sur l’émetteur du produit, et non un patrimoine séparé comme un fonds. J’explique les différences en détail dans mon article dédié.
Questions fréquentes
Si tout le monde investit en ETF, cela ne casse-t-il pas le marché ?
L’objection est sérieuse : si plus personne n’analyse les entreprises, les prix cessent de refléter l’information. Mais il faut distinguer deux choses. La gestion indicielle détient une part croissante des encours (52 % des fonds de long terme aux États-Unis fin 2025, 45 % des fonds actions en Europe début 2026). Elle ne représente qu’une fraction minoritaire des volumes d’échange, puisqu’un fonds indiciel ne fait presque rien : sa rotation annuelle est de quelques pour cent.
Ce sont les investisseurs actifs qui continuent d’assurer la formation des prix. Constat empirique : pendant que l’indiciel gagne des parts de marché depuis vingt ans, les gérants actifs ont de plus en plus de mal à surperformer. Si l’indexation créait des inefficiences exploitables, on le verrait dans leurs résultats.
Combien faut-il pour commencer ?
Le montant minimum est le prix d’une part, souvent quelques euros pour les ETF Monde récents éligibles au PEA. La vraie contrainte n’est pas le prix de la part mais les frais de courtage. Avec 5 € de frais fixes, un ordre mensuel de 100 € coûte 5 % à l’entrée ; un ordre trimestriel de 300 € ramène ce coût à 1,7 %. Chez un bon courtier, le débat se règle à quelques centimes.
En assurance vie, la logique diffère : vous programmez un versement et l’assureur exécute en fin de journée, souvent dès 50 ou 100 € par mois.
Faut-il investir en une fois ou progressivement ?
Mathématiquement, investir en une fois est gagnant plus souvent, simplement parce que les marchés montent plus fréquemment qu’ils ne baissent. Psychologiquement, l’investissement progressif est bien plus tenable : il évite le regret d’avoir tout placé la veille d’une chute et transforme les baisses en occasions d’achat.
Le meilleur plan est celui que vous tiendrez vingt ans. Pour la plupart des épargnants qui investissent leur épargne mensuelle, la question ne se pose d’ailleurs pas : c’est progressif par construction.
Comment passer son premier ordre sans se faire grignoter ?
Trois réflexes. Utilisez un ordre à cours limité, jamais un ordre « au marché » : vous fixez le prix maximum que vous acceptez. Évitez les premières et dernières minutes de séance, quand les écarts s’élargissent. Et méfiez-vous des marchés fermés : acheter un ETF Japon à 9h05, alors que Tokyo a clôturé depuis des heures, vous fait payer une prime inutile.
Ce que je ferais à votre place
Un ETF n’a rien de magique. C’est une enveloppe, un contenant. Ce qui fait la différence, c’est ce que vous décidez d’y mettre. Un indice mondial large, capitalisant, à frais minimes : c’est l’approche Épargnant 3.0, et elle vous donne accès à la performance collective de milliers d’entreprises pour un coût divisé par dix en vingt ans. Tout le reste est une affaire de discipline.
- Calculez votre coût total annuel actuel sur chacun de vos contrats. Dix minutes de travail qui valent souvent plusieurs dizaines de milliers d’euros.
- Choisissez l’enveloppe avant le produit. Le PEA en priorité, puis une assurance vie à frais réduits. Mon guide comment investir en Bourse reprend cette logique étape par étape.
- Prenez un ETF large, capitalisant, sous 0,25 % de frais, avec un encours solide. Un seul suffit pour commencer. Mon article quel est le meilleur ETF Monde détaille les options.
- Vérifiez la cohérence de l’ensemble de votre patrimoine, et surtout votre poche peu risquée.
- Automatisez vos versements et n’y touchez plus. C’est votre comportement, bien plus que votre sélection de produits, qui déterminera le résultat.
Si vous voulez passer des principes à une méthode complète, construction de l’allocation, rééquilibrage, phase de retrait, la Masterclasse gratuite est la porte d’entrée la plus directe.
Masterclasse
1H
Masterclasse gratuite · Accès immédiat
ETF : les trois erreurs qui vous coûtent vraiment cher
Une heure pour comprendre les erreurs à éviter et investir plus efficacement.
La Bourse n’est pas une fin en soi. C’est un outil au service de vos projets : un logement, les études des enfants, une retraite confortable, la liberté de choisir. L’ETF est simplement le moyen le plus simple et le moins coûteux jamais mis à la disposition d’un particulier pour y arriver.
Je vous souhaite le meilleur pour votre épargne et surtout pour tout le reste !
À propos de l’auteur

Édouard Petit
Créateur d’Épargnant 3.0 · Professeur de finance à l’ESCP · Auteur
Depuis 2015, j’aide des milliers d’investisseurs à éviter les erreurs les plus fréquentes avec les ETF et à construire un patrimoine sur le long terme.
50 000+
livres vendus
2 500+
avis lecteurs
2015
actif depuis
Guide gratuit

Les trois erreurs que j’observe le plus souvent dans les portefeuilles d’ETF.
Les contenus publiés sur Épargnant 3.0 sont fournis à titre pédagogique et ne constituent pas des conseils en investissement. Certains liens peuvent être affiliés, ce qui contribue au financement du contenu gratuit proposé sur le site. Vous pouvez vous référer à ma Charte éditoriale et politique de transparence. L’investissement comporte un risque de perte en capital.

Édouard Petit
Créateur d’Épargnant 3.0 · Professeur de finance à l’ESCP · Auteur
Depuis 2015, j’aide des milliers d’investisseurs à éviter les erreurs les plus fréquentes avec les ETF et à construire un patrimoine sur le long terme.
50 000+
livres vendus
2 500+
avis lecteurs
2015
actif depuis

Les trois erreurs que j’observe le plus souvent dans les portefeuilles d’ETF.
Les contenus publiés sur Épargnant 3.0 sont fournis à titre pédagogique et ne constituent pas des conseils en investissement. Certains liens peuvent être affiliés, ce qui contribue au financement du contenu gratuit proposé sur le site. Vous pouvez vous référer à ma Charte éditoriale et politique de transparence. L’investissement comporte un risque de perte en capital.


Bonjour,
Merci pour votre bog et vos articles, toujours très intéressants à lire.
J’ai vu chez l’assurance vie Linxea Spirit 2 des fonds Vanguard Lifestrategy dans les unités de compte et je m’interroge sur ces fonds de fonds multi-actifs à bas coût. J’ai cru avoir visionné un entretien sur votre blog avec un représentant de Vanguard Europe il y avait quelques années qui parlait de l’introduction de ces fonds en Europe. Je ne trouve pas beaucoup d’articles de professionnels qui parlent de ces fonds, à moins que j’ai loupé un article chez vous. Prenez vous que ces fonds sont intéressants sur assurance vie ou CTO à long terme ?
Merci pour votre avis.
Cordialement.
Bonjour, je trouve aussi que ce sont des solutions très sympas oui !
Bonjour,
Vous ne vous trompez pas quand vous dites qu’il est préférable de passer un ordre à cours limité légèrement en dessous du prix de vente le plus bas quand on achète ? Sous le prix le plus bas il n’y a pas de vendeurs.
Bien à vous.
Bonjour,
Question un peu technique : est-ce que le TER (Total Expense Ratio) inclut forcément les frais de transaction de l’ETF ?
Par exemple, si l’on compare les deux ETF sur le S&P 500 suivants : IE00B3YCGJ38 (Invesco) et IE00B5BMR087 (iShares).
On remarque que le TER du tracker Invesco est de 0,05% tandis que celui d’iShares est de 0,07%.
En revanche, si l’on ouvre les Documents d’Informations Clés (DICI), on remarque également que les frais de transaction sont estimés à 0,04% pour Invesco et 0,02% pour iShares.
Ainsi, on pourrait penser que les frais de gestion plus élevés de l’ETF iShares sont justifiés par sa meilleure optimisation des frais de transaction. Est-ce réellement le cas ?
(En particulier, peut-être que la méthode de réplication de l’ETF Invesco, swap-based, est plus onéreuse que la full replication de l’ETF iShares ? Peut-être également que le volume très élevé de l’ETF iShares est un avantage ?)
Bien à vous,
Mopp
Je lis parfois qu’il y a une bulle sur les ETF. Mais si les ETF répliquent les cours du marché, ça pourrait signifier que l’ensemble du marché lui-même est en situation de bulle. Est-ce qu’il y a une logique dans mes propos ou bien est-ce que je n’ai décidément rien compris à comment ça fonctionne ? Merci par avance pour votre réponse.
Bonjour, en fait vous avez exactement compris le sujet … si il y a une bulle, cela ne peut être que celle du marché, et non des ETF …
Bonjour,
Bravo pour le site Internet, c’est une mine d’or qui m’a beaucoup aidé pour mes investissements.
Je souhaite investir dans des ETFs obligataires avec mon compte Titre (étant aujourd’hui faiblement imposé et moins de frais que les UCs).
Est ce possible d’acheter des ETFs qui achètent uniquement les nouvelles obligations d’états qui ont désormais des taux avantageux . Quand je regarde la composition des ETFs il y a beaucoup de vielles obligations à taux très faibles.
Merci,
Bonjour David, je vous remercie
Les anciennes obligations ont le même yield to maruity (mais pas le même coupon) que les nouvelles donc ce n’est pas grave
C’est un peu long à expliquer, je suis désolé (j’ai un module spécial dans la formation)
Bien à vous
Je tente une explication en quelques mots : leur coût sur le marché secondaire s’est déjà ajusté pour compenser le taux du coupon “trop faible”. En d’autres termes, elles s’échangent maintenant pour moins cher que le nominal.
Bonjour,
Quel est-sont le-les ETF que vous recommanderiez actuellement SVP ?
Merci par avance.
Bonjour, il n’y a pas de trackers mieux qu’un autre en ce moment. Il est important d’investir en bourse sur le long terme. Les ETF peuvent être négociés sur le court terme, mais ce n’est pas une idée particulièrement bonne.
Dans la formation je parle des ETF thématiques, dont on entend souvent parler aussi.
Bonjour,
Sommes nous propriétaire d’un ETF comme cela est le cas pour une action d’entreprise ?
Oui pour les vrais ETF. Certains appellent ETF des ETP qui ne sont pas vraiment des ETF. Notamment sur l’or.
Il faut tout de même faire attention aux assurances vie. Nous nous sommes pas propriétaires des fonds logés sur ces contrats, contrairement aux comptes titres (PEA et CTO)
qu’avons en choix d’ETF ISR et développement durable dans l’enveloppe PEA ?
Bonjour, je n’ai pas encore écrit d’article sur le blog à ce sujet, mais il y a un chapitre entier dans le livre “créer et piloter un portefeuille d’ETF”
Bonjour Pierre, ça y est j’ai écrit un article sur le sujet de l’ISR et de l’ESG. Sachez aussi que je fais un focus particuliers sur les instruments financiers dits éthiques dans la formation (modules Plus). N’hésitez pas à aller jeter un oeil dessus.
A quand un ETF indexé sur le Bitcoin ? :-)
Il y a déjà des ETN sortis sur le Bitcoin à la bourse de Stockholm, et vu que les future sont sortis aux Etats-Unis, les ETF devraient suivre relativement rapidement …