Comment investir en Bourse en 2026 : les 5 étapes

Rédigé par Édouard Petit
Fondateur d’Épargnant 3.0 depuis 2015 · Mis à jour le 01/08/2026 · Qui suis-je ?

Rédigé par

Édouard Petit

Fondateur d’Épargnant 3.0 depuis 2015

Mis à jour le 01/08/2026

Dans cet article, je vais vous expliquer comment investir en Bourse. Étape par étape : quel compte ouvrir, quel produit acheter, à quel coût, et dans quel ordre. Sans jargon et sans rien vous vendre.

Commençons par le chiffre qui devrait orienter toutes vos décisions. Sur les dix dernières années, 98,4 % des fonds actions monde vendus en euros ont fait moins bien qu’un simple indice mondial. Ce n’est pas le plus dérangeant. Le voici : sur les 1 087 fonds disponibles au départ, 411 n’existaient déjà plus à l’arrivée. Fusionnés, liquidés, effacés du paysage.

Ces données viennent du SPIVA Europe Scorecard, publié en mars 2026 par S&P Dow Jones Indices. Elles décrivent le marché français aussi bien que l’allemand ou l’italien. Et elles expliquent pourquoi la question « comment investir en Bourse ? » a une réponse bien plus simple que ce que l’industrie financière laisse entendre.

Si vous cherchez par où commencer, vous êtes au bon endroit. Ce guide part de zéro, traduit chaque terme technique au moment où il apparaît, et repose sur trois principes : chaque chiffre est sourcé et daté, tout est adapté à la fiscalité française, et les produits sont nommés précisément, codes ISIN et frais au centième de point. En revanche, je ne vous promets aucun rendement. Les marchés font ce qu’ils veulent. Deux choses seulement sont sous votre contrôle : vos frais et votre discipline.

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En bref

Cinq décisions suffisent : comprendre le couple rendement/risque, choisir la gestion indicielle, ouvrir la bonne enveloppe fiscale (PEA en priorité, assurance vie en complément), sélectionner un ETF large au coût total le plus bas, et automatiser vos versements.

Coût total visé : 0,20 % par an dans un PEA, 0,36 % dans la meilleure assurance vie. Contre 2,5 % à 3 % dans un contrat bancaire classique.

Étape 1 : comprenez ce que vous achetez

Une action, c’est une part d’entreprise. Quand vous en achetez, vous devenez copropriétaire d’une société qui produit, vend et distribue une partie de ses bénéfices. Le reste n’est que mécanique.

La référence sur les rendements longs est le Global Investment Returns Yearbook de Dimson, Marsh et Staunton, publié par UBS. L’édition 2026 couvre 126 années et 35 marchés. Pour les actions américaines, entre 1900 et 2025 : 6,6 % par an net d’inflation, contre 1,6 % pour les obligations d’État et 0,5 % pour le monétaire. Un dollar investi en actions en 1900 vaut 3 296 dollars fin 2025, en pouvoir d’achat constant. Pour l’indice mondial, l’ordre de grandeur est un peu plus bas, autour de 5 % par an net d’inflation. À ce rythme, votre pouvoir d’achat double tous les quatorze ans environ.

Ce n’est pas un phénomène américain : les actions ont été la meilleure classe d’actifs dans les 21 pays disposant d’un historique continu depuis 1900.

Soyons clairs pour autant, la Bourse peut vous faire très mal. L’indice MSCI World a perdu 57,5 % entre octobre 2007 et mars 2009. Ce n’est pas un placement de court terme, et personne ne devrait y mettre l’argent dont il aura besoin dans trois ans.

Mais l’inverse est vrai aussi : ne pas investir est une décision, pas une absence de décision. Le Livret A rapporte 1,5 % depuis le 1er février 2026. Sur dix ans, 10 000 € y deviennent 11 605 €. Placés à 7 % brut, ils deviennent 19 672 €. Et en 2022 comme en 2023, le Livret A et la quasi-totalité des fonds en euros ont servi moins que l’inflation : les épargnants « prudents » ont perdu du pouvoir d’achat en toute sécurité.

Le point à retenir. Le risque n’est pas une propriété du produit, c’est une relation entre le produit et votre horizon. Le même ETF Monde est dangereux à 2 ans et raisonnable à 20 ans. La question n’est donc jamais « la Bourse est-elle risquée ? », mais « dans combien de temps ai-je besoin de cet argent ? ».

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps.

Étape 2 : trois façons d’investir, une seule tient la route

Les trois façons d’investir en Bourse Rapport performance / risque / temps passé Le trading Acheter et vendre à court terme Temps requisTrès élevé Frais et frictionTrès élevés DiversificationFaible Mon avisÀ éviter Les actions en direct Sélectionner soi-même ses sociétés Temps requisÉlevé Frais et frictionMoyens DiversificationDifficile Mon avisEn satellite La gestion indicielle Suivre le marché via un ETF large Temps requisQuelques min/an Frais et friction0,20 % / an Diversification1 283 sociétés Mon avisCœur de portefeuille Nombre de sociétés : MSCI World au 30/06/2026. Frais : ETF Monde éligible PEA, TER 0,20 %.

Le trading, ce n’est pas de l’investissement

Trading journalier, CFD, turbos, certificats à effet de levier : cela relève du jeu, pas de l’investissement. Le raisonnement est arithmétique. Chaque aller-retour coûte des frais de courtage et un spread, l’écart entre le prix d’achat et le prix de vente. Multipliez par des dizaines d’opérations par an et vous avez créé une taxe permanente sur votre capital, sans espérance de gain supérieure.

Écartez aussi les produits à effet de levier, désormais proposés dans certains contrats d’assurance vie. Détenus plus de quelques jours, ils subissent une érosion mathématique liée à la volatilité : un « MSCI World 2x » ne fait pas deux fois la performance du MSCI World sur un an, il en fait souvent nettement moins.

Les actions en direct, passionnantes mais mal diversifiées

Choisir soi-même ses entreprises est stimulant, et je le fais sur une petite partie de mon patrimoine. Le problème est la diversification. On répète qu’il faudrait vingt lignes : il en faut des dizaines, voire des centaines, parce que la performance des marchés est portée par une minorité d’entreprises. En 2025, plus de la moitié des sociétés du S&P World ont eu une performance s’écartant de plus de 20 points de celle de l’indice, dans un sens comme dans l’autre.

Et il y a le risque de catastrophe individuelle. Wirecard faisait partie du DAX et capitalisait autant qu’Orange. Le cours est passé de 150 € à moins de 1 € en quelques jours. C’est rare, c’est irréversible, et une seule ligne concentrée peut annuler dix ans de bons choix.

Les fonds actifs : ce que disent les données européennes

Reste la solution la plus vendue en France : confier son argent à un gérant, via un OPCVM, une SICAV ou un FCP. Le principe est séduisant. Des professionnels très bien formés analysent des milliers de sociétés et sélectionnent les meilleures. Voici ce que donne cette promesse dans la réalité, sur la catégorie « actions monde libellées en euros ».

Part des fonds actions monde (en euros) battus par leur indice Périodes closes au 31 décembre 2025, indice de référence S&P World, net de frais 100 % 75 % 50 % 25 % 0 % 70,6 % 1 an 92,5 % 3 ans 95,3 % 5 ans 98,4 % 10 ans Source : SPIVA Europe Year-End 2025, S&P Dow Jones Indices. Taux corrigés du biais du survivant.

L’écart de performance est encore plus parlant que le taux d’échec. Sur dix ans, la catégorie a délivré 8,39 % par an en moyenne pondérée par les encours, contre 11,85 % par an pour l’indice. En euros : 10 000 € placés il y a dix ans deviennent 30 644 € en suivant l’indice, contre 22 382 € en moyenne chez les gérants actifs.

« Oui, mais les meilleurs fonds actifs battent bien l’indice »

L’objection est fondée. SPIVA mesure une moyenne, et 1,6 % des fonds ont bien battu leur indice sur dix ans. Ces fonds existent. La vraie question n’est donc pas « les bons gérants existent-ils ? » mais « peut-on les repérer à l’avance ? ». S&P y répond dans son Europe Persistence Scorecard de mars 2026.

  • Sur les 328 fonds actions monde en euros du premier quartile fin 2021, il en restait 1,22 % dans le premier quartile fin 2025. Soit quatre fonds.
  • En abaissant radicalement la barre : sur les 408 fonds classés dans la meilleure moitié de leur catégorie entre 2016 et 2020, seuls 16,4 % s’y trouvaient encore sur 2021-2025. 43,9 % étaient passés dans la mauvaise moitié et 39,7 % avaient disparu. Le pur hasard prédirait 50 % de maintien.

Autrement dit, sélectionner un fonds sur sa performance passée a fait moins bien qu’un tirage au sort. Ce n’est pas un procès envers les gérants : c’est ce que produit mécaniquement un marché où l’essentiel de la performance passe par quelques titres, et où 1,5 % à 2 % de frais s’appliquent quoi qu’il arrive.

Une nuance honnête : il reste des cas où le fonds actif est la seule porte d’entrée, comme les petites capitalisations japonaises, sur lesquelles il n’existe pas d’ETF. Sur ces niches, il se justifie. Sur le cœur de portefeuille, non.

La gestion indicielle : suivre le marché au lieu de le battre

Voici la troisième voie, celle que je recommande pour le cœur d’un portefeuille. Elle repose sur deux notions.

Un indice boursier est une liste de sociétés assortie d’une règle de pondération. Le MSCI World regroupe 1 283 grandes et moyennes entreprises de 23 pays développés. Chacune y pèse à hauteur de sa capitalisation boursière, la valeur totale de ses actions en circulation. Une société qui vaut deux fois plus qu’une autre pèse deux fois plus. Personne ne décide de rien : l’indice enregistre le marché.

Un fonds indiciel ne cherche pas à battre son indice, mais à le copier. Coté en Bourse et acheté comme une action, il prend le nom d’ETF (Exchange Traded Fund), ou « tracker ». Concrètement : un seul ordre, quelques euros de courtage, et vous détenez une fraction de 1 283 entreprises dans 23 pays pour 0,20 % par an. S’il est si peu cher, c’est qu’il n’y a ni équipe d’analystes à financer, ni rotation de portefeuille à payer.

Un point de vocabulaire qui vous sera demandé au moment de choisir : un ETF capitalisant réinvestit automatiquement les dividendes, un ETF distribuant vous les verse. Pour du long terme, préférez le capitalisant. Le réinvestissement se fait tout seul, sans frais ni décision à prendre.

Beaucoup y voient une résignation : renoncer à faire mieux que la moyenne. C’est l’inverse. La performance de l’ensemble des investisseurs est, par construction, celle du marché. Viser cette moyenne en payant 0,20 % de frais au lieu de 2 % ne vous met pas dans la moyenne : cela vous place mécaniquement devant la grande majorité de ceux qui essaient de faire mieux. Les 98,4 % du début de cet article ne sont pas un accident, ils sont une conséquence arithmétique.

Étape 3 : choisissez la bonne enveloppe fiscale

Une enveloppe fiscale, c’est le contenant dans lequel vous logez vos placements. Le PEA, l’assurance vie, le PER et le compte-titres accueillent les mêmes produits, mais l’impôt que vous paierez à la sortie n’a rien à voir. C’est la décision qui rapporte le plus pour l’effort le plus faible.

Deux taux à connaître. Les prélèvements sociaux, qui financent la Sécurité sociale (CSG, CRDS et prélèvement de solidarité), s’élèvent à 18,6 % sur les gains d’un PEA, d’un compte-titres, d’un PER ou de l’épargne salariale. Le prélèvement forfaitaire unique, ou « flat tax », qui combine impôt sur le revenu et prélèvements sociaux, est à 31,4 %. Avec une exception importante : l’assurance vie reste à 17,2 % de prélèvements sociaux.

Ce que vous gardez sur 50 000 € de plus-values Personne seule, PEA de plus de 5 ans, assurance vie de plus de 8 ans (primes < 150 000 €) PEA 0 % IR + 18,6 % PS 40 700 € nets 18,6 % Assurance vie 7,5 % IR après abattement de 4 600 € + 17,2 % PS 37 995 € nets 24,0 % Compte-titres Flat tax de 31,4 % 34 300 € nets 31,4 % Écart PEA / compte-titres : 6 400 €. Le choix de l’enveloppe rapporte plus que le choix du produit. Sources : Code général des impôts, LFSS 2026. Simulation pédagogique, hors option pour le barème progressif.

Le PEA est l’enveloppe reine pour les actions. Son plafond est de 150 000 € de versements. Au-delà de cinq ans, les gains sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu, et seuls les prélèvements sociaux restent dus, uniquement lors du retrait. Tant que l’argent reste dans le plan, il capitalise sans aucun frottement fiscal.

Un détail qui change tout et reste mal connu : chaque adulte du foyer peut avoir son propre PEA. Un couple dispose donc de 300 000 € de capacité, et surtout de deux compteurs de cinq ans. Si vous n’en avez pas, ouvrez-le aujourd’hui, même avec 100 €. Le seul but est de lancer l’horloge fiscale.

L’assurance vie prend le relais une fois le PEA plein, et pour ce que le PEA ne permet pas. Elle donne accès au fonds en euros, seul support à capital garanti offrant un rendement correct (2,65 % en moyenne en 2025, plus de 4 % sur les meilleurs contrats), aux SCPI, et surtout à l’abattement successoral de 152 500 € par bénéficiaire. Après huit ans, s’ajoute un abattement annuel de 4 600 € sur les gains, 9 200 € pour un couple.

EnveloppeFiscalité à la sortiePlafondUsage
PEA (après 5 ans)0 % IR + 18,6 % PS150 000 €Cœur actions. À ouvrir en premier.
Assurance vie (après 8 ans)7,5 % IR après abattement + 17,2 % PSAucunFonds en euros, SCPI, transmission, ETF hors PEA.
PERVersements déduits, gains à 31,4 %Selon revenusUniquement si tranche à 30 % ou plus. Argent bloqué.
Compte-titresFlat tax de 31,4 %AucunEn dernier, pour ce qui n’entre nulle part ailleurs.
Sources : Code général des impôts, LFSS 2026.

Ma règle : PEA d’abord, assurance vie ensuite, et plutôt deux ou trois contrats pour prendre date chez plusieurs assureurs. Le PER seulement si votre tranche marginale d’imposition le justifie vraiment. Ne défiscalisez jamais par principe. Je détaille mon classement dans mon comparatif des meilleures assurances vie.

Étape 4 : choisissez votre ETF et calculez le coût total

Un seul chiffre compte pour comparer deux solutions : frais de l’enveloppe + frais internes du produit. C’est le coût total annuel. Tout le reste est du bruit commercial. Pourquoi cette obsession ? Parce que les frais sont le seul facteur de performance que vous contrôlez à 100 %. Le rendement futur est incertain ; les frais, eux, sont prélevés avec une régularité de métronome.

Les ETF Monde éligibles au PEA

Un ETF n’est éligible au PEA que si son portefeuille contient au moins 75 % d’actions européennes. Les émetteurs contournent la contrainte par la réplication synthétique : le fonds détient un panier d’actions européennes et échange sa performance contre celle de l’indice mondial. Vous obtenez la performance du monde entier dans une enveloppe réservée à l’Europe.

ETFTickerISINFrais (TER)
iShares MSCI World Swap PEAWPEAIE0002XZSHO10,20 %
Amundi PEA Monde (MSCI World)DCAMFR001400U5Q40,20 %
Amundi MSCI World (le « CW8 »)CW8LU16810435990,38 %
Amundi PEA S&P 500PE500FR00118711280,12 %
Frais vérifiés en juillet 2026. Vérifiez toujours le document d’informations clés avant d’investir.

Une erreur fréquente et coûteuse : acheter le CW8 par habitude. Il est présent dans des dizaines de milliers de portefeuilles français parce qu’il a longtemps été le seul ETF Monde accessible en PEA. Mais il coûte presque deux fois plus cher que le WPEA ou le DCAM, pour le même indice, les mêmes entreprises et le même risque. Faut-il vendre ? Pas forcément : dans un PEA la vente n’a aucun coût fiscal, mais elle génère des frais de courtage. Ma règle pratique : arrêtez d’alimenter le CW8 et dirigez vos nouveaux versements vers le WPEA ou le DCAM.

Le risque de contrepartie du swap est réel mais encadré : la réglementation UCITS le plafonne à 10 % de l’actif net et le collatéral est réévalué chaque jour. Sur des ETF de plusieurs milliards d’euros, je le considère comme secondaire face à celui des frais.

Le tableau qui devrait décider à votre place

SolutionEnveloppeTER ETFCoût total / an
PEA + iShares MSCI World Swap PEA0 %0,20 %0,20 %
Lucya CNP + UBS Core MSCI World0,30 %0,06 %0,36 %
Lucya Cardif + BNP Paribas Easy MSCI World0,50 %0,05 %0,55 %
Linxea Spirit 2 + Amundi Core MSCI World0,50 %0,12 %0,62 %
Assurance vie bancaire + fonds maison~1,00 %~1,80 %~2,80 %
Données vérifiées en juillet 2026. Les courtiers en ligne retenus ne facturent pas de droits de garde sur le PEA.

Mettons des euros derrière ces pourcentages : 10 000 € investis pendant 25 ans, avec une hypothèse de 7 % brut par an.

L’effet des frais sur 25 ans 10 000 € investis une fois, hypothèse de 7 % brut par an, intérêts composés Sans aucun frais théorique 54 274 € PEA, 0,20 % WPEA ou DCAM 51 794 € Assurance vie 0,36 %, meilleur contrat 49 895 € Contrat bancaire 2,80 %, fonds maison 27 971 € Écart entre le PEA et le contrat bancaire : 23 823 €. Soit plus de deux fois le capital de départ, perdu en frais.

Le même indice, le même risque, la même durée. La seule variable est le tuyau par lequel passe votre argent. Vous ne trouverez aucun autre levier aussi puissant et aussi certain en gestion de patrimoine. Vous pouvez refaire ce calcul avec vos propres chiffres dans l’application Épargnant 3.0, gratuite et sans inscription, sur iPhone et iPad ou sur Android.

Faut-il s’inquiéter du poids des États-Unis ?

C’est la question la plus fréquente qu’on me pose, et les chiffres justifient qu’on la pose. Au 30 juin 2026, le MSCI World est composé à 72,45 % d’actions américaines et à 30,27 % de valeurs technologiques. Ses dix premières lignes réunies pèsent 25,74 % de l’indice, NVIDIA à elle seule 5,18 %. La France, elle, ne représente plus que 2,40 %, contre 3,6 % il y a trois ans. Les auteurs du Yearbook UBS confirment que la concentration du marché américain était fin 2025 à son plus haut niveau depuis au moins cent ans.

Faut-il pour autant sous-pondérer les États-Unis ? Je ne le pense pas, pour trois raisons.

  • La pondération par capitalisation n’est pas un pari, c’est un constat. Décider de ramener les États-Unis à 50 %, ce n’est pas se diversifier, c’est affirmer qu’on sait mieux que l’ensemble du marché quel devrait être le bon prix. Cela demande d’avoir raison deux fois : en sortant, puis en revenant.
  • « Cher » n’a jamais signifié « sous-performance à venir ». L’édition 2026 du Yearbook donne un contre-exemple parlant : les chemins de fer sont passés de 63 % du marché américain en 1900 à moins de 1 % aujourd’hui, et ils ont pourtant surperformé l’indice sur l’ensemble de la période.
  • 2025 en a fait la démonstration. Le S&P 500 n’a gagné que 3,9 % en euros sur l’année, quand le S&P Europe 350 progressait de 20,5 %. Un ETF Monde a capté cette rotation automatiquement, sans aucune décision de votre part.

Une nuance tout de même : le MSCI World n’est pas forcément le bon indice pour vous. Il exclut les pays émergents et les petites capitalisations, et surtout il ignore ce que vous possédez déjà. Si vous détenez des actions françaises en direct ou un fonds actions européennes dans votre plan d’épargne entreprise, y ajouter un MSCI World ne vous rapprochera pas du marché : cela vous déséquilibrera vers l’Europe. Je développe ce point dans mon analyse du MSCI World.

Étape 5 : automatisez, puis ne faites plus rien

Vous avez la bonne enveloppe et le bon produit. Reste la partie la plus difficile, celle où la plupart des investisseurs perdent leur avantage.

Gardez une épargne de précaution. Avant le premier euro investi, constituez trois à six mois de dépenses sur un Livret A ou un LEP. Ce n’est pas du confort : c’est ce qui vous évitera d’être contraint de vendre vos ETF au pire moment, quand la voiture lâche en même temps qu’un marché baissier.

Investissez régulièrement, et sachez pourquoi. Le versement programmé d’un montant fixe, souvent appelé DCA, est présenté partout comme un moyen de réduire le risque de mal choisir son point d’entrée. Les études disent en réalité l’inverse : quand on dispose d’une somme déjà disponible, l’investir en une fois bat l’étalement dans environ deux cas sur trois, simplement parce que les marchés montent plus souvent qu’ils ne baissent.

Alors pourquoi le recommander malgré tout ? Parce que le DCA n’est pas une optimisation mathématique, c’est une stratégie comportementale. Son intérêt n’est pas de maximiser l’espérance de gain, mais de vous permettre de rester investi. Un versement unique théoriquement optimal, qui provoque une panique et une vente au plus bas six mois plus tard, est catastrophique. Le meilleur plan n’est pas celui qui gagne sur tableur, c’est celui que vous suivrez pendant vingt ans.

Ce n’est pas un détail théorique. Morningstar mesure chaque année le behavior gap, l’écart entre la performance d’un fonds et celle réellement obtenue par ceux qui le détiennent, parce qu’ils achètent après les hausses et vendent après les baisses. Cet écart est estimé à 1 à 2 points par an. C’est cinq à dix fois plus que tout ce que vous pourrez jamais gagner en optimisant vos frais.

N’achetez pas ce qui vient de monter. C’est le réflexe le plus universel et le plus destructeur. Parmi les fonds actions monde du premier quartile sur 2016-2020, 26,5 % se retrouvaient dans le dernier quartile sur 2021-2025.

Diversifiez, et pas seulement entre actions. Le Yearbook 2026 apporte ici un argument décisif : depuis 1900, les actions comme les obligations ont chacune perdu plus de 70 % en termes réels à plusieurs reprises, alors qu’un portefeuille équilibré 60/40 n’a jamais reculé de plus de 50 %. Pensez aussi à diversifier les établissements : le Fonds de Garantie des Assurances de Personnes couvre 70 000 € par assureur et par épargnant.

Enfin, activez le rééquilibrage automatique si votre contrat le propose. Il ramène périodiquement votre allocation à sa cible, ce qui revient à vendre un peu de ce qui a monté pour acheter ce qui a baissé, sans aucune décision émotionnelle de votre part. C’est le meilleur garde-fou gratuit qui existe. Vérifiez au passage que votre solution permet les versements programmés : c’est un critère de choix à part entière, que je détaille dans mon comparatif des meilleurs PEA.

Conclusion

Investir en Bourse n’a jamais été aussi simple ni aussi bon marché. Les conditions réservées aux investisseurs institutionnels il y a dix ans sont accessibles à tous, pour 500 € et un quart d’heure de paperasse.

Votre plan d’action

  1. Aujourd’hui : ouvrez un PEA chez un courtier en ligne, même avec 100 €, pour déclencher le compteur des 5 ans. Chaque adulte du foyer a droit au sien.
  2. Cette semaine : ouvrez une ou deux assurances vie à bas frais, au minimum requis. Même logique, vous prenez date pour les 8 ans.
  3. Ce mois-ci : vérifiez que votre épargne de précaution couvre 3 à 6 mois de dépenses.
  4. Puis : mettez en place un versement programmé mensuel sur un ETF Monde, à 0,20 % dans le PEA. Activez le rééquilibrage automatique.
  5. Ensuite : ne faites plus rien. Sérieusement. Une revue annuelle suffit.

Si je devais résumer cet article en une phrase : vous ne contrôlez ni les marchés, ni la fiscalité, ni la conjoncture, mais vous contrôlez totalement vos frais et votre discipline. Ce sont précisément les deux seuls leviers dont les données prouvent qu’ils fonctionnent.

Questions fréquentes

Avec combien d’argent peut-on commencer ?

Quelques dizaines d’euros suffisent techniquement, et les meilleures assurances vie s’ouvrent dès 500 €. La vraie contrainte est le rapport entre les frais fixes d’ordre et la somme investie. Avec des versements de 100 €, privilégiez un courtier proposant des plans programmés sans frais, ou l’assurance vie, qui ne facture pas de frais à l’ordre.

PEA ou assurance vie : que choisir en premier ?

Le PEA, dans la grande majorité des cas. Son coût total est plus bas (0,20 % contre 0,36 % au mieux en assurance vie) et sa fiscalité après 5 ans reste la meilleure sur les actions. L’assurance vie devient incontournable pour trois usages : le fonds en euros, les SCPI et la transmission. L’idéal est de détenir les deux.

Un seul ETF Monde suffit-il ?

Pour démarrer, oui. Un ETF MSCI World vous expose à 1 283 sociétés dans 23 pays pour 0,20 % par an, ce qui est déjà mieux diversifié que la quasi-totalité des portefeuilles de particuliers français. Vous pourrez ensuite envisager d’ajouter les pays émergents et les petites capitalisations, mais ne laissez pas cette réflexion vous empêcher de commencer.

Faut-il vendre en cas de krach ?

Non, et c’est la décision qui détruit le plus de valeur. Le MSCI World a perdu 57,5 % entre 2007 et 2009, puis a plus que quintuplé sur les quinze années suivantes. Vendre transforme une baisse temporaire en perte définitive, et vous confronte ensuite au problème insoluble du moment où revenir. La bonne préparation à un krach se fait avant : ne mettez en Bourse que l’argent dont vous n’aurez pas besoin avant huit à dix ans.

La gestion pilotée vaut-elle son prix ?

Elle coûte entre 0,20 % et 0,85 % par an en plus des frais d’unités de compte. Son argument, vous protéger de vos propres biais, correspond à un vrai problème. Mais deux ou trois ETF larges, avec versements programmés et rééquilibrage automatique, répondent au même besoin sans frais supplémentaires. Elle ne se justifie que si vous savez, en toute honnêteté, que vous ne suivrez aucune méthode par vous-même.

Cet article est à visée informative et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. L’investissement en actions comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Je vous souhaite le meilleur pour votre épargne et surtout pour tout le reste !

À propos de l’auteur

Édouard Petit

Édouard Petit

Créateur d’Épargnant 3.0 · Professeur de finance à l’ESCP · Auteur

Depuis 2015, j’aide des milliers d’investisseurs à éviter les erreurs les plus fréquentes avec les ETF et à construire un patrimoine sur le long terme.

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Les contenus publiés sur Épargnant 3.0 sont fournis à titre pédagogique et ne constituent pas des conseils en investissement. Certains liens peuvent être affiliés, ce qui contribue au financement du contenu gratuit proposé sur le site. Vous pouvez vous référer à ma Charte éditoriale et politique de transparence. L’investissement comporte un risque de perte en capital.

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8 commentaires

  1. Je lis toujours avec beaucoup d’intérêt vos articles pour ma culture générale. Merci. Mon horizon de placement de retraité est plutôt limité mais pas celui de mes enfants que je tente de mettre sur la voie des ETF.

  2. Merci pour votre article précis et détaillé.

    Pour compléter, pourriez vous nous parler des fonds obligataires, des fonds monétaires
    à travers des ETF surtout et leur place dans un portefeuille, en période d’inflation, de hausse des taux, …

    Encore Merci

  3. Encore un tour de force que cet article.
    Ou comment résumer simplement, efficacement, en mettant à la portée de tous, les grands principes pour investir à long-terme, en toute transparence.

  4. Je relis cet article avec intérêt.

    Je vous rejoins entièrement, avec pour cœur de PF les ETF sur PEA et CTO à moindre frais et une diversification de fond actifs (en ce qui me concerne), notamment pour les small caps et sectoriels, où de très bons fonds sont proposés en AV.
    Encore merci pour vos analyses documentées et pertinentes.