FTSE 100 : faut-il investir ? Analyse et ETF en 2026
Rédigé par Édouard Petit
Fondateur d’Épargnant 3.0 depuis 2015 · Mis à jour le 01/08/2026 · Qui suis-je ?
Mis à jour le 01/08/2026
Sur les quatre dernières années et demie, l’indice de la Bourse de Londres a battu le MSCI World. En euros, dividendes inclus.
+69,2 % pour le FTSE 100 contre +59,7 % pour le MSCI World, entre le 31 décembre 2021 et le 31 août 2026 (données justETF, calculs en euros, dividendes réinvestis). Voilà pour l’indice que tout le monde décrit comme un musée de vieilles entreprises pétrolières et bancaires.
Est-ce que cela veut dire qu’il faut en acheter ? Non. Et c’est justement tout l’intérêt de cet article : comprendre pourquoi une bonne performance passée n’est pas un argument d’achat. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps.
Le FTSE 100, qu’est-ce que c’est exactement ?
Le FTSE 100 (prononcez « footsie ») regroupe les 100 plus grosses capitalisations cotées à la Bourse de Londres. Créé le 3 janvier 1984, il est géré par FTSE Russell, filiale du London Stock Exchange. Sa capitalisation totale nette atteint 2 581 milliards de livres au 31 juillet 2026 (factsheet FTSE Russell).
Comme le CAC 40 ou le MSCI World, il est pondéré par la capitalisation boursière : plus une entreprise vaut cher en Bourse, plus elle pèse dans l’indice. Au 31 juillet 2026, cinq sociétés (HSBC, Shell, AstraZeneca, Rolls-Royce, Unilever) pesaient à elles seules 33,8 % de l’indice, HSBC comptant pour 10,5 % à elle seule. Les dix premières lignes représentent 49,3 % de la capitalisation. Vous achetez cent entreprises, mais la moitié de votre argent va dans dix d’entre elles.
Voici le fait que presque personne ne mentionne : plus de quatre cinquièmes du chiffre d’affaires des sociétés du FTSE 100 sont réalisés hors du Royaume-Uni (source : FTSE Russell). Acheter le FTSE 100, ce n’est pas parier sur l’économie britannique. C’est acheter un panier de multinationales cotées à Londres, dont les revenus sont majoritairement en dollars.
Pourquoi le FTSE 100 a-t-il battu le MSCI World depuis 2022 ?
| Année (perf. en €) | FTSE 100 | MSCI World |
|---|---|---|
| 2022 | -0,93 % | -12,96 % |
| 2023 | +9,96 % | +19,55 % |
| 2024 | +14,82 % | +26,24 % |
| 2025 | +19,45 % | +7,12 % |
| 2026 (au 31/08) | +13,27 % | +13,48 % |
| Cumul | +69,2 % | +59,7 % |
Source : justETF, au 31/08/2026, en euros, dividendes inclus (calculs basés sur le plus gros ETF de chaque indice). Cumul obtenu en multipliant les performances annuelles : 0,9907 x 1,0996 x 1,1482 x 1,1945 x 1,1327 = 1,692. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps.
Regardez bien le tableau. Le FTSE 100 a perdu la course trois années sur cinq, et 2026 vient de repasser en faveur du MSCI World. Toute la surperformance britannique tient à deux moments : 2022, quand les valeurs pétrolières et minières ont explosé pendant que la tech s’effondrait, et 2025, quand la baisse du dollar a laminé la performance du MSCI World convertie en euros. L’écart, qui dépassait douze points cet été, s’est déjà réduit à moins de dix.
C’est ce qu’on appelle un effet de composition. Le FTSE 100 n’a pas gagné parce que ses entreprises sont meilleures. Il a gagné parce qu’il est construit à l’envers du MSCI World. Au 31 juillet 2026, les banques pèsent 19,8 % de l’indice, l’énergie 10,7 % et les ressources de base 7,5 %. La technologie ? 2,4 %, contre près de 29 % dans le MSCI World. En 2022 puis en 2025, c’était le bon billet de loterie.
L’erreur que je vois le plus souvent sur le FTSE 100
Vous avez sûrement lu ceci : « le FTSE 100 a mis quinze ans à retrouver son niveau de 1999 ». C’est vrai. Le sommet de 6 930 points du 30 décembre 1999 n’a été dépassé qu’en 2015.
Et c’est une comparaison trompeuse. Le FTSE 100 que vous voyez dans les journaux est un indice « price return », c’est-à-dire qu’il ne compte que l’évolution des cours et ignore totalement les dividendes. Sur un indice dont le rendement était encore de 2,95 % au 31 juillet 2026, cela change tout.
C’est comme juger la rentabilité d’un appartement locatif en regardant uniquement le prix au mètre carré, en oubliant quinze ans de loyers encaissés. Votre ETF, lui, encaisse les dividendes. Il suit la version « net return » de l’indice, pas celle affichée à la télévision. Quand vous comparez deux indices, vérifiez toujours que vous comparez des versions dividendes inclus.
Faut-il investir dans un ETF FTSE 100 ?
Commençons par l’argument favorable, celui qu’on lit partout : le FTSE 100 est décoté. Son PER prévisionnel (le rapport entre le prix et les bénéfices attendus) était de 13,35 début 2026, contre 28,3 pour le S&P 500. Son rendement du dividende s’établissait à 2,95 % au 31 juillet 2026. Sur le papier, c’est de la « value » à prix cassé.
L’objection intelligente est que cette décote existe depuis quinze ans et ne s’est jamais refermée. Un marché peut rester bon marché très longtemps, parce que la décote reflète une composition sectorielle moins rentable, pas une erreur de marché à corriger.
Mais la vraie réponse est ailleurs, et elle est arithmétique. Le Royaume-Uni représente 3,61 % du MSCI World (au 31/07/2026). Si vous détenez un ETF Monde, vous avez déjà du FTSE 100 dans votre portefeuille, à hauteur de son poids réel dans la capitalisation mondiale.
Ajouter une ligne FTSE 100, c’est décider que le marché se trompe sur le prix des actions britanniques. C’est du market timing géographique, et personne n’a jamais démontré savoir le faire de façon répétée. Les travaux de Dimson, Marsh et Staunton sur plus d’un siècle de données montrent que les marchés « chers » n’ont pas systématiquement sous-performé les marchés « bon marché ».
Le chiffre qui tranche le débat
En 2025, 88 % des fonds actions britanniques et 89 % des fonds Large/Mid Cap UK ont sous-performé leur indice de référence. Chez les small caps britanniques : 97 %.
SPIVA Europe Year-End 2025 Scorecard, S&P Dow Jones Indices.
Autrement dit : si vous voulez du Royaume-Uni, prenez un indice. Ne payez pas un gérant pour faire moins bien.
Reste la question que ce raisonnement laisse ouverte : si ce n’est pas au FTSE 100 qu’il faut donner du poids, alors comment décide-t-on de la répartition géographique d’un portefeuille ? C’est le point de départ de ma Masterclasse gratuite.
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ETF : les trois erreurs qui vous coûtent vraiment cher
Une heure pour comprendre les erreurs à éviter et investir plus efficacement.
Quel ETF FTSE 100 choisir ?
| ETF | ISIN | Frais | Encours | Dividendes | Réplication |
|---|---|---|---|---|---|
| iShares Core FTSE 100 (Acc) | IE00B53HP851 | 0,07 % | 3,8 Md€ | Capitalisant | Physique |
| iShares Core FTSE 100 (Dist) | IE0005042456 | 0,07 % | 19,2 Md€ | Distribuant | Physique |
| Vanguard FTSE 100 (Acc) | IE00BFMXYP42 | 0,09 % | 2,3 Md€ | Capitalisant | Physique |
| Amundi Core FTSE 100 Swap (Acc) | LU1650492173 | 0,14 % | 0,7 Md€ | Capitalisant | Synthétique |
| Xtrackers FTSE 100 1C | LU0838780707 | 0,09 % | 0,1 Md€ | Capitalisant | Physique |
Source : justETF, données au 31/08/2026. Dix ETF suivent le FTSE 100 en Europe.
Maintenant le détail que personne ne mentionne. Le Royaume-Uni applique un droit de timbre de 0,5 % (Stamp Duty Reserve Tax) sur tout achat d’actions britanniques. Votre ETF à réplication physique le paie chaque fois qu’il achète des titres, et ce coût est répercuté dans l’écart de suivi. Vous ne le voyez nulle part dans les frais affichés.
Les ETF synthétiques (qui répliquent l’indice via un contrat d’échange plutôt qu’en détenant les actions) échappent en grande partie à cette taxe. Sur un an au 31/08/2026, l’Amundi Core FTSE 100 Swap affiche +22,91 % malgré des frais deux fois supérieurs à ceux de l’iShares, et se classe dans le trio de tête des ETF britanniques, à six centièmes de point du premier. L’avantage réel varie d’une période à l’autre et ne se lit pas dans la brochure. C’est bien pourquoi les frais affichés ne suffisent jamais à choisir un ETF : c’est le coût total réellement supporté qui compte. Je détaille cette méthode de sélection dans mon article sur le choix des ETF.
Bonne nouvelle en revanche : le Royaume-Uni ne prélève aucune retenue à la source sur les dividendes versés à un fonds étranger. Contrairement aux actions américaines, il n’y a donc pas de fuite fiscale au niveau du fonds. C’est un des rares marchés développés dans ce cas.
Peut-on loger un ETF FTSE 100 dans un PEA ?
Non. Depuis le Brexit, les titres de sociétés dont le siège est au Royaume-Uni ne sont plus éligibles au PEA. La période de tolérance prévue par l’ordonnance n° 2020-1595 s’est achevée le 30 septembre 2021. Aucun ETF FTSE 100 pur ne peut donc entrer dans un PEA.
| Enveloppe | ETF FTSE 100 ? | Coût total annuel |
|---|---|---|
| PEA | Non (Brexit) | Sans objet |
| Compte-titres (CTO) | Oui | 0,07 % (ETF seul) + courtage |
| Assurance vie / PER | Oui, un seul ETF | à partir de 0,44 % (Lucya CNP) |
Coût total = frais de gestion de l’enveloppe + frais internes de l’ETF. Catalogue des ETF en assurance vie et PER au 1ᵉʳ septembre 2026.
Un seul ETF FTSE 100 est référencé en assurance vie française : l’Amundi Core FTSE 100 Swap Acc (LU1650492173), capitalisant, à 0,14 % de frais internes. On le trouve sur Lucya CNP pour un coût total de 0,44 % par an, et sur Linxea Spirit 2 pour 0,64 %. Ce n’est pas un hasard si c’est la version synthétique : c’est justement celle qui échappe en grande partie au droit de timbre britannique. Le détail des contrats est dans mon comparatif des assurances vie.
En pratique, l’accès le plus direct reste le compte-titres ordinaire, avec une fiscalité au PFU de 30 % sur les plus-values et les dividendes. Si vous passez par un CTO, préférez la version capitalisante (IE00B53HP851) : les dividendes sont réinvestis dans le fonds et ne déclenchent pas d’imposition annuelle. Pour choisir votre intermédiaire, voyez mon comparatif des courtiers PEA et CTO.
Et si vous tenez vraiment à une exposition britannique dans un PEA, la solution existe : les ETF Europe à réplication synthétique éligibles au PEA intègrent le Royaume-Uni. Le MSCI Europe y consacre 22,84 % et le STOXX Europe 600 environ 23,20 % (données au 27/02/2026). Vous obtenez du FTSE 100 sans sortir de l’enveloppe fiscale. La liste complète est dans mon article sur les ETF éligibles au PEA.
Conclusion pour l’Épargnant 3.0
Trois actions concrètes.
- Ouvrez votre relevé de portefeuille et regardez votre exposition réelle au Royaume-Uni. Si vous détenez un ETF Monde, elle est déjà de 3,6 %. Si vous détenez un ETF Europe, elle avoisine 23 %. Vous avez probablement déjà ce qu’il vous faut.
- Ne rajoutez pas une ligne FTSE 100 parce qu’il a bien performé depuis 2022. C’est exactement le raisonnement qui fait acheter au sommet. Une allocation se décide en amont, pas en réaction à un classement.
- Si vous voulez malgré tout une poche britannique, limitez-la, utilisez un ETF indiciel (IE00B53HP851 ou LU1650492173), logez-la dans un CTO, et surveillez l’écart de suivi autant que les frais affichés.
Le FTSE 100 est une bonne étude de cas : il montre qu’un portefeuille se construit sur une méthode, et non sur les classements des trois dernières années.
Je vous souhaite le meilleur pour votre épargne et surtout pour tout le reste !
À propos de l’auteur

Édouard Petit
Créateur d’Épargnant 3.0 · Professeur de finance à l’ESCP · Auteur
Depuis 2015, j’aide des milliers d’investisseurs à éviter les erreurs les plus fréquentes avec les ETF et à construire un patrimoine sur le long terme.
50 000+
livres vendus
2 500+
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2015
actif depuis
Guide gratuit

Les trois erreurs que j’observe le plus souvent dans les portefeuilles d’ETF.
Les contenus publiés sur Épargnant 3.0 sont fournis à titre pédagogique et ne constituent pas des conseils en investissement. Certains liens peuvent être affiliés, ce qui contribue au financement du contenu gratuit proposé sur le site. Vous pouvez vous référer à ma Charte éditoriale et politique de transparence. L’investissement comporte un risque de perte en capital.

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