Wall Street : la Bourse américaine, et comment y investir depuis la France
Rédigé par Édouard Petit
Fondateur d’Épargnant 3.0 depuis 2015 · Mis à jour le 01/08/2026 · Qui suis-je ?
Mis à jour le 01/08/2026
Le NYSE n’est plus la première Bourse du monde. Depuis le printemps 2026, c’est le Nasdaq qui occupe la première marche du classement de la Fédération mondiale des Bourses. Et plus étonnant encore : la majorité des échanges d’actions américaines ne passe plus par une Bourse du tout. Wall Street, en 2026, n’est plus vraiment à Wall Street.
Cet article vous explique ce qu’est réellement Wall Street aujourd’hui : la rue, les Bourses, les chiffres. Puis, ce qui vous concerne directement : comment vous exposer à la Bourse américaine depuis la France, dans quelle enveloppe, avec quels produits, et à quel coût total réel. Parce que c’est bien de connaître l’histoire du platane de Buttonwood. C’est mieux de ne pas payer 2,5 % de frais par an pour détenir des actions américaines.
Wall Street, c’est une rue ou une Bourse ?
Les deux, et c’est la source de la confusion. Wall Street est d’abord une rue bien réelle, longue d’à peine plus de 500 mètres, dans le sud de Manhattan. C’est aussi, par métonymie, le nom que le monde entier donne à la finance américaine dans son ensemble.
D’où vient le nom « Wall Street » ?
L’explication retenue par les historiens est la plus littérale : « Wall Street » signifie « la rue du mur ». Les colons néerlandais de la Nouvelle-Amsterdam avaient érigé en 1653 une palissade de bois pour protéger le nord de leur établissement. Les Anglais, après la prise de la ville en 1664, l’ont conservée avant de la démolir en 1699. La rue tracée le long de cette enceinte a gardé le nom.
Une seconde piste circule beaucoup : le nom viendrait de « Waal », les Wallons, ces colons francophones venus des Pays-Bas du Sud et présents dès les débuts de la colonie. La forme néerlandaise « de Waalstraat » est effectivement attestée. Séduisante, mais minoritaire chez les historiens, qui privilégient l’étymologie du mur. À retenir comme une hypothèse, pas comme un fait établi.
Comment la Bourse américaine est-elle née ?
Le 17 mai 1792, vingt-quatre courtiers signent au 68 Wall Street ce qu’on appellera l’accord de Buttonwood, du nom du platane (buttonwood en anglais) sous lequel ils se réunissaient. Deux règles seulement : ne négocier qu’entre signataires, et appliquer une commission minimale. C’est l’acte de naissance de la Bourse de New York.
L’organisation prend le nom de New York Stock & Exchange Board en 1817, puis de New York Stock Exchange (NYSE) en 1863. Le bâtiment à colonnades du 11 Wall Street, celui de toutes les images d’archives, ouvre en 1903. Les institutions financières s’installent autour : c’est ainsi qu’est né le Financial District.
Le NYSE fusionne avec Euronext en 2007 pour former NYSE Euronext, avant d’être racheté en 2013 par le groupe américain ICE (Intercontinental Exchange). Euronext reprend son indépendance par introduction en Bourse en 2014. Aujourd’hui, le NYSE est donc une filiale d’ICE, et Paris n’a plus rien à voir avec New York.
Le NYSE est-il toujours la première Bourse du monde ?
Non, et c’est nouveau. Selon les statistiques de marché de la World Federation of Exchanges publiées en mai 2026 (données arrêtées à mars 2026), le Nasdaq occupe pour la première fois la première place mondiale par capitalisation domestique, avec environ 35 000 milliards de dollars, devant le NYSE à environ 31 000 milliards.
Ce basculement n’a rien d’anecdotique. Il y a sept ans, le NYSE pesait près du double du Nasdaq. La bascule raconte une transformation profonde de l’économie américaine : la valeur s’est déplacée des industriels, des banques et des pétroliers (le terrain historique du NYSE) vers les semi-conducteurs, le logiciel et l’intelligence artificielle (le terrain du Nasdaq).
Les deux places conservent leur personnalité. Le NYSE reste un marché hybride : électronique, mais avec des Designated Market Makers physiquement présents dans la corbeille du 11 Wall Street. Oui, il reste des humains sur le parquet, et ils y remplissent une vraie fonction d’animation à l’ouverture et à la clôture. Le Nasdaq, lui, est né en 1971 comme le premier marché entièrement électronique du monde. Il n’a jamais eu de parquet.
« Le Nasdaq, c’est l’indice technologique. » Non. Il faut distinguer trois choses qui portent le même nom. Le Nasdaq Stock Market est une Bourse, où sont cotées plusieurs milliers de sociétés. Le Nasdaq Composite est un indice qui suit l’ensemble de ces sociétés. Le Nasdaq 100 est un indice qui ne retient que les 100 plus grandes valeurs non financières de cette Bourse : c’est celui-là que les ETF « Nasdaq » suivent presque toujours. Acheter un ETF Nasdaq 100, ce n’est donc pas acheter « la tech américaine », c’est acheter un sous-ensemble de 100 lignes défini par un critère de cotation, pas par un critère sectoriel.
Où se négocient réellement les actions américaines aujourd’hui ?
Voici la statistique qui devrait davantage circuler. Depuis fin 2024, plus de la moitié du volume d’actions américaines s’échange en dehors des Bourses. Les données compilées par Bloomberg situaient cette part à 51,8 % en janvier 2025, et Cboe a confirmé un niveau supérieur à 50 % au troisième trimestre 2025. Pour la première fois dans l’histoire du marché actions le plus liquide du monde, la Bourse est minoritaire chez elle.
Ces échanges se déroulent soit dans des dark pools (des plateformes privées où les ordres ne sont pas affichés avant exécution), soit par internalisation chez les grands teneurs de marché, qui apparient directement les ordres de leurs clients sans passer par un carnet public.
Fallait-il s’en inquiéter ? L’objection est sérieuse et mérite d’être posée honnêtement : si l’essentiel du volume fuit les carnets d’ordres publics, ceux qui affichent des prix d’achat et de vente visibles de tous, la formation des prix se dégrade. C’est exactement l’argument que défendent les Bourses elles-mêmes, Nasdaq en tête, qui y voient une menace pour la qualité d’exécution des grands gérants.
La réponse de fond tient en trois points. D’abord, les transactions hors Bourse ne se font pas à des prix inventés : elles se référencent sur les cours affichés par les Bourses, et la réglementation américaine impose l’obligation de meilleure exécution. Ensuite, le volume total a explosé (17,6 milliards d’actions par jour en moyenne au troisième trimestre 2025, en hausse de 53 % sur un an) : la moitié d’un marché deux fois plus gros reste un carnet d’ordres très épais. Enfin, l’indicateur qui compte pour vous n’est pas la part de marché des Bourses, c’est l’écart entre le prix d’achat et le prix de vente (le spread) sur ce que vous achetez réellement. Sur un ETF S&P 500 coté à Paris, ce spread se compte en centièmes de pourcent aux heures d’ouverture des marchés américains. Le débat sur les dark pools est passionnant. Il n’a aucune conséquence pratique sur votre versement mensuel.
Combien y a-t-il de Bourses aux États-Unis ?
Bien plus que deux. La SEC recense une trentaine de marchés réglementés (national securities exchanges), dont une seizaine dédiés aux actions. On y trouve NYSE Arca, NYSE American (l’ancien American Stock Exchange), NYSE National, les quatre plateformes du groupe Cboe, les trois du groupe Nasdaq, ou encore l’IEX et la Long-Term Stock Exchange.
Deux nouveautés que peu de gens ont vues passer. Le NYSE a rebaptisé sa plateforme de Chicago en NYSE Texas, installée à Dallas. Et la SEC a agréé le 30 septembre 2025 la Texas Stock Exchange (TXSE), vingt-neuvième marché réglementé du pays et première Bourse pleinement intégrée créée aux États-Unis depuis des décennies. Elle vise un lancement complet courant 2026. Le centre de gravité de la finance américaine ne se déplacera pas à Dallas demain matin, mais l’idée qu’il puisse se déplacer du tout est déjà une information.
Enfin, le Cboe (Chicago Board Options Exchange) mérite une mention. Né comme marché de produits dérivés, il publie le fameux indice VIX, souvent surnommé « l’indice de la peur ». Le VIX ne mesure pas la peur : il mesure la volatilité implicite attendue sur le S&P 500 à 30 jours, telle qu’elle ressort du prix des options. Un VIX élevé signifie que le marché paie cher pour se couvrir. Il ne dit rien de la direction future des cours, et surtout pas qu’il faut vendre.
Pourquoi Wall Street pèse-t-il autant dans votre portefeuille ?
Le Global Investment Returns Yearbook 2026 d’UBS, rédigé par Dimson, Marsh et Staunton (la référence académique sur les rendements longs, avec 126 ans de données), livre le chiffre structurant : les États-Unis représentent 62 % de la capitalisation boursière mondiale à fin 2025. En 1900, le marché mondial était bien plus équilibré.
Mettez ce chiffre en face du poids économique réel : le PIB américain représente environ 26 % de l’économie mondiale (données Banque mondiale, 2025). Autrement dit, les États-Unis pèsent près de deux fois et demie plus en Bourse qu’en production. Ce n’est pas une anomalie : c’est le résultat de rendements boursiers durablement supérieurs et d’un tissu d’entreprises cotées bien plus large qu’ailleurs. Les entreprises européennes de taille comparable restent plus souvent non cotées, ou cotées avec une valorisation plus faible.
Conséquence directe pour vous : si vous détenez un ETF Monde, vous détenez déjà massivement Wall Street. Le MSCI World était composé à 72,4 % d’actions américaines au 30 juin 2026. Nvidia à elle seule y pesait 5,2 %, soit plus du double de l’ensemble de la Bourse française (2,4 %).
« 72 % d’États-Unis, ce n’est pas de la diversification, c’est un pari géographique déguisé. »
L’objection est légitime et je refuse de la balayer. Un indice pondéré par les capitalisations vous fait mécaniquement acheter davantage ce qui est déjà monté. Le risque de concentration est réel.
La réponse de fond. Sous-pondérer volontairement les États-Unis, c’est prendre une position active : parier que le marché américain est surévalué et va sous-performer. C’est précisément le type de prévision que la gestion indicielle cherche à ne pas faire. Or les travaux de Dimson, Marsh et Staunton montrent que la valorisation seule est un signal très faible : les marchés jugés « chers » à un instant donné n’ont pas systématiquement sous-performé sur les décennies suivantes. Vous n’avez donc pas le choix entre « un pari » et « pas de pari ». Vous avez le choix entre le pari implicite du marché (la pondération par capitalisation, qui ne demande aucune prévision) et votre pari personnel, qui exige, lui, d’avoir raison contre le consensus de millions d’intervenants.
Si la concentration vous gêne vraiment, la réponse cohérente n’est pas de sous-pondérer les États-Unis à la louche. C’est d’élargir l’univers : un indice MSCI ACWI ajoute les pays émergents, ou une poche d’actions de petite taille (small caps) réduit la dépendance aux méga-capitalisations. Je détaille ces arbitrages de construction de portefeuille dans mon livre Créer et piloter un portefeuille d’ETF.
Faut-il acheter des actions américaines en direct ?
C’est techniquement possible chez la plupart des courtiers français. C’est, dans l’immense majorité des cas, une mauvaise idée. Voici les quatre raisons, de la plus évidente à la plus méconnue.
1. Le PEA vous est fermé. Le Plan d’Épargne en Actions n’accepte que les titres d’entreprises dont le siège est dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen. Acheter Apple en direct vous condamne au compte-titres ordinaire, donc au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux), contre 18,6 % dans un PEA de plus de cinq ans.
2. Les frais de transaction et de change s’empilent. Les ordres sur les places américaines sont facturés plus cher que sur Euronext chez la plupart des courtiers français, et s’y ajoute une commission de change euro-dollar à chaque aller et à chaque retour. Sur des versements mensuels de quelques centaines d’euros, cette double couche de frais peut absorber une part significative de la performance attendue.
3. Vous ne pouvez pas acheter les ETF américains. C’est le point que beaucoup découvrent trop tard. Les ETF cotés aux États-Unis (VOO, SPY, VTI) sont souvent les moins chers du monde, mais depuis l’entrée en vigueur du règlement européen PRIIPs, ils ne publient pas de document d’informations clés au format exigé en Europe. Résultat : ils sont inaccessibles aux particuliers européens. Vous devez passer par des ETF de droit européen, dits UCITS. Ce n’est d’ailleurs pas une punition, comme nous allons le voir.
Les titres américains détenus en direct sont des « actifs de source américaine ». À ce titre, ils entrent dans le champ de l’estate tax, l’impôt fédéral américain sur les successions, qui frappe les non-résidents au-delà d’un abattement de seulement 60 000 dollars, avec un taux marginal pouvant atteindre 40 %.
Faut-il paniquer ? Non. La convention fiscale franco-américaine du 24 novembre 1978, spécifiquement consacrée aux successions et donations, protège largement les résidents fiscaux français : elle attribue l’imposition des valeurs mobilières à l’État de résidence du défunt et prévoit un mécanisme de crédit d’impôt évitant la double imposition. Le risque est donc atténué, pas nul, et il suppose des formalités déclaratives.
La solution la plus simple reste la meilleure : un ETF UCITS domicilié en Irlande ou au Luxembourg n’est pas un actif de source américaine. La question ne se pose tout simplement pas. C’est un argument de fond en faveur des ETF européens que je n’ai jamais vu figurer dans un comparatif grand public.
Et si je choisis mieux que l’indice ?
C’est l’espoir de tout investisseur qui achète des actions en direct, et c’est un espoir mesurable. Le scorecard SPIVA Europe de fin 2025 compare les fonds actions américaines libellés en euros au S&P 500. Les résultats sont sans appel.
| Horizon | Fonds actions US en euros battus par le S&P 500 | Lecture |
|---|---|---|
| 1 an (2025) | 77,0 % | Trois fonds sur quatre |
| 3 ans | 83,5 % | Cinq fonds sur six |
| 5 ans | 97,0 % | Presque tous |
| 10 ans | 98,2 % | Moins de 2 fonds sur 100 réussissent |
| 10 ans, ajusté du risque | 100,0 % | Aucun survivant |
Deux chiffres méritent qu’on s’y arrête, parce qu’ils ne figurent presque jamais dans les résumés.
Le premier : sur une base ajustée du risque, sur dix ans, le taux d’échec atteint 100,0 %. Pas 98 %, pas 99,5 %. La totalité. Aucun fonds actions américaines en euros n’a offert un meilleur couple rendement-risque que l’indice sur la décennie.
Le second est encore plus parlant : sur les 338 fonds de cette catégorie existant début 2016, seuls 57,4 % existaient encore fin 2025. Plus de quatre fonds sur dix ont été fusionnés ou liquidés en chemin. Quand on vous montre le palmarès des fonds actions américaines sur dix ans, on vous montre les survivants. Les autres ont disparu du classement, et souvent pas parce qu’ils surperformaient.
L’écart de performance, lui, est le prix des frais : sur dix ans, la performance annualisée moyenne de ces fonds a été de 10,29 % (moyenne équipondérée), contre 13,93 % pour le S&P 500. Trois points et demi de retard par an, composés sur une décennie.
Comment investir sur Wall Street depuis la France ?
La bonne méthode tient en une phrase : un ETF large, dans la meilleure enveloppe fiscale disponible, avec le coût total le plus bas possible. Le coût total, c’est la seule chose que vous contrôlez à 100 %. Il s’écrit toujours de la même façon :
Coût total annuel = frais de gestion de l’enveloppe + frais internes de l’ETF
Un ETF S&P 500 à 0,05 % logé dans une assurance vie à 1 % vous coûte 1,05 % par an. Le même ETF à 0,10 % dans un PEA vous coûte 0,10 %. C’est un rapport de 1 à 10, pour exactement le même indice et exactement le même risque de marché.
Dans un PEA : la solution la plus efficace
Le PEA n’accepte pas d’actions américaines en direct. Mais il accepte des ETF à réplication synthétique : le fonds détient un panier d’actions européennes, éligibles au PEA, et échange sa performance contre celle du S&P 500 auprès d’une banque via un contrat appelé swap. Le résultat pour vous est identique à celui d’un ETF classique, l’enveloppe fiscale en plus.
| ETF S&P 500 éligible PEA | Code | ISIN | Frais (TER) | Encours |
|---|---|---|---|---|
| iShares S&P 500 Swap PEA | SPEA | IE000DQLYVB9 | 0,10 % | 34 M€ |
| Amundi PEA S&P 500 | PSP5 | FR0011871128 | 0,12 % | 1 105 M€ |
| BNP Paribas Easy S&P 500 | ESE | FR0011550185 | 0,14 % | 3 373 M€ |
Comment arbitrer entre les trois ? L’iShares est le moins cher, mais il n’a été lancé qu’en mai 2025 et son encours reste modeste : on manque de recul sur sa qualité de réplication. Le BNP Paribas Easy est le plus gros et le plus liquide, avec plus de treize ans d’historique. L’Amundi se situe au milieu, et présente l’avantage d’être souvent proposé sans frais de courtage grâce aux partenariats de plusieurs courtiers.
Un piège d’identification à connaître : dans la gamme Amundi, le ticker PSP5 désigne le S&P 500 classique éligible au PEA, alors que le ticker PE500 renvoie à une version filtrée selon des critères extra-financiers, qui suit un indice différent. Vérifiez toujours l’ISIN au moment de passer l’ordre, jamais le seul nom.
Reste le choix du courtier, qui pèse autant que le choix de l’ETF sur des versements réguliers. Je compare les offres testées personnellement dans mon comparatif des meilleurs PEA.
Dans une assurance vie : pour ce que le PEA ne sait pas faire
L’assurance vie ajoute une couche de frais de gestion annuels sur les unités de compte, c’est-à-dire sur tous les supports autres que le fonds en euros. Les meilleurs contrats du marché facturent 0,50 % par an. Les contrats bancaires classiques montent couramment à 0,80 %, voire au-delà, et proposent souvent des fonds actifs à 1,5 % ou 2 % plutôt que des ETF.
À 0,50 % de frais d’enveloppe et 0,05 % de frais d’ETF, le coût total ressort à 0,55 % par an. C’est cinq fois plus cher qu’un PEA. Ce surcoût n’est justifié que par ce que l’assurance vie apporte en plus : la transmission optimisée, l’accès au fonds en euros et aux SCPI, l’absence de plafond de versement, et une fiscalité qui a échappé à la hausse de la CSG de 2026 (les prélèvements sociaux y restent à 17,2 %). Je détaille les contrats que j’utilise dans mon comparatif des meilleures assurances vie.
Dans un compte-titres : le choix le plus large, la fiscalité la plus lourde
Le compte-titres ordinaire n’a ni plafond, ni contrainte géographique, ni frais d’enveloppe. Vous y accédez aux ETF UCITS à réplication physique, ceux qui détiennent réellement les 500 actions du S&P 500. Les deux références :
- iShares Core S&P 500 UCITS ETF (CSPX, ISIN IE00B5BMR087), 0,07 % de frais annuels, plus de 131 milliards d’euros d’encours. C’est l’un des plus gros ETF du monde.
- iShares S&P 500 Swap UCITS ETF (ISIN IE00BMTX1Y45), 0,05 % de frais, environ 9,4 milliards d’euros. À réplication synthétique, ce qui lui permet d’échapper à la retenue à la source américaine sur les dividendes.
Le compte-titres n’a de sens que si votre PEA est plein, si vous avez besoin de supports qu’il n’accepte pas (obligations, matières premières, actions hors Union européenne en direct), ou si votre situation fiscale est particulière. Sinon, le PEA gagne à tous les coups sur une stratégie 100 % actions.
Les ETF swap permettent-ils vraiment d’optimiser la fiscalité américaine ?
Oui, et c’est même l’un des rares avantages structurels et durables qu’un épargnant peut capter sans prendre le moindre risque supplémentaire de marché. Mais il faut être précis, parce que le sujet est presque toujours mal posé. Quand on investit sur Wall Street depuis la France, il y a deux étages de fiscalité, et le swap n’agit que sur le premier.
Étage 1, dans le fonds : les États-Unis prélèvent une retenue à la source sur les dividendes versés à un fonds étranger. Vous ne la voyez jamais, elle est déjà déduite de la performance. C’est là que le swap change tout.
Étage 2, chez vous : l’impôt français sur vos gains au moment du retrait (18,6 % en PEA après 5 ans, 31,4 % en compte-titres). Le swap n’y change strictement rien. Les seuls leviers sont l’enveloppe et le caractère capitalisant de l’ETF.
Pourquoi un ETF synthétique échappe à la retenue à la source américaine
Le taux de droit commun de la retenue à la source américaine sur les dividendes versés à un non-résident est de 30 %. Une convention fiscale peut le réduire. C’est le cas de la convention entre les États-Unis et l’Irlande, qui le ramène à 15 %. Ce n’est pas le cas de celle du Luxembourg, où le taux reste à 30 %. C’est pour cette raison, et pour aucune autre, que les grands ETF physiques sur actions américaines sont domiciliés à Dublin.
Un ETF à réplication synthétique, lui, ne détient pas les actions américaines. Il détient un panier de substitution et signe un contrat d’échange de performance (un swap) avec une banque. Or la section 871(m) du code fiscal américain prévoit une exemption explicite pour les dérivés adossés à un « indice qualifié » : un indice large, passif, largement utilisé, et sur lequel existe un marché de contrats à terme profond. Le S&P 500 et le MSCI World remplissent ces critères. Le fonds encaisse donc la performance brute de l’indice, retenue à la source comprise.
Ce n’est ni une astuce, ni une zone grise, ni un montage. C’est une exemption prévue par le texte américain, documentée par les émetteurs dans leurs prospectus, et S&P Dow Jones Indices publie même chaque année la liste des indices susceptibles de répondre aux critères de l’indice qualifié.
Combien ça rapporte, concrètement ?
Le calcul tient en une ligne : rendement du dividende × part d’actions américaines × taux de retenue. Le S&P 500 servait environ 1,1 % de dividende à l’été 2026.
| Structure de l’ETF S&P 500 | Retenue à la source américaine | Perte annuelle sur la performance |
|---|---|---|
| Physique, domicilié en Irlande | 15 % | environ 0,16 % |
| Physique, domicilié au Luxembourg | 30 % | environ 0,33 % |
| Synthétique (swap sur indice qualifié) | 0 % | nulle |
La théorie annonce donc environ 0,16 point de performance par an en faveur du synthétique face au physique irlandais. Et l’observation confirme : en comparant les ETF S&P 500 disponibles en Europe sur la plus longue période exploitable, justETF relevait en juillet 2025 un écart annualisé allant de 0,12 % à 0,26 % par an au profit des ETF synthétiques, les trois premières places du classement de performance étant occupées par des produits à swap. Cet écart est déjà net des coûts de swap.
Un détail méthodologique qui explique beaucoup de confusions : les indices « Net Total Return » de S&P retranchent une retenue à la source au taux applicable à un investisseur étranger sans convention fiscale, soit 30 %. C’est la raison pour laquelle un bon ETF S&P 500, physique irlandais ou synthétique, affiche régulièrement une performance supérieure à celle de l’indice qu’il suit. Ce n’est pas de la magie de gestion. C’est de la fiscalité.
La bonne nouvelle que les détenteurs de PEA ignorent
Voici la conséquence que je ne vois presque jamais tirée. Tous les ETF sur indices américains éligibles au PEA sont synthétiques par construction, puisque c’est la seule façon de respecter la règle des 75 % d’actions européennes. Autrement dit, si vous détenez un ETF S&P 500 ou un ETF Monde dans votre PEA, vous captez déjà cet avantage, sans l’avoir cherché.
Et cela renverse une comparaison que l’on lit partout. On oppose souvent les frais affichés d’un ETF PEA à ceux d’un ETF physique logé dans un compte-titres, à l’avantage du second. Regardons le coût réellement supporté, retenue à la source comprise.
| ETF S&P 500 | Enveloppe | Frais affichés (TER) | Retenue à la source | Coût réel annuel |
|---|---|---|---|---|
| iShares S&P 500 Swap (IE00BMTX1Y45) | Compte-titres | 0,05 % | 0 % | 0,05 % |
| iShares S&P 500 Swap PEA (IE000DQLYVB9) | PEA | 0,10 % | 0 % | 0,10 % |
| Amundi PEA S&P 500 (FR0011871128) | PEA | 0,12 % | 0 % | 0,12 % |
| iShares Core S&P 500 (IE00B5BMR087) | Compte-titres | 0,07 % | 15 % | environ 0,23 % |
L’ETF S&P 500 de votre PEA, affiché à 0,10 %, coûte donc en réalité moins cher que le plus gros ETF S&P 500 du monde affiché à 0,07 %. Le même raisonnement vaut pour l’ETF Monde : un ETF MSCI World physique domicilié en Irlande laisse filer de l’ordre de 0,14 % par an en retenue à la source (1,28 % de rendement × 71,5 % d’actions américaines × 15 %, calcul justETF de juillet 2025). Un ETF Monde PEA à 0,20 % de frais et 0 % de retenue revient donc, tout compris, au même niveau qu’un ETF physique irlandais qui afficherait 0,06 % de frais. Il n’en existe pas.
Les quatre limites qu’il faut connaître
Je serais malhonnête de m’arrêter là. Cet avantage est réel, mais il n’est ni automatique, ni gratuit, ni éternel.
La banque contrepartie ne restitue pas gratuitement la retenue à la source évitée : elle en garde une part sous forme de marge sur le swap. Certains émetteurs intègrent ce coût dans les frais annoncés, d’autres non, ce qui embellit artificiellement le TER. La seule façon de trancher est de regarder l’écart de suivi réel (la tracking difference) sur trois à cinq ans, pas les frais affichés.
Sur le MSCI World, la fuite de retenue à la source n’est que d’environ 0,14 % par an, puisque seuls 72 % de l’indice sont américains. Or plusieurs ETF Monde synthétiques historiques affichent des frais nettement supérieurs à leurs concurrents physiques, parfois de 0,25 point ou plus. Dans ce cas, l’avantage fiscal est intégralement absorbé, et au-delà. L’avantage du swap est très net sur le S&P 500, beaucoup plus discutable sur le MSCI World, et inexistant si l’ETF synthétique est cher.
Si la banque qui porte le swap fait défaut, le fonds est exposé. La réglementation UCITS plafonne cette exposition à 10 % de l’actif net, et les émetteurs la collatéralisent, souvent au-delà de 100 %, avec une remise à zéro fréquente. Le risque résiduel est faible, il n’est pas nul. C’est le prix de l’avantage fiscal, et il faut l’assumer consciemment.
L’exemption de la section 871(m) peut être supprimée par une décision américaine. Ce n’est pas théorique : le projet de section 899, surnommé « revenge tax », prévoyait au printemps 2025 de porter la retenue à la source jusqu’à 50 % pour les résidents de pays jugés fiscalement hostiles, dont la France. Il a été retiré du texte fin juin 2025 à la demande du Trésor américain, après un accord avec les partenaires du G7, et la loi promulguée le 4 juillet 2025 ne le contient pas. Fait notable : ce même texte n’a pas touché à l’exemption dont bénéficient les swaps.
Deux lectures, et je vous laisse choisir la vôtre. La prudente : ce qu’un Congrès a proposé, un autre peut le voter. La pragmatique : c’est précisément parce que la retenue à la source peut augmenter que la structure qui n’en paie pas devient plus intéressante, pas moins.
Ce qu’il faut en retenir
- Sur le S&P 500, préférez le synthétique. L’avantage observé, de 0,12 % à 0,26 % par an, est du même ordre de grandeur que les frais de gestion eux-mêmes. Autrement dit, l’exemption fiscale paie vos frais.
- Dans un PEA, la question ne se pose pas : vous n’avez que des ETF synthétiques, et vous captez déjà l’avantage.
- Sur un ETF Monde, comparez le coût total, pas le mode de réplication. Un ETF Monde synthétique cher est un mauvais ETF Monde.
- Ne confondez pas les deux étages. Le swap optimise la fiscalité américaine, au niveau du fonds. Votre fiscalité française, elle, se joue ailleurs : dans le choix de l’enveloppe et dans le caractère capitalisant de l’ETF, qui reporte l’imposition au retrait.
- Jugez sur l’écart de suivi, jamais sur le TER seul. C’est le seul chiffre qui intègre à la fois les frais affichés, le coût du swap et l’avantage fiscal.
Combien vous coûte vraiment chaque enveloppe ?
| Enveloppe | Frais enveloppe | Frais ETF | Coût total annuel | Fiscalité à la sortie |
|---|---|---|---|---|
| PEA (> 5 ans) | 0 % | 0,10 % à 0,14 % | 0,10 % à 0,14 % | 18,6 % (prélèvements sociaux seuls) |
| Assurance vie (> 8 ans) | 0,50 % (meilleurs contrats) | 0,05 % à 0,15 % | 0,55 % à 0,65 % | 24,7 % après abattement annuel |
| Compte-titres | 0 % | 0,05 % à 0,07 % | 0,05 % à 0,07 % | 31,4 % (PFU) sur les gains réalisés |
Un demi-point de frais paraît anodin. Faisons le calcul, pour que vous puissiez le refaire.
Hypothèses : 500 € versés chaque mois pendant 20 ans (soit 120 000 € versés au total), avec une performance brute annuelle de 7 %, dont on retranche les frais annuels. La formule est celle des versements réguliers capitalisés : capital = versement × [(1 + r)n − 1] ÷ r, où r est le taux mensuel équivalent net de frais et n le nombre de mois.
| Frais annuels totaux | Situation typique | Capital après 20 ans | Écart |
|---|---|---|---|
| 0,10 % | ETF S&P 500 dans un PEA | 250 900 € | référence |
| 0,60 % | Même ETF dans une bonne assurance vie | 237 100 € | − 13 800 € |
| 2,50 % | Fonds actif dans un contrat bancaire | 192 100 € | − 58 800 € |
Un demi-point de frais, c’est 13 800 €. Deux points et demi, c’est 58 800 €, soit près de la moitié de tout ce que vous avez versé. Ces sommes ne sont pas perdues : elles sont encaissées, chaque année, par un intermédiaire.
S&P 500 ou ETF Monde : lequel choisir ?
C’est la question que je reçois le plus souvent dès qu’on parle de Wall Street. Ma position est claire, et elle tient à un principe, pas à une prévision.
L’ETF Monde est le choix par défaut le plus rationnel, parce qu’il ne demande aucune prévision. Il détient les États-Unis à hauteur de leur poids boursier réel, et ce poids s’ajuste tout seul. Si le leadership américain devait s’éroder au profit de l’Europe ou de l’Asie, l’indice suivrait sans que vous ayez à décider quoi que ce soit. Un ETF S&P 500 ne fera jamais cela.
Le S&P 500 est un pari, potentiellement gagnant, mais qui exige d’assumer que vous pariez sur la poursuite d’une domination. Ce n’est ni absurde ni interdit. C’est simplement une décision active, qu’il faut formuler comme telle.
Ce qui n’a aucun sens, c’est de détenir les deux. Un MSCI World étant déjà composé à 72 % d’actions américaines, y ajouter une ligne S&P 500 revient à surpondérer les États-Unis sans se l’avouer. Les deux indices sont corrélés à plus de 95 %. Vous n’ajoutez pas de diversification, vous ajoutez de la complexité et une ligne de frais de courtage. Si vous voulez plus d’Amérique, dites-le, et pondérez-le. Je consacre un article complet à l’indice S&P 500 et à ses spécificités.
Le risque que tout le monde oublie : le dollar
Voici la démonstration la plus utile de tout cet article, et elle date d’il y a quelques mois seulement.
En 2025, le S&P 500 a progressé de 17,9 % en dollars. Pour un investisseur en euros, la performance est tombée à 3,9 %. Quatorze points de performance évaporés, non pas par des frais, non pas par une mauvaise sélection de titres, mais par la seule dépréciation du dollar face à l’euro sur l’année.
Faut-il alors se couvrir contre le risque de change, avec un ETF dit hedged ? Trois éléments de réponse, et ils vont probablement à rebours de votre intuition.
Un. La couverture a un coût, lié à l’écart de taux d’intérêt entre les deux devises, auquel s’ajoutent des frais de gestion généralement plus élevés. Ce coût est certain et récurrent. Le gain, lui, ne l’est pas.
Deux. Sur longue période, les mouvements de change tendent à se compenser, sans dérive structurelle comparable à la croissance des actions. Les travaux de Dimson, Marsh et Staunton dans l’édition 2026 du Yearbook estiment que le risque de change ajoute en moyenne environ six points de risque total, mais qu’il pèse proportionnellement bien plus lourd sur un portefeuille obligataire que sur un portefeuille actions. C’est logique : la volatilité d’une action est déjà si élevée que celle de la devise s’y dilue.
Trois. Vos dépenses futures sont en euros, mais les entreprises américaines du S&P 500 réalisent une part majeure de leur chiffre d’affaires hors des États-Unis. Votre exposition économique réelle au dollar est donc inférieure à ce que suggère la devise de cotation.
Ma position : pas de couverture de change sur la poche actions de long terme. Le sujet devient en revanche pertinent sur la poche obligataire, et à l’approche d’un besoin daté (un achat immobilier dans trois ans, par exemple), où ce n’est plus le change qu’il faut couvrir mais le risque actions lui-même qu’il faut réduire. Ce qui compte surtout, c’est de savoir que ce risque existe, pour ne pas être surpris l’année où il joue contre vous.
Le Wall Street Journal et les films : la culture Wall Street
On ne comprend pas Wall Street sans son récit. Et ce récit a un journal et trois films.
Le Wall Street Journal a été fondé le 8 juillet 1889 par Charles Dow, Edward Jones et Charles Bergstresser. Ce sont les deux premiers qui créent, en 1896, le Dow Jones Industrial Average, toujours cité chaque soir aux journaux télévisés, alors que c’est probablement le grand indice le moins bien construit du monde : il pondère ses trente valeurs par leur cours de Bourse, pas par leur taille. Une action à 500 $ y pèse dix fois plus qu’une action à 50 $, indépendamment du poids économique des deux entreprises. Je reviens sur ces défauts de construction dans mon article sur les indices boursiers.
Le journal, lui, a réussi une mutation que peu de titres ont négociée : il comptait environ 4,68 millions d’abonnements fin 2025, dont 4,29 millions en numérique pur, soit 92 % du total. Le tirage papier est tombé aux alentours de 412 000 exemplaires. Le journal qui a inventé l’indice le plus commenté de la planète ne vit pratiquement plus du papier.
Côté cinéma, trois titres ont façonné l’imaginaire. Wall Street (Oliver Stone, 1987), dont l’interprétation de Gordon Gekko a valu l’Oscar du meilleur acteur à Michael Douglas. Sa suite, Wall Street : l’argent ne dort jamais (2010). Et Le Loup de Wall Street (Martin Scorsese, 2013), qui raconte moins la Bourse qu’une escroquerie de grande ampleur sur des actions de pacotille.
Ces films sont excellents. Ils sont aussi le contraire absolu de ce qui fonctionne. Ils mettent en scène des délits d’initiés, des ventes à découvert et des coups de téléphone haletants. Votre performance de long terme, elle, se joue dans un ordre mensuel automatisé que vous ne regardez jamais. C’est infiniment moins photogénique, et infiniment plus efficace. La gestion passive est un mauvais scénario de film. C’est une excellente stratégie patrimoniale.
Questions fréquentes sur Wall Street
Qu’est-ce que Wall Street exactement ?
Wall Street est une rue du sud de Manhattan, à New York, qui abrite au numéro 11 le New York Stock Exchange. Par extension, l’expression désigne l’ensemble de la finance américaine : les Bourses, les banques d’investissement et les gérants d’actifs. Le nom vient très probablement de la palissade (wall) élevée par les colons néerlandais en 1653.
Y a-t-il encore des traders sur le parquet du NYSE ?
Oui. Le NYSE reste un marché hybride : l’essentiel des transactions est électronique, mais des Designated Market Makers sont physiquement présents dans la corbeille du 11 Wall Street et jouent un rôle d’animation, en particulier lors des enchères d’ouverture et de clôture. C’est la dernière grande Bourse mondiale à conserver un parquet actif : le Nasdaq, Euronext Paris ou Cboe sont entièrement électroniques.
Comment investir sur Wall Street depuis la France ?
Le plus simple et le moins coûteux est d’acheter un ETF suivant le S&P 500 ou le MSCI World, coté sur Euronext Paris. Dans un PEA, il faut un ETF à réplication synthétique, à partir de 0,10 % de frais annuels. Sur un compte-titres, les ETF à réplication physique sont accessibles à partir de 0,05 % à 0,07 %. L’achat d’actions américaines en direct est possible sur compte-titres, mais coûte plus cher, ferme la porte du PEA et pose des questions successorales inutiles.
Quelle est la première Bourse du monde en 2026 ?
Le Nasdaq, avec environ 35 000 milliards de dollars de capitalisation domestique en mars 2026, selon la World Federation of Exchanges. Il a dépassé le NYSE (environ 31 000 milliards), qui occupait cette place depuis toujours. Shanghai arrive loin derrière, autour de 10 200 milliards.
Le Nasdaq fait-il partie de Wall Street ?
Pas au sens géographique : le Nasdaq n’a jamais été situé dans la rue Wall Street, et n’a d’ailleurs pas de parquet. Mais au sens courant, oui : « Wall Street » désigne la Bourse américaine dans son ensemble, Nasdaq compris.
Où trouver les cours du « Wall Street 30 » ?
Nulle part, car le « Wall Street 30 » n’est pas un indice boursier. C’est un nom commercial utilisé par certains courtiers en produits dérivés à effet de levier pour désigner un contrat adossé au Dow Jones Industrial Average. Si vous cherchez cette expression, méfiance : elle vous mène généralement vers des CFD ou des turbos, des produits spéculatifs sur lesquels la grande majorité des particuliers perd de l’argent. Les vrais indices américains s’appellent le Dow Jones (DJIA), le S&P 500 et le Nasdaq 100.
Un ETF synthétique est-il moins bon qu’un ETF physique ?
Non, et sur les actions américaines c’est même souvent l’inverse. Un ETF synthétique n’encaisse aucune retenue à la source américaine sur les dividendes, là où un ETF physique domicilié en Irlande en laisse filer environ 0,16 % par an. En contrepartie, il porte un risque de contrepartie sur la banque qui fournit le swap, plafonné à 10 % de l’actif net par la réglementation UCITS et collatéralisé en pratique. Sur le PEA, la question ne se pose pas : seuls les ETF synthétiques sont éligibles.
Quels sont les horaires de la Bourse de New York ?
Le NYSE et le Nasdaq cotent de 9h30 à 16h00, heure de New York, soit de 15h30 à 22h00 heure de Paris pendant la majeure partie de l’année. Concrètement, pour acheter un ETF S&P 500 coté à Paris, mieux vaut passer son ordre pendant cette plage de chevauchement : les marchés sous-jacents sont ouverts, la liquidité est meilleure et l’écart entre prix d’achat et prix de vente se resserre.
Conclusion pour l’Épargnant 3.0
Wall Street a changé de visage : le Nasdaq est passé devant le NYSE, plus d’une transaction sur deux se conclut hors des Bourses, et une nouvelle place boursière ouvre au Texas. Mais rien de tout cela ne change ce que vous devez faire. Ce qui compte pour votre patrimoine tient en cinq décisions, et aucune ne demande de suivre l’actualité des marchés.
- Vérifiez que vous êtes déjà exposé. Si vous détenez un ETF Monde, les États-Unis représentent déjà 72 % de votre poche actions. Vous n’avez probablement rien à ajouter.
- Choisissez l’enveloppe avant le produit. Sur une stratégie 100 % actions, le PEA passe avant tout le reste : 0 % d’impôt sur le revenu après cinq ans, et aucun frais d’enveloppe. Si vous n’en avez pas, ouvrez-en un aujourd’hui, même avec 100 €, pour lancer le compteur fiscal.
- Calculez votre coût total. Frais d’enveloppe plus frais d’ETF. Au-dessus de 0,60 % par an sur une poche actions, il y a un problème à régler. Au-dessus de 2 %, il y a une décision à prendre.
- Ne cumulez pas MSCI World et S&P 500. Corrélés à plus de 95 %, ils n’apportent aucune diversification supplémentaire, seulement une ligne de frais en plus.
- Regardez le coût réel, pas le TER. Sur les actions américaines, un ETF synthétique échappe à la retenue à la source, soit environ 0,16 % par an de mieux qu’un ETF physique irlandais. C’est déjà tout ce que vous coûtent vos frais de gestion.
- Automatisez, puis oubliez. Un ordre mensuel programmé sur un seul ETF large bat, dans la durée, la quasi-totalité des professionnels qui y consacrent leurs journées. Ce n’est pas une opinion, c’est le résultat que documentent les scorecards SPIVA année après année.
Le plus frappant, dans les données de cet article, n’est pas que le Nasdaq soit passé premier. C’est que 98,2 % des fonds actions américaines vendus en euros aient échoué à battre un indice que vous pouvez acheter, vous, pour 0,10 % par an dans un PEA. L’accès à Wall Street n’a jamais été aussi bon marché ni aussi simple pour un épargnant français. Il ne reste qu’à ne pas se compliquer la vie.
Je vous souhaite le meilleur pour votre épargne et surtout pour tout le reste !
À propos de l’auteur

Édouard Petit
Créateur d’Épargnant 3.0 · Professeur de finance à l’ESCP · Auteur
Depuis 2015, j’aide des milliers d’investisseurs à éviter les erreurs les plus fréquentes avec les ETF et à construire un patrimoine sur le long terme.
50 000+
livres vendus
2 500+
avis lecteurs
2015
actif depuis
Guide gratuit

Les trois erreurs que j’observe le plus souvent dans les portefeuilles d’ETF.
Les contenus publiés sur Épargnant 3.0 sont fournis à titre pédagogique et ne constituent pas des conseils en investissement. Certains liens peuvent être affiliés, ce qui contribue au financement du contenu gratuit proposé sur le site. Vous pouvez vous référer à ma Charte éditoriale et politique de transparence. L’investissement comporte un risque de perte en capital.

Édouard Petit
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Bonjour, Edouard j ai remarqué que vous parlez souvent d’etf comme investissement en ce qu il me concerne j ai un PEA avec de nombreux etf (world, emergent, ptite cap, etc) je compte suite à votre blog sur linxéa ouvrir une assurance vie en uc essentiellemnet 70/30
Est ce que je risque d’avoir des doublons? si oui que faire?
encore une fois grand merci pour vos articles
Fabrice
Bonjour Fabrice.
Si votre PEA est plein, alors oui, ouvrez une assurance vie. Sinon, le PEA est peut-être mieux, en investissement en actions. Cependant l’assurance vie ne me semble intéressante (pour les actions) que si vous bénéficiez de l’abattement des plus-values (4.6k pour une personne seule/9.6k pour un couple). Au delà, les taxes sur les plus-values ne sont plus de 17.2%, mais de 24.7%. On est proche de la Flat tax à 30% du CTO, et compte tenu des frais annuels de l’assurance vie, le CTO me semble plus intéressant, faites vous même vos calculs.
Par exemple, pour 100k d’assurance-vie en ETF, on a 30k de plus-values en 2019. Si la bourse reste stationnaire, il faut plus de 3 ans pour profiter de l’abattement. La performance de la bourse sur le long terme étant selon moi de 9%, je vous laisse deviner la limite à ne pas dépasser en AV.
Ceci dit, l’AV permet les SCPI et un dispositif pour l’héritage.
Concernant les doublons, ça importe peu, vous pouvez les calculer facilement au tableur.
Bonjour Édouard, merci pour ce nouvel article intéressant, comportant une petite coquille : OTC = Over The Counter. Bien à vous :)
Bien sûr, merci Olivier, c’est corrigé (Other the Counter ça fonctionnait bien phonétiquement, mais pas trop en vrai …)