Euronext : la Bourse de Paris, et ce qu’elle vous coûte vraiment
Rédigé par Édouard Petit
Fondateur d’Épargnant 3.0 depuis 2015 · Mis à jour le 01/08/2026 · Qui suis-je ?
Mis à jour le 01/08/2026
Euronext n’est plus seulement la Bourse de Paris. Vous saurez ici sur quel marché passer vos ordres, et pourquoi acheter une action française coûte cinq fois plus cher qu’acheter un ETF du même montant.
Euronext n’est plus une Bourse, c’est une infrastructure.
Beaucoup de gens imaginent encore une salle de marché, des écrans et des cris. La réalité ressemble davantage à un réseau d’aéroports. Euronext possède les pistes, c’est-à-dire les carnets d’ordres. La tour de contrôle, son système informatique. Et depuis quelques années les bagagistes et les entrepôts : la chambre de compensation qui garantit que l’acheteur reçoit ses titres, et les dépositaires qui les conservent.
Née en 2000 de la fusion des Bourses de Paris, Bruxelles et Amsterdam, la société a grandi par rachats successifs : Lisbonne, Dublin, Oslo, Milan, puis une participation majoritaire dans la Bourse d’Athènes en novembre 2025. Elle opère aujourd’hui huit marchés réglementés qui accueillent plus de 1 800 sociétés cotées. Et elle est elle-même une entreprise cotée à Paris.
Un chiffre remet cette puissance à sa place. Euronext ne traite plus que 29 % des échanges d’actions européennes passant par un carnet d’ordres transparent. Le reste se négocie sur des plateformes alternatives, chez des banques qui exécutent les ordres sur leur propre bilan, ou dans des enchères périodiques. Le monopole de la Bourse de Paris sur les actions françaises a disparu en 2007, avec la directive européenne MiFID.
Pour un investisseur de long terme, cette dispersion ne change presque rien. Votre courtier a l’obligation réglementaire de rechercher la meilleure exécution possible, et l’écart en jeu se compte en fractions de point de base. Les frais de votre enveloppe et les frais internes de votre fonds pèsent des milliers de fois plus lourd. C’est un vrai sujet pour un gérant qui traite des millions chaque jour, c’est un faux sujet pour un versement mensuel.
Trois marchés à Paris, et deux qui ne vous concernent pas
Euronext Paris n’est pas un bloc homogène. Un peu plus de 700 sociétés y sont cotées, réparties sur trois marchés dont les règles d’admission n’ont rien de comparable.
| Marché | Règles d’admission | Pour un portefeuille passif |
|---|---|---|
| Euronext, compartiments A, B et C | Marché réglementé, comptes audités, information périodique stricte | Oui. Les grandes valeurs et la quasi-totalité des ETF s’y trouvent |
| Euronext Growth | Non réglementé, comptes audités, listing sponsor obligatoire | Non. Petites capitalisations, volumes d’échange limités |
| Euronext Access | Non réglementé, comptes pas nécessairement audités | Non. C’est le compartiment le moins encadré de la place |
Deux choses que le tableau ne dit pas. La première : sur Euronext Access, une bonne partie des valeurs ne cote qu’une ou deux fois par jour, au fixing, ce qui vous interdit de connaître votre prix d’exécution avant de passer l’ordre. La seconde : sur ces marchés peu liquides, l’écart entre le meilleur prix acheteur et le meilleur prix vendeur dépasse souvent plusieurs pourcents. Il coûte alors dix à cent fois le courtage. Ce n’est pas un jugement porté sur ces entreprises, c’est une mécanique de marché.
Sur une action française, la taxe coûte plus cher que le courtage.
Voici le point que les comparatifs de courtiers oublient à peu près tous, le mien compris pendant longtemps. La taxe française sur les transactions financières, créée en 2012, est passée de 0,30 % à 0,40 % le 1er avril 2025. Elle n’a pas bougé depuis.
Son périmètre est étroit et parfaitement défini. Elle frappe l’achat, jamais la vente, d’actions de sociétés dont le siège social est en France et dont la capitalisation dépassait 1 milliard d’euros au 1er décembre de l’année précédente. L’administration fiscale publie la liste chaque année : 121 sociétés pour 2026. Les ETF, les obligations, les produits dérivés et les introductions en Bourse en sont exonérés.
Une taxe conçue pour freiner la spéculation exonère les allers-retours dénoués dans la journée, et frappe celui qui garde ses titres vingt ans.
Le calcul se fait en trois secondes. Prenons un ordre de 5 000 €, chez le même courtier, le même jour. Le courtage revient à 4,50 €. Sur une action du CAC 40, la taxe ajoute 20 €. Sur un ETF, elle n’ajoute rien.
Un ordre de 5 000 € sur Euronext Paris
Ce que vous payez vraiment, à courtier identique
À montant investi identique, la taxe fait plus que quintupler la facture.
L’ordre de grandeur mérite qu’on s’y arrête une minute. Pour un épargnant qui investirait 5 000 € par mois en actions françaises en direct, la taxe représente 240 € par an, pour une composition de portefeuille presque identique à celle d’un ETF actions européennes. C’est un argument en faveur de la gestion indicielle qui n’a rien à voir avec le talent des gérants : il est purement fiscal, et il est acquis à la seconde de l’achat.
Un écart de cet ordre paraît anecdotique sur un seul ordre. Sur vingt ans de versements et d’intérêts composés, il ne l’est plus du tout, et le seul moyen honnête de s’en convaincre est de le calculer sur ses propres montants plutôt que sur les miens.
Un ETF coté sur Euronext n’a plus de place de cotation à choisir.
Pendant quinze ans, la même question est revenue dans mes commentaires : faut-il acheter son ETF sur Euronext Paris ou sur Euronext Amsterdam ? Elle avait un sens réel. Un même fonds pouvait être coté sur les deux places avec deux carnets d’ordres séparés, donc deux niveaux de liquidité, et un investisseur pouvait obtenir un moins bon prix simplement parce qu’il avait choisi le carnet le moins profond.
Le 30 septembre 2025, Euronext a lancé Euronext ETF Europe. Un émetteur cote désormais son produit une seule fois, et celui-ci devient négociable depuis les sept marchés du groupe à travers un carnet d’ordres unique, avec une compensation centralisée. Le modèle définitif doit être entièrement en place en septembre 2026.
Il reste deux choses à vérifier avant de passer votre ordre, et deux seulement. La grille de votre courtier d’abord, qui peut facturer différemment selon la place. La devise de la part ensuite, qui déclenche une commission de change si elle n’est pas libellée en euros. Attention à ne pas confondre cette devise avec votre exposition réelle : un ETF Monde éligible au PEA vous expose au dollar à hauteur d’environ 70 % de son portefeuille, que sa part cote en euros ou en dollars.
É. P.
Choisir sa place de cotation relève de l’optimisation à la marge. Choisir son enveloppe fiscale, son indice et son rythme de versement décide de votre résultat sur vingt ans, et c’est précisément l’objet de ma masterclasse gratuite.
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ETF : les trois erreurs qui vous coûtent vraiment cher
Une heure pour comprendre les erreurs à éviter et investir plus efficacement.
Les questions qu’on me pose sur Euronext.
Paye-t-on la taxe sur les transactions financières dans un PEA ?
Oui. L’enveloppe fiscale ne change rien : la taxe s’applique à l’acquisition du titre, pas au régime du compte qui l’héberge. Un achat d’action française éligible dans un PEA supporte donc les mêmes 0,40 % que dans un compte-titres ordinaire. C’est une raison de plus de loger des ETF, exonérés, dans le PEA plutôt que des titres vifs français.
La taxe s’applique-t-elle aussi quand je vends ?
Non, elle ne frappe que l’acquisition. Une vente n’y est jamais soumise. Autre exception utile à connaître : un aller-retour totalement dénoué dans la même journée sur le même titre échappe également à la taxe, seul le solde net acheteur de la journée étant taxé.
Un ETF coté uniquement à Francfort est-il utilisable dans mon PEA ?
En droit, l’éligibilité au PEA dépend de la composition du fonds, pas de son lieu de cotation. En pratique, c’est votre courtier qui décide de ce qu’il référence comme éligible, et un ETF absent d’Euronext est très souvent refusé à l’achat. Vérifiez donc le référencement chez votre intermédiaire avant de bâtir une allocation autour d’un produit exotique.
Que se passe-t-il si une société que je détiens quitte le marché réglementé ?
Le transfert vers Euronext Growth est devenu courant : il réduit les coûts de cotation de l’entreprise. Vos titres suivent automatiquement, sans démarche de votre part. Mais le régime d’information s’allège et la liquidité se contracte souvent : c’est le moment de vérifier si la ligne a encore sa place dans votre portefeuille.
Ce qu’il faut retenir d’Euronext.
- Restez sur le marché réglementé. Euronext Growth et Euronext Access cumulent une information plus rare et une liquidité plus faible, pour un gain espéré que rien ne documente.
- Ajoutez 0,40 % à votre calcul dès que vous achetez une grande action française. C’est presque toujours la ligne la plus lourde de l’opération.
- Cessez d’arbitrer entre Paris et Amsterdam pour un ETF. Le carnet est unique, l’énergie est mieux employée ailleurs.
Reste une question que cet article n’a pas tranchée, et qui vaut bien plus que toutes les économies de frais réunies : si l’exonération rend l’ETF plus efficace qu’un panier d’actions françaises, jusqu’où faut-il pousser cette logique, et quelle part de votre patrimoine mérite d’aller en Bourse plutôt qu’ailleurs. C’est le vrai sujet, et il commence dans mon guide sur l’investissement en Bourse.
Je vous souhaite le meilleur pour votre épargne, et surtout pour tout le reste.
À propos de l’auteur

Édouard Petit
Créateur d’Épargnant 3.0 · Professeur de finance à l’ESCP · Auteur
Depuis 2015, j’aide des milliers d’investisseurs à éviter les erreurs les plus fréquentes avec les ETF et à construire un patrimoine sur le long terme.
50 000+
livres vendus
2 500+
avis lecteurs
2015
actif depuis
Guide gratuit

Les trois erreurs que j’observe le plus souvent dans les portefeuilles d’ETF.
Les contenus publiés sur Épargnant 3.0 sont fournis à titre pédagogique et ne constituent pas des conseils en investissement. Certains liens peuvent être affiliés, ce qui contribue au financement du contenu gratuit proposé sur le site. Vous pouvez vous référer à ma Charte éditoriale et politique de transparence. L’investissement comporte un risque de perte en capital.

Édouard Petit
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Bonjour Edouard
Un immense merci pour votre remarquable travail de vulgarisation.
J’ai lu l’ensemble des articles du blog, vos 2 livres et visionné vos vidéos mais je n’ai pas de réponse à la question suivante:
Vous évoquez dans cet article les bourses allemandes et l’offre en ETF.
J’ai un cas concret à ce sujet: Bourse direct propose 2 ETF smart beta sans equivalent chez lyxor ou amundi. Les passages d’ordre sont indisponibles et j’ai contacté le service client à ce sujet mais sans réponse pour l’instant.
Il s’agit des iShare Edge MSCI USA Momentum Factor UCITS ETF et du iShare Edge MSCI World Momentum Factor UCITS ETF.
Ils sont cotés au LSE, en Suisse et, en euros, sur Xetra et Deutsche Boerse.
Quels sont les critéres pour choisir la place de cotation ?
Pour les ETF iShare non cotés sur EuroNext , faut il privilégier une place en particulier ?
Merci de votre réponse
Je suis aussi intéressé par votre question. Je voudrais acheter ces mêmes ETF, mais je ne sais sur quelle bourse les acheter.
Attention ⚠️ BourseDirect facture des frais supplémentaires pour beaucoup d ETF de 0.56% par ordre . Par exemple pour PEAP ( celui éligible au PEA PME) cela fait 7€50 par ordre alors que Binck reste à 2€50 . A méditer
Bonjour, je ne pense pas, j’utilise Bourse Direct depuis des années.
7€50 correspond à l’addition des frais de courtage de 1,9€ et des frais de gestion pendant 1 an. C’est ce que l’on voit quand on clique sur “détail des frais” au moment de passer un ordre.
Les ETF, en cas de crise boursière sévère:
– Plus le temps passe, plus l’encours des fonds ETF est importats
– si baisse massive des cours, on peut craindre le retrait boule de neige des fonds ETF (comme pour les actions). Les gérants qui doivent répliquer un indice par ex, vendront facilement certains titres mais n’arriveront pas en en écouler d’autres peu recherchés. Qu’adviendra t il alors sans acheteurs?
– En cas de crise sévères, certaines valeurs appartenant à un ETF donné peuvent faire faillite. Que deviendra alors l’ETF ?
Ne sous estimez vous pas les risques des ETF ?
Très cordialement
–
Bonjour Michel,
comme vous le soulignez -> comme pour les actions
En cas de crise, oui les actions baisseront, et les ETF avec, c’est conçu comme tel.
Si une entreprise fait faillite, sa valeur sera proche de 0. Cela sera compté comme tel dans l’ETF. C’est comme ça pour les fonds actifs. L’ETF ne devient rien de particulier, le cours de l’ETF prendra cela en compte.
L’investissement est risqué par essence. Investir en ETF aussi.
Le livre créer et piloter est très bien fait.bravo. merci
Bonjour Monsieur,
Juste une question un peu simple, est-ce que il est pas intéressant d’acheter quelques action de Euronext ? C’est vachement stable et ça un rendement bien bien meilleur que les fonds en euros et qui est une société assez solide.
Qu’en pensez-vous ? Est-ce que vous pouvez donner votre portefeuille d’ETF à la louche sans forcément donner les pourcentages.
Je serai le plus heureux de connaître dans quoi vous croyez ( car je vous suit depuis assez longtemps et j’adore votre travail ).
Bien cordialement.
Bonjour,
Pour l’achat d’actions sur Euronext, ça ne se conçoit que dans un portefeuille diversifié et dans une stratégie précise. Je n’ai pas regardé de trop près, mais par rapport à mes critères, à première vue, elle me paraît chère.
Pour ce qui est de mon portefeuille personnel, je pourrais l’écrire, mais c’est le pourquoi j’ai fait comme ça qui est intéressant. J’utilise surtout des concepts qui sont présentés dans les modules Premium de la formation. Mais je peux vous dire que j’ai plus de 80% de mon patrimoine financier en actions, au travers d’ETF pour une très large part. Mais j’ai aussi des fonds en euros et des SCPI (un peu). Je fais aussi de l’investissement en direct sur des actions (des petites/micro caps) en utilisant des critères quantitatifs.
Bien à vous
Edouard
Merci à vous, les ETF j’ai un ETF monde (50%), ETF MSCI USA hyper intéressant (20%), Amundi ETF pays émergents (20%), CAC 40 (10%) et je souhaite acheter une ou plusieurs SCPI vous me conseillez laquelle svp ?
bonsoir,
…
je viens de terminer la lecture de votre livre “créer et piloter un portefeuille d’ETF …
c’est tout simplement génial par la clarté et la pertinence !!
je vous en remercie et vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année.
bien à vous,
Luc PAOUR