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LES RISQUES DE l’INVESTISSEMENT À LONG TERME SUR LES ACTIONS DEPUIS 1970

Nous avons vu sur un article récent qu’un investissement progressif dans un portefeuille d’actions mondiales depuis 1998 a été très performant, malgré les crises. Mais qu’en est-il si l’on remonte à plus long terme ? Depuis 1970, par exemple. Déjà, il faut savoir qu’un tel investissement a fait pratiquement 9,7% par an sur cette période en brut d’inflation et un peu plus de 5% en net d’inflation (en ligne avec la performance des actions depuis 1900). En effet, il ne faut pas oublier que l’inflation a été très significative dans les années 70 – 80. Un épargnant qui aurait laissé dormir de l’argent sur son compte ou son livret A aurait perdu beaucoup d’argent (voir cet article). Les données dans cet article sont toutes nettes d’inflation française (et en euros) !

Performant d’un placement en bourse sur 5 ans, 10 ans et 15 ans

Regardons ce qu’a donné un investissement progressif mensuel sur 5 ans, 10 ans et 15 ans sur ces périodes :

  • Investissement sur 5 ans : moyenne de 6,4% par an, médiane de 6,8% et 31% de chance d’avoir une performance négative
  • Investissement sur 10 ans : moyenne de 6,9% par an, médiane de 6,2% et 14% de chance d’avoir une performance négative
  • Investissement sur 15 ans : moyenne de 6,9% par an, médiane de7,4% et 7% de chance d’avoir une performance négative

On voit bien sûr le graphique que lorsque l’on a investi sur 15 ans on a eu des pertes que lorsque l’on a commencé en 1994, et les pertes n’ont pas été catastrophiques (même si c’est toujours très énervant, surtout si l’on a été patient pendant 15 longues années !).

Impact de l’investissement progressif

Dans un article récent, j’expliquais que l’investissement progressif était plus performant qu’un investissement en une fois si la bourse commençait par baisser avant de remonter. C’est un petit peu compliqué mais voyons comment cela se matérialise pour un investissement sur une durée de 5 ans.

On voit qu’un investissement en une seule fois a été plus performant qu’un investissement progressif en 1998. En effet, la bourse a commencé par monter puis redescendre sur cette période.

En 2002 c’était le contraire et l’investissement progressif a été plus performant.

Cela étant ne rentrons pas dans un débat trop compliqué sur la séquence des investissements. Retenons, que l’on investit à long terme et plus le risque diminue. Sur vingt ans, un investissement en actions mondiales a eu historiquement quasiment aucune chance d’être perdant (en pouvoir d’achat). On n’imagine pas acheter un appartement pour deux ans, alors pourquoi ne pas penser de la même manière pour un investissement en actions ?

Mix d’actions et de fonds en euros

Évidemment, un épargnant n’est pas censé investir 100% de son patrimoine en actions. Un épargnant ayant investi progressivement à moitié dans un portefeuille mondial et dans un bon fonds en euros a eu 13% de chances d’être perdant (en pouvoir d’achat) sur 5 ans, 4% sur 10 ans et 1% sur 15 ans. Le risque diminue encore. (À noter qu’il n’est possible de remonter l’analyse en 1970, car les fonds en euros n’existaient pas réellement à cette époque. On peut tout de même remonter jusqu’en 1977).

Le graphique ci-dessous montre le résultat sur 10 ans :

On peut observer que la performance a été négative autour pendant la crise des technologies de l’an 2000. La performance des fonds en euros (autour de 6% brut d’inflation) n’a pu complètement contrebalancer la performance médiocre des actions (un ETF obligations, comme je le rappelle dans cet article aurait mieux fait contre poids sur cette période, mais est moins stable sur le long terme).

Cependant, en faisant un portefeuille équilibré en actions et en fonds en euros, on n’aura eu pratiquement aucune chance de perdre de l’argent sur 15 ans (et non plus 20 ans).

Les bonnes pratiques pour bien placer son argent

Cet article démontre encore une fois quelques principes de base de l’investissement passif :

  • Investir de façon diversifiée mondialement
  • Investir en actions pour le long terme
  • Investir en actions et en obligations, ou en fonds en euros

Et ne pas oublier d’investir de façon peu chère.

Avec ça vous mettez déjà beaucoup de choses de votre côté.

 

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7 Comments

  1. Je vous cite « les ETF qui multiplient par deux ou trois les effets du marché (les ETF à « effet de levier »), peuvent être considérés comme toxiques pour l’investisseur de long terme. » (Mini guide pratique des EFT).
    Pourriez-vous expliquez pourquoi? Car si « ABC » est bien, pourquoi 2*ABC n’est pas bien?

  2. Merci pour cette représentation très pertinente.
    Toutefois, si je peux me permettre, le calcul n’est pas forcément très précis, ne serait-ce que par le fait que certaines actions mondiales ( la plupart) me sont pas disponibles via un PEA, plus favorable fiscalement que un CTO. De ce fait la stratégie est plus valable pour un CTO que pour un PEA.
    D’autant plus que les frais de courtages sont clairements quasi nul de nos jours, par rapport aux années 90 par exemple.

    Cependant l’article est vraiment pertintenant et me conforte dans le choix d’ETF, comme CW8 ou encore EWLD, et d’actions plus vives ( LVMH depuis 2016 par exemple).

    Merci Edouard !

    1. Bonjour, vous avez accès à des ETF permettant d’accéder à pratiquement l’ensemble des marchés mondiaux

  3. Votre premier graphique (sur la performance annualisée d’un investissement progressif) est vraiment très bon.
    Pour un investisseur particulier, je trouve qu’il fait partie des meilleurs graphiques pour comparer un investissement en actions à d’autres placements.

    La performance annualisée que vous indiquez sur ce graphique, c’est bien le taux de rendement interne ?

    1. Oui, je pense aussi que c’est un graphique très utile. Techniquement, je n’ai pas utilisé la fonction TRI d’Excel qui n’était pas très pratique vu la façon dont j’ai construit ce fichier excel. J’utilise des moyennes de taux de croissance en logarithmes népériens plutôt qu’en pourcentages classiques, cela facilite les additions et les moyennes. En anglais on appelle ça « continuous compounded rate of return ». Il faudrait qu’un jour je regarde si il y a une grosse différence, mais ça m’étonnerait.