Plafond Livret A et LDDS 2026 : que faire une fois plein ?

Rédigé par Édouard Petit
Fondateur d’Épargnant 3.0 depuis 2015 · Mis à jour le 01/08/2026 · Qui suis-je ?

Rédigé par

Édouard Petit

Fondateur d’Épargnant 3.0 depuis 2015

Mis à jour le 01/08/2026

8 millions de Français ont un LDDS rempli jusqu’au plafond. Beaucoup ignorent qu’ils perdent de l’argent chaque jour où ils le laissent ainsi, et qu’un troisième livret, souvent oublié, rapporte presque le double sans prendre le moindre risque.

Le Livret A et le LDDS (Livret de Développement Durable et Solidaire, l’ancien LDD) sont les placements les plus détenus en France. Simples, liquides, garantis par l’État, défiscalisés. Sur le papier, tout est réuni pour vouloir les remplir au maximum.

Sauf qu’en 2026, avec un taux à 1,70% et une inflation qui est repartie à la hausse, ces livrets ne protègent même plus votre pouvoir d’achat. Je vous explique pourquoi il ne faut presque jamais viser le plafond, ce qu’il faut faire à la place, et surtout un livret réglementé que la plupart des épargnants oublient alors qu’il rapporte 2,5 fois plus.

Le Livret A et le LDDS : les bases à connaître

Le Livret A est un vieux monsieur : il a été créé en 1818, à l’origine sous le nom de livret des caisses d’épargne et de prévoyance, pour protéger l’épargne populaire. Longtemps réservé à la Caisse d’Épargne et aux bureaux de poste, il est aujourd’hui disponible dans absolument toutes les banques françaises, en ligne comme en agence.

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Le LDDS s’appelait à l’origine CODEVI (Compte pour le Développement Industriel), puis LDD, avant de devenir LDDS en 2017 avec l’ajout d’un volet solidaire : vous pouvez, si vous le souhaitez, reverser une partie des intérêts à un organisme de l’économie sociale et solidaire (ESS).

Leur fonctionnement est identique en tout point : dépôts et retraits libres à tout moment, même taux d’intérêt, exonération totale d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. La seule vraie différence, ce sont les plafonds et les conditions d’ouverture.

CaractéristiqueLivret ALDDSLEP
Plafond de versement22 950 €12 000 €10 000 €
Taux depuis le 1er février 20261,50 %1,50 %2,50 %
Taux à partir du 1er août 20261,70 %1,70 %2,50 % (inchangé)
Condition d’ouvertureAucune (dès la naissance)Majeur, fiscalement domicilié en FranceSous conditions de revenus
FiscalitéExonéré (IR + prélèvements sociaux)Exonéré (IR + prélèvements sociaux)Exonéré (IR + prélèvements sociaux)
Cumul possible1 par personne1 par personne1 par personne, cumulable avec les deux autres

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps.

Sur le taux justement : il est fixé par une formule officielle, la moyenne entre l’inflation sur six mois et le taux interbancaire à court terme (l’€STR, qui a remplacé l’EONIA), le tout arrondi au dixième de point le plus proche, avec un plancher réglementaire à 0,5%. Le ministre de l’Économie peut s’écarter de cette formule sur recommandation du gouverneur de la Banque de France, ce qui a d’ailleurs été le cas à plusieurs reprises ces dernières années. Ce n’est donc jamais un taux de marché pur : c’est un compromis politique habillé de mathématiques.

Le taux du Livret A depuis 1966 Source : Banque de France (série MIR1) — taux net d’impôt et de prélèvements sociaux Choc pétrolier : 7,5% 4,0% Plancher historique : 0,5% Sursaut d’inflation : 3,0% 1,50 % (données à juillet 2026) 1,70 % annoncé (1er août 2026) 0%1%2%3%4%5%6%7%8%9% 1970198019902000201020202026
Le taux du Livret A depuis 1966. Source : Banque de France. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Combien de Livret A et de LDDS peut-on avoir ?

La règle est stricte et centralisée par le fichier FICOBA (le fichier national des comptes bancaires) : un seul Livret A par personne, majeure ou mineure, et un seul LDDS par personne majeure. Impossible d’en ouvrir un deuxième dans une autre banque en espérant doubler votre plafond, votre banque le détectera lors de l’ouverture.

En revanche, Livret A et LDDS se cumulent parfaitement. Une famille de deux adultes peut ainsi placer jusqu’à 2 × (22 950 € + 12 000 €) = 69 900 € d’épargne réglementée défiscalisée. Si les enfants ont aussi leur propre Livret A (ce qui est possible dès la naissance), le total familial grimpe encore.

Un point technique que j’observe régulièrement mal compris, y compris par des banquiers : le plafond de 12 000 € du LDDS (et de 22 950 € du Livret A) s’apprécie au moment de chaque versement, pas sur le solde total à un instant T. Concrètement, si votre solde est déjà au plafond, votre banque refusera tout nouveau dépôt. Mais les intérêts capitalisés au 31 décembre, eux, s’ajoutent automatiquement même au-delà du plafond. Il n’est donc pas anormal de voir un LDDS ouvert depuis dix ans afficher un solde de 13 500 € : ce sont les intérêts cumulés qui ont fait dépasser le seuil, sans qu’aucune règle n’ait été enfreinte.

Le LEP : le livret réglementé que trop d’épargnants oublient

C’est ici que la plupart des articles sur le sujet s’arrêtent trop tôt. Avant même de parler du plafond du Livret A, il faut vérifier une chose : êtes-vous éligible au LEP (Livret d’Épargne Populaire) ?

Le LEP est un livret réglementé réservé aux ménages aux revenus modestes ou moyens, mais le seuil d’éligibilité est plus large qu’on ne le pense : en 2026, plus de 30 millions de Français y ont droit, alors que seuls 12 millions en possèdent un. C’est, de très loin, le livret réglementé le plus mal exploité du pays.

Composition du foyer fiscalRevenu fiscal de référence maximum (2026)
Personne seule23 028 €
Couple35 329 €
Par demi-part supplémentaire+ 6 149 €

Le revenu fiscal de référence pris en compte est celui figurant sur votre avis d’imposition le plus récent. Si vos revenus dépassent le seuil une année, vous ne perdez pas automatiquement votre LEP : la clôture n’intervient qu’après deux dépassements consécutifs. Ce mécanisme de tolérance est peu connu et évite bien des fermetures précipitées.

Le LEP est plafonné à 10 000 € de versements et rapporte 2,50% net depuis le 1er février 2026, un taux maintenu au 1er août 2026 alors que la formule stricte aurait dû le faire redescendre à 2,20%. Comme pour le Livret A, c’est le ministre de l’Économie qui a choisi, sur recommandation du gouverneur de la Banque de France, de préserver ce taux plancher pour continuer à protéger l’épargne des ménages modestes. Concrètement, sur un LEP au plafond, cela représente 250 € d’intérêts par an, contre 170 € pour un Livret A au même montant.

Si vous êtes éligible, la règle est simple : remplissez votre LEP avant même de penser au plafond du Livret A ou du LDDS. C’est un rendement supérieur, une garantie identique, et la même exonération fiscale totale. Il n’existe strictement aucune raison de le laisser de côté si vous y avez droit.

Faut-il remplir le Livret A avant le LDDS, ou l’inverse ?

Le taux est strictement identique entre les deux (1,70% depuis le 1er août 2026), la fiscalité aussi. La seule différence pratique est le plafond, plus élevé sur le Livret A (22 950 € contre 12 000 €). L’ordre logique consiste donc à commencer par le Livret A, qui offre la plus grande capacité, puis à ouvrir le LDDS en complément une fois le Livret A rempli, ou en parallèle si vous alimentez les deux progressivement.

Une nuance : le Livret A peut être ouvert dès la naissance pour un enfant, ce qui n’est pas le cas du LDDS, réservé aux majeurs fiscalement domiciliés en France. Si vous constituez une épargne pour un enfant mineur, ce sera donc nécessairement via un Livret A, et non un LDDS.

Ces livrets permettent-ils vraiment de faire fructifier votre épargne ?

Voici la question qui compte vraiment, et la réponse tient en un chiffre : l’inflation. En 2026, elle a nettement accéléré sous l’effet de la flambée des prix de l’énergie liée au conflit au Moyen-Orient et à la fermeture temporaire du détroit d’Ormuz. Le glissement annuel est passé d’environ 0,3% en janvier à plus de 2,4% en mai 2026 selon l’Insee, avec une moyenne annuelle attendue autour de 1,8 à 2% ; ce chiffre reste une estimation en cours d’année, l’inflation 2026 n’étant définitive qu’après la clôture de l’exercice.

Avec un Livret A à 1,70% face à une inflation qui tutoie ou dépasse les 2%, vous perdez du pouvoir d’achat. Ce n’est pas une opinion, c’est de l’arithmétique : si vos 22 950 € rapportent 1,70% (soit environ 390 € nets par an) pendant que les prix montent de 2%, votre argent achète, en fin d’année, un peu moins de biens et de services qu’au 1er janvier. Vous n’avez rien perdu en euros, mais vous avez perdu en pouvoir d’achat réel.

Ce phénomène n’est pas propre à 2026. Pour le vérifier sur longue période, j’ai calculé le taux réel du Livret A, c’est-à-dire son taux nominal moins l’inflation de l’année, sur les 60 années où les deux séries de données officielles sont disponibles (1966 à 2025, l’inflation 2026 n’étant pas encore définitive). Résultat : le Livret A a fait perdre du pouvoir d’achat à ses détenteurs pendant 23 années sur 60, soit 38% du temps, pour une moyenne annuelle de -0,32 point sur l’ensemble de la période. Autrement dit, sur 60 ans, le Livret A n’a même pas tout à fait compensé l’inflation en moyenne. L’épisode le plus sévère reste 1974, en plein choc pétrolier, avec un taux réel de -7,15 points en une seule année. À l’inverse, la meilleure année a été 1994, avec un taux réel de +2,84 points, et la dernière année disponible, 2025, affiche un taux réel positif de +0,76 point. Le Livret A n’a jamais eu vocation à faire fructifier un capital : sa fonction historique est de protéger une somme disponible immédiatement, pas de la faire croître, et l’historique complet le confirme.

Le graphique ci-dessous rend ce constat difficile à contester : chaque zone bleue est une année où le Livret A a gagné du pouvoir d’achat, chaque zone rouge est une année où il en a perdu. 2026, avec une inflation repartie à la hausse face à un taux ramené à 1,70%, s’annonce comme une nouvelle zone rouge, mais l’année n’étant pas terminée, elle n’apparaît pas encore dans ce calcul basé sur des données officielles closes.

Le taux réel du Livret A depuis 1966 (net d’inflation) Calcul Épargnant 3.0 : taux nominal (Banque de France) moins inflation annuelle (Banque mondiale / FRED, série FPCPITOTLZGFRA) Le Livret A gagne au pouvoir d’achat Le Livret A perd au pouvoir d’achat 1974 : -7,15 pts(choc pétrolier) 1994 : +2,84 pts(meilleure année) 2022 : -3,22 pts 2025 : +0,76 pt -8%-6%-4%-2%+0%+2%+4% 1970198019902000201020202025
Sur 60 ans, le Livret A a perdu du pouvoir d’achat 23 années sur 60 (38% du temps), pour une moyenne de -0,32 point par an. Calcul Épargnant 3.0 à partir des données Banque de France et Banque mondiale / FRED. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

C’est là qu’un argument revient souvent, y compris chez des lecteurs bien informés : « avec un Livret A à 1,70%, ce n’est déjà pas si mal comparé à ce que rapportait un compte courant, ou même certaines obligations d’État à rendement quasi nul ces dernières années ». C’est vrai en valeur relative. Mais cet argument confond deux choses : le rendement nominal (ce que vous touchez en euros) et le rendement réel (ce que vous pouvez réellement acheter avec). Un placement sans risque a, par nature, vocation à rapporter peu en valeur nominale. Le problème n’est pas que le Livret A rapporte 1,70%, c’est que ce taux reste régulièrement inférieur à l’inflation sur longue période, ce qui en fait un outil de préservation du capital nominal, mais pas un outil d’enrichissement, ni même toujours de préservation du pouvoir d’achat.

Faut-il vraiment atteindre le plafond ?

La réponse courte : dans l’immense majorité des cas, non. Ces livrets doivent servir une seule fonction : votre épargne de précaution, c’est-à-dire la somme que vous voulez pouvoir mobiliser instantanément en cas de coup dur (perte d’emploi, réparation urgente, dépense de santé imprévue).

Le montant nécessaire dépend de votre situation : stabilité de vos revenus, charges fixes, situation familiale, tolérance personnelle au risque. Une fourchette communément admise se situe entre 3 et 6 mois de dépenses courantes pour un salarié en CDI, davantage pour un indépendant ou une profession aux revenus irréguliers. J’aborde en détail les différentes solutions pour gérer cette trésorerie de précaution selon votre profil.

Pour la plupart des foyers, cette épargne de précaution ne nécessite absolument pas 34 950 € par personne (Livret A + LDDS au plafond). Une fois ce besoin réel identifié et couvert, chaque euro supplémentaire laissé sur ces livrets est un euro qui aurait pu travailler ailleurs, avec un couple rendement/risque bien plus favorable sur le long terme.

C’est l’erreur que je vois le plus souvent chez les épargnants qui débutent : ils remplissent leur Livret A et leur LDDS jusqu’au dernier centime avant même de se poser la question de leurs objectifs de vie à 10, 20 ou 30 ans. Le réflexe est compréhensible (c’est rassurant, c’est liquide, c’est garanti), mais il coûte cher sur la durée.

Le calcul que personne ne fait : combien coûte réellement un plafond atteint trop tôt ?

Prenons un exemple concret. Un couple qui a rempli son Livret A et son LDDS au maximum (69 900 €) alors que ses besoins réels d’épargne de précaution se limitent à 15 000 €. Les 54 900 € excédentaires, laissés sur ces livrets à 1,70%, rapportent environ 933 € bruts par an (et nets, puisque ces livrets sont défiscalisés).

Si cette même somme avait été investie sur un portefeuille d’ETF actions largement diversifié (MSCI World ou équivalent, dans une enveloppe adaptée comme le PEA), avec un horizon de long terme de 15 à 20 ans, la différence de trajectoire est considérable : les actions mondiales ont offert historiquement un rendement réel annualisé de l’ordre de 5 à 6% net d’inflation sur des périodes de plusieurs décennies, selon les données du Global Investment Returns Yearbook de Dimson, Marsh et Staunton (UBS). Sur 20 ans, l’écart de trajectoire entre un placement à 1,70% et un placement actions se chiffre potentiellement en dizaines de milliers d’euros pour ce même montant.

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps. Ce calcul est une illustration pédagogique, pas une projection garantie : les marchés actions comportent un risque de perte en capital, notamment à court et moyen terme.

C’est précisément ce calcul que j’aborde en détail, avec des simulations complètes sur plusieurs horizons de temps, dans mon livre Épargnant 3.0. Et si vous voulez visualiser vous-même l’écart entre différentes stratégies d’épargne selon votre propre situation, l’application gratuite Épargnant 3.0 pour iPhone et iPad intègre plusieurs calculateurs, dont un simulateur d’intérêts composés qui permet de visualiser ce type d’écart sur la durée de votre choix, sans avoir besoin de créer de compte.

Que faire une fois le plafond atteint ? La hiérarchie à respecter

Voici l’ordre que je recommande, une fois votre besoin réel d’épargne de précaution clairement identifié :

  • 1. Le LEP en priorité, si vous y êtes éligible — 2,50% net, plafond 10 000 €, garantie et fiscalité identiques au Livret A.
  • 2. Le Livret A jusqu’à 22 950 € — la référence en matière de liquidité immédiate.
  • 3. Le LDDS jusqu’à 12 000 € — même taux, même fiscalité, pour chaque adulte du foyer.
  • 4. Le fonds en euros d’une bonne assurance vie — pour la part de votre épargne de précaution qui peut tolérer un délai de retrait de quelques jours (souvent 48 à 72 heures chez les meilleurs contrats), en échange d’un rendement généralement supérieur.
  • 5. Le développement de votre patrimoine long terme — via des ETF actions logés dans un PEA, une assurance vie ou un PER, une fois votre épargne de précaution constituée.
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Le fonds en euros : une alternative sérieuse, mais pas un livret réglementé

Le fonds en euros, disponible dans les contrats d’assurance vie, est un autre placement dit « sans risque » au sens où le capital est garanti, cette fois par l’assureur et non par l’État. Il présente deux avantages décisifs par rapport aux livrets réglementés : aucun plafond, et un rendement généralement supérieur.

Le rendement moyen des fonds en euros s’est établi à environ 2,60% net de frais de gestion en 2024, et autour de 2,50 à 2,60% en 2025 selon les premières estimations du marché. Certains contrats, notamment ceux à dominante immobilière, ont dépassé 3,2% en 2025. Il faut néanmoins distinguer le taux de base du taux « boosté » : de nombreux assureurs conditionnent une partie substantielle du rendement à un investissement minimum en unités de compte, ce qui revient à accepter une prise de risque en échange du bonus.

Prenons l’exemple du contrat Lucya CNP, que j’ai personnellement ouvert dès son lancement en avril 2026 et que j’utilise. Son fonds en euros CNP Lucya Euros B a rapporté 2,33% net simulé en 2025, sans aucune contrainte d’unités de compte : vous pouvez y placer 100% de votre versement, mais ce taux se situe plutôt dans le bas de la fourchette de marché citée plus haut. Ce n’est pas là que se joue l’intérêt du contrat : à mon avis, Lucya CNP est aujourd’hui la meilleure assurance vie du marché français grâce à ses frais de gestion de seulement 0,30% par an sur les unités de compte, un record qui profite surtout à la partie de votre épargne investie en ETF, pas à la poche fonds en euros. Une offre bonus sur le fonds en euros est proposée jusqu’au 31 août 2026 sur les versements supérieurs à 5 000 €, portant l’hypothèse de rendement à environ 5,05% en 2026 et 2027. Cette hypothèse n’est pas garantie et dépend, comme toujours, du respect scrupuleux des conditions du contrat : je vous invite à vérifier son maintien après le 31 août 2026.

PlacementTaux 2026PlafondDélai de retrait
Livret A1,70 % (depuis le 1er août)22 950 €Immédiat
LDDS1,70 % (depuis le 1er août)12 000 €Immédiat
LEP (sous conditions)2,50 %10 000 €Immédiat
Fonds en euros Lucya CNP (sans contrainte, hors bonus)2,33 % net simulé en 2025AucunQuelques jours selon le contrat

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps.

Cet écart entre livrets et fonds en euros peut sembler contre-intuitif : comment un placement moins liquide peut-il aussi souvent rapporter plus qu’un livret disponible à tout moment ? La réponse tient à la structure de gestion : un assureur investit les sommes collectées sur des durées plus longues (obligations d’État et d’entreprises, un peu d’immobilier), ce qui autorise un couple rendement/risque légèrement supérieur à celui du Livret A, dont la gestion par la Caisse des Dépôts est contrainte par des objectifs de financement du logement social à taux fixe.

Un point de fiscalité que très peu d’articles mentionnent, et qui change concrètement la donne en 2026 : la flat tax (PFU) est passée de 30% à 31,4% au 1er janvier 2026, sous l’effet d’une hausse de 1,4 point de la CSG actée dans la loi de financement de la Sécurité sociale. Mais l’assurance vie a été explicitement exclue de cette hausse : elle conserve un taux de prélèvements sociaux à 17,2%, soit une flat tax totale maintenue à 30%, contre 31,4% pour un compte-titres ordinaire. C’est un avantage supplémentaire, rarement mis en avant, en faveur de l’assurance vie face aux autres enveloppes fiscalisées. Et après huit ans de détention, la fiscalité de l’assurance vie devient encore plus favorable : 7,5% d’impôt sur le revenu après un abattement annuel de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple), plus les 17,2% de prélèvements sociaux.

J’ai passé en revue les meilleurs contrats disponibles, leurs frais réels et leurs fonds en euros, dans mon comparatif des meilleures assurances vie 2026. Le critère qui compte le plus, une fois le fonds en euros choisi, reste les frais sur les unités de compte si vous comptez aussi y loger des ETF : c’est le seul facteur de performance que vous maîtrisez à 100%.

« Garanti à 100% », un raccourci qu’il faut nuancer

Une nuance que je répète régulièrement, tant l’idée reçue est tenace : quand un fonds en euros affiche une garantie « à 100% », il s’agit presque toujours d’une garantie nette des frais de gestion annuels du fonds, pas d’une garantie brute absolue. Avec des frais de 0,70% par an, la garantie effective de capital est en réalité de 99,3%. Les fonds affichant des garanties à 97 ou 98% (souvent des fonds dits « dynamiques », plus exposés aux marchés actions ou immobilier dans leur composition) ne sont pas pour autant de mauvais produits : leur plancher est intentionnellement plus bas parce qu’ils visent, en contrepartie, un rendement potentiellement supérieur. J’ai détaillé plus largement les risques réels des fonds en euros dans un article dédié, notamment la question de la liquidité en cas de crise systémique.

Livret A plein : faut-il envisager le Livret Jeune, le PEL ou le CEL ?

Si vous avez entre 12 et 25 ans, le Livret Jeune est un complément intéressant : son taux est fixé librement par chaque banque, avec un minimum réglementaire égal à celui du Livret A (donc au moins 1,70% depuis le 1er août 2026), pour un plafond de 1 600 €. Il se transforme automatiquement en Livret A, ou est clôturé, une fois les 25 ans atteints.

Le PEL (Plan d’Épargne Logement) et le CEL (Compte Épargne Logement) sont d’une autre nature : ils ont vocation à préparer un projet immobilier, en donnant accès à un taux de crédit immobilier théoriquement avantageux (dans la pratique, cet avantage a beaucoup perdu de sa pertinence ces dernières années face aux taux de marché). Contrairement au Livret A et au LDDS, ils ne sont pas défiscalisés : ils sont soumis au PFU, soit 30% de prélèvements pour les PEL (l’épargne logement n’étant pas concernée par la hausse de CSG de 2026) et 17,2% de prélèvements sociaux seuls pour le CEL. Pour un PEL ouvert à partir du 1er janvier 2026, le taux est de 2% brut, fixé pour toute la durée du plan, soit environ 1,4% net. Un retrait avant le terme entraîne la clôture du plan, contrairement au CEL qui reste liquide, mais avec un taux plus faible : 1,25% brut au 1er août 2026 (les deux tiers du taux du Livret A, arrondis au quart de point le plus proche), soit environ 1,03% net de prélèvements sociaux.

Pour la très grande majorité des lecteurs qui ne préparent pas un achat immobilier dans les toutes prochaines années, le PEL et le CEL n’ont que peu d’intérêt comparés au LEP ou même au fonds en euros.

Où ouvrir son Livret A ou son LDDS ?

N’importe quelle banque, physique ou en ligne, permet d’ouvrir un Livret A ou un LDDS, et le taux est strictement identique partout : la concurrence ne peut jouer que sur le confort d’usage, jamais sur le rendement. Il est néanmoins pratique de loger ces livrets dans la même banque que votre compte courant principal : les virements internes sont instantanés, contrairement à un virement externe qui peut prendre un jour ouvré.

C’est aussi souvent l’occasion d’ouvrir une banque en ligne, dont l’offre globale (carte bancaire, frais, application) dépasse fréquemment celle des réseaux traditionnels, pour un coût généralement nul ou très faible.

Questions fréquentes sur le plafond du Livret A et du LDDS

Que se passe-t-il si je dépasse le plafond du Livret A ou du LDDS ?

Rien de grave, mais un versement qui ferait dépasser le plafond (22 950 € pour le Livret A, 12 000 € pour le LDDS) est automatiquement refusé par votre banque. En revanche, si le dépassement vient des intérêts capitalisés au 31 décembre, il n’y a aucune conséquence : le solde peut légalement dépasser le plafond, seuls les nouveaux versements sont bloqués.

Peut-on avoir deux Livrets A ou deux LDDS ?

Non. Le fichier FICOBA centralise l’ensemble des comptes bancaires en France et empêche l’ouverture d’un deuxième Livret A ou d’un deuxième LDDS au nom d’une même personne, y compris dans des banques différentes. Un couple peut en revanche cumuler un Livret A et un LDDS chacun, soit jusqu’à 69 900 € à eux deux.

Le Livret A est-il toujours intéressant en 2026 ?

Il reste utile pour l’épargne de précaution, disponible immédiatement et garantie par l’État, mais son taux de 1,70% ne compense pas toujours l’inflation. Sur les 60 dernières années, le Livret A a fait perdre du pouvoir d’achat à ses détenteurs 38% du temps. Il ne doit donc pas servir à faire fructifier un capital sur le long terme.

Faut-il remplir son Livret A avant d’investir en Bourse ?

Oui, mais seulement jusqu’à hauteur de votre épargne de précaution réelle, généralement 3 à 6 mois de dépenses courantes. Au-delà de ce montant, laisser dormir de l’argent sur un Livret A au plafond plutôt que de l’investir sur un portefeuille d’ETF diversifié représente un coût d’opportunité important sur le long terme.

Qui a droit au LEP en 2026 ?

Toute personne majeure dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas 23 028 € (personne seule) ou 35 329 € (couple), majoré de 6 149 € par demi-part supplémentaire. Plus de 30 millions de Français sont éligibles, mais seuls 12 millions possèdent effectivement un LEP.

Conclusion pour l’Épargnant 3.0

Voici les actions concrètes à entreprendre dès maintenant :

  • Vérifiez votre éligibilité au LEP. Avec un revenu fiscal de référence sous 23 028 € (personne seule) ou 35 329 € (couple), c’est le placement réglementé le plus rentable à rendement garanti, et il reste largement sous-utilisé.
  • Définissez votre besoin réel d’épargne de précaution — en général l’équivalent de 3 à 6 mois de dépenses courantes — avant de viser mécaniquement le plafond du Livret A et du LDDS.
  • N’accumulez pas l’excédent sur ces livrets par habitude. Avec un taux à 1,70% face à une inflation qui a dépassé 2% en 2026, chaque euro qui dort au-delà de votre besoin réel perd du pouvoir d’achat.
  • Envisagez un bon fonds en euros pour la part de votre épargne de précaution qui peut tolérer un délai de retrait de quelques jours, en échange d’un rendement souvent supérieur d’un point ou plus.
  • Une fois votre épargne de précaution sécurisée, orientez le reste vers un portefeuille d’ETF actions diversifié, logé dans l’enveloppe fiscale la plus adaptée à votre situation (PEA, assurance vie ou PER selon votre horizon et vos objectifs).

Épargner sans risque a un rôle précis : sécuriser le court terme. Mais ce n’est jamais un projet de vie en soi. Si vous voulez aller plus loin sur la construction d’un portefeuille cohérent une fois votre épargne de précaution posée, j’explique la méthode complète, étape par étape, dans mon guide sur comment investir en Bourse, et je détaille l’ensemble de la stratégie, des enveloppes fiscales jusqu’à la construction du patrimoine, dans mon livre Épargnant 3.0.

Pour visualiser vous-même, en quelques minutes et sans inscription, l’écart entre différentes stratégies d’épargne selon vos propres montants et votre propre horizon, l’application gratuite Épargnant 3.0 est disponible sur iPhone et iPad et sur Android.

Je vous souhaite le meilleur pour votre épargne et surtout pour tout le reste !

À propos de l’auteur

Édouard Petit

Édouard Petit

Créateur d’Épargnant 3.0 · Professeur de finance à l’ESCP · Auteur

Depuis 2015, j’aide des milliers d’investisseurs à éviter les erreurs les plus fréquentes avec les ETF et à construire un patrimoine sur le long terme.

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Les contenus publiés sur Épargnant 3.0 sont fournis à titre pédagogique et ne constituent pas des conseils en investissement. Certains liens peuvent être affiliés, ce qui contribue au financement du contenu gratuit proposé sur le site. Vous pouvez vous référer à ma Charte éditoriale et politique de transparence. L’investissement comporte un risque de perte en capital.

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17 commentaires

  1. Merci pour l’ensemble des informations.
    Le sujet assurance vie est compliqué pour moi.
    Et je n’arrive pas à avoir des explications claires par ma banque la SG.
    Boursorama j’en ai entendu parler par des collègues. A voir…

  2. Pourquoi ne pas utiliser le LEP dont la rémunération passe à 6,1% au 1er février 2023 à la place du fonds en euros de l’assurance vie pour les petits patrimoines? Certes, tout le monde n’y a pas droit mais quand c’est possible, il me semble que c’est imbattable.

  3. On est d’accord qu’avec 3% de rendement en février, il est judicieux de remplacer son allocation en fonds euros par les livrets A et LDDS ?

  4. Il me semble , et c’est donc assez pessimiste que les actifs patrimoniaux ne redeviendront globalement rentables qu’après une période prolongée de hausse des taux directeurs ; Si l’on considère que les banques centrales ne monteront leurs taux que contraintes et forcée par la défiance du marché envers la monnaie , il faudrait qu’une inflation prolongée dévalorise la monnaie pour que son investissement soit rentable. Il me semble donc que l’immobilier a peu de perspectives là où il est très coté comme à Paris et plus d’intérêt éventuel là où il s’achète sans crédit comme dans la diagonale du vide (si l’on peut y travailler ou télétravailler ou y vivre sa retraite) d’autant plus que la qualité de vie y est meilleure pour les faibles revenus. La masse salariale européenne est la plus élevée du monde et est donc rongée par la mondialisation : il devient statistiquement difficile de garder un salaire supérieur à 2 smics et la petite entreprise peut être le tombeau de l’épargne de son créateur qui n’aura pas compté ses heures. Il me semble qu’il y a un avenir pour ceux qui sauront organiser une économie de subsistance et de frugalité peu gourmande en capital (style amishs) sur les territoires délaissés en campagne ou …en banlieue où prospèrent déjà les trafics qui sont le symptôme de l’échec de notre société de consommation dont les déçus ou les perdants se tournent vers les drogues, le jeu, la violence et la triche. L’or ou les cryptomonnaies favorables aux premiers entrants (bitcoin) ou égalitaires (Gune) ont sans doute un bel avenir pour accompagner la faillite éventuelle de la redistribution financée par la valeur ajoutée salariale ou entrepreuneuriale. Si l’on prend une valeur phare comme LVMH sa prospérité est basée sur le snobisme de ses clients qui sortent de la moyenne des revenus par le haut mais plus nombreux sont ceux qui sortent de la moyenne par le bas…

  5. Bonjour Edouard, je trouve dommage que vous ne parlez pas du LEP dans votre article sur les livrets réglementés, taux de 1% net de toute imposition, pour ceux qui ont un petit impôt sur le revenu c’est le seul livret réglementé qui protège quasiment ses avoirs de l’inflation.
    Très peu d’assurances vies en euros arrivent à faire mieux actuellement.

    1. Bonjour Fabrice, bonne idée … mais je ne peux pas parler de tout à chaque article. Les articles sont déjà très longs …
      C’est vrai que le LEP est un bon plan.

  6. Bonjour Edouard,

    Effectivement le taux du livret A peut être supérieur à certaines obligations en ce moment.
    J’ai vu dans un commentaire que tu avais parlé du site “Asset Allocation Interactive”.

    Sur le rendement attendu 10 ans, il est marqué que le “Global Developed” qui correspond au MSCI World ne donnera que 1.4% de rendement en prenant en compte l’inflation et 2.7% de rendement sans prendre en compte l’inflation.

    Le MSCI Europe est donné avec avec 4.4% de rendement en prenant en compte l’inflation et 5.7% sans prendre en compte l’inflation.

    Le MSCI Emerging Market est donné avec avec 6.2% de rendement en prenant en compte l’inflation et 7.5% sans prendre en compte l’inflation.

    Est-ce que tu penses qu’un portefeuille à base 50% Emerging Market et 50% Europe est judicieux pour un horizon de 10 ans ?

    Cordialement,

    Pierre

    1. Je complète ma réponse,
      Si on va dans “Settings” et qu’on met la “Currency” en “USD”, on trouve “US Large” sur le graphique. Il correspond à l’index S&P 500. Il est noté seulement 0.1% de rendement sur 10 ans en prenant compte l’inflation et 2.2% de rendement sur 10 ans sans prendre en compte l’inflation. Or l’indice MSCI World est majoritairement investi aux USA ce qui expliquerait pourquoi le rendement attendu sur 10 ans est si faible pour le MSCI World par rapport MSCI Emerging Markets et MSCI Europe.

    2. Bonjour Pierre,

      Pas de valeurs US ?
      Même en se basant sur le passé, personne ne sait ce qui va superformer à l’avenir. A mon avis, il faudrait davantage diversifié vos zones d’investissement.

  7. Toujours de très bons conseils je suis entièrement satisfait des articles que je prend plaisir à lire et des deux livres ne vous arrêter pas car vous êtes un bon conseiller et investisseur cordialement. Claude

  8. Il faut pas oublier, pour l’epargne de precaution en assurance vie, la loi Sapin 2. Bien que très improbable, l’application ça demeure possibile (bloquage des retraits des assurances vie pendant quelques mois). Et même sans tout ça, déjà pour ce qui concerne delai pour les retraits, parfois compliqués (certains assureur empechent de le faire en façon dematerisalisé, il faut une lettre) à mon avis ça ne va pas le coup pour quelques monnaie en plus, même si on parle d’un Livret A au platfond. Par contre, vous avez raison, si on cumule dans une famille deux Livret A et deux LDD au platfond, je suis d’accord que ça commence à être un montant important en manque de gain…

    1. Bonjour Enrico,
      je suis d’accord avec vous.
      Cependant, si on parle des cas extrêmes, pourquoi ne pas parler du haircut ? L’Etat prend tous les comptes qui dépassent 30 k euros (cf Chypre)…
      Bien sûr c’est tiré pour les cheveux, mais c’est juste pour montrer que prendre des décisions pour ses préparer à des cas à très faible probabilité n’est pas simple.
      La diversification est me semble une réponse honorable à cette difficulté.

      1. Vous avez raison. Toutefois, par rapport à l’haircut, je doute fortement que dans un cas extreme comme ça, s’il venais se verifier, on irait toucher les montants censés d’être garantis (soit 70k pour les assurance vie et 100k pour les comptes bancaires) car ça genererait aussi un probleme envers les garants (en plus que une revolte de la population…). Une raison en plus pour ne jamais depasser le 70k chez un seul assureur…

        1. Je ne pense pas que cette garantie, garantisse vraiment quelque chose. On sait très bien que le fonds de garantie ne pourra jamais couvrir ses engagements en cas de problème. Mais il y a peut-être un seuil psychologique.
          Par ailleurs, le haircut pourrait difficilement toucher l’assurance vie, car ce n’est pas vous qui êtes propriétaire (mais l’assureur)… mais justement les livrets bancaires. Les Livrets réglementés sont censés être garantis par l’Etat, chacun décidera s’il faut croire dans les engagements de l’Etat.
          Mais encore une fois, je trouve ça hasardeux d’imaginer ce qui se passerait dans ce genre d’événements.
          Il y a toujours des gens pour mettre de l’or dans un trou au fond de son jardin, et trouver ça plus sécurisé qu’une assurance vie …

          Par ailleurs, l’idée n’est pas de mettre l’ensemble de son épargne de précaution en fonds en euros, mais une partie seulement, peut-être moins indispensable.

        2. Personnellement, si un tel évènement arrivait en France, contrairement à Chypre, il y aurait une révolution en France avec beaucoup de têtes guillotinées ! Les gens ne pouvant pas compter sur une quelconque solidarité familiale comme en Chypre ou en Grèce en cas de coup dur social.
          On le voit bien avec la montée de l’extrême Droite en France.