Unités de compte : ce qu’elles vous coûtent vraiment
Rédigé par Édouard Petit
Fondateur d’Épargnant 3.0 depuis 2015 · Mis à jour le 01/08/2026 · Qui suis-je ?
Mis à jour le 01/08/2026
Votre relevé annuel affiche la performance de vos unités de compte. Il n’affiche jamais leur coût, parce que celui-ci est prélevé à deux endroits différents, par deux acteurs différents. À la fin de cet article, vous saurez calculer ce que vous payez réellement chaque année, et décider si vos supports le méritent.
Une unité de compte est un contenant, pas un placement.
Une unité de compte, ou UC, est un support d’investissement accessible dans une assurance vie ou un PER assurantiel, et dont la valeur n’est pas garantie par l’assureur.
La formulation juridique exacte explique tout le reste : l’assureur garantit le nombre d’unités de compte inscrites à votre contrat, jamais leur valeur. Si vous détenez 412 parts d’un fonds, vous en détiendrez 412 dans dix ans, et elles vaudront le double ou la moitié. Le fonds en euros fonctionne à l’inverse, et cette garantie se paie en rendement.
Le mot ne dit donc rien du risque, ni du coût, ni de la classe d’actifs : sous la même étiquette cohabitent un fonds monétaire qui ne bouge quasiment pas et un fonds de capital-investissement illiquide. Voici ce que recouvrent les 667 milliards d’euros logés en UC en France.
| Ce qu’il y a dans les unités de compte | Part des encours |
|---|---|
| Fonds d’investissement, dont les ETF | 76,6 % |
| Titres structurés, ou produits à formule | 13,9 % |
| Obligations d’entreprises en direct | 6,5 % |
| Actions en direct | 2,0 % |
| Trésorerie et dépôts | 0,9 % |
Arrêtez-vous sur la deuxième ligne. Près de 93 milliards d’euros d’épargne française dorment dans des titres structurés, et cette part progresse. Ce sont ces produits dont la rémunération dépend d’un scénario de marché et dont personne ne sait dire quelle marge l’émetteur y a placée. La complexité d’un produit financier n’est jamais gratuite, et ce n’est jamais celui qui l’achète qui la paie le moins cher.
Le vrai prix d’une unité de compte est de 2,48 % par an.
Il y a deux étages de frais, facturés par deux acteurs qui ne se parlent pas.
- Les frais de gestion du contrat, prélevés par l’assureur sur l’encours de vos UC. Ils figurent sur votre relevé. Moyenne 2025 : 0,88 % par an.
- Les coûts récurrents du fonds, prélevés par la société de gestion à l’intérieur du support, avant le calcul de la valeur liquidative. Ils n’apparaissent que dans le document d’information clé du fonds. Moyenne 2025 : 1,60 % par an, frais de transaction compris.
Additionnez : 2,48 % par an. Ce chiffre ne vient pas d’une association de consommateurs, il vient de la fédération des assureurs. Et il change la façon de lire une performance : sur une année à 6 % de hausse des marchés, voilà ce qui arrive dans votre contrat.
Sur une année, l’écart paraît supportable. Sur une vie d’épargnant, il ne l’est pas. Prenons 50 000 euros, vingt ans, la même hypothèse de 6 % brut par an : seule change la ponction annuelle.
| 50 000 € placés une fois, sur 20 ans | Frais totaux | Capital final |
|---|---|---|
| ETF monde dans un contrat à 0,30 % | 0,36 % | 149 809 € |
| ETF monde dans un contrat à 0,50 % | 0,62 % | 142 605 € |
| Unité de compte moyenne du marché | 2,48 % | 99 875 € |
Un mot sur la gestion pilotée, puisque la question revient toujours. Les frais de contrat sur UC passent en moyenne de 0,82 % en gestion libre à 1,17 % sous mandat. Vous payez 0,35 point de plus chaque année pour des arbitrages qu’un rééquilibrage automatique, gratuit sur les bons contrats, effectue tout aussi bien.
Ce calcul, refaites-le avec vos montants et votre niveau de frais : le simulateur d’impact des frais fait partie des calculateurs regroupés dans l’application.
Quatre points d’écart par an, dans la même enveloppe.
On lit partout que la gestion active sous-performe. C’est vrai, et c’est devenu un slogan que plus personne ne vérifie. Il existe pourtant une donnée bien plus parlante : la performance obtenue par les fonds tels qu’ils sont détenus dans les contrats d’assurance vie français, catégorie par catégorie, sur dix ans.
| Fonds actions détenus en unités de compte | Frais du fonds | Performance annuelle |
|---|---|---|
| ETF actions | 0,29 % | +11,45 % |
| Fonds indiciels non cotés | 0,77 % | +11,00 % |
| Autres fonds actions | 1,93 % | +7,38 % |
| Fonds de fonds | 1,99 % | +5,86 % |
| Fonds de petites et moyennes valeurs | 2,26 % | +5,05 % |
La relation est monotone : chaque niveau de frais supplémentaire correspond à une performance inférieure, sans exception, sur cinq catégories et dix ans. Entre la première et la troisième ligne, quatre points d’écart par an, sur la même classe d’actifs, dans la même enveloppe, avec la même fiscalité.
Ce chiffre a une faiblesse, et je préfère la dire moi-même : les ETF référencés en assurance vie sont surtout américains, et les États-Unis ont écrasé le reste du monde sur cette période. Une part de l’écart vient de là, pas de la gestion indicielle. L’écart de performance n’est donc pas acquis pour la décennie qui vient. L’écart de frais, lui, l’est.
É. P.
C’est la seule objection sérieuse, et elle se vérifie ailleurs. Les scorecards SPIVA neutralisent précisément ce biais en comparant chaque fonds à l’indice de sa propre catégorie, un fonds actions Europe face à un indice actions Europe. Sur dix ans, 93 % des fonds actions domiciliés en Europe ont sous-performé leur indice. Le problème n’est pas que les bons gérants n’existent pas, c’est qu’aucune méthode connue ne permet de les repérer à l’avance.
L’objection porte d’ailleurs sa réponse pratique. Si le risque est d’avoir gagné parce qu’on était surexposé aux États-Unis, le remède n’est pas de revenir vers des fonds à 1,93 % : c’est de détenir un ETF monde plutôt qu’un ETF américain. Vous gardez le coût minimal et vous supprimez le pari géographique.
Reste la question que ce constat ouvre : une fois le bon support identifié, comment l’articuler avec le fonds en euros, le PEA et l’horizon de chacun de vos projets ? C’est le sujet de la Masterclasse, où je reprends la construction d’une allocation depuis le début.
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ETF : les trois erreurs qui vous coûtent vraiment cher
Une heure pour comprendre les erreurs à éviter et investir plus efficacement.
Ce que je regarde avant de retenir un support.
Le coût total, jamais le TER seul
Le seul chiffre qui compte est la somme des deux étages. Un ETF monde à 0,12 % dans un contrat à 0,60 % vous coûte 0,72 %, quand un ETF à 0,06 % dans un contrat à 0,30 % vous coûte 0,36 %. Sur les meilleurs contrats, ce total va aujourd’hui de 0,36 % à 0,62 % par an : le détail figure dans mon comparatif des assurances vie.
Pour la part sans risque, le fonds en euros fait déjà le travail
La réponse standard trouvée sur internet, diversifier avec des obligations, est mauvaise dans le contexte français. Un fonds en euros est déjà un portefeuille obligataire, avec deux avantages qu’aucun ETF obligataire n’offre : l’effet cliquet et la garantie en capital. En 2025 il a servi 2,65 % net de frais selon l’ACPR, quand les fonds obligataires détenus en UC ont rapporté 1,39 % par an sur dix ans, avant frais de contrat. Payer 1,20 % pour faire moins bien qu’un support garanti n’a pas de sens.
Un cas fait exception, et il est peu connu : quand le contrat exige une part minimale d’UC pour ouvrir l’accès à un fonds en euros bonifié. Un fonds monétaire, facturé environ 0,28 % et sans volatilité notable, remplit la contrainte sans vous exposer aux actions.
Trois familles que j’écarte
- Les titres structurés, parce qu’un produit dont vous ne pouvez pas calculer le coût est un produit dont vous ne pouvez pas évaluer l’intérêt.
- Les fonds thématiques, qui arrivent après la hausse du thème, avec des frais élevés et une concentration extrême. Le catalogue thématique d’un assureur renseigne sur les trois années passées, pas sur les dix à venir.
- Les OPCI, qui ont perdu 0,68 % par an sur dix ans dans les contrats français, avant même les frais de gestion. Ce sont pourtant les supports immobiliers les plus poussés au guichet, parce qu’ils sont les plus simples à loger. Les SCPI, elles, ont tenu à 3,31 % par an.
Si vous êtes en gestion pilotée
Depuis le 24 octobre 2024, la loi Industrie Verte impose une part minimale d’actifs non cotés dans les grilles de gestion pilotée à horizon : 4 % pour un profil équilibré, 8 % pour un profil dynamique. Ni le profil prudent ni la gestion libre ne sont concernés. Une fraction de votre épargne part donc automatiquement vers des fonds de capital-investissement peu liquides, facturés en moyenne 2,25 % par an, sans que vous l’ayez demandé.
Ce que je ferais à votre place cette semaine.
Ouvrez votre relevé, relevez le taux de frais sur UC de votre contrat, puis les coûts récurrents de chaque support dans son document d’information clé. Additionnez. Au-dessus de 1 % par an, vous payez trop cher pour ce que vous obtenez. Autour de 2,5 %, vous êtes dans la moyenne française, et c’est précisément le problème.
Les unités de compte ne sont ni bonnes ni mauvaises : ce sont des contenants. Ce qui décide de votre résultat dans trente ans, c’est ce que vous mettez dedans et ce que l’ensemble prélève chaque année. Personne ne peut vous dire quels marchés monteront. Tout le monde peut vous dire, au centime près, ce que votre contrat vous prendra.
Reste la vraie question, celle du rythme : à quelle vitesse basculer un contrat existant sans déclencher une fiscalité inutile, et dans quel ordre remplir l’assurance vie, le PEA et le PER. C’est une question de méthode, et elle mérite mieux qu’un paragraphe.
Les questions qu’on me pose
Les prélèvements sociaux ont-ils augmenté sur mes unités de compte en 2026 ?
Non. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a porté les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % sur les revenus du capital, mais l’assurance vie et les contrats de capitalisation en ont été explicitement exclus. Ils restent à 17,2 %. Le PEA et le compte-titres, eux, sont passés à 18,6 %.
Mon contrat exige 40 % d’unités de compte pour accéder au fonds en euros bonifié
Vous pouvez remplir cette contrainte avec un fonds monétaire, dont la volatilité est quasi nulle, plutôt qu’avec un fonds actions. Vérifiez toutefois la clause avant de verser : la plupart des contrats imposent de maintenir cette part pendant toute la période de bonification, et un arbitrage immédiat vous ferait perdre le bonus.
Faut-il fermer une vieille assurance vie chargée en frais ?
Un contrat ne se transfère pas d’un assureur à un autre en gardant son antériorité fiscale. Si le vôtre a plus de huit ans, ne le fermez pas brutalement : cessez de l’alimenter, ouvrez un bon contrat pour lancer le compteur, puis rachetez l’ancien progressivement en utilisant chaque année l’abattement sur les gains.
Sources : France Assureurs, L’assurance vie en unités de compte, année 2025 ; ACPR, L’assurance-vie en 2025 ; SPIVA Europe Scorecard, S&P Dow Jones Indices ; loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 ; loi relative à l’industrie verte. Article à visée informative, qui ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. L’investissement en unités de compte comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps. Épargnant 3.0 reçoit parfois une rétribution de ses partenaires, ce qui finance le contenu gratuit du blog.
Je vous souhaite le meilleur pour votre épargne, et surtout pour tout le reste.e reste.
À propos de l’auteur

Édouard Petit
Créateur d’Épargnant 3.0 · Professeur de finance à l’ESCP · Auteur
Depuis 2015, j’aide des milliers d’investisseurs à éviter les erreurs les plus fréquentes avec les ETF et à construire un patrimoine sur le long terme.
50 000+
livres vendus
2 500+
avis lecteurs
2015
actif depuis
Guide gratuit

Les trois erreurs que j’observe le plus souvent dans les portefeuilles d’ETF.
Les contenus publiés sur Épargnant 3.0 sont fournis à titre pédagogique et ne constituent pas des conseils en investissement. Certains liens peuvent être affiliés, ce qui contribue au financement du contenu gratuit proposé sur le site. Vous pouvez vous référer à ma Charte éditoriale et politique de transparence. L’investissement comporte un risque de perte en capital.

Édouard Petit
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Merci pour ces informations claires et pour une définition des UC qui se distingue des autres. La plupart des sites reprennent (voire copient / collent) wikipédia !!
Bonjour,
Je ne sais si vous me répondrais, voilà la banque postale m’a fait investir par le biais d’une assurance vie des UC. Le conseiller a arbitré une partie des UC car la valeur me faisait récupérer mon capital de départ, le problème est que j’ai perdu de l’argent au final. L’assurance qui s’est occupé de la transaction a arbitré en différé. Ce conseillé étant absent je ne peux revoir la question avec lui. M’ayant garantie verbalement que je récupérais le capital investi. Pourquoi le conseiller ne savait il pas le jour de l’arbitrage qu’il y avait 4 jours ouvrés entre la signature et le réel arbitrage. La valeur n’est pas la même et dans mon cas en moins value.
Comment s’avoir si la valeur correspond à l’arbitrage que nous souhaitons..?
Merci pour votre réponse.
Bonjour Evrard. Afin de maintenir le niveau du site, il serait souhaitable que vous vous relisiez avant d´écrire un commentaire. Ça ressemble à un commentaire écrit par un enfant de 5 ans.
Bonjour,
beaucoup d’assurances vie imposent d’avoir un certain % d’UC. Est-ce qu’il est judicieux d’investir dans un ETF obligataire pour la partie UC et un fond euro pour le reste ? Sachant que les ETF d’actions seraient sur le PEA. Il serait ainsi plus aisé de rééquilibrer le portefeuille pour viser son allocation cible. Qu’en pensez-vous ?
Bonjour Edouard,
Donc au final, quelle est la meilleur formule pour du 40% Fond EUR / 60% Actions ?
– AV Fond EUR + PEA ETF
– AV Boursorama ou Fortuneo
– AV Nalo
Je n’arrive pas a trancher. Merci.
Bonjour Benoît, il n’y a pas de meilleur, chacun a des avantages et des inconvénients ; et cela dépend de ce que vous mettez à l’intérieur de ces enveloppes
Bonjour,
Comment savoir si les unités de comptes investies sont dans une démarche éthique (respect droits humains, environnementaux…)?
Bien à vous
Bonjour Benjamin. Morningstar ou Trackinsight donnent des informations. Mais sur ce sujet j’ai fait un gros focus dans la formation. Jetez y un œil…
Bonjour Edouard,
Je suis novice en bourse (j”ai néanmoins investi dans l’immobilier) J’ai acheté vos 2 livres que je viens de finir de lire.
C’est assez costaud je peux dire. J’ai assimilé les grandes lignes. Avant d’aller plus loins et prendre la formation j’aimerai un avis de votre part sur quelque chose qui me bloque :
1. Comment sécuriser la partie etf du portefeuille dans le cas d’un crash ?
vous préconisez l’assurance vie en euros mais cela ne rapporte plus (cela ne va pas monter tout seul lors d’un crash), les investisseurs ne vont pas se ruer vers les obligations US, chute du dollar. (donc prendre un ETF TLT ne couvrira pas )? faut-il faire un sp500 inversé ? … bref c’est cette question qui me bloque pour investir dans la méthode lazy.
Cordialement
Bonjour Eric,
Oui “Créer et Piloter un portefeuille d’ETF” est assez costaud. La formation prend beaucoup plus par la main.
J’ai écrit un article sur la gestion des krachs.
Les fonds en euros n’ont pas pour premier objectif de donner de la performance, c’est ça qu’il est vraiment important de comprendre.
Bonjour,
cet article met bien en perspective le problème des assureurs (vie) : l’assurance vie bénéficie d’une réputation de bon père de famille historiquement grâce à ses fonds euros mais d’un autre côté ils ne veulent plus vendre de fonds euros…
Edouard montre bien qu’il n’y a pas vraiment d’intérêt à utiliser des UC (actions en tous cas) dans une assurance vie et qu’il
vaut mieux utiliser le PEA.
Au final, les assureurs vont avoir de plus en plus de mal à dénigrer le PEA, ce qu’ils font allègrement jusqu’à présent (dans mon expérience personnelle au moins).
Il pourrait quand même y avoir match : le choix des ETF dans les PEA reste quand même assez limité (et ils sont assez chers). On a l’impression que les assureurs ont quand même plus de latitudes.
Bonjour, merci pour toutes ces formations très enrichissantes.
Savez vous pour quelles raisons les ETF NDX-100 Luxor ou Amundi ne seront bientôt plus disponible fin juillet dans le PEA svp?
Bonjour Henry. J’ai fait un article spécifiquement sur ce sujet.
Bonjour M. PETIT,
Je tenais tout d’abord à vous féliciter pour vos articles et vos publications (que j’ai dévorées) Grâce à vous beaucoup de choses me sont parues bien plus claires dans mes investissements.
J’aurais un conseil à vous demander, j’envisage d’investir 25% de mon patrimoine financier en ETF. Je souhaite utiliser l’enveloppe de l’assurance vie (Linxea Avenir) Cependant, je trouve les cours actuels très hauts et je pense étaler mes versements sur 5 ans en y versant tous les mois 40% en ETF et 60% en fonds euros (celui à 2’8%)
Que pensez-vous de cette stratégie ? 5 ans pour atteindre l’objectif de mon allocation n’est-ce pas trop long ?
Bonjour, merci beaucoup pour votre message. Si vous partez de 0% en actions il faut vraiment prendre du temps (quelle que soit la valorisation des marchés)