Les actions japonaises représentent 8% de la capitalisation mondiale des actions, bien plus que la France qui représente à peine 3% de cette capitalisation. Pourtant investissez vous au Japon ? Comprendre le principal indice Japonais, le Nikkei, aide à bien mieux comprendre les actions japonaises. Tour d’horizon !

Plus de 3500 sociétés sont cotées au Japon, c’est bien plus qu’en France

Selon la World Federation of Exchange, il y a 3598 actions cotées au Japon en 2019, sur la bourse “Japan Exchange Group”. A titre de comparaison il y en a seulement 900 à la bourse “Euronext Paris”, et un petit peu moins sur la bourse allemande, XETRA. Aux Etats-Unis, on est à 4500 si l’on ajoute les bourse NYSE et NASDAQ. En tout, dans le monde, on compte 50 000 sociétés cotées.

Des sociétés de toutes les tailles

Naturellement, parmi ces 3600 entreprises cotées au Japon, il y a des grandes, des moyennes, des petites, des micro et même des nano caps. Au japon il y a à fin décembre 2019 :

  • 122 sociétés avec une capitalisation supérieure à 10 milliards d’euros
  • 757 sociétés avec une capitalisation supérieure à 1 milliard d’euros
  • 1093 sociétés avec une capitalisation supérieure à 500 millions d’euros
  • 1565 sociétés avec une capitalisation supérieure à 250 millions d’euros
  • 2300 sociétés avec une capitalisation supérieure à 100 millions d’euros

Pour donner un ordre de grandeur en France, avec une capitalisation de 10 milliards d’euros, on arrive dans les 35 plus grosses sociétés.

Le Japon est vraiment une place boursière très intéressante avec une grande variété de sociétés.

Les plus grosses sociétés japonaises

D’ailleurs, qui sont les plus grosses sociétés au Japon ?

  • TOYOTA MOTOR CORP avec une capitalisation de 145 milliards d’euros
  • SONY CORP avec une capitalisation de 73 milliards d’euros
  • MITSUBISHI UFJ FIN GRP avec une capitalisation de 59 milliards d’euros
  • KEYENCE CORP avec une capitalisation de 57 milliards d’euros
  • TAKEDA PHARMACEUTICAL avec une capitalisation de 55 milliards d’euros
  • SOFTBANK GROUP CORP avec une capitalisation de 55 milliards d’euros
  • KDDI avec une capitalisation de 46 milliards d’euros
  • RECRUIT HOLDINGS CO avec une capitalisation de 45 milliards d’euros
  • SUMITOMO MITSUI FINL GRP avec une capitalisation de 44 milliards d’euros
  • HONDA MOTOR CO avec une capitalisation de 41 milliards d’euros

La première capitalisation à Paris est LVMH avec presque 200 milliards. La deuxième capitalisation est L’Oreal avec 140 milliards de capitalisation.

Le NIKKEI, le NIKKEI 225 et le NIKKEI Stock Average

Le terme Nikkei est l’abréviation de « Nihon Keizai Shinbun », le nom du quotidien économique qui publie cet indice. Il est composé de 225 sociétés (petite précision, il exclue les foncières cotées). On l’appelle donc aussi le NIKKEI 225 ou le NIKKEI Stock Average (nous allons voir pourquoi).

L’indice a été calculé à partir de 1949, année de réouverture de la bourse Japonaise après la guerre. En effet, la bourse de Tokyo à été créée en 1878, mais a été fermée en 1945.

Le mode de calcul du NIKKEI 225

Tout comme pour le Dow Jones, la valeur de l’indice correspond à la moyenne non pondérée de prix des actions en bourse.

D’ailleurs, cet indice s’appelait “Nikkei Dow Jones Stock Average” de 1975 à 1985.

Ainsi, Fast Retailing (le groupe détient les marques Uniqlo, Comptoir des Cotonniers, Princesse tam.tam, etc.) pèse 10% de l’indice tandis que Toyota ne pèse que 1,2% de l’indice, alors qu’il s’agit de la première capitalisation japonaise. L’action de Fast Retailing cote 60 000 Yens alors que l’action de Toyota cote 7000 Yens.

Le nom de “Stock Average” ou “Moyenne des Actions” vient de là.

Le NIKKEI dividendes compris n’a été publié qu’à partir de 2012, mais avec comme date de départ fin 1979.

L’indice est actuellement mis à jour toutes les 5 secondes.

La liste des constituants du NIKKEI 225

La liste des constituants de l’indice est modifiée chaque année en Octobre. La sélection des titres prend en compte la liquidité des titres (est-ce qu’il est facile, rapide et peu cher d’acheter beaucoup d’actions de la société ?) et la représentativité sectorielle. A noter que 40% de la capitalisation du NIKKEI 225 est classée dans le secteur technologique et seulement 2% dans la finance … Aux Etats-Unis on est à 23% pour le secteur de la technologie et 13% pour les financières.

Les variantes du NIKKEI Stock Average

Il existe des variantes du NIKKEI, par exemple :

  • Le NIKKEI 300 est composé de 300 sociétés et est pondéré en fonction de la capitalisation boursière.
  • Le NIKKEI 400 ne suit pas les 400 plus grandes valeurs japonaises, mais des valeurs qui ont une “utilisation efficiente de leur capital”. Il s’agit en réalité d’un indice Smart Beta.

Les concurrents du NIKKEI : TOPIX et MSCI Japan

Pour investir au Japon, on peut naturellement se référer à d’autres indices.

Le TOPIX

Nous avons tout d’abord le TOPIX, acronyme de Tokyo stock Price IndeX. Cet indice suit les entreprises cotées sur la première section de la bourse de Tokyo (les plus grosses entreprises, mais qui sont potentiellement pas avec une capitalisation boursière importante en réalité). Il y en a plus de 2000, c’est donc un indice large. Par ailleurs, il est calculé en fonction de la capitalisation boursière, ce qui est tout de même plus approprié que les modalités de calcul du NIKKEI.

Les grands émetteurs d’indice : MSCI ET FTSE

Les grands émetteurs d’indices mondiaux émettent aussi des indices sur le Japon, on a par exemple :

  • MSCI Japan (324 entreprises)
  • MSCI Japan Small Cap (988 entreprises)
  • FTSE Japan (505 entreprises)

Pour en savoir plus sur les indices boursiers vous pouvez lire cet article, et sur MSCI celui ci.

Quelle a été la performance de la bourse japonaise ?

L’histoire de la bourse japonaise depuis 1900

Entre 1900 et 1939, la performance de la bourse japonaise a été absolument excellente (2e meilleur pays dans le monde). Cependant, suite à la seconde Guerre Mondiale, les actions japonaises ont perdu 96% de leur valeur (en monnaie réelle). Puis ce fut à nouveau une performance exceptionnelle, à partir de 1949.

Au début des années 90, le Japon était même la première place boursière mondiale, avec 41% de la capitalisation mondiale. A l’époque, ils étaient largement devant les Etats-Unis, qui eux n’avaient « que » 30% de la capitalisation mondiale.

Puis ce fut l’éclatement de la bulle entre 1990 et 2009.

Depuis 10 ans, la bourse japonaise a eu une performance de pratiquement 10% par an en euros. C’est bien moins que les Etats-Unis, avec plus de 16%, mais ce n’est tout de même pas si mal.

La performance de la bourse japonaise

Quelques éléments chiffrés sur la performance de la bourse japonaise (Sources : Elroy Dimson, Paul Marsh and Mike Staunton, Triumph of the Optimists, Princeton University Press, 2002, and Global Investment Returns Yearbook, Credit Suisse, 2019) :

  • 1900-2018 -> 4,1% par an net d’inflation
  • 1969-2018 -> 3,9% par an net d’inflation
  • 2000-2018 -> 0,8% par an net d’inflation

Comparons avec le monde :

  • 1900-2018 -> 5% par an net d’inflation
  • 1969-2018 -> 4,7% par an net d’inflation
  • 2000-2018 -> 2,1% par an net d’inflation

Quels ETF (Exchange Traded Funds) pour investir au Japon ? En utilisant le Nikkei 225 et les autres indices

Il existe de nombreux ETF pour investir au Japon, j’ai utilisé Trackinsight pour faire une sélection des ETF disponibles sur Euronext, et voir certains aspects de leur qualité de réplication.

Les principaux ETF cotés sur Euronext pour investir au Japon, dans le NIKKEI, le TOPIX ou d’autres indices

Voilà les résultats :

  • AMUNDI INDEX MSCI JAPAN – UCITS ETF DR – (C) – EUR
  • AMUNDI JPX-NIKKEI 400 UCITS ETF (C) – EUR
  • AMUNDI JAPAN TOPIX UCITS ETF (C) – EUR
  • Lyxor JPX-Nikkei 400 (DR) UCITS ETF – Acc – EUR
  • OSSIAM JAPAN MINIMUM VARIANCE NR UCITS ETF 1C – EUR
  • Lyxor PEA Asia Pacific (MSCI AC Asia Pacific Ex Japan) UCITS ETF – Acc – EUR
  • Lyxor Japan (TOPIX) (DR) UCITS ETF – Dist – EUR
  • Lyxor PEA Japon (TOPIX) UCITS ETF – Acc – EUR
  • Lyxor JPX-Nikkei 400 (DR) UCITS ETF – Daily Hedged to EUR – Acc – EUR
ETF Nikkei et Japon
ETF Nikkei et Japon

Si on accepte de prendre des ETF en dehors d’Euronext, on a un choix encore plus large, avec par exemple :

  • Lyxor FTSE Japan UCITS ETF (USD) Accumulating
  • iShares MSCI Japan Small Cap UCITS ETF

La performance des ETF investis sur la bourse japonaise

J’ai regardé la performance par rapport aux autres fonds sur Quantalys du plus ancien d’entre eux, l’ETF Lyxor Japan (TOPIX)

Le classement de l’ETF Lyxor Japan sur le TOPIX

Il arrive 31e sur 82 sur les 10 . C’est déjà pas mal. Mais il faut prendre en compte, que sur cette durée à peu près la moitié des fonds actifs sont clôturés. Et il est peu probable qu’un gérant clôture un fonds performant. En réalité, il se classe donc dans les 15 premiers. Encore mieux !

Conclusion pour l’Épargnant 3.0 : pourquoi et comment investir sur le NIKKEI et au Japon ?

Peu de français investissent au Japon

J’ai la chance de pouvoir voir beaucoup de portefeuilles financiers, et en particuliers des portefeuilles fondés sur des ETF. Force est de constater que le Japon est souvent très mal représenté dans ces portefeuilles.

Il faut dire que lorsque l’on crée un portefeuille d’ETF on n’a pas envie de trop se compliquer la vie en multipliant les lignes à gérer : moins “proche” que l’Europe ou les Etats-Unis, moins dynamique que les pays émergents, faisant moins rêver que les small caps … on évacue souvent le Japon.

Il faut dire que l’on a pas naturellement envie d’investir dans quelque chose qui a une mauvaise performance économique, et une mauvaise performance boursière depuis des années (en tout cas dans l’imaginaire collectif je pense que l’on croit que la bourse japonaise, tout comme son économie, fait du sur place).

L’épargnant avisé aura probablement intérêt à regarder cet investissement de plus prêt, que ce soit en utilisant l’indice NIKKEI 225 ou un autre indice tel que le TOPIX

Cela étant, je pense que l’Épargnant 3.0 aurait tout intérêt à regarder de plus prêt l’investissement au Japon :

  • Il représente pratiquement 10% de la capitalisation mondiale, à peu près comme les pays émergents.
  • Avec les ETF suivant le TOPIX on peut investir dans des milliers de sociétés japonaises en un clic, et y compris des petites capitalisations.
  • Ce n’est pas parce que les perspectives économiques d’un pays ne sont pas florissante que la bourse ne peut pas avoir une bonne performance.
  • Ce n’est pas non plus parce que la bourse d’un pays n’a pas eu une bonne performance sur les 3, 5, 10 ou 20 dernières années que la performance ne sera pas bonne à l’avenir.

En réalité, c’est plutôt ce qui a peu monté dans le passé et qui est peu cher, qui a les plus fortes chances d’augmenter dans le futur (sans en être certain d’ailleurs).

Certains économistes font des prévisions de la bourse à moyen-long terme que je considère réalistes (et surtout selon une méthodologie aussi rationnelle que possible), et le Japon est plutôt bien placé (surtout par rapport aux Etats-Unis). Voici quelques exemples :

  • JP Morgan prévoit une croissance de la bourse japonaise de 4% par an net d’inflation, et 2,4% pour les actions américaines
  • Research Affiliates prévoit 3,1% pour les actions japonaises et 0,5% pour les Etats-Unis

Dans les modules Premium de la formation, j’explique comment faire des prévisions réalistes, sur quelles sources s’appuyer, leurs avantages et leurs limites, et bien plus encore.

Sur ce, je vous souhaite le meilleur pour votre épargne … et surtout pour tout le reste.