NYSE : ce que la Bourse de New York change pour votre épargne
Rédigé par Édouard Petit
Fondateur d’Épargnant 3.0 depuis 2015 · Mis à jour le 01/08/2026 · Qui suis-je ?
Mis à jour le 01/08/2026
Le NYSE n’est plus la première Bourse du monde, et presque aucun article français ne l’a écrit. À la fin de celui-ci, vous saurez ce que Wall Street pèse réellement, à quelle heure elle ouvre depuis Paris, et par quelle porte y investir sans laisser un quart de vos gains en frais et en impôts.
Les statistiques de la Fédération mondiale des Bourses sont pourtant publiques. À fin mai 2026, le Nasdaq affichait 43 700 milliards de dollars de capitalisation, contre 32 400 milliards pour le New York Stock Exchange. L’écart dépasse onze mille milliards, et il se creuse.
En 2025, Walmart a quitté le NYSE pour le Nasdaq, avec vingt et une autres sociétés représentant au total 1 200 milliards de dollars. Wall Street perd ses enseignes historiques.
Cela ne veut pas dire que le NYSE ne compte plus. Cela veut dire que ce qu’on en lit date. Et quand une donnée aussi visible traîne cinq ans de retard, il faut se demander ce que valent les autres chiffres du même article.
Le NYSE n’est plus la première Bourse du monde.
La Bourse de New York naît en 1792, quand vingt-quatre courtiers signent l’accord dit de Buttonwood pour organiser la négociation de cinq valeurs. Elle siège au 11 Wall Street, à Manhattan, d’où son surnom. Voici où elle se classe aujourd’hui.
| Place | Capitalisation |
|---|---|
| Nasdaq | 43 700 Md$ |
| NYSE | 32 400 Md$ |
| Shanghai | 9 800 Md$ |
| Japan Exchange | 8 700 Md$ |
| Euronext, dont Paris | 8 100 Md$ |
Les valorisations technologiques, massivement cotées au Nasdaq, ont gonflé avec l’intelligence artificielle : sur un an, la capitalisation du Nasdaq a progressé de 46 %, celle du NYSE de 2,2 %. Les transferts de cotation ont suivi.
Une Bourse se mesure pourtant sur trois axes. En mars 2026, le NYSE a traité 5 193 milliards de dollars d’échanges contre 4 886 milliards pour son concurrent : il reste devant en volume, derrière en capitalisation et en nombre de sociétés. Ses 2 135 entreprises sont moins nombreuses mais plus grosses en moyenne, et plutôt industrielles, financières et énergétiques.
Ce que presque personne n’explique
Aux États-Unis, plus de 45 % du volume échangé sur les actions ne passe plus par une Bourse : les ordres des particuliers sont exécutés par des courtiers grossistes, ceux des institutionnels dans des plateformes discrètes appelées dark pools. Le NYSE fonctionne donc moins comme une piste d’atterrissage que comme une tour de contrôle. Peu de trafic s’y pose, mais c’est lui qui donne l’altitude, puisque la loi oblige les transactions hors Bourse à s’exécuter au moins au meilleur prix affiché en Bourse. Le NYSE fabrique le prix, les autres l’utilisent. C’est ce qui le maintient au centre du système, même sans sa couronne.
Wall Street ouvre à 15 h 30 heure de Paris, sauf trois semaines par an.
La séance principale se tient de 9 h 30 à 16 h 00 à New York, du lundi au vendredi hors jours fériés américains. Pour vous, cela donne le plus souvent 15 h 30 à 22 h 00.
Le piège est ailleurs. Les États-Unis avancent leur pendule le deuxième dimanche de mars, l’Europe le dernier dimanche du même mois. Pendant ces trois semaines, l’écart tombe à cinq heures et la séance démarre à 14 h 30 chez vous. Le phénomène se reproduit à l’envers pendant une semaine fin octobre.
Autre échéance : NYSE Arca a obtenu en février 2025 l’accord du régulateur américain pour étendre ses horaires, et vise le 6 décembre 2026 pour lancer une négociation quasi continue. Le Nasdaq suit le même calendrier. Hors des heures d’ouverture du marché de référence, il y a moins de monde en face, donc l’écart entre le prix d’achat et le prix de vente s’élargit. Vous payez cet écart à chaque ordre, sans qu’il apparaisse sur aucune facture.
La Bourse ouverte la nuit sert ceux qui regardent leur portefeuille la nuit. Ce n’est pas le métier d’un épargnant.
É. P.
Quand passer vos ordres
Pour un ETF exposé aux actions américaines et coté à Paris, la fenêtre confortable se situe entre 15 h 45 et 17 h 15 : les deux marchés sont ouverts en même temps, et vous évitez les premières minutes de séance, les plus agitées.
Acheter une action américaine en direct coûte plus cher qu’il n’y paraît.
N’importe quel courtier français vous ouvre l’accès au NYSE. Trois frottements se cumulent ensuite, et le premier est de loin le plus lourd.
Le PEA est réservé aux actions de sociétés dont le siège est dans l’Espace économique européen. Apple, Nvidia ou Berkshire Hathaway n’y entrent pas : il faut un compte-titres. Or la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG de 1,4 point sur les revenus du capital financier, portant le prélèvement forfaitaire unique de 30 % à 31,4 % au 1er janvier 2026.
| Enveloppe | Actions US en direct | Imposition des gains |
|---|---|---|
| Compte-titres | oui | 31,4 % |
| PEA de plus de 5 ans | non | 18,6 % |
| Assurance vie de plus de 8 ans | non | 17,2 % puis 7,5 % après abattement |
Sur 50 000 € de plus-values, l’écart entre un PEA de plus de cinq ans et un compte-titres représente 6 400 € d’impôt. C’est pourquoi le PEA passe en premier, et le choix du courtier juste après.
Deuxième frottement, les dividendes. Le fisc américain en retient 30 % à la source, taux ramené à 15 % par la convention franco-américaine si vous avez remis le formulaire W-8BEN à votre courtier. Le crédit d’impôt français étant plafonné à 15 %, tout point prélevé au-delà est perdu. Ce formulaire expire après trois années civiles : c’est le genre d’oubli qui coûte cher en silence.
Troisième frottement, le change. Sur un ordre de 1 000 €, la conversion en dollars pèse souvent plus lourd que le courtage lui-même : de l’ordre de 2,50 € contre 1 €, chez un courtier réputé bon marché. Un sous-compte en dollars, quand il existe, évite de la payer à chaque fois.
Et la vraie question reste entière
Admettons ces trois frottements réglés. Reste à choisir les bonnes actions. En 2025, 79 % des fonds actions américaines de grandes capitalisations ont fait moins bien que le S&P 500. L’objection sérieuse existe : les meilleurs gérants, eux, battent bien l’indice. Sauf qu’on ne sait pas les reconnaître à l’avance. Sur 408 fonds européens classés dans la moitié supérieure de leur catégorie fin 2020, seuls 16 % y étaient encore cinq ans plus tard, moins que ce que le hasard produirait.
Enveloppe, devise, support, sélection : cela fait quatre décisions imbriquées, et elles ne se prennent pas séparément. Je remets l’ensemble dans l’ordre, avec le reste du patrimoine, dans ma masterclasse.
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ETF : les trois erreurs qui vous coûtent vraiment cher
Une heure pour comprendre les erreurs à éviter et investir plus efficacement.
En PEA, l’ETF synthétique reste la meilleure porte d’entrée.
Les actions américaines sont interdites de PEA, mais pas leur performance. Un ETF à réplication synthétique détient des actions européennes, donc éligibles, et échange leur performance contre celle de l’indice américain par un contrat appelé swap. Encadré par la réglementation UCITS, c’est la porte d’entrée principale des Français vers Wall Street.
| ETF éligible au PEA | Code ISIN | Frais annuels |
|---|---|---|
| Amundi PEA S&P 500, code PSP5 | FR0011871128 | 0,12 % |
| iShares MSCI World Swap PEA, code WPEA | IE0002XZSHO1 | 0,20 % |
| Amundi PEA Monde, code DCAM | FR001400U5Q4 | 0,20 % |
Le coût que personne n’affiche
On vous dira qu’un ETF S&P 500 en compte-titres, à 0,07 % de frais, revient moins cher qu’un ETF PEA à 0,12 %. C’est inexact. Un ETF physique domicilié en Irlande subit la retenue américaine de 15 % sur les dividendes qu’il encaisse, soit environ 0,20 % par an de fuite qui n’apparaît nulle part. L’ETF synthétique reçoit la performance brute de l’indice, car le droit fiscal américain exempte les contrats de swap portant sur les grands indices liquides. Coût réel : environ 0,27 % contre 0,12 %. La contrepartie, que je ne masque pas, est le risque sur la banque qui fournit le swap, plafonné par la réglementation à 10 % de l’actif du fonds.
Ce quart de point paraît dérisoire. Sur une vie d’investisseur, il ne l’est pas. Comparez un ETF à 0,12 % et un fonds actions américaines classique à 1,90 %, pour 500 € versés chaque mois pendant vingt ans, à rendement brut identique.
Précision qui change la lecture : si vous détenez déjà un ETF Monde, vous êtes exposé à Wall Street à plus de 72 % sans l’avoir choisi explicitement. Je traite cette concentration américaine et les objections qu’elle soulève dans mon article sur le MSCI World.
Le calcul de frais ci-dessus mérite d’être refait sur vos montants et votre horizon, parce que l’écart dépend surtout de la durée. Mes calculateurs le font en quelques secondes.
Questions fréquentes sur le NYSE.
Quelle est la différence entre le NYSE et le Nasdaq ?
Deux Bourses concurrentes, toutes deux à New York. Le NYSE conserve un parquet physique où des opérateurs humains assurent la continuité de la cotation, et héberge plutôt les grandes entreprises traditionnelles. Le Nasdaq, créé en 1971, est entièrement électronique et concentre la technologie. Pour un investisseur en ETF, la distinction est surtout culturelle : les grands indices américains regroupent des sociétés cotées sur les deux places.
Des entreprises françaises sont-elles cotées au NYSE ?
Oui, et le paysage a bougé dans les deux sens. Orange a finalisé son retrait volontaire fin 2024, jugeant trop lourdes les obligations réglementaires américaines. TotalEnergies a fait l’inverse : ses actions ordinaires y cotent depuis le 8 décembre 2025 sous le symbole TTE, en remplacement de son programme de certificats ouvert en 1991. La part américaine de son actionnariat institutionnel est passée d’environ un tiers en 2012 à près de la moitié.
Peut-on acheter un ETF coté directement au NYSE ?
Non, et il est inutile de chercher. Les ETF américains sont souvent moins chers, mais la réglementation européenne impose un document d’information que leurs émetteurs ne produisent pas : votre courtier bloquera l’ordre. Les équivalents européens, à partir de 0,07 % de frais, suivent exactement les mêmes indices.
Ce que je retiendrais de tout cela.
Le NYSE a perdu son titre de première Bourse mondiale, et cela ne change rien à ce que vous avez à faire. Il continue de fabriquer le prix de référence des plus grandes entreprises de la planète, et vous y êtes déjà exposé sans effort particulier. La décision utile porte ailleurs : sur l’enveloppe et sur le coût total, les deux seuls paramètres que vous contrôlez entièrement quand le reste ne vous appartient pas.
Reste la question que cet article laisse ouverte, et qui est la vraie : quelle part de votre patrimoine doit être exposée aux actions, et quelle part doit dormir ailleurs ? Celle-là ne se joue pas à Wall Street. Je vous souhaite le meilleur pour votre épargne et surtout pour tout le reste.
Sources : Fédération mondiale des Bourses (juillet 2026) ; MSCI World au 30 juin 2026 ; S&P Dow Jones Indices, SPIVA et Persistence de fin 2025 ; loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 ; NYSE. Cet article est informatif et ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé ni un conseil fiscal. L’investissement comporte un risque de perte en capital, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
À propos de l’auteur

Édouard Petit
Créateur d’Épargnant 3.0 · Professeur de finance à l’ESCP · Auteur
Depuis 2015, j’aide des milliers d’investisseurs à éviter les erreurs les plus fréquentes avec les ETF et à construire un patrimoine sur le long terme.
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2015
actif depuis
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Les trois erreurs que j’observe le plus souvent dans les portefeuilles d’ETF.
Les contenus publiés sur Épargnant 3.0 sont fournis à titre pédagogique et ne constituent pas des conseils en investissement. Certains liens peuvent être affiliés, ce qui contribue au financement du contenu gratuit proposé sur le site. Vous pouvez vous référer à ma Charte éditoriale et politique de transparence. L’investissement comporte un risque de perte en capital.

Édouard Petit
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Petie remarque, il me semble qu’il y a une erreur sur les heures d’ouvertures. En hiver le temps donnés correspond à la zone GMT. Donc il s’agit de 15h30 22h à Paris. https://www.ig.com/fr/strategies-de-trading/horaires-d-ouverture-des-bourses-mondiales-200626#:~:text=Elles%20sont%20ouvertes%20de%209h30,h%20du%20matin%20GMT)*.
Merci Matt, la phrase n’était effectivement pas très claire. Il y a des horaires d’été et d’hiver à NYC, mais potentiellement avec un décalage.
Merci beaucoup Edouard, la culture financière que vous véhiculez à travers vos articles est très appréciable.
On y apprend toujours une foule de petits détails intéressants. (notamment votre paragraphe sur ICE)
Greg.
Très bon article, comme d’habitude.
J’investis régulièrement depuis 1 an et demi sur l’ETF SP500 de BNPP cité ci-dessus, avec un rendement honorable de 15% sur cette période. Néanmoins, compte-tenu de la chute du dollar, sa performance a été 7% inférieure à sa version HEDGED. Pensez-vous qu’il soit intéressant de mixer les 2 ETFs, voire de tout miser sur la version HEDGED, sachant que les frais sont identiques, à savoir 0,15% dans les 2 cas ?
Merci pour votre retour
Bonjour Mike,
D’après ce que j’ai lu, la version HEDGED n’est pas plus performant que la version non hedged sur le très long terme d’après les études historiques.
Vous payez une petite assurance en + en termes de frais de gestion, mais si ça vous permet d’être plus serein face aux risque de change sur le court terme, il vaut mieux viser la version Hedged, car la bourse c’est avant tout psychologique.
Mais les études historiques ne sont pas une prédiction du futur et il suffit que l’euro superforme le dollar sur de très longues périodes pour infirmer cette étude historique et démontrer qu’au bout du compte l’ETF hedged était meilleur que l’ETF non hedged.
Après combiner les 2 n’a probablement pas de sens, ça vous faire sousperformer sur le long terme par rapport à un individu A qui aura juste l’ETF hedged et à un individu B qui aura juste l’ETF non hedged, car quand l’un va superformer, l’autre aura tendance à sousperformer par rapport à l’autre et vice et versa et annulera le gain de superformance de l’un par rapport à l’autre, sauf si vous devenez très actifs sur les marchés et vous vendez votre ETF hedged pour racheter l’ETF non hedged et vice et versa en fonction de vos anticipations sur les variations de change.
Voir l’article ci-dessous pour la mise en place de cette stratégie pour comprendre qu’au final combiner les 2 n’est probablement pas une bonne idée :
https://blog.wesave.fr/mon-epargne/les-etf-et-le-risque-de-devises/
“Chez WeSave, nous utilisons ces ETF pour implémenter nos anticipations de variations de change. Si nous anticipons une amélioration de l’euro face à une autre devise, nous préférons utiliser des ETF couverts du risque de change. A l’inverse, si nous utilisons une forte baisse de l’euro, nous utilisons des ETF qui ne sont pas protégés du risque de devise afin de profiter pleinement de la variation de la devise qui dans ce cas est positive pour la performance du portefeuille. Enfin, si nous avons une vue mitigée ou pas de vues du tout, nous pouvons combiner l’ETF couvert et le non-couvert pour obtenir une exposition neutre à la devise.
Néanmoins cette protection a un coût.”
Bonjour Edouard,
Vous parlez de l’ETF S&P500 de BNP éligible au PEA. Je voulais juste savoir si cet ETF est meilleur que ceux proposés par les concurrents Lyxor et Amundi pour le PEA ?
Je suis positionné actuellement sur du Lyxor.
Il ya plus d’encours sur la version de BNPP, et il est en effet légèrement plus performant (comparatif trackinsight)
Bonjour Mike,
Merci. En fait par rapport à ses concurrents, la documentation BNPP n’est jamais claire sur les frais de gestion appliquées aux ETFs, je lis toujours 3% !!!! de frais annuels prélevés sur leur document DICI et j’ai jamais compris quels sont les frais réels que BNP prélevait.
Quand quelque chose n’est pas claire, je fuis !!!
De plus, leur interface de sélection des ETFs est vraiment pourrie et rebutante (il n’y a même pas le filtre “PEA”) alors que leur ETF SP500 est a priori meilleur.
Tout ça combiner, ça ne donne pas investir chez eux alors que certaines de leurs ETF seraient meilleures !
Bonjour Franck.
Les 3% mentionnés correspondent aux frais appliqués aux institutionnels sur le marché primaire. Les frais sur marché secondaire (le marché boursier « d’occasion » auquel nous avons accès en tant que particulier) sont uniquement de 0.15%
Bonour, les 3% sont des frais d’entrée, et les 0,15% des frais de gestion annuels.
J’investis régulièrement sur cet ETF SP500 de BNPP depuis 1 an et demi. Gros encours (800 millions), part faible (moins de 20 euros), faible bid-ask spread (très liquide), très bon tracking error (cf trackinsight), frais identiques aux autres (0.15%). « J’aurais du » à postériori investir sur la version HEDGED, mais c’est toujours facile de dire après.
Et non je ne bosse pas pour BNPP