Le bilan annuel du marché des SCPI vient d’être publié, et la fiscalité du capital a changé au 1er janvier 2026. Deux nouvelles qui, mises bout à bout, modifient sérieusement l’arbitrage entre SCPI, foncières cotées et ETF immobiliers. Voici les chiffres, et ce qu’ils impliquent pour votre épargne.
L’essentiel en 30 secondes
Les SCPI ont distribué 4,91 % en 2025, mais leur performance globale ressort à +1,46 % une fois la baisse du prix de part intégrée.
Le prix de part moyen recule pour la troisième année consécutive, soit -12,3 % cumulés depuis fin 2022.
Les foncières cotées ont vécu la même correction, mais en 2022 et en une seule année : -37 %.
Depuis le 1er janvier 2026, les prélèvements sociaux passent à 18,6 % sur les dividendes et les gains de PEA, mais restent à 17,2 % sur les revenus fonciers et l’assurance vie.
L’écart de frais entre une SCPI classique en direct et un ETF immobilier atteint un point à un point et demi par an.
En 2025, les SCPI ont distribué 4,91 % à leurs associés. La même année, ces mêmes associés ont réellement gagné 1,46 %.
Ces deux chiffres viennent de la même source, l’ASPIM et l’IEIF, dans le même communiqué. Ils ne se contredisent pas. Ils mesurent simplement deux choses différentes, et l’industrie ne met en avant que le premier.
La question « SCPI ou foncières cotées » ne se règle pas en comparant un taux de distribution à un cours de Bourse. Elle se règle en comparant ce qui reste dans votre poche, frais payés et impôt réglé. Et la fiscalité vient de bouger au 1er janvier 2026, dans un sens que peu d’articles ont intégré.
La distribution n’est pas la performance
Performance globale annuelle 2025 des SCPI, toutes catégories confondues, pondérée par la capitalisation. Source : ASPIM et IEIF, communiqué du 10 février 2026. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps.
SCPI et SIIC : deux façons très différentes de posséder les mêmes murs
Une SCPI (Société Civile de Placement Immobilier) est une société qui achète des immeubles, les loue, et vous reverse votre quote-part des loyers. Elle n’est pas cotée en Bourse. Le prix de sa part est fixé par la société de gestion, à partir d’expertises immobilières réalisées une fois par an.
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Une SIIC (Société d’Investissement Immobilier Cotée), qu’on appelle aussi foncière cotée, fait exactement le même métier. Mais c’est une entreprise cotée en Bourse. Son prix se forme en continu, par confrontation d’acheteurs et de vendeurs. L’équivalent américain s’appelle un REIT.
La différence n’est donc pas dans les murs. Elle est dans le mécanisme de formation du prix et dans le niveau d’endettement. Une SCPI emprunte peu. Une foncière cotée emprunte beaucoup : c’est son modèle. Elle achète 100 d’immeubles avec 60 d’argent des actionnaires et 40 de dette. Ce levier amplifie les gains, et amplifie les pertes.
SCPI et SIIC : ce qui les sépare vraiment
Critère
SCPI
SIIC / foncière cotée
Prix de la part
Fixé par la société de gestion, sur expertise annuelle
Fixé en continu par le marché
Volatilité affichée
Très faible, par construction
Élevée (plus de 20 % par an sur 5 ans)
Liquidité
Marché de gré à gré, délais possibles de plusieurs mois
Immédiate en Bourse
Endettement
Faible et encadré
Structurel, souvent 35 à 45 % de la valeur des actifs
Frais d’entrée
8 à 12 % en général, 0 % pour une minorité de véhicules
Frais de courtage seuls
Diversification pour 200 €
Une SCPI, quelques dizaines à centaines d’immeubles
Via un ETF, plusieurs centaines de foncières
Nature fiscale du revenu
Revenu foncier
Dividende (revenu de capitaux mobiliers)
Éligibilité PEA
Non
Non en direct, oui via un ETF synthétique dédié
Retenez surtout la dernière ligne du tableau, parce que c’est celle qui a le plus d’impact sur votre rendement net, et c’est celle dont on parle le moins.
Que s’est-il vraiment passé sur le marché des SCPI depuis 2023 ?
Beaucoup d’épargnants ont acheté des SCPI entre 2019 et 2022 en pensant acheter un produit « comme un fonds en euros, mais qui rapporte 4,5 % ». Ils ont découvert autre chose.
La remontée des taux d’intérêt a fait baisser la valeur des immeubles. Les expertises ont suivi, avec du retard. Puis les prix de part ont suivi les expertises, avec encore du retard. Résultat : trois années consécutives de baisse du prix de part, de -4,9 % en 2023, -4,50 % en 2024 et -3,45 % en 2025, soit -12,3 % cumulés en moyenne pondérée sur le marché.
Trois ans de correction, en douceur mais sans pause
Indice construit à partir des variations moyennes pondérées par la capitalisation publiées par l’ASPIM : -4,9 % en 2023, -4,50 % en 2024, -3,45 % en 2025. Les loyers distribués ne sont pas inclus dans ce graphique. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Reste à comprendre pourquoi vous avez lu partout, pendant ces trois années, que « le rendement des SCPI monte ».
Le taux de distribution est un rapport : dividende annuel divisé par le prix de la part au 1er janvier. Si le dividende reste stable et que le prix de la part baisse de 5 %, le taux de distribution monte mécaniquement de 5 %. Sans qu’un seul euro de loyer supplémentaire n’ait été encaissé. L’ASPIM l’a d’ailleurs écrit noir sur blanc à propos de 2024 : la progression du taux de distribution s’expliquait par la baisse de 4,9 % du prix de part intervenue l’année précédente.
C’est pour cette raison que l’ASPIM a instauré, en octobre 2025, un nouvel indicateur : la Performance Globale Annuelle, qui additionne le taux de distribution et la variation du prix de souscription. C’est le seul chiffre à regarder. En 2025, il ressort à +1,46 %.
Un marché coupé en deux
Cette moyenne de +1,46 % masque un écart considérable selon le type d’immobilier détenu.
SCPI en 2025 : taux de distribution et performance globale par stratégie
Stratégie dominante
Taux de distribution
Performance globale
Diversifiée
6,0 %
+6,3 %
Logistique et locaux d’activité
5,6 %
+5,8 %
Hôtels, tourisme, loisirs
5,1 %
+5,1 %
Commerces
4,9 %
+4,1 %
Bureaux
4,6 %
-0,2 %
Santé et éducation
4,2 %
-1,3 %
Résidentiel
4,2 %
-4,5 %
Source : ASPIM et IEIF, statistiques 2025 publiées le 10 février 2026. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps.
Un épargnant en SCPI diversifiée et un épargnant en SCPI résidentielle ont vécu deux années 2025 radicalement différentes. Ils avaient pourtant acheté « de la pierre papier ».
Le vrai sujet : la liquidité
C’est le point le plus important de cet article, et le seul qui n’apparaisse dans aucun tableau de rendement.
2,8 Md€de parts en attente de retrait au 31 décembre 2025, soit 3,1 % de la capitalisation du marché
15 SCPIgérées par 7 sociétés de gestion concentrent environ les trois quarts de ce stock
967 M€de parts échangées en 2025 sur le marché secondaire, soit 1,1 % de la capitalisation
Une part « en attente de retrait », c’est un associé qui a demandé à vendre et qui attend qu’un acheteur se présente. Pas de teneur de marché, pas de contrepartie obligée. S’il n’y a pas d’acheteur, il attend. Des mois. Parfois plus.
Le blocage reste concentré sur des SCPI de bureaux, et pour l’immense majorité des véhicules cela s’est bien passé. Mais l’épargnant qui détenait l’une de ces quinze SCPI n’a pas eu de moyenne : il a eu son cas particulier.
L’erreur que je vois le plus souvent
Confondre faible volatilité et faible risque. Le prix d’une SCPI bouge peu parce qu’il est fixé une fois par an sur la base d’expertises, pas parce que les immeubles sous-jacents seraient plus stables que ceux d’une foncière cotée.
La valeur de réalisation des SCPI, c’est-à-dire l’estimation du patrimoine, a reculé de 2,5 % en 2022, 10,3 % en 2023 et 5,8 % en 2024 en moyenne pondérée. Le mouvement réel a bien eu lieu. Il a simplement été lissé, et communiqué avec retard.
C’est un choix de méthode comptable, pas une propriété magique de la classe d’actifs. L’AMF a d’ailleurs alerté publiquement, en mars 2025, sur la communication des performances des SCPI.
Les foncières cotées ont-elles fait mieux ?
Non. Elles ont fait la même chose, mais tout de suite, et avec le volume sonore poussé au maximum.
Prenons l’ETF le plus emblématique pour un épargnant français, l’Amundi PEA Immobilier Europe (FR0011869304), qui suit un indice de foncières cotées d’Europe développée.
Même sous-jacent, deux thermomètres
ETF : performances calendaires de l’Amundi PEA Immobilier Europe (FR0011869304), source justETF. SCPI : performance globale annuelle publiée par l’ASPIM pour 2025, et reconstituée par mes soins pour 2023 et 2024 en additionnant le taux de distribution et la variation du prix de part de l’année (4,52 % moins 4,9 % ; 4,72 % moins 4,50 %). Les échelles sont volontairement identiques. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Regardez 2022. Les foncières européennes ont perdu 37 % en une année, quand les SCPI ne bougeaient pratiquement pas. Même immobilier, mêmes locataires, mêmes taux d’intérêt. Le marché coté a simplement acté tout de suite ce que les expertises mettraient trois ans à reconnaître.
Sur cinq ans, cet ETF affiche -17,2 % cumulés, soit environ -3,7 % par an, avec une volatilité de 21 % et une perte maximale de 46 % entre un point haut et un point bas. Sur la même durée, les ETF de foncières mondiales, plus exposés aux États-Unis, s’en sortent mieux, mais avec une progression cumulée de l’ordre de 10 à 14 % seulement sur cinq ans.
Autrement dit : sur ce cycle, aucune des deux familles n’a été un bon placement. L’une l’a dit tout de suite, l’autre a mis trois ans à le dire.
Sur le long terme, laquelle a le mieux rapporté ?
La réponse dépend entièrement de la période retenue, et c’est justement ce qui la rend instructive. L’IEIF publie chaque année une étude de référence sur le taux de rendement interne des grandes classes d’actifs, dividendes et loyers inclus.
Taux de rendement interne annualisé selon la durée de détention
Classe d’actifs
5 ans (2019 à 2024)
15 ans
30 ans
40 ans
Actions
6,17 %
1re place
en tête
11,80 %
Foncières cotées
-7,3 %
n.d.
9,73 %
7 à 10 %
SCPI
2,15 %
5,26 %
n.d.
7 à 10 %
Logistique
6,23 %
7,78 %
n.d.
n.d.
OPCI grand public
négatif
2,94 %
n.d.
n.d.
Or
11,27 %
n.d.
n.d.
n.d.
Livret A
1,79 %
n.d.
n.d.
3,29 %
Inflation
2,68 %
n.d.
n.d.
n.d.
Source : IEIF, « 40 ans de performances comparées », édition 2025 portant sur la période 1984 à 2024. Une édition 2026 a depuis été publiée : je n’ai pas encore le détail chiffré classe par classe, les chiffres ci-dessus sont donc ceux de l’édition précédente. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps.
Trois enseignements, et le troisième est le plus important.
Un. Sur cinq ans, les SCPI ont rapporté 2,15 % par an quand l’inflation était de 2,68 %. Un épargnant entré en 2019 s’est donc appauvri en pouvoir d’achat, malgré des taux de distribution flatteurs affichés chaque année.
Deux. Sur trente ans, les foncières cotées dominent le classement immobilier avec 9,73 % par an : le levier de la dette a payé. Sur cinq ans, ces mêmes foncières sont le pire placement du tableau. C’est la même classe d’actifs.
Trois. Sur quarante ans, l’IEIF place les actions en tête à 11,80 % par an, devant l’immobilier sous toutes ses formes. Quand l’institut de référence de la pierre conclut lui-même que les actions ont mieux payé sur quatre décennies, cela mérite qu’on s’y arrête.
La question que personne ne pose : l’immobilier coté est-il vraiment une classe d’actifs ?
L’argument classique en faveur des foncières cotées est la diversification : elles seraient peu corrélées aux actions, donc elles amélioreraient le couple rendement/risque du portefeuille.
Deux travaux ont testé sérieusement cette affirmation : Kizer et Grover, Are REITs a Distinct Asset Class ? (2017), et Mladina, Real Estate Betas and the Implications for Asset Allocation (2018). La méthode est simple : on regarde si les facteurs de risque qui expliquent déjà les rendements des actions et des obligations suffisent à expliquer ceux des foncières.
La réponse est oui : un mélange d’exposition au marché actions, au facteur « taille » (small caps), au facteur « value » (actions décotées) et à des facteurs obligataires de taux et de crédit. Mladina montre que leur profil de risque ressemble à un portefeuille composé d’environ 60 % de small caps value et 40 % d’obligations à haut rendement.
Ce que cela change concrètement pour vous
Les foncières cotées ne sont pas un actif magique décorrélé. Ce sont des actions, avec un profil particulier. Elles méritent leur place dans un portefeuille : celle que leur donne leur poids réel dans la capitalisation boursière mondiale.
Et cette place, vous l’avez déjà. Si vous détenez un ETF MSCI World ou FTSE All-World, le secteur immobilier y figure déjà, à hauteur de sa capitalisation. Acheter un ETF de foncières en plus, ce n’est pas diversifier : c’est surpondérer un secteur. C’est une décision active, qui doit être assumée comme telle.
Kizer et Grover ne concluent d’ailleurs pas qu’il faut mettre zéro. Ils concluent qu’il n’y a pas d’argument analytique solide pour surpondérer au-delà du poids de marché.
Ajoutez une évidence trop souvent oubliée : si vous êtes propriétaire de votre résidence principale, vous êtes déjà lourdement exposé à l’immobilier, sur un seul bien, dans une seule ville, et souvent avec un levier de crédit important. Ajouter de l’immobilier par-dessus n’est pas toujours une diversification. C’est parfois une concentration.
Combien vous coûte réellement chaque solution ?
Les frais sont le seul paramètre que vous contrôlez à 100 %. Je calcule donc toujours le coût total annuel : frais de l’enveloppe plus frais internes du produit, frais d’entrée amortis sur la durée de détention.
Une précision, parce qu’elle prête à confusion. Les 8 à 12 % de frais de souscription d’une SCPI classique ne sont pas prélevés à l’entrée : ils sont supportés à la sortie, sous forme d’écart entre le prix de souscription et la valeur de retrait. Le résultat est identique : le jour de votre achat, votre part vaut environ 90 % de ce que vous avez versé.
Pour convertir ce coup initial en coût annuel, on cherche le taux qui, appliqué chaque année, produit la même perte. Sur quinze ans : 0,90 puissance 1/15, soit -0,70 % par an. Sur dix ans, -1,05 % par an. Plus vous restez longtemps, plus la ponction s’étale.
S’y ajoutent les frais de gestion, prélevés sur les loyers avant distribution, donc invisibles dans le taux de distribution qui est affiché net. Avec 4,91 % distribués et une commission de 12 % des loyers, le loyer brut était de 4,91 / 0,88, soit 5,58 %. La commission pèse donc 0,67 point de rendement par an, et 1,08 point si elle atteint 18 %.
Coût total annuel selon la solution retenue, horizon 15 ans
Solution
Entrée amortie
Enveloppe
Frais internes
Coût total annuel
SCPI classique en direct
0,70 %
0 %
0,67 à 0,90 pt
1,4 à 1,6 %
SCPI sans frais d’entrée en direct
0 %
0 %
0,83 à 1,08 pt
0,8 à 1,1 %
SCPI en assurance vie
0 à 0,35 %
0,50 %
0,67 à 1,08 pt
1,2 à 1,9 %
ETF foncières Europe en PEA
0 %
0 à 0,10 %
0,40 %
0,40 à 0,50 %
ETF foncières monde en compte-titres
0 %
0 %
0,24 %
0,24 à 0,30 %
ETF foncières en assurance vie
0 %
0,50 %
0,24 à 0,40 %
0,74 à 0,90 %
Hypothèses : 10 % de frais de souscription pour une SCPI classique, détention 15 ans, prix de part constant, commission de gestion de 12 à 18 % TTC des loyers encaissés, contrat d’assurance vie à 0,50 % de frais annuels sur unités de compte. Les commissions d’acquisition et de cession d’immeubles ne sont pas incluses, elles s’ajoutent.
L’écart atteint un point à un point et demi par an entre la SCPI classique en direct et l’ETF. Sur vingt ans, un point de frais annuel ampute le capital final d’environ 18 %. J’ai détaillé chaque ligne, y compris les commissions d’acquisition dont on ne parle jamais, dans mon article sur les frais des SCPI.
Le vrai visage des SCPI « sans frais d’entrée »
Elles sont environ huit sur le marché en 2026 et affichent les meilleurs taux de distribution : 7,14 % pour Iroko Zen en 2025, 7,05 % pour Remake Live. C’est réel. Deux nuances s’imposent néanmoins.
Les frais n’ont pas disparu, ils ont déménagé. La commission de gestion passe à 14,40 % TTC des loyers chez Iroko Zen et environ 18 % TTC chez Remake Live, contre 10 à 12 % en moyenne dans le modèle classique. Et une commission de sortie s’applique en cas de retrait anticipé : 6 % TTC avant 3 ans chez Iroko Zen, portée à 6 ans pour les parts émises à compter du 1er septembre 2026, et avant 5 ans chez Remake Live.
L’effet millésime. Ces SCPI ont été lancées en 2020, 2021 ou 2022. Elles n’ont donc aucun immeuble acheté au sommet du cycle, en 2019, à des taux de rendement de 3,5 %. Elles ont acheté après la correction, à des taux nettement plus élevés. Comparer leur rendement à celui d’une SCPI créée dans les années 1970 ne compare pas deux talents de gérant : cela compare deux dates d’entrée sur le marché.
Ces véhicules ne sont pas mauvais, au contraire : leur structure de frais est plus honnête. Mais leur avantage de rendement est en partie mécanique. Quand elles auront elles aussi un patrimoine acheté à des dates variées, leurs taux convergeront vers ceux du marché.
Fiscalité 2026 : ce qui vient de changer et que personne n’a intégré
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, adoptée le 16 décembre 2025, a créé une contribution supplémentaire de 1,4 point qui s’ajoute à la CSG sur les revenus du capital. Le taux global de prélèvements sociaux passe donc de 17,2 % à 18,6 %, et le prélèvement forfaitaire unique, la « flat tax », de 30 % à 31,4 %.
Mais la hausse n’est pas générale, et c’est là que cela devient décisif.
Qui reste à 17,2 %, qui passe à 18,6 %
Restent à 17,2 % : les revenus fonciers, donc les loyers de SCPI ; les plus-values immobilières ; les produits d’assurance vie et de capitalisation ; les PEL, CEL et PEP.
Passent à 18,6 % : les dividendes, les intérêts, les plus-values sur valeurs mobilières, les gains de PEA et de PER, les revenus des comptes-titres.
Conséquence directe : un dividende de foncière cotée logé sur un compte-titres est désormais taxé à 31,4 %, alors que le même immobilier détenu via une SCPI en assurance vie reste à 17,2 % de prélèvements sociaux. Pour le PEA, les prélèvements sociaux sont stratifiés : 17,2 % sur les gains acquis avant 2026, 18,6 % au-delà.
Autre point propre aux foncières : les dividendes des SIIC n’ouvrent pas droit à l’abattement de 40 % applicable aux dividendes classiques, parce qu’ils proviennent de bénéfices déjà exonérés d’impôt sur les sociétés. Si vous optez pour le barème plutôt que la flat tax, l’intégralité du dividende est imposée à votre tranche marginale.
Sur 10 000 € de revenu brut, pour un épargnant à 30 % de tranche marginale, voici ce que cela donne.
10 000 € de revenus bruts : ce qu’il vous reste en 2026
Support et enveloppe
Nature du revenu
Prélèvement
Il vous reste
SCPI française en direct
Revenu foncier
30 % + 17,2 % = 47,2 %
5 280 €
SIIC ou ETF foncières en compte-titres
Dividende, sans abattement
31,4 %
6 860 €
SCPI en assurance vie après 8 ans
Produit de contrat
7,5 % + 17,2 % = 24,7 %
7 530 €
ETF foncières en PEA après 5 ans
Gain de PEA
0 % d’IR + 18,6 %
8 140 €
SCPI européenne en direct
Revenu foncier étranger
Fiscalité locale, IR neutralisé, PS écartés selon convention
7 500 à 8 500 €
Calculs pour une tranche marginale de 30 %, hors effet de la CSG partiellement déductible (6,8 %) qui améliore légèrement le résultat de la première ligne l’année suivante. Assurance vie : au-delà de l’abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule ou 9 200 € pour un couple, et sous réserve du seuil de 150 000 € de versements. PEA : hypothèse de gains postérieurs au 1er janvier 2026. SCPI européenne : la fiscalité étrangère est prélevée en amont, les taux de distribution affichés par les sociétés de gestion sont généralement bruts de cette fiscalité. La charge finale dépend du pays d’investissement et de la convention fiscale applicable.
Ce tableau contient l’essentiel de la réponse. Détenir de l’immobilier en direct, sous forme de revenus fonciers, est le mode de détention le plus lourdement taxé de tous. Ce n’est pas une opinion, c’est de l’arithmétique.
Le piège de l’optimisation fiscale à l’envers
La bonne enveloppe ne rachète jamais un mauvais produit. Un ETF de foncières logé dans un PEA vous fait économiser l’impôt sur le revenu, mais si la classe d’actifs perd 3,7 % par an sur cinq ans, l’économie fiscale ne sert à rien.
Et il y a un coût caché que je ne vois jamais mentionné : le plafond du PEA est de 150 000 € de versements. Chaque euro que vous y consacrez à un secteur immobilier est un euro que vous ne consacrez pas à un ETF monde. Sur un horizon long, c’est un arbitrage lourd de conséquences.
Comment investir concrètement, produit par produit
Pour les foncières cotées : un seul ETF est éligible au PEA
Depuis 2011, les actions de SIIC ne peuvent plus être détenues dans un PEA. Un seul ETF contourne cette limite : l’Amundi PEA Immobilier Europe (FTSE EPRA/NAREIT), FR0011869304, à 0,40 % de frais annuels.
Il y parvient grâce à une réplication synthétique : le fonds détient un panier d’actions européennes éligibles au PEA et échange leur performance contre celle de l’indice immobilier, via un swap conclu avec une banque. C’est légal et encadré, mais cela ajoute deux points de vigilance : un risque de contrepartie sur la banque partenaire, et un encours modeste, de l’ordre de 29 millions d’euros.
Les principaux ETF de foncières cotées accessibles depuis la France
ETF
ISIN
Zone
Frais annuels
Encours
Enveloppe
Amundi PEA Immobilier Europe
FR0011869304
Europe développée
0,40 %
29 M€
PEA, CTO, AV
HSBC FTSE EPRA Nareit Developed
IE00B5L01S80
Monde développé
0,24 %
2 020 M€
CTO, AV
HSBC FTSE EPRA Nareit Developed (capitalisant)
IE000G6GSP88
Monde développé
0,24 %
854 M€
CTO, AV
Amundi FTSE EPRA NAREIT Global
LU1437018838
Monde développé
0,24 %
404 M€
CTO, AV
Xtrackers FTSE EPRA/NAREIT Developed Europe
LU0489337690
Europe développée
0,33 %
676 M€
CTO, AV
iShares Developed Markets Property Yield
IE00B1FZS350
Monde développé
0,59 %
1 060 M€
CTO, AV
Source : justETF, données arrêtées au 31 juillet 2026 pour les encours et les frais courants. La disponibilité en assurance vie dépend de chaque contrat. Ceci n’est pas une recommandation d’achat.
L’essentiel est ailleurs : hors PEA, on trouve des ETF mondiaux à 0,24 %, avec plus de 2 milliards d’euros d’encours et une réplication physique. Payer 0,59 % pour la même exposition n’a aucun sens. Pour l’intermédiaire, voyez mon comparatif des courtiers PEA et compte-titres.
Pour les SCPI : l’assurance vie change presque tout
Un bon contrat d’assurance vie corrige plusieurs défauts du produit d’un seul coup : frais d’entrée réduits ou nuls, fiscalité de l’assurance vie au lieu du régime foncier, liquidité assurée par l’assureur, possibilité d’investir de petits montants.
Un critère est décisif, et il est écrit en tout petit dans les conditions générales : le pourcentage de loyers reversé. La plupart des assureurs ne vous en reversent que 80 à 85 % et gardent la différence. Sur un rendement de 5 %, cela vous coûte 0,75 à 1 point par an.
Linxea Spirit 2 (assuré par Spirica, Crédit Agricole) : 0,50 % de frais annuels sur unités de compte, 21 SCPI, 100 % des loyers reversés, jouissance des revenus dès le premier jour.
Lucya Cardif (assuré par Cardif, BNP Paribas) : 0,50 % de frais annuels, 100 % des loyers, décote sur le prix d’achat des parts.
Placement Direct Patrimoine (assuré par Garance) : 0,50 % de frais annuels, avec des SCPI de nouvelle génération sans frais d’entrée.
Chaque contrat impose ses contraintes : montant minimum par SCPI, plafond en pourcentage de l’encours, liste de supports susceptible d’évoluer. Lisez-les avant de souscrire, pas après. Le détail figure dans mon comparatif des assurances vie.
La contrepartie dont on ne parle jamais
En assurance vie, vous n’êtes pas propriétaire des parts de SCPI. C’est l’assureur qui l’est. Vous détenez une créance sur lui.
En pratique, cela fonctionne bien et la liquidité est meilleure qu’en direct. Mais l’assureur peut modifier sa liste de supports, plafonner les versements sur une SCPI, ou répercuter les contraintes de liquidité du véhicule sous-jacent. Ce n’est pas théorique : c’est arrivé sur plusieurs contrats en 2023 et 2024.
Et l’achat de SCPI à crédit ?
C’est l’argument commercial numéro un des vendeurs de SCPI. Le raisonnement : vous empruntez à 3,5 %, la SCPI rapporte 5 %, vous encaissez l’écart, et les intérêts d’emprunt sont déductibles de vos revenus fonciers. Sur le papier, c’est imparable.
Dans la réalité, cet écart de 1,5 point est brut. Une fois payés l’impôt sur le revenu à 30 % et les prélèvements sociaux à 17,2 %, il se réduit à quelques dixièmes de point. Et le levier fonctionne dans les deux sens : entre 2023 et 2025, un investisseur à crédit a remboursé un capital fixe en face d’un actif qui perdait 12,3 % de sa valeur.
Le crédit n’est pas une stratégie, c’est un amplificateur. Il rend un bon placement meilleur et un mauvais placement pire. J’ai détaillé les autres montages, dont le démembrement, dans cet article sur les enveloppes des SCPI.
Comment j’aborde la poche immobilière dans un portefeuille lazy
Le cœur d’un patrimoine financier doit être composé d’actifs liquides, diversifiés et peu chargés en frais. C’est la liquidité qui permet de rééquilibrer, donc de vendre ce qui a monté pour acheter ce qui a baissé. Un actif que vous ne pouvez pas céder pendant six mois ne peut pas jouer ce rôle. C’est l’un des principes que je développe dans mon guide sur la gestion passive.
Cela dit, l’immobilier a une vertu qu’aucun tableau ne mesure : beaucoup d’épargnants s’y sentent bien. Ils tiennent leur stratégie parce qu’ils voient des loyers tomber chaque trimestre, là où une baisse de 20 % sur un ETF les ferait paniquer. Ce n’est pas rationnel financièrement. Ça l’est parfaitement sur le plan comportemental. Et le meilleur portefeuille reste celui que vous conserverez.
Cinq principes que j’applique
La poche immobilière reste une poche. Elle ne remplace ni les actions, ni le fonds en euros, ni votre épargne de précaution.
Comptez votre résidence principale. Si elle représente déjà 60 % de votre patrimoine, la question de l’exposition à l’immobilier est déjà tranchée.
Le PEA d’abord, l’immobilier ensuite. Le plafond de 150 000 € est une ressource rare. Je le réserve à un ETF monde large.
Regardez la performance globale, jamais le taux de distribution seul. Distribution plus variation du prix de part. C’est le seul chiffre honnête.
Un ETF de foncières est une surpondération sectorielle assumée. Pas une diversification gratuite. Si vous en prenez, sachez pourquoi.
Un dernier mot sur les montants. Une SCPI ne s’amortit pas en trois ans. Entre les frais d’entrée, le délai de jouissance et les cycles immobiliers, l’horizon raisonnable est de dix à quinze ans minimum. Si vous n’êtes pas certain de tenir dix ans, la question ne se pose pas.
Questions fréquentes
Les SCPI sont-elles décorrélées de la Bourse ?
Leur prix affiché l’est, parce qu’il est administré. Leur valeur économique ne l’est pas : elle dépend des mêmes taux d’intérêt et de la même conjoncture que les foncières cotées. La corrélation existe, elle est simplement décalée dans le temps. En 2022, les foncières cotées ont chuté de 37 %. En 2023, 2024 et 2025, les SCPI ont ajusté leurs prix. C’est le même événement, filmé au ralenti.
Peut-on mettre des SCPI dans un PEA ?
Non, jamais. Le PEA est réservé aux actions et aux fonds éligibles, et les SIIC en direct n’y ont plus leur place depuis 2011. Seul un ETF construit pour rester éligible permet de s’exposer à l’immobilier coté dans un PEA. Pour un PER, l’accès aux SCPI dépend entièrement du contrat, comme je le détaille dans mon comparatif des PER.
Faut-il préférer une SCPI européenne pour la fiscalité ?
L’avantage est réel, mais son mécanisme est souvent mal expliqué. Les loyers de source étrangère sont d’abord imposés dans le pays où se trouve l’immeuble. En France, la double imposition est ensuite éliminée par la convention fiscale bilatérale, soit par la méthode du taux effectif, soit par celle du crédit d’impôt. Dans le premier cas, le revenu n’entre pas dans la base imposable française, ce qui l’écarte en pratique des prélèvements sociaux de 17,2 %. Pour une tranche marginale à 30 % ou plus, l’écart avec une SCPI française est significatif.
Deux réserves. Les taux de distribution affichés sont généralement bruts de la fiscalité étrangère : une partie de l’avantage est déjà consommée avant que vous ne voyiez le chiffre. Et surtout, choisir une SCPI pour sa fiscalité plutôt que pour la qualité de son patrimoine, c’est le raisonnement qui a conduit des milliers d’épargnants vers des produits de défiscalisation médiocres. La fiscalité vient après la qualité du produit, jamais avant.
Faut-il vendre ses SCPI de bureaux maintenant ?
Je n’ai pas de boule de cristal. Ce que je peux dire, c’est qu’une décision de vente se prend en fonction de votre allocation cible et de votre horizon, jamais à cause d’une baisse passée. Si votre exposition immobilière est cohérente avec votre plan, vendre après une baisse de 12 % revient à cristalliser une perte et à payer des frais de sortie. Si elle ne l’est pas, la baisse n’est pas la raison de vendre : votre plan l’est.
Les OPCI sont-ils une alternative ?
Les chiffres répondent pour moi. En 2025, les OPCI grand public ont enregistré 1,3 milliard d’euros de décollecte, pour une performance de +0,9 % et un actif net en recul de 12 % sur un an. Sur quinze ans, leur taux de rendement interne ressort à 2,94 % par an, moins bien que les SCPI. Ce produit hybride cumule les frais de deux mondes sans les avantages de l’un ni de l’autre.
Conclusion pour l’Épargnant 3.0
La question « SCPI ou foncières cotées » est mal posée. Les deux détiennent le même immobilier. Ce qui vous sépare d’un bon résultat, ce n’est pas le choix entre les deux, c’est la somme des frais et des impôts que vous laissez sur la table.
Voici ce que je vous propose de faire, dans l’ordre.
Calculez votre exposition immobilière réelle, résidence principale comprise, en pourcentage de votre patrimoine total. Beaucoup découvrent qu’ils sont déjà à 70 %.
Si vous détenez des SCPI, calculez leur performance globale et non leur taux de distribution : distribution de l’année plus variation du prix de part. Faites-le sur trois ans.
Additionnez vos frais réels : frais d’entrée amortis, commission de gestion, frais d’enveloppe. Si vous dépassez 1,5 % par an, vous avez un problème structurel.
Vérifiez le pourcentage de loyers reversé si vous détenez des SCPI en assurance vie. Si c’est 80 %, changez de contrat pour vos futurs versements.
Ne financez pas cette poche avec votre plafond de PEA. Réservez-le à un ETF monde large.
Les points 2 et 3 sont des calculs que vous pouvez faire en deux minutes sur votre téléphone. L’application Épargnant 3.0 les intègre, notamment l’impact des frais sur longue période et le calcul des intérêts composés. Elle est gratuite et ne demande aucune inscription.
Reste la question qui vient juste après : quelle part de votre patrimoine consacrer à cette poche, et comment articuler l’immobilier avec les actions, le fonds en euros et votre horizon réel. C’est exactement ce que je détaille dans la Masterclasse gratuite d’Épargnant 3.0.
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ETF : les trois erreurs qui vous coûtent vraiment cher
Une heure pour comprendre les erreurs à éviter et investir plus efficacement.
Une dernière chose. En 2025, le taux de distribution moyen des SCPI a progressé pour la troisième année consécutive, et pratiquement toute la presse patrimoniale a titré sur ce rebond. Pendant ce temps, le prix de part reculait pour la troisième année consécutive lui aussi. Les deux informations étaient dans le même communiqué, à trois paragraphes d’écart. Une seule a été reprise.
Savoir lire un communiqué en entier, c’est déjà une bonne partie du travail d’investisseur.
Je vous souhaite le meilleur pour votre épargne et surtout pour tout le reste !
À propos de l’auteur
Édouard Petit
Créateur d’Épargnant 3.0 · Professeur de finance à l’ESCP · Auteur
Depuis 2015, j’aide des milliers d’investisseurs à éviter les erreurs les plus fréquentes avec les ETF et à construire un patrimoine sur le long terme.
50 000+
livres vendus
2 500+
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2015
actif depuis
Guide gratuit
Les trois erreurs que j’observe le plus souvent dans les portefeuilles d’ETF.
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Les contenus publiés sur Épargnant 3.0 sont fournis à titre pédagogique et ne constituent pas des conseils en investissement. Certains liens peuvent être affiliés, ce qui contribue au financement du contenu gratuit proposé sur le site. Vous pouvez vous référer à ma Charte éditoriale et politique de transparence. L’investissement comporte un risque de perte en capital.
Édouard Petit
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Comprendre pourquoi le cours du baril et la performance de votre produit ne disent pas la même chose, et choisir l’enveloppe en conséquence. Un ETF matières premières éligible au PEA existe, contrairement à ce qu’on lit partout. Erreur n° 1 : croire qu’on achète du pétrole. Tapez « ETF matières premières » chez votre courtier…
Vous saurez reconnaître, en quelques minutes, si un fonds logé dans votre contrat mérite d’y rester. Et par quel arbitrage commencer si la réponse est non. Un OPC est un contenant, pas un produit. OPC signifie Organisme de Placement Collectif. C’est un portefeuille commun d’actifs financiers, découpé en parts, que des milliers d’épargnants détiennent ensemble….
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Vous ne parlez pas des OPCI qui si j’ai bien compris investissent à la fois dans des fonds immobiliers et dans les SCPI : est ce parce que vous jugez les OPCI peu pertinents ?
Il me semblait qu’il n’était pas possible d’investir dans des SIIC au sein d’un PEA. Est-ce que je me trompe à votre avis ?
Aussi, est-il plus intéressant d’investir dans une assurance vie ou dans un PEA, pour des SIIC. ?
Pourquoi ne pas avoir parler des Scpi Européennes (et en démembrement quitte à faire) comme Corum, Novapierre ou Pierval ?
A titre perso, j’ai crainte que l’immo français soit un peu surévalué (taux de crédit bas, chomage important) et peur d’une potentielle crise sur l’immobilier (taux de chomage important, dérapage budgétaire qu’il faudra sans doute rembourser par l’impôt…) et je suis un peu plus rassurer dans un pays comme l’Allemagne qui, me semble t’il, dégage un excédent budgétaire, maîtrise mieux ses budgets, a un prix de l’immobilier qui me semble plus accessible (je ne suis pas un spécialiste de ce dernier point). Mais les SCPI Européennes, c’est important. Voir aussi les fonds fermées (ZBI par exemple).
Merci pour cette synthèse, étant donner que les siic ne sont pas décorellé en cas de baisse du marché boursier, autant rester sur une stratégie ETF diversifier et un “bon” fond euros?
Bonjour Edouard, Merci pour cette article très complet qui compare les différentes façon d’investir dans les SCPI. Je me lance un peu dans les SCPI via AV (Spirica) dans une but de diversificatio uniquement. J’attends avec impatience le futur article sur les foncières côtées. ;)
Bonjour Edouard, article passionnant (comme toujours).
Pour une action vous avez démontré qu’il est impossible d’identifier quelle action va surperformer. Selon vous le marché des SCPI est-il également efficient? En d’autres mots, pensez-vous qu’il soit possible d’identifier une SCPI “bon marché”?
L’immobilier est source de diversification. Question sur les trackers : quel(s) tracker(s) à couverture mondiale, côté(s) sur Euronext, sont disponibles avec un volume significatif ? Une offre large existe aux USA, les trackers Real Estate sont dans la culture du pays, mais l’offre semble pauvre chez nous. Des idées des membres du forum ?
Ça a l’air plutôt intéressant comme placement. Bien que les rendements ne soient pas garantis, j’ai réalisé après quelques recherches que ces institutions enregistrent une bonne rentabilité annuellement. Merci pour cette publication.
Ciao
Merci de cet article fort intéressant sur un placement tres à la mode en ce moment.
Investir dans des SCPI sur des biens immobiliers situés en France semble ainsi peu rentable et surtout risqué au vu des valorisations actuelles.
Par contre, je me pose la question d’investir dans l’immobilier allemand, pour notamment me couvrir du risque de change dans l’hypothese de la fin de l’euro (inéluctable et donc à preparer) et du retour du Deutsch Mark et Franc:
– On peut investir des maintenant à crédit dans de l’immobilier allemand qui sera in fine coté en DM
– On bénéficie ainsi du rattrapage en cours de la valorisation de l’immobilier allemand tout en bénéficiant in fine d’une protection due à l’effet devise avec un DM qui devrait etre valorisé à +25% minimum par rapport au franc.
Je suis encore en phase exploratoire mais j’ai repéré les liens suivants qui peuvent aider à avancer sur ce sujet.
Je vous les soumets pour recevoir vos éventuels commentaires:
Bonjour,
Il ne faut pas oublier que les SCPI sont avant tout de l’immobilier.
Donc au niveau des frais, 10% est la norme.
Comparez avec un bien en direct où à l’acquisition vous sortez 8% de frais notarié et 3 à 15% de frais d’agence.
Sans compter que les SCPI parle de rendement net frais d’aquisition inclus, quand en immobilier, on parle souvent de rendement brut frais d’acquisition exclus.
Sinon, le gros avantage des SCPI est surtout l’accès via le crédit, donc avec des fonds qu’on ne possède pas.
Sinon en liquidité, c’est sûr, ce n’est pas le placement idéal.
Pour les frais, pourquoi pas. Cela étant, il faut faire attention. Ces frais incluent des frais de distribution de la SCPI. Ils viennent en supplément des frais dits de notaire et des frais de recherche. Donc en réalité, vous avez des frais d’acquisition à ceux qui sont affichés.
Par ailleurs, c’est une question d’allocation d’actif. Je pense que les frais d’entrée pour l’immobilier sont aussi un mauvais plan !
Mais, je vous rejoins, les SCPI sont probablement souvent intéressantes par rapport à, par exemple, un studio en direct. A moins, suiper bien travailler son marché, de retaper son bien, faire du home staging, du meublé etc.
Pour le crédit. Je pense que l’on exagère un peu son intérêt. Ce qu’il faut regarder c’est le taux de rendement interne net d’impôt. Or l’achat à crédit, donc avec de l’argent que l’on a pas, que dans les cas que j’ai cités dans l’article. Autrement, c’est plus rentable de n’investir qu’avec l’argent que l’on a.
Je souhaite investir à crédit pour plusieurs raisons (locataire ma RP avec un loyer très très bas, pas de crédit en cours) mais avec un TMI à 30% (cadre sup en CDI sur Paris) j’exclue donc les SCPI sur l’immobilier en France. Souhaitant aller à court/moyen terme travailler en Suisse j’exclue les SCPI fiscales. Ne souhaitant pas gérer moi même un bien (en LMNP direct par exemple) il me reste : l’investissement à crédit dans les SCPI hors de France et le LMNP géré par professionnels. Ces deux solutions me semblent compatibles avec l’investissement passif à crédit et le fait que je serais a priori bientôt résident fiscal suisse.
Que pensez-vous de ce choix d’investir à crédit dans des SCPI hors de France (style Corum XL) et dans le LMNP géré par professionnels ? (Et ce, en passant par un CGP indépendant car je débute)
Merci à ceux qui auront pris le temps de me lire, j’attends vos retours avec impatience :)
Merci Edouard. Ce post est une référence sur la fiscalité des SCPI selon moi.
Cela m’a motivé pour reconsidérer les atouts et inconvénients de ce support.
Et je suis moins enthousiaste qu’à l’époque où j’ai investi dessus via un crédit in fine.
L’opération que j’ai réalisée à l’époque était la suivante :
– investissement une SCPI de rendement
– nantissement de la moitié du montant investit en SCPI sur un contrat d’assurance vie (fonds en euros)
– crédit in fine avec un taux inférieur au rendement de la SCPI
Ma thèse à l’époque était la suivante :
(1) sur 20 ans, avec l’inflation, j’ai de bonnes chances de pouvoir revendre mes parts au même prix que je les ait achetées
(2) pendant ce temps, comme la SCPI a un rendement supérieur à l’emprunt, je génère du cash flow. Si tout se passe normalement, ce cash flow est à moi (TRI infini);sinon il me permet d’amortir la baisse du prix de la part
Mais aujourd’hui je vois les choses différemment : je ne suis plus du tout sûr que (1) soit valide, et je pense que le prix de la part peut beaucoup baisser dans certains scénarios.
De plus, les cash flows générés semblent beaucoup moins intéressants si on voit les choses d’un autre point de vue.
Considérons le scénario simplifié suivant :
– prix de la part constant
– on a un dividende fixe 2% au dessus du coût de l’emprunt
Tous les ans on génère 2% de cash flow, mais seulement à peu près 1% net à cause des impôts.
De plus il faut compenser les 10% de frais d’entrée, ce qui coûte 0.5% net annuels si durée de 20 ans.
Ainsi les SCPI boostent l’AV de 1% par an (car on a bloqué que la moitié de la somme en AV).
Or j’ai dû nantir l’AV dans la banque qui m’a fait le prêt. J’étais bien conscient à l’époque que cela signifiait un rendement inférieur aux meilleures AV internet.
La sous-performance du contrat d’AV de ma banque par rapport à un contrat internet doit être d’environ 0.5%.
Au final, dans ce scénario, l’ajout de parts de SCPI (avec levier 2 !) ajoute 0.5% de performance au fonds en euros. Le risque n’est quasiment pas rémunéré !!
Bon il faut dire qu’entre temps les taux ont baissé (et j’ai renégocié mon prêt) et le prix de la part a un peu augmenté donc pour moi, la performance à postériori n’est pas si mauvaise pour l’instant.
Mais cela ne veut pas dire que j’ai fait un bon investissement, simplement que j’ai eu la chance du débutant …
Qu’en pensez-vous ? Voyez-vous les choses comme moi à l’époque ou comme maintenant (les deux raisonnement pouvant se tenir selon le point de vue) ?
Comme le précédent commentateur, je reste pour l’instant à l’écart des SCPI. Je pense aussi que l’épargnant Français n’est pas trop rationnel quand il s’agit d’investissement immobilier (c’est comme la défiscalisation; ça anesthésie l’esprit critique) et que le rythme de collecte actuel entraîne des pratiques discutables (sociétés de gestion qui font racheter leurs propres SCI à leurs SCPI avec des valorisations opaques pour consommer le cash de la collecte).
Pour renforcer et diversifier la part immobilière de mon patrimoine en plus de ma RP, je préfère les SIIC. C’est liquide et ça permet une meilleure diversification géographique et sectorielle. La volatilité ne m’empêche pas de dormir, mais je comprends que ça puisse être compliqué à gérer (psychologiquement et en pratique) pour d’autres personnes.
Sinon, pour faire prendre conscience des risques potentiels des SCPI, j’étais tombé un article de 1997 dans l’Express intéressant “Gestion des SCPI: dérapage à tous les étages”. Indépendamment de l’avènement prochain ou non d’une crise des SCPI, l’article permets de mettre en lumière les magouilles qui peuvent prospérer dans un contexte d’engouement pour ce placement.
Mais quelques points tout de même sur des principes de base de gestion de portefeuille lazy:
– La diversification, entre actifs si possible peu corellé, est à favoriser. Les SCPI sont tout de même assez décorellées.
– La réussite vient surtout du psychologique, et il est important de se sentir bien avec son portefeuille.
Par ailleurs, je trouve que c’est tout de même une façon d’investir dans l’immobilier beaucoup plus lazy que l’immobilier en direct (surtout si l’on optimise avec du meublé).
Les SCPI ne sont donc pas complètement à bannir à mon sens. Et pour certaines personnes en mettre un peu, peut faire du sens.
Après, c’est loin d’être un produit parfait, et je pense qu’il ne faut pas trop en mettre.
Il faudra que je fasse un article sur les foncières cotées. Il y a aussi du pour et du contre de ce côté là.
Je suis d’accord avec vous sur le fait que les SCPI peuvent avoir leur place dans un portefeuille diversifié.
J’y viendrai probablement un jour quand l’immobilier hors-RP commencera à représenter une somme suffisante dans mon patrimoine et que je commencerai à penser à stabiliser les revenus de mon épargne (et je n’ai pas trop un tempérament à me lancer dans la gestion en direct).
Le but de mon message était seulement d’apporter mon point de vue et des éléments supplémentaires sur les risques qui peuvent peser sur les SCPI pour contrebalancer l’engouement actuel auprès des épargnants “bon père de famille” qui cherchent une alternative aux fonds en euros en perte de vitesse sans forcément mesurer les conséquences de leur investissement en SCPI.
Est-il intéressant d’investir à crédit dans les SCPI européennes (pour éviter la fiscalité française) étant français résident fiscal français mais sur le point de partir en Suisse travailler ?
Merci pour cette synthèse très intéressante et documentée sur un sujet qui suscite d’intarissables débats sur les forums d’investissement… Pour ma part, après pas mal d’hésitations, je suis resté à l’écart des SCPI, ne partageant pas l’appétit irrationnel de mes compatriotes pour l’immobilier. Surtout, outre la hauteur des frais, notamment d’entrée, la “mode” des SCPI m’inquiète un peu; certains risquent de regretter un jour de s’être engagés de manière hâtive dans un investissement illiquide si le vent vient à tourner. L’ampleur de la collecte pousse forcément certaines SCPI à acheter des biens de moindre qualité ou rentabilité, et les CGP ont un intérêt trop évident à préconiser cet investissement. Mais bon, l’idée que l’immobilier “ça n’peut pas baisser” a la vie dure. Je me borne à acheter des foncières européennes, voire françaises (Foncière Volta, CBO Territoria, mais celle-ci stagne depuis longtemps à mon goût) en PEA. Pour les SCPI, je suis d’accord, l’achat en AV me semble la meilleure (ou moins mauvaise) solution.
Je suis globalement assez d’accord avec vous. Pour préciser ma pensée et vous répondre sur certains points, j’ai completé l’article. Il est difficile de “timer” un marché, dont celui des SCPI. Donc, vu qu’il est possible d’investir progressivement, surtout en AV … je pense que cela se regarde.
Le manque de liquidité (hors AV) est un réel problème. Et la performance n’est pas si bonne pour une liquidité si réduite.
Pour les foncières, pourquoi pas. Mais c’est tout de même sacrément volatile. Il faudra que je fasse un article sur les foncières.
Bonjour,
Vous ne parlez pas des OPCI qui si j’ai bien compris investissent à la fois dans des fonds immobiliers et dans les SCPI : est ce parce que vous jugez les OPCI peu pertinents ?
Cordialement
Bonjour,
Il me semblait qu’il n’était pas possible d’investir dans des SIIC au sein d’un PEA. Est-ce que je me trompe à votre avis ?
Aussi, est-il plus intéressant d’investir dans une assurance vie ou dans un PEA, pour des SIIC. ?
Merci pour votre blog :)
Bonjour, il existe des ETF SIIC éligibles au PEA
Pourquoi ne pas avoir parler des Scpi Européennes (et en démembrement quitte à faire) comme Corum, Novapierre ou Pierval ?
A titre perso, j’ai crainte que l’immo français soit un peu surévalué (taux de crédit bas, chomage important) et peur d’une potentielle crise sur l’immobilier (taux de chomage important, dérapage budgétaire qu’il faudra sans doute rembourser par l’impôt…) et je suis un peu plus rassurer dans un pays comme l’Allemagne qui, me semble t’il, dégage un excédent budgétaire, maîtrise mieux ses budgets, a un prix de l’immobilier qui me semble plus accessible (je ne suis pas un spécialiste de ce dernier point). Mais les SCPI Européennes, c’est important. Voir aussi les fonds fermées (ZBI par exemple).
Merci pour cette synthèse, étant donner que les siic ne sont pas décorellé en cas de baisse du marché boursier, autant rester sur une stratégie ETF diversifier et un “bon” fond euros?
Bonjour, j’ai mis à jour l’article : je parle un peu plus des foncières cotées, et j’ai mis à jour des données sur les SCPI.
Bonjour Edouard, Merci pour cette article très complet qui compare les différentes façon d’investir dans les SCPI. Je me lance un peu dans les SCPI via AV (Spirica) dans une but de diversificatio uniquement. J’attends avec impatience le futur article sur les foncières côtées. ;)
Bonjour Edouard, article passionnant (comme toujours).
Pour une action vous avez démontré qu’il est impossible d’identifier quelle action va surperformer. Selon vous le marché des SCPI est-il également efficient? En d’autres mots, pensez-vous qu’il soit possible d’identifier une SCPI “bon marché”?
En vous remerciant
L’immobilier est source de diversification. Question sur les trackers : quel(s) tracker(s) à couverture mondiale, côté(s) sur Euronext, sont disponibles avec un volume significatif ? Une offre large existe aux USA, les trackers Real Estate sont dans la culture du pays, mais l’offre semble pauvre chez nous. Des idées des membres du forum ?
Ça a l’air plutôt intéressant comme placement. Bien que les rendements ne soient pas garantis, j’ai réalisé après quelques recherches que ces institutions enregistrent une bonne rentabilité annuellement. Merci pour cette publication.
Ciao
Merci de cet article fort intéressant sur un placement tres à la mode en ce moment.
Investir dans des SCPI sur des biens immobiliers situés en France semble ainsi peu rentable et surtout risqué au vu des valorisations actuelles.
Par contre, je me pose la question d’investir dans l’immobilier allemand, pour notamment me couvrir du risque de change dans l’hypothese de la fin de l’euro (inéluctable et donc à preparer) et du retour du Deutsch Mark et Franc:
– On peut investir des maintenant à crédit dans de l’immobilier allemand qui sera in fine coté en DM
– On bénéficie ainsi du rattrapage en cours de la valorisation de l’immobilier allemand tout en bénéficiant in fine d’une protection due à l’effet devise avec un DM qui devrait etre valorisé à +25% minimum par rapport au franc.
Je suis encore en phase exploratoire mais j’ai repéré les liens suivants qui peuvent aider à avancer sur ce sujet.
Je vous les soumets pour recevoir vos éventuels commentaires:
ttp://www.objectifeco.com/immobilier/foncieres-cotees/2-scpi/scpi-allemande-une-fiscalite-plus-avantageuse-qu-en-france.html
http://www.emprunter-malin.com/scpi-allemagne/
http://investir-et-devenir-libre.com/faut-il-investir-dans-limmobilier-allemand/
Qu’en pensez vous?
Cordialement
Bonjour,
Il ne faut pas oublier que les SCPI sont avant tout de l’immobilier.
Donc au niveau des frais, 10% est la norme.
Comparez avec un bien en direct où à l’acquisition vous sortez 8% de frais notarié et 3 à 15% de frais d’agence.
Sans compter que les SCPI parle de rendement net frais d’aquisition inclus, quand en immobilier, on parle souvent de rendement brut frais d’acquisition exclus.
Sinon, le gros avantage des SCPI est surtout l’accès via le crédit, donc avec des fonds qu’on ne possède pas.
Sinon en liquidité, c’est sûr, ce n’est pas le placement idéal.
Bonjour,
Pour les frais, pourquoi pas. Cela étant, il faut faire attention. Ces frais incluent des frais de distribution de la SCPI. Ils viennent en supplément des frais dits de notaire et des frais de recherche. Donc en réalité, vous avez des frais d’acquisition à ceux qui sont affichés.
Par ailleurs, c’est une question d’allocation d’actif. Je pense que les frais d’entrée pour l’immobilier sont aussi un mauvais plan !
Mais, je vous rejoins, les SCPI sont probablement souvent intéressantes par rapport à, par exemple, un studio en direct. A moins, suiper bien travailler son marché, de retaper son bien, faire du home staging, du meublé etc.
Pour le crédit. Je pense que l’on exagère un peu son intérêt. Ce qu’il faut regarder c’est le taux de rendement interne net d’impôt. Or l’achat à crédit, donc avec de l’argent que l’on a pas, que dans les cas que j’ai cités dans l’article. Autrement, c’est plus rentable de n’investir qu’avec l’argent que l’on a.
Bonjour à tous, et merci Edouard pour l’article,
Je souhaite investir à crédit pour plusieurs raisons (locataire ma RP avec un loyer très très bas, pas de crédit en cours) mais avec un TMI à 30% (cadre sup en CDI sur Paris) j’exclue donc les SCPI sur l’immobilier en France. Souhaitant aller à court/moyen terme travailler en Suisse j’exclue les SCPI fiscales. Ne souhaitant pas gérer moi même un bien (en LMNP direct par exemple) il me reste : l’investissement à crédit dans les SCPI hors de France et le LMNP géré par professionnels. Ces deux solutions me semblent compatibles avec l’investissement passif à crédit et le fait que je serais a priori bientôt résident fiscal suisse.
Que pensez-vous de ce choix d’investir à crédit dans des SCPI hors de France (style Corum XL) et dans le LMNP géré par professionnels ? (Et ce, en passant par un CGP indépendant car je débute)
Merci à ceux qui auront pris le temps de me lire, j’attends vos retours avec impatience :)
Merci Edouard. Ce post est une référence sur la fiscalité des SCPI selon moi.
Cela m’a motivé pour reconsidérer les atouts et inconvénients de ce support.
Et je suis moins enthousiaste qu’à l’époque où j’ai investi dessus via un crédit in fine.
L’opération que j’ai réalisée à l’époque était la suivante :
– investissement une SCPI de rendement
– nantissement de la moitié du montant investit en SCPI sur un contrat d’assurance vie (fonds en euros)
– crédit in fine avec un taux inférieur au rendement de la SCPI
Ma thèse à l’époque était la suivante :
(1) sur 20 ans, avec l’inflation, j’ai de bonnes chances de pouvoir revendre mes parts au même prix que je les ait achetées
(2) pendant ce temps, comme la SCPI a un rendement supérieur à l’emprunt, je génère du cash flow. Si tout se passe normalement, ce cash flow est à moi (TRI infini);sinon il me permet d’amortir la baisse du prix de la part
Mais aujourd’hui je vois les choses différemment : je ne suis plus du tout sûr que (1) soit valide, et je pense que le prix de la part peut beaucoup baisser dans certains scénarios.
De plus, les cash flows générés semblent beaucoup moins intéressants si on voit les choses d’un autre point de vue.
Considérons le scénario simplifié suivant :
– prix de la part constant
– on a un dividende fixe 2% au dessus du coût de l’emprunt
Tous les ans on génère 2% de cash flow, mais seulement à peu près 1% net à cause des impôts.
De plus il faut compenser les 10% de frais d’entrée, ce qui coûte 0.5% net annuels si durée de 20 ans.
Ainsi les SCPI boostent l’AV de 1% par an (car on a bloqué que la moitié de la somme en AV).
Or j’ai dû nantir l’AV dans la banque qui m’a fait le prêt. J’étais bien conscient à l’époque que cela signifiait un rendement inférieur aux meilleures AV internet.
La sous-performance du contrat d’AV de ma banque par rapport à un contrat internet doit être d’environ 0.5%.
Au final, dans ce scénario, l’ajout de parts de SCPI (avec levier 2 !) ajoute 0.5% de performance au fonds en euros. Le risque n’est quasiment pas rémunéré !!
Bon il faut dire qu’entre temps les taux ont baissé (et j’ai renégocié mon prêt) et le prix de la part a un peu augmenté donc pour moi, la performance à postériori n’est pas si mauvaise pour l’instant.
Mais cela ne veut pas dire que j’ai fait un bon investissement, simplement que j’ai eu la chance du débutant …
Qu’en pensez-vous ? Voyez-vous les choses comme moi à l’époque ou comme maintenant (les deux raisonnement pouvant se tenir selon le point de vue) ?
Comme le précédent commentateur, je reste pour l’instant à l’écart des SCPI. Je pense aussi que l’épargnant Français n’est pas trop rationnel quand il s’agit d’investissement immobilier (c’est comme la défiscalisation; ça anesthésie l’esprit critique) et que le rythme de collecte actuel entraîne des pratiques discutables (sociétés de gestion qui font racheter leurs propres SCI à leurs SCPI avec des valorisations opaques pour consommer le cash de la collecte).
Pour renforcer et diversifier la part immobilière de mon patrimoine en plus de ma RP, je préfère les SIIC. C’est liquide et ça permet une meilleure diversification géographique et sectorielle. La volatilité ne m’empêche pas de dormir, mais je comprends que ça puisse être compliqué à gérer (psychologiquement et en pratique) pour d’autres personnes.
Sinon, pour faire prendre conscience des risques potentiels des SCPI, j’étais tombé un article de 1997 dans l’Express intéressant “Gestion des SCPI: dérapage à tous les étages”. Indépendamment de l’avènement prochain ou non d’une crise des SCPI, l’article permets de mettre en lumière les magouilles qui peuvent prospérer dans un contexte d’engouement pour ce placement.
http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/gestion-des-scpi-derapage-a-tous-les-etages_1406990.html
Mais quelques points tout de même sur des principes de base de gestion de portefeuille lazy:
– La diversification, entre actifs si possible peu corellé, est à favoriser. Les SCPI sont tout de même assez décorellées.
– La réussite vient surtout du psychologique, et il est important de se sentir bien avec son portefeuille.
Par ailleurs, je trouve que c’est tout de même une façon d’investir dans l’immobilier beaucoup plus lazy que l’immobilier en direct (surtout si l’on optimise avec du meublé).
Les SCPI ne sont donc pas complètement à bannir à mon sens. Et pour certaines personnes en mettre un peu, peut faire du sens.
Après, c’est loin d’être un produit parfait, et je pense qu’il ne faut pas trop en mettre.
Il faudra que je fasse un article sur les foncières cotées. Il y a aussi du pour et du contre de ce côté là.
Je suis d’accord avec vous sur le fait que les SCPI peuvent avoir leur place dans un portefeuille diversifié.
J’y viendrai probablement un jour quand l’immobilier hors-RP commencera à représenter une somme suffisante dans mon patrimoine et que je commencerai à penser à stabiliser les revenus de mon épargne (et je n’ai pas trop un tempérament à me lancer dans la gestion en direct).
Le but de mon message était seulement d’apporter mon point de vue et des éléments supplémentaires sur les risques qui peuvent peser sur les SCPI pour contrebalancer l’engouement actuel auprès des épargnants “bon père de famille” qui cherchent une alternative aux fonds en euros en perte de vitesse sans forcément mesurer les conséquences de leur investissement en SCPI.
Bonjour,
Est-il intéressant d’investir à crédit dans les SCPI européennes (pour éviter la fiscalité française) étant français résident fiscal français mais sur le point de partir en Suisse travailler ?
Un grand merci,
Merci pour cette synthèse très intéressante et documentée sur un sujet qui suscite d’intarissables débats sur les forums d’investissement… Pour ma part, après pas mal d’hésitations, je suis resté à l’écart des SCPI, ne partageant pas l’appétit irrationnel de mes compatriotes pour l’immobilier. Surtout, outre la hauteur des frais, notamment d’entrée, la “mode” des SCPI m’inquiète un peu; certains risquent de regretter un jour de s’être engagés de manière hâtive dans un investissement illiquide si le vent vient à tourner. L’ampleur de la collecte pousse forcément certaines SCPI à acheter des biens de moindre qualité ou rentabilité, et les CGP ont un intérêt trop évident à préconiser cet investissement. Mais bon, l’idée que l’immobilier “ça n’peut pas baisser” a la vie dure. Je me borne à acheter des foncières européennes, voire françaises (Foncière Volta, CBO Territoria, mais celle-ci stagne depuis longtemps à mon goût) en PEA. Pour les SCPI, je suis d’accord, l’achat en AV me semble la meilleure (ou moins mauvaise) solution.
Je suis globalement assez d’accord avec vous. Pour préciser ma pensée et vous répondre sur certains points, j’ai completé l’article. Il est difficile de “timer” un marché, dont celui des SCPI. Donc, vu qu’il est possible d’investir progressivement, surtout en AV … je pense que cela se regarde.
Le manque de liquidité (hors AV) est un réel problème. Et la performance n’est pas si bonne pour une liquidité si réduite.
Pour les foncières, pourquoi pas. Mais c’est tout de même sacrément volatile. Il faudra que je fasse un article sur les foncières.