MSCI EMU : indice zone euro, performance et ETF (2026)
Un ETF sur la zone euro qui affiche 23,7% de performance en 2025 pendant que le MSCI World plafonne à 6,8% en euros. C’est exactement ce qui s’est passé l’an dernier avec l’indice MSCI EMU. De quoi faire douter n’importe quel épargnant qui a mis 70% de son PEA sur des actions américaines.
Je reçois régulièrement des messages de lecteurs qui me demandent s’il ne faudrait pas revenir vers l’Europe, et vers la zone euro en particulier, après une telle année. La question est légitime. La réponse est plus nuancée que le chiffre de 2025 ne le laisse penser.
L’indice MSCI EMU (European Economic and Monetary Union) suit les grandes et moyennes capitalisations des pays qui utilisent l’euro. C’est l’indice de référence que la majorité des fonds actifs “zone euro” essaient de battre, et qu’ils battent rarement. Voyons ce qu’il contient vraiment, ce qu’il a rapporté sur le long terme, ses vrais risques, et les ETF pour y accéder si vous décidez d’en faire une brique de votre portefeuille.
Qu’est-ce que l’indice MSCI EMU exactement ?
MSCI (Morgan Stanley Capital International) est l’un des trois grands fournisseurs mondiaux d’indices boursiers, avec S&P Dow Jones et FTSE Russell. EMU signifie European Economic and Monetary Union, l’Union Économique et Monétaire européenne, celle qui a donné naissance à l’euro en 1999.

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Au 30 juin 2026, l’indice MSCI EMU compte 221 entreprises et couvre environ 85% de la capitalisation boursière flottante (c’est-à-dire les actions réellement disponibles à l’achat en bourse, hors participations bloquées) des pays développés de la zone euro.
Dix pays composent l’indice :
- Allemagne
- Autriche
- Belgique
- Espagne
- Finlande
- France
- Irlande
- Italie
- Pays-Bas
- Portugal
Vous remarquerez une absence notable : le Royaume-Uni, qui n’utilise pas l’euro et n’a donc jamais fait partie de cet indice, Brexit ou non. C’est une confusion fréquente chez les débutants : MSCI EMU ne veut pas dire “Europe”, mais bien “zone euro”. Si vous cherchez un indice incluant le Royaume-Uni, c’est plutôt vers le MSCI Europe ou le STOXX Europe 600 qu’il faut regarder.
Autre confusion classique que je vois souvent : les pays de la zone euro qui ne sont pas dans le MSCI EMU. La Grèce, par exemple, est classée par MSCI en pays émergent (MSCI Emerging Markets) plutôt qu’en pays développé, malgré l’euro. Sa capitalisation boursière est trop faible et sa liquidité insuffisante pour rejoindre le club des pays développés selon la méthodologie MSCI. C’est un point que la plupart des articles sur le sujet oublient de préciser, alors qu’il change concrètement ce que vous détenez.
La composition géographique et sectorielle de l’indice
Voici la répartition par pays au 30 juin 2026, d’après le factsheet officiel MSCI :
| Pays | Pondération |
|---|---|
| France | 27,8% |
| Allemagne | 24,5% |
| Pays-Bas | 17,9% |
| Espagne | 11,1% |
| Italie | 9,3% |
| Autres pays | 9,4% |
Source : MSCI EMU Index Factsheet (EUR), données au 30/06/2026
La France reste le premier contributeur de l’indice, ce qui surprend souvent mes lecteurs qui pensent l’Allemagne plus lourde économiquement. C’est vrai en PIB, faux en capitalisation boursière : la Bourse de Paris pèse plus lourd que celle de Francfort, notamment grâce à des géants comme LVMH ou TotalEnergies.
Voici les dix premières lignes de l’indice :
| Société | Pays | Secteur | Poids dans l’indice |
|---|---|---|---|
| ASML Holding | Pays-Bas | Technologie | 9,91% |
| Siemens | Allemagne | Industrie | 3,10% |
| Banco Santander | Espagne | Finance | 2,57% |
| Allianz | Allemagne | Finance | 2,34% |
| Schneider Electric | France | Industrie | 2,32% |
| SAP | Allemagne | Technologie | 2,08% |
| TotalEnergies | France | Énergie | 1,99% |
| Iberdrola | Espagne | Utilities | 1,97% |
| Siemens Energy | Allemagne | Industrie | 1,91% |
| BBVA | Espagne | Finance | 1,83% |
Source : MSCI EMU Index Factsheet (EUR), données au 30/06/2026
Un chiffre qui surprend systématiquement mes lecteurs : ASML pèse, à elle seule, presque 10% de tout l’indice MSCI EMU. Une seule entreprise néerlandaise, spécialisée dans les machines de lithographie pour semi-conducteurs, représente presque le poids cumulé des 200 plus petites lignes de l’indice. C’est la conséquence directe de la pondération par capitalisation boursière : plus une entreprise vaut cher en bourse, plus elle pèse dans l’indice.
Côté secteurs, la finance domine avec 25,3% de l’indice, suivie de l’industrie (20,2%) et de la technologie (17,2%). C’est une différence notable avec le MSCI World, beaucoup plus chargé en technologie américaine.
Combien a rapporté le MSCI EMU sur le long terme ?
C’est la question que tout le monde me pose, et c’est là que les choses deviennent intéressantes. Voici les performances annualisées nettes de dividendes (en euros) sur différents horizons, au 30 juin 2026 :
| Période | MSCI EMU | MSCI World | MSCI ACWI |
|---|---|---|---|
| 1 an | 23,34% | 24,58% | 26,98% |
| 3 ans (annualisé) | 16,23% | 17,40% | 17,85% |
| 5 ans (annualisé) | 10,92% | 12,29% | 11,80% |
| 10 ans (annualisé) | 10,51% | 12,81% | 12,46% |
| Depuis avril 2008 (annualisé) | 5,95% | 10,47% | 9,99% |
Source : MSCI EMU Index Factsheet (EUR), données au 30/06/2026. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps.
Le message est clair et il tient en une phrase : sur tous les horizons de moyen et long terme, la zone euro seule a rapporté moins que le marché mondial. L’écart est particulièrement marqué depuis 2008, où le MSCI EMU affiche 5,95% par an contre 10,47% pour le MSCI World, soit près de deux fois moins.
Voici le détail année par année depuis 2012, qui montre à quel point la zone euro peut alterner de très bonnes et de très mauvaises années par rapport au marché mondial :
| Année | MSCI EMU | MSCI World | MSCI ACWI |
|---|---|---|---|
| 2025 | 23,70% | 6,77% | 7,86% |
| 2024 | 9,49% | 26,60% | 25,33% |
| 2023 | 18,78% | 19,60% | 18,06% |
| 2022 | -12,47% | -12,78% | -13,01% |
| 2021 | 22,16% | 31,07% | 27,54% |
| 2020 | -1,02% | 6,33% | 6,65% |
| 2019 | 25,47% | 30,02% | 28,93% |
| 2018 | -12,71% | -4,11% | -4,85% |
| 2017 | 12,49% | 7,51% | 8,89% |
| 2016 | 4,37% | 10,73% | 11,09% |
| 2015 | 9,81% | 10,42% | 8,76% |
| 2014 | 4,32% | 19,50% | 18,61% |
| 2013 | 23,36% | 21,20% | 17,49% |
| 2012 | 19,31% | 14,05% | 14,35% |
Source : MSCI EMU Index Factsheet (EUR), données au 30/06/2026. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
C’est exactement ce genre de tableau qui explique pourquoi le market timing géographique est un piège. En 2025, la zone euro a surperformé le monde de plus de 16 points. En 2024, c’est l’inverse : le monde a fait 17 points de mieux. Un investisseur qui aurait sur-pondéré la zone euro fin 2024 en pensant “rattraper le retard” aurait eu de la chance en 2025. Celui qui l’aurait fait fin 2025 pour “profiter de la dynamique” prend un pari, pas une décision fondée sur des données.
Ce point mérite d’être creusé, parce que la plupart des blogs qui parlent de gestion passive s’arrêtent au premier niveau d’argument. Voyons les trois niveaux de ce débat.
Premier niveau, celui qu’on lit partout : la zone euro sous-performe le monde sur longue période, donc mieux vaut être diversifié mondialement plutôt que concentré sur la zone euro.
Deuxième niveau, l’objection sérieuse : cette sous-performance n’est peut-être qu’un phénomène récent, lié à la domination des géants technologiques américains depuis dix ans. Sur d’autres périodes historiques (les années 2000, par exemple), les marchés européens ont surperformé les marchés américains. Miser uniquement sur le passé récent revient à extrapoler une tendance qui pourrait s’inverser, exactement comme ceux qui pariaient sur le Japon dans les années 1980 juste avant son “âge d’or perdu”.
Troisième niveau, celui que je n’ai pas trouvé développé ailleurs : cette objection est juste sur le principe, mais elle plaide justement pour la diversification mondiale plutôt que pour un pari sur la zone euro. Personne ne sait à l’avance quelle zone géographique va surperformer sur les dix prochaines années. Le Global Investment Returns Yearbook de Dimson, Marsh et Staunton, publié annuellement par UBS, documente qu’aucun marché national ne surperforme durablement sur des décennies : les leaders changent, souvent de façon imprévisible. La bonne réponse n’est donc pas de miser sur “l’Europe qui va rattraper son retard” ni sur “les USA qui vont continuer de dominer”. C’est de détenir les deux, pondérés par leur poids réel dans l’économie mondiale, via un indice mondial. Un ETF MSCI World ou MSCI ACWI fait déjà ce travail : il contient la zone euro à hauteur d’environ 8% de son poids, ni plus ni moins que ce que justifie sa capitalisation boursière réelle.
Est-ce plus risqué ou moins risqué d’investir en zone euro ?
Intuitivement, beaucoup d’épargnants pensent qu’investir dans la monnaie qu’ils utilisent au quotidien est “plus sûr”, puisque cela évite le risque de change. C’est un raisonnement compréhensible, mais il ignore un risque bien plus important : celui de la concentration géographique.
Voici la volatilité annualisée sur 3, 5 et 10 ans (données au 30 juin 2026) :
| Indice | Volatilité 3 ans | Volatilité 5 ans | Volatilité 10 ans |
|---|---|---|---|
| MSCI EMU | 11,79% | 14,23% | 15,20% |
| MSCI ACWI IMI (indice mondial toutes tailles) | 11,64% | 12,97% | 13,09% |
Source : MSCI EMU Index Factsheet (EUR), données au 30/06/2026
Sur les trois horizons, l’indice zone euro seul est plus volatil que l’indice mondial. Ce n’est pas une coïncidence : concentrer son épargne sur 10 pays plutôt que sur l’ensemble de la planète réduit mécaniquement l’effet de diversification qui atténue les chocs.
Le krach de 2008 illustre bien ce point. Le MSCI EMU a perdu 64,66% entre son plus haut d’octobre 2007 et son plus bas de mars 2009, contre 58,59% pour l’indice mondial élargi (MSCI ACWI IMI) sur la même période. Six points d’écart, ce n’est pas anecdotique quand on parle d’une perte de plus de 60% du capital.
Un chiffre que j’aime rappeler à mes lecteurs qui pensent que “leur monnaie” les protège : entre 2008 et 2022, le MSCI EMU a connu des baisses annuelles bien plus marquées que le MSCI World à plusieurs reprises (2018, 2020), simplement parce qu’une zone géographique concentrée subit plus durement les chocs sectoriels ou politiques locaux, qu’il s’agisse de la crise des dettes souveraines en 2011-2012 ou d’un ralentissement industriel allemand.
MSCI EMU, MSCI EMU NR, MSCI EMU GR : ne vous trompez pas de version
C’est un point technique que je vois trop rarement expliqué correctement, alors qu’il change tout à l’analyse des performances. Il existe trois déclinaisons du même indice :
- MSCI EMU PR (Price Return) : ne compte que l’évolution des cours, sans les dividendes
- MSCI EMU GR (Gross Return) : intègre les dividendes réinvestis avant fiscalité
- MSCI EMU NR (Net Return) : intègre les dividendes réinvestis après retenue fiscale à la source
C’est la version NR qui se rapproche le plus de ce qu’un investisseur particulier obtient réellement via un ETF, puisque les dividendes versés par des sociétés étrangères subissent souvent une retenue à la source. Si vous comparez la performance d’un ETF à un graphique trouvé sur internet, vérifiez systématiquement quelle version de l’indice est utilisée : l’écart entre PR et GR peut dépasser 3 points de performance annualisée sur longue période, uniquement à cause des dividendes.
Faut-il investir dans le MSCI EMU plutôt que dans l’Euro Stoxx 50 ou le CAC 40 ?
C’est une question que je reçois très souvent, y compris de lecteurs qui ont déjà une assurance vie ou un PEA depuis plusieurs années dans leur banque, avec des fonds indexés sur l’Euro Stoxx 50 ou le CAC 40 sans même le savoir.
La réponse tient à la diversification. Le CAC 40 ne suit que 40 valeurs françaises. L’Euro Stoxx 50 suit 50 grandes valeurs de la zone euro. Le MSCI EMU en suit 221, en intégrant aussi les moyennes capitalisations. Sur la période 1998-2022, l’indice EMU Large Cap (comparable à l’Euro Stoxx 50 en diversification) a nettement sous-performé l’indice EMU incluant toutes les tailles de capitalisation, notamment grâce à la meilleure tenue des moyennes et petites entreprises.
C’est cohérent avec la littérature académique sur la prime de taille (size premium), documentée depuis les travaux de Fama et French dans les années 1990 : sur très longue période, les petites et moyennes capitalisations ont tendance à surperformer les très grandes, en contrepartie d’un risque plus élevé. Un indice plus large comme le MSCI EMU capture mieux cette prime qu’un indice restreint aux 40 ou 50 plus grosses valeurs.
Les fonds actifs zone euro font-ils mieux que l’indice ?
C’est là que le rapport SPIVA Europe (S&P Indices Versus Active), publié semestriellement par S&P Dow Jones Indices, devient éclairant. Sur l’année 2025, 82% des fonds actions “Europe” en euros ont sous-performé le S&P Europe 350, et 71% des fonds actions mondiales en euros ont sous-performé le S&P World.
Ce chiffre mérite d’être creusé, parce que la réaction naturelle de beaucoup de lecteurs est de se dire : “certes, la moyenne des gérants sous-performe, mais les meilleurs gérants, eux, doivent bien battre l’indice sur la durée.”
Premier niveau : les fonds actifs sous-performent en moyenne, donc la gestion passive est préférable.
Deuxième niveau : identifier à l’avance les meilleurs gérants permettrait de battre l’indice, puisque certains y parviennent chaque année.
Troisième niveau, celui qui clôt vraiment le débat : le Persistence Scorecard Europe de S&P Dow Jones Indices, publié en mai 2026, mesure justement si la surperformance passée d’un fonds prédit sa surperformance future. La réponse est non, de façon systématique. Sur les fonds actions européennes classés dans le premier quartile (les 25% les plus performants) sur les cinq années se terminant fin 2020, seuls 16% sont restés dans la première moitié du classement sur les cinq années suivantes. C’est moins que ce qu’on obtiendrait par pur hasard (50% attendu). Autrement dit, non seulement la performance passée ne prédit pas la performance future, mais les fonds ayant le mieux performé récemment ont même tendance à moins bien faire ensuite que ne le voudrait le simple hasard. Le problème n’est donc pas qu’il n’existe pas de bons gérants un an ou deux : c’est qu’il est structurellement impossible de les identifier à l’avance, et les tenter c’est prendre un risque que la gestion indicielle élimine par construction.
Quels ETF pour investir sur l’indice MSCI EMU ?
J’ai vérifié les caractéristiques de tous les ETF disponibles sur le marché français au 14 juillet 2026, d’après les données justETF. Dix ETF répliquent aujourd’hui l’indice MSCI EMU, avec des frais annuels allant de 0,06% à 0,12%.
| ETF | ISIN | Encours (M€) | Frais annuels | Éligible PEA |
|---|---|---|---|---|
| iShares Core MSCI EMU UCITS ETF EUR (Acc) | IE00B53QG562 | 6 207 | 0,12% | Oui |
| UBS Core MSCI EMU UCITS ETF EUR acc | LU0950668870 | 3 921 | 0,09% | Oui |
| Xtrackers MSCI EMU UCITS ETF 1D | LU0846194776 | 1 983 | 0,09% | Oui |
| UBS Core MSCI EMU UCITS ETF EUR dis | LU0147308422 | 1 820 | 0,09% | Oui |
| Amundi Core MSCI EMU UCITS ETF Dist | LU1646360971 | 767 | 0,12% | Oui |
| Amundi Core MSCI EMU UCITS ETF Acc | LU1646361276 | 618 | 0,12% | Oui |
| SPDR MSCI EMU UCITS ETF EUR | IE00B910VR50 | 357 | 0,08% | Oui |
| BNP Paribas Easy MSCI EMU UCITS ETF Acc | LU3215536486 | 43 | 0,06% | Oui |
Source : justETF.com, données au 14/07/2026. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Tous ces ETF sont éligibles au PEA (Plan d’Épargne en Actions), puisqu’ils répliquent physiquement un indice composé d’actions de l’Union européenne. Aucun n’est éligible au PEA-PME, la sélection portant sur des grandes et moyennes capitalisations plutôt que sur des PME.
Si vous cherchez à vous exposer spécifiquement aux petites capitalisations de la zone euro, l’unique option significative reste l’Amundi MSCI EMU Small Cap ESG Broad CTB Select (LU1598689153), avec environ 380 millions d’euros d’encours et 0,40% de frais annuels. Je n’ai pas testé personnellement cet ETF spécifique dans mon propre portefeuille, mais son profil (frais raisonnables pour un compartiment small caps, encours suffisant) en fait une option sérieuse pour qui souhaite capter la prime de taille évoquée plus haut.
Le calcul du coût total qui compte vraiment. Un ETF à 0,09% de frais annuels ne coûte que 0,09% si vous le logez en compte-titres ou en PEA sans frais de gestion d’enveloppe. En revanche, si vous le logez en assurance vie, il faut ajouter les frais de gestion annuels du contrat sur les unités de compte, qui tournent le plus souvent autour de 0,5% à 1% selon les assureurs. Sur les meilleurs contrats du marché comme celui que j’utilise personnellement, ces frais de gestion sont de 0,5% par an. Pour un ETF à 0,09% de frais internes, cela porte le coût total annuel à environ 0,59%, un niveau qui reste tout à fait raisonnable comparé aux 2% et plus que prélèvent encore de nombreux contrats bancaires traditionnels sur leurs unités de compte.
Quelle enveloppe fiscale pour un ETF MSCI EMU ?
C’est une question à traiter avec rigueur, parce que la fiscalité française a changé au 1er janvier 2026 et beaucoup de contenus en ligne n’ont pas encore été mis à jour.
Le PEA. Après 5 ans de détention, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux restent dus au moment du retrait. Depuis le 1er janvier 2026, ce taux est passé de 17,2% à 18,6%, suite au relèvement de la CSG (Contribution Sociale Généralisée) voté dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Ce nouveau taux s’applique à tous les gains retirés à partir de 2026, y compris ceux accumulés avant cette date. Avant 5 ans, un retrait entraîne la clôture du plan et une taxation au prélèvement forfaitaire unique de 31,4% (12,8% d’impôt sur le revenu + 18,6% de prélèvements sociaux).
L’assurance vie. Contrairement au PEA, l’assurance vie a été explicitement exclue de la hausse de la CSG par la loi de financement de la Sécurité sociale 2026. Les prélèvements sociaux restent donc à 17,2%. Après 8 ans, un abattement annuel de 4 600 euros (9 200 euros pour un couple) s’applique sur les gains retirés, avec un taux réduit à 7,5% au-delà (jusqu’à 150 000 euros de versements cumulés, tous contrats confondus). Avant 8 ans, c’est le prélèvement forfaitaire unique de 30% qui s’applique (12,8% + 17,2%).
Ce changement de 2026 modifie légèrement l’arbitrage entre les deux enveloppes. L’assurance vie devient, pour la première fois depuis longtemps, structurellement moins taxée que le PEA sur les prélèvements sociaux (17,2% contre 18,6%), en plus de son abattement annuel après 8 ans. Cela ne remet pas en cause l’intérêt du PEA, qui reste plus simple et sans plafond de versement contraignant en pratique (contre 150 000 euros de plafond de versements pour le PEA), mais cela mérite d’être intégré dans votre réflexion si vous hésitez entre les deux enveloppes pour loger un ETF MSCI EMU.
Je détaille en profondeur comment arbitrer entre ces deux enveloppes selon votre situation dans mon article sur comment investir en bourse.
Faut-il avoir du MSCI EMU dans son portefeuille ETF ?
Ma position n’a pas changé depuis mes livres : le MSCI EMU ne représente qu’environ 7% de la capitalisation boursière mondiale, en incluant les pays émergents et les petites capitalisations. En faire la brique centrale d’un portefeuille revient à parier massivement contre la diversification mondiale, sans justification fondée sur des données.
Cela ne veut pas dire qu’il n’a aucune place. Certains épargnants souhaitent, pour des raisons personnelles (proximité, fiscalité, conviction sur une reprise européenne), sur-pondérer légèrement la zone euro par rapport à son poids dans la capitalisation mondiale. C’est un choix qui vous appartient : je ne fais pas de pronostic sur les dix prochaines années, et personne ne peut le faire de façon fiable, comme le montrent près d’un siècle de données compilées par le Global Investment Returns Yearbook.
Ce que je peux affirmer avec un haut niveau de confiance, appuyé sur la recherche académique de Fama et French comme sur les données SPIVA, c’est qu’un ETF MSCI World ou MSCI ACWI, complété si vous le souhaitez d’un ETF émergents, reste la solution la plus robuste pour capturer la croissance mondiale sans avoir à deviner quelle zone géographique sera la meilleure élève de la décennie à venir. Je détaille la construction complète d’un portefeuille d’ETF diversifié, incluant les arbitrages entre zones géographiques, dans mon livre Créer et piloter un portefeuille d’ETF.
Si malgré tout vous souhaitez intégrer une poche zone euro, dans une logique de diversification par petites touches plutôt que de pari central, une allocation de 5% à 15% du portefeuille actions me semble un ordre de grandeur raisonnable, à ajuster selon votre tolérance au risque et vos convictions personnelles.
Conclusion pour l’Épargnant 3.0
Le MSCI EMU est un indice solide et bien construit : 221 entreprises, 10 pays, une méthodologie transparente et des frais d’ETF parmi les plus bas du marché (à partir de 0,06% par an). Ce n’est pas le problème.
Le problème, c’est la tentation de le sur-pondérer après une bonne année comme 2025, ou de croire qu’investir “chez soi” protège d’un risque qu’il ne fait en réalité qu’augmenter par la concentration géographique.
Voici ce que je vous invite à faire concrètement :
- Si vous n’avez pas encore de portefeuille d’ETF diversifié, commencez par un socle mondial (MSCI World ou MSCI ACWI) avant d’envisager des compléments régionaux.
- Si vous avez déjà un ETF MSCI EMU en portefeuille, vérifiez qu’il ne dépasse pas 10 à 15% de votre poche actions, sauf conviction personnelle assumée et documentée.
- Choisissez un ETF à frais bas : à indice identique, les écarts de 0,06% à 0,12% ne se justifient par aucune différence de qualité de réplication significative.
- Vérifiez la fiscalité 2026 de votre enveloppe avant tout arbitrage entre PEA et assurance vie, le nouveau taux de prélèvements sociaux à 18,6% sur le PEA change légèrement la donne.
Pour calculer précisément l’impact des frais sur votre épargne selon l’enveloppe et l’horizon choisis, l’application Épargnant 3.0 (gratuite, sans inscription) vous permet de simuler ces scénarios directement depuis votre iPhone ou iPad : téléchargement sur l’App Store. Une version est également disponible pour Android.
Je vous souhaite le meilleur pour votre épargne et surtout pour tout le reste !

Bonjour Monsieur Petit , je suis un cadre à la retraite j’ai 64 ans , j’ai placé une somme conséquente sur une assurance vie ODDO il y a 9 ans mais j’ai fait une erreur les frais composés sont de 2,7% et les intérêts composés sur cette période de 0,9% ce qui fait un gain ridicule d’autant plus quand on prend en compte l’inflation. Je vais donc faire un rachat total et après avoir passé des jours à essayer de comprendre comment marche la bourse , après avoir vu des vidéos sur youtube de vous et de différents intervenants,
j’ai acheté le livre de Matthias Baccino, prenez votre argent en main et j’ai commandé hier vos 2 livres épargnant 3.0 et créer et piloter un portefeuille d’ETF. Je vais rapidement ouvrir un compte titre chez Trade Republic et placer l’argent de mon assurance vie comme vous le conseillez en ETF MSCI Europe ou STOXX600 en ETF S et P 500, en MSCI EMU . J’attends d’avoir reçu vos 2 livres pour établir ma stratégie . J’aimerai avoir votre avis très important pour moi. Cordialement Alain Perez
Merci pour ces détails sur cet indice, c’est très utile à lire avant de prendre la décision de mettre en portefeuille.
Merci pour cet article, comme souvent très intéressant. Après lecture attentive, je ne suis néanmoins pas sur d’avoir compris l’intérêt de l’indice MSCI EMU (200 entreprises dans 10 pays) vs MSCI Europe (400 entreprises dans 15 pays) .
Cet indice n’est-il pas moins diversifié que le MSCI Europe ? Ou bien l’intérêt se situe dans sa performance dividendes réinvestis, qui a été supérieure depuis l’an 2000 comme le montre votre graphique ?
Bonjour Édouard, article très intéressant comme toujours. Je voudrais vous soumettre une question : pourriez vous donner votre avis sur les trackers ÉMU vs STOXX Europe 600 (qui suit 600 entreprises dont UK donc à priori large et plus diversifié) ; je crois me souvenir que dans votre livre vous mettiez le STOXX en avant sauf erreur.
Auto-réponse : le Vanguard est distribuant et inclut le Royaume-Unis.
Par-contre quelle différence avec le AMUNDI PRIME EUROZONE – UCITS ETF DR (C) https://www.amundietf.fr/particuliers/product/view/LU2089238112 il est à 0,05% de frais et éligible au PEA !
Bonjour! Alors, petite anecdote/ conseil : le IE00B945VV12 est facile à acquérir mais une tannée a vendre, au moins sur Boursorama – toute ventée via l’interface produit un message d’erreur et il faut appeler le support pour qu’ils passent l’ordre de vente et cela peut prendre beaucoup de temps — peut être Fortuneo s’en tire mieux mais cela vaudrait le coup de tester.
Que vaut-il comapré à VANGUARD FTSE EUR ( VEUR ) IE00B945VV12 ?! Eligible au PEA sur Fortuneo, frais identiques à Lyxor