MSCI Europe : 8 choses à savoir sur cet indice avant d’investir
Un indice qui pèse 12 300 milliards d’euros de capitalisation et qui reste largement mal compris. C’est le paradoxe du MSCI Europe.
La plupart des épargnants qui investissent “en Europe” via leur assurance vie ou leur PEA n’ont jamais regardé ce que cet indice contient réellement. Ils découvrent parfois avec surprise que le premier pays de l’indice n’est pas la France, ni l’Allemagne. C’est le Royaume-Uni.
Je partage avec vous les points essentiels à connaître sur cet indice avant d’y placer votre argent, que ce soit via un ETF (Exchange Traded Fund, un fonds indiciel coté qui réplique la performance d’un indice), un fonds actif, ou des actions en direct. Ces données sont à jour de juin-juillet 2026.
Qu’est-ce que le MSCI Europe Index ? L’indice de référence des pays européens développés
L’indice MSCI Europe est créé et administré par MSCI, la société américaine qui fait référence mondiale en matière d’indices boursiers. Il couvre 15 pays européens classés “développés” par MSCI : Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Suède et Suisse.

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Au 30 juin 2026, l’indice compte 397 entreprises et couvre environ 85% de la capitalisation boursière flottante (c’est-à-dire la part des actions réellement disponible à l’achat en Bourse, hors participations bloquées comme celles de l’État ou des familles fondatrices) de l’univers des marchés développés européens.
Certains pays européens ne sont pas dans cet indice développé. La Russie, la Turquie, la Grèce et la Hongrie, par exemple, sont classés par MSCI dans l’indice MSCI Emerging Markets, ou dans un indice dédié, le MSCI Emerging Markets Europe.
Comme tous les indices “standards” de MSCI, le MSCI Europe ne couvre que les grandes et moyennes capitalisations. Les petites capitalisations (les small caps) en sont exclues, sauf à passer par un indice dédié que j’aborde plus bas.
L’indice représente environ 19% du MSCI World, l’indice mondial des pays développés.
Performance historique : environ 9% par an depuis 1969, un chiffre à nuancer
Sur longue période, la performance de l’indice MSCI Europe a été solide. Selon les données MSCI, sur la période depuis fin 1998, l’indice affiche une performance annualisée de 5,57% par an en euros, dividendes nets réinvestis, contre 7,32% pour le MSCI World et 7,58% pour le MSCI ACWI IMI (l’indice mondial le plus large, incluant aussi les petites capitalisations et les marchés émergents).
Sur les 10 dernières années (juin 2016 à juin 2026), l’écart se resserre un peu : 9,60% par an pour le MSCI Europe, contre 12,81% pour le MSCI World. Sur 5 ans, l’écart est de 10,30% contre 12,29%.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps.
Voici l’historique annuel complet sur les 14 dernières années, comparé au MSCI World et au MSCI ACWI IMI :
| Année | MSCI Europe | MSCI World | MSCI ACWI IMI |
|---|---|---|---|
| 2025 | +19,39% | +6,77% | +7,62% |
| 2024 | +8,59% | +26,60% | +24,14% |
| 2023 | +15,83% | +19,60% | +17,47% |
| 2022 | -9,49% | -12,78% | -13,06% |
| 2021 | +25,13% | +31,07% | +27,20% |
| 2020 | -3,32% | +6,33% | +6,65% |
| 2019 | +26,05% | +30,02% | +28,68% |
| 2018 | -10,57% | -4,11% | -5,54% |
| 2017 | +10,24% | +7,51% | +8,87% |
| 2016 | +2,58% | +10,73% | +11,60% |
| 2015 | +8,22% | +10,42% | +8,96% |
| 2014 | +6,84% | +19,50% | +18,24% |
| 2013 | +19,82% | +21,20% | +18,21% |
| 2012 | +17,29% | +14,05% | +14,60% |
Rendements nets en euros, dividendes réinvestis. Source : MSCI, Index Factsheet MSCI Europe (EUR), données au 30 juin 2026. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps.
Voici la mini-révélation que peu d’articles vous donnent : 2025 a été la meilleure année de l’Europe depuis 4 ans face aux États-Unis, avec +19,39% pour le MSCI Europe contre seulement +6,77% pour le MSCI World. La raison n’est pas une performance exceptionnelle de l’Europe en absolu, mais un effondrement du dollar face à l’euro : le S&P 500 a gagné 17,9% en dollars, mais seulement 3,9% en euros une fois la conversion de change effectuée. C’est un rappel utile : quand vous comparez des indices libellés dans des devises différentes, une partie de l’écart de performance vient du taux de change, pas des entreprises elles-mêmes.
L’Europe a déjà battu Wall Street, et ce n’est pas un accident isolé
J’entends souvent dire que les Bourses américaines sont structurellement supérieures aux Bourses européennes. C’est une lecture biaisée par une période très spécifique : depuis la crise financière de 2008, portée notamment par la domination des géants technologiques américains, largement absents de l’indice européen.
Mais la performance relative entre les deux zones n’a rien de linéaire dans le temps. Sur la période 1969-2017, la performance cumulée des deux zones a été globalement équivalente. Sur des fenêtres de 5 ans glissantes depuis 1969, l’Europe a devancé les États-Unis dans environ 40% des cas.
C’est là qu’intervient un argument que la plupart des blogueurs “gestion passive” ne développent pas jusqu’au bout.
L’argument standard consiste à dire que la Bourse américaine surperforme depuis 15 ans, donc qu’il faudrait surpondérer les États-Unis. L’objection sérieuse est que le MSCI World est déjà composé à plus de 70% d’entreprises américaines : sous-pondérer davantage l’Europe reviendrait à faire un pari de conviction sur la poursuite indéfinie de cette tendance, ce qui n’a rien d’une certitude historique.
Ce qui tranche vraiment le débat, c’est que la pondération par capitalisation boursière n’est pas un choix arbitraire : c’est le reflet de la valeur de marché réelle des entreprises cotées à un instant T. Sous-pondérer une zone géographique par rapport à sa capitalisation de marché, c’est faire du market timing géographique, en pariant que le marché se trompe actuellement sur la valorisation relative des zones. Les travaux de référence sur les rendements de long terme (Dimson, Marsh et Staunton, dans leur Global Investment Returns Yearbook, publié annuellement par UBS) montrent que les marchés jugés “chers” à un instant T n’ont pas systématiquement sous-performé sur les décennies suivantes. Prédire quelle zone géographique va surperformer dans les 10 prochaines années relève de la même incertitude que prédire quelle action va surperformer : personne n’a de boule de cristal fiable, y compris les gérants professionnels, comme nous allons le voir juste après.
Composition géographique : le Royaume-Uni, toujours en tête, malgré le Brexit
Voici la répartition par pays du MSCI Europe au 30 juin 2026 :
| Pays | Poids dans l’indice |
|---|---|
| Royaume-Uni | 21,85% |
| France | 15,22% |
| Suisse | 14,67% |
| Allemagne | 13,41% |
| Pays-Bas | 9,82% |
| Autres pays (10 pays) | 25,03% |
Source : MSCI, Index Factsheet MSCI Europe (EUR), 30 juin 2026.
Une mini-révélation qui surprend systématiquement mes lecteurs : ce classement boursier ne correspond pas au classement économique des pays. Le PIB de l’Allemagne est très supérieur à celui de la France, mais la capitalisation boursière française reste plus élevée dans l’indice. Le PIB de la Suisse est inférieur à celui des Pays-Bas, et pourtant la Suisse pèse davantage.
Cet écart s’explique par la structure du tissu économique de chaque pays : la Suisse concentre des multinationales pharmaceutiques et agroalimentaires à très forte capitalisation boursière, tandis qu’une partie importante de l’économie allemande, industrielle et exportatrice, est portée par des entreprises familiales non cotées, le fameux “Mittelstand”. La capitalisation boursière d’un pays reflète la structure de son marché coté, pas la richesse produite par l’ensemble de son économie.
Autre point technique que je vois régulièrement en question dans la communauté des investisseurs particuliers : le Brexit n’a pas modifié la composition du MSCI Europe. Le Royaume-Uni reste classé “marché développé” par MSCI et conserve sa place dans l’indice, contrairement à l’univers d’éligibilité au PEA, sur lequel je reviens plus bas.
Composition sectorielle : la Finance domine, la technologie reste marginale
Voici la répartition sectorielle du MSCI Europe au 30 juin 2026 :
| Secteur | Poids MSCI Europe |
|---|---|
| Finance | 24,41% |
| Industrie | 19,08% |
| Santé | 13,21% |
| Technologies de l’information | 10,10% |
| Consommation de base | 8,56% |
| Consommation discrétionnaire | 6,34% |
| Matériaux | 5,23% |
| Utilities (services aux collectivités) | 4,97% |
| Énergie | 4,40% |
| Communication | 3,09% |
| Immobilier | 0,62% |
Source : MSCI, Index Factsheet MSCI Europe (EUR), 30 juin 2026.
La technologie ne représente que 10% de l’indice européen, contre environ 30% pour un indice mondial dominé par les États-Unis. C’est une différence structurelle majeure entre les deux zones, et elle a un impact direct sur la performance relative des dernières années : l’essentiel de la surperformance américaine récente vient précisément de ce secteur.
À l’inverse, la Finance pèse près d’un quart de l’indice européen. C’est une exposition à surveiller si votre patrimoine comporte déjà, par ailleurs, des actions bancaires françaises en direct ou un contrat d’assurance vie chez un bancassureur : vous risquez de dupliquer un risque sectoriel sans le savoir.
Les 10 plus grosses capitalisations pèsent 21,7% de l’indice
Voici le top 10 des entreprises du MSCI Europe au 30 juin 2026 :
| Entreprise | Pays | Secteur | Poids |
|---|---|---|---|
| ASML Holding | Pays-Bas | Technologie | 5,43% |
| HSBC Holdings | Royaume-Uni | Finance | 2,32% |
| Roche Holding | Suisse | Santé | 2,06% |
| Novartis | Suisse | Santé | 2,04% |
| AstraZeneca | Royaume-Uni | Santé | 2,01% |
| Nestlé | Suisse | Consommation de base | 1,89% |
| Siemens | Allemagne | Industrie | 1,70% |
| Shell | Royaume-Uni | Énergie | 1,55% |
| Banco Santander | Espagne | Finance | 1,41% |
| Allianz | Allemagne | Finance | 1,28% |
Total des 10 premières lignes : 21,68% de l’indice. Source : MSCI, Index Factsheet MSCI Europe (EUR), 30 juin 2026.
À titre de comparaison, les 10 premières capitalisations pèsent environ 21% du MSCI World et plus de 40% de l’Euro Stoxx 50, qui ne compte que 50 lignes. Le MSCI Europe reste donc, structurellement, un indice bien plus diversifié que l’Euro Stoxx 50 au niveau des lignes individuelles.
Notez aussi qu’ASML, avec 5,43% de l’indice, est aujourd’hui la première capitalisation européenne, loin devant LVMH ou Nestlé qui occupaient cette place il y a encore trois ans. C’est un rappel utile : la composition d’un indice pondéré par capitalisation évolue en permanence, sans qu’aucune décision humaine de gestion ne soit nécessaire. C’est précisément l’un des atouts de la gestion passive : elle s’ajuste automatiquement aux réalités du marché.
MSCI Europe, Stoxx Europe 600 et MSCI EMU : ne confondez pas les indices européens
C’est l’une des confusions les plus fréquentes que je constate chez les épargnants qui débutent. Il existe plusieurs indices “Europe”, et ils ne couvrent pas la même chose.
| Indice | Nb d’entreprises | Zone couverte | Petites capitalisations |
|---|---|---|---|
| MSCI Europe | 397 | 15 pays européens développés | Non |
| Euro Stoxx 50 | 50 | Zone euro uniquement | Non |
| Stoxx Europe 600 | 600 | Europe élargie, incl. Pologne | Partiellement |
| MSCI EMU | Environ 180 | Zone euro uniquement | Non |
| MSCI Europe Small Cap | 840 | 15 pays européens développés | Oui, exclusivement |
L’Euro Stoxx 50 est très utilisé par les médias et les particuliers en France, mais il ne couvre que 50 entreprises de la zone euro. C’est un indice trop concentré pour servir de brique de diversification unique.
Le Stoxx Europe 600 est une alternative sérieuse au MSCI Europe : il couvre 600 entreprises dans 17 pays, dont la Pologne, absente du MSCI Europe, avec une petite dose de moyennes capitalisations. Sur longue période, la corrélation entre les deux indices dépasse 0,98 : leurs performances sont quasiment identiques. La vraie différence se joue donc sur les frais de l’ETF qui les réplique, pas sur le choix de l’indice sous-jacent.
Le MSCI EMU, European Economic and Monetary Union, ne couvre que les pays de la zone euro, à l’exclusion du Royaume-Uni et de la Suisse. La France y représente environ un tiers du poids total.
Enfin, l’indice MSCI Europe Small Cap permet de compléter une exposition grandes capitalisations avec les petites capitalisations européennes, absentes du MSCI Europe standard. Sur les 10 dernières années, cet indice a affiché une performance historiquement supérieure à celle des grandes capitalisations européennes, une prime de taille documentée de longue date dans la littérature académique, notamment par Fama et French, même si elle s’est révélée moins constante ces dernières années à l’échelle mondiale.
Faut-il investir en ETF sur le MSCI Europe ? Ce que dit vraiment SPIVA Europe
C’est la question qui devrait précéder toutes les autres : gestion active ou gestion passive ?
L’étude de référence pour trancher ce débat en Europe est le SPIVA Europe Scorecard, publiée deux fois par an par S&P Dow Jones Indices. Voici le chiffre qui devrait clore la discussion, à jour de fin 2025 :
Sur 10 ans, 97,02% des fonds actifs “Europe Equity” libellés en euros ont sous-performé leur indice de référence, le S&P Europe 350, un indice proche du MSCI Europe en composition. Et ce chiffre grimpe même à 99,13% si l’on ajuste la performance du risque pris, c’est-à-dire de la volatilité.
Pour être précis et honnête avec vous : ce chiffre concerne les fonds libellés en euros. Pour les fonds libellés en livres sterling, le taux de sous-performance à 10 ans tombe à 91,84%, ce qui reste écrasant.
L’argument standard consiste à dire que les ETF battent la quasi-totalité des fonds actifs sur le long terme, donc qu’il faudrait investir en ETF. L’objection sérieuse est que ce chiffre est une moyenne : il existe forcément des gérants qui surperforment. Un bon conseiller en gestion de patrimoine pourrait vous dire qu’il ne vous vend pas le fonds actif moyen, mais qu’il vous sélectionne le meilleur du marché.
Ce qui clôt vraiment le débat, c’est que le problème n’est pas l’existence de bons gérants, mais l’impossibilité de les identifier à l’avance de façon fiable. C’est ce que mesure le SPIVA Persistence Scorecard, l’étude complémentaire de persistance publiée annuellement par S&P Dow Jones Indices : un fonds classé dans le premier quartile sur 5 ans n’a pas de probabilité supérieure au hasard de rester dans le premier quartile les 5 années suivantes. Une étude complémentaire de S&P, surnommée “Heroes in Haystacks”, a même montré qu’un portefeuille composé uniquement des meilleurs fonds actifs identifiés a posteriori finit malgré tout, sur la durée, par sous-performer les indices, une fois les frais et le turnover pris en compte. Sélectionner le meilleur fonds actif à l’avance n’est pas un exercice de compétence, c’est un pari sur l’avenir, exactement comme le stock-picking individuel.
Il y a un second angle mort que j’ajoute rarement dans les articles concurrents sur ce sujet : le taux de survie des fonds. Sur 10 ans, seuls 56,83% des fonds actifs “Europe Equity” en euros qui existaient au départ existent encore aujourd’hui. Les autres ont été fermés ou fusionnés, généralement à cause de mauvaises performances. Un comparatif de performance qui ne tient pas compte de cette disparition, ce qu’on appelle le biais du survivant, surestime systématiquement la performance réelle de la gestion active. C’est précisément pour corriger ce biais que la méthodologie SPIVA reconstitue l’univers de départ complet, fonds fermés inclus.
Comparatif des ETF suivant le MSCI Europe : lequel choisir ?
Il existe aujourd’hui 18 ETF qui répliquent l’indice MSCI Europe, avec des frais annuels, le TER ou Total Expense Ratio, allant de 0,06% à 0,25%. Voici les principaux, classés par encours décroissant :
| ETF | ISIN | Dividendes | TER | Encours (M€) | Domicile | Réplication |
|---|---|---|---|---|---|---|
| iShares Core MSCI Europe UCITS ETF EUR Acc | IE00B4K48X80 | Capitalisation | 0,12% | 15 619 | Irlande | Échantillonnage optimisé |
| iShares Core MSCI Europe UCITS ETF EUR Dist | IE00B1YZSC51 | Distribution | 0,12% | 10 697 | Irlande | Échantillonnage optimisé |
| Xtrackers MSCI Europe UCITS ETF 1C | LU0274209237 | Capitalisation | 0,12% | 8 018 | Luxembourg | Réplication complète |
| Amundi Core MSCI Europe UCITS ETF Acc | LU1437015735 | Capitalisation | 0,12% | 4 139 | Luxembourg | Réplication complète |
| UBS Core MSCI Europe UCITS ETF EUR Dist | LU0446734104 | Distribution | 0,06% | 1 314 | Luxembourg | Réplication complète |
| Amundi MSCI Europe UCITS ETF Acc | FR0010261198 | Capitalisation | 0,25% | 611 | France | Réplication complète |
| State Street SPDR MSCI Europe UCITS ETF EUR | IE00BKWQ0Q14 | Capitalisation | 0,08% | 421 | Irlande | Réplication complète |
| UBS Core MSCI Europe UCITS ETF EUR Acc | LU0950668524 | Capitalisation | 0,06% | 354 | Luxembourg | Réplication complète |
| HSBC MSCI Europe UCITS ETF EUR | IE00B5BD5K76 | Distribution | 0,10% | 350 | Irlande | Réplication complète |
| Amundi PEA MSCI Europe UCITS ETF Acc | FR0013412038 | Capitalisation | 0,15% | 335 | France | Swap, synthétique |
Source : justETF.com, situation au 23 juin 2026. Frais totaux sur encours, TER. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Trois enseignements concrets à en tirer.
Pour un compte-titres ordinaire ou une assurance vie, privilégiez les ETF les moins chers à réplication physique complète, comme l’UBS Core MSCI Europe à 0,06% de TER ou le SPDR MSCI Europe à 0,08%. Sur 20 ans, l’écart de frais entre un ETF à 0,06% et un ETF à 0,25% représente, sur un encours de 50 000 euros, plusieurs milliers d’euros de frais cumulés non compensés par une différence de performance brute, puisque tous répliquent le même indice.
Pour un PEA, un seul ETF de ce comparatif y est éligible : l’Amundi PEA MSCI Europe UCITS ETF Acc, ISIN FR0013412038. Il utilise une réplication synthétique par swap, un contrat d’échange de performance avec une contrepartie bancaire, ce qui lui permet de respecter la règle des 75% minimum d’actions européennes ou UE/EEE nécessaire à l’éligibilité PEA, tout en offrant une performance qui suit fidèlement l’indice MSCI Europe complet, Royaume-Uni et Suisse inclus. Son TER de 0,15% reste raisonnable, même s’il est le double du moins cher du marché.
Pour un contrat d’assurance vie, la disponibilité dépend entièrement de l’assureur. C’est un point que je détaille dans mon comparatif des meilleures assurances vie, où je vérifie systématiquement la présence ou non de ces ETF dans chaque contrat.
Le vrai coût total : enveloppe et ETF, le seul chiffre qui compte
Le TER de l’ETF n’est que la moitié de l’équation. Le coût réel pour vous dépend aussi de l’enveloppe fiscale choisie.
| Enveloppe | Frais annuels enveloppe | TER ETF le moins cher | Coût total annuel |
|---|---|---|---|
| PEA chez un courtier en ligne | 0% hors frais de courtage | 0,15%, seul ETF éligible | Environ 0,15% |
| Compte-titres ordinaire | 0% | 0,06% | Environ 0,06% |
| Assurance vie en ligne performante | 0,5% à 0,6% sur unités de compte | 0,06% à 0,12% | Environ 0,56% à 0,72% |
| Assurance vie bancaire traditionnelle | 0,85% à 1% sur unités de compte | 0,12% à 0,25% | Environ 0,97% à 1,25% |
C’est le seul indicateur qui devrait guider votre choix d’enveloppe pour un même ETF sous-jacent : le coût total annuel, pas le nom de la banque ou la publicité. Un écart d’un point de pourcentage par an peut représenter, sur 25 ans et un encours de 100 000 euros, plusieurs dizaines de milliers d’euros de différence de capital final, uniquement à cause de la ponction des frais sur l’effet des intérêts composés.
Sur le PEA, un point de fiscalité mérite d’être signalé puisqu’il est très récent : depuis le 1er janvier 2026, le taux des prélèvements sociaux applicables au PEA au-delà de 5 ans de détention est passé de 17,2% à 18,6%, suite au relèvement de la CSG voté dans la Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2026. L’impôt sur le revenu reste, lui, totalement exonéré après 5 ans. Ce changement s’applique de façon rétroactive sur l’ensemble des plus-values accumulées, y compris celles réalisées avant 2026, dès lors que le retrait intervient après le 1er janvier 2026.
Conclusion pour l’Épargnant 3.0
Voici ce qu’il faut retenir, et surtout ce qu’il faut faire concrètement.
L’indice MSCI Europe reste un indice de qualité : bien diversifié avec 397 entreprises dans 15 pays, nettement plus large que l’Euro Stoxx 50, et administré selon une méthodologie transparente et automatique.
Ne confondez pas Europe et zone euro. Le Royaume-Uni et la Suisse pèsent à eux deux près de 37% de l’indice, et cette composition n’a pas de lien direct avec le PIB des pays concernés.
La gestion active en Europe ne fait pas mieux qu’ailleurs. Avec 97% de sous-performance sur 10 ans selon SPIVA Europe, le débat actif contre passif est, sur cette zone géographique, tranché depuis longtemps par les faits.
Choisissez votre ETF en fonction de votre enveloppe, pas l’inverse : l’Amundi PEA MSCI Europe pour le PEA, un ETF moins cher comme UBS ou SPDR pour un compte-titres ou une assurance vie qui le référence.
Ne faites pas de l’Europe votre seule exposition actions. Malgré sa qualité, l’indice ne représente qu’environ 19% de la capitalisation boursière mondiale des pays développés. Une diversification complémentaire, par exemple vers un ETF S&P 500 ou directement vers un ETF MSCI World, reste recommandée pour ne pas concentrer votre patrimoine sur une seule zone.
Pour vérifier concrètement l’impact des frais sur votre projet d’épargne, ou simuler votre capital futur selon différents scénarios de performance, j’ai développé une application gratuite et sans inscription, disponible sur iPhone et iPad ainsi que sur Android, qui reprend l’ensemble de mes calculateurs : intérêts composés, coût des frais, simulation multi-scénarios.
Je détaille la construction complète d’un portefeuille d’ETF intégrant une brique européenne dans mon livre Créer et piloter un portefeuille d’ETF, et j’explique pas à pas comment investir en Bourse si vous débutez.
Je vous souhaite le meilleur pour votre épargne et surtout pour tout le reste !

Bonjour,
J’aimerais votre avis sur ce PF svp
S&p500 40%
nasdaq 20%
Eurostoxx600 40%
Est-ce que je devrais changer euro600 pour msci, ou pensez vous que c’est bien réparti ? merci bcp
Bonjour,
Bonjour,
J’ai une question sur la différence entre ETF avec DIstribution vs Capitalisation en ce qui concerne les impôts.
Par éxample, si j’achète un ETF dans mon PEA, est-ce que je préfère l’un ou l’autre?
Est-ce que les ETF paient “withholding tax” sur ses dividendes avant qu’ils sont distribué ou capitalisé?
Merci beaucoup (et je viens de finir votre livre. Bravo)
Merci Édouard. Vous faites un travail énorme pour nous renseigner.. Vos livres sont passionnants. A quand le prochain ?
Merci pour cet article très intéressant et le comparatif des ETF qui suivent cet indice. J’aime bcq votre site qui est une mine d’informations. Je suis en train de lire votre livre créer et piloter un portefeuille d’ETF, mais j’en suis au début…
Pour compléter l’ETF MSCI Europe comme vous le suggérez, est il judicieux d’investir également dans un ETF MSCI World?
Merci.
Bonjour Edouard et merci pour l article;
j’envisage d investir sur les 11 etf sectoriels que compose le msci europe plutot qu un seul etf europe qu en pensez vous merci
1) pourquoi investir seulement en Europe ?
2) 11 ETF au lieu d’un seul. Les desavantages sont la complexite et les couts. Quels sont les avantages?
Bonjour,
j’ai cherché des données sur l’indice Europe Small Cap, mais les ETF qui le traquent n’ont pas du tout une performances de 11.3%. Pourriez vous mettre aussi la reference à un ETF sur cette indice, s’il vous plait?
Merci
Bonsoir Edouard
Merci cet article qui nous apprend un peu plus sur le MSCI EUROPE.
Bonjour
Une coquille : La France ne représente pas les ⅔ de l’indice EMU, mais 1/3
Bonjour Edouard.
Il existe des versions SRI des indices MCSI Europe / USA / World / EM.
Que faut-il en penser ?
Est-ce juste un effet de mode ou une vraie tendance ?
Ont-ils ont vraie plus-value ? Ils n’ont pas une grande durée de vie, mais semblent surperformer sur cette courte période : est-ce structurel ou pas ?
Bonjour, les ETF basés sur indice MSCI Europe sont-ils toujours éligibles au PEA malgré leur part importante d’actions UK?
Salut Phil;
Non la plupart ne sont plus éligibles PEA depuis juillet 2019 à cause du Brexit.
Si vous ne trouvez pas d’ETF synthétique spécial PEA, peut être l’ETF Amundi Prime Eurozone à 0,05% de frais serait plus intéressant pour vous
bonjour Edouard !
merci pour vos infos sur les ETF, et notamment sur le MSCI Europe …
je me posais justement la question sur un ETF Europe, faut il miser ou pas dessus…
pouvez vous faire, une synthèse sur un ETF CHINA..; c’est a dire que dans quelques années
je suis persuadé, que la Chine deviendra la première puissance mondiale et économique.
Est il osé ou périlleux pour un investisseur de long terme d’anticiper peut être un changement de
cap futur ?
merci
bonjour,
merci de cette monographie bien fichue
vous nous apprenez toujours plein de données pratiques
cdt
philippe maillet
Bonjour.
Encore merci pour votre partage de contenus toujours très enrichissants.
Cordialement