POURQUOI LES ACTIONS MONTENT?

POURQUOI LES ACTIONS MONTENT?

Dans Epargnant 3.0 je montre que les actions ont eu une performance exceptionnelle, surtout en comparaison de la plupart des autres actifs. Prenons quelques exemples de performance annualisée, tous net d’inflation (c’est-à-dire en prenant en compte la hausse des prix) :

  • 0,25% en tendanciel pour le Livret A.
  • 0,2% pour l’or depuis 1800.
  • 0,5% pour l’immobilier américain sans les loyers depuis 1870.
  • 1,9% pour les obligations dans le monde depuis 1900.
  • 5,2% pour les actions dans le monde depuis 1900.
  • 6,5% pour les actions américaines depuis 1900.

Cela veut par exemple dire qu’en 30 ans vous auriez multiplié votre capital par 3,5 avec les actions et par 1,05 avec le Livret A.

Mais à quoi est due cette performance et cela va-t-il continuer ? On a l’habitude de lire que les performances passées ne préjugent pas des performances futures. C’est tout à fait vrai à court terme (disons moins de 10 ans), mais les performances historiques de long terme (plus de 40 ans) donnent tout de même des indications intéressantes.

Cependant, il existe aussi de nombreux modèles pour tenter d’expliquer cette performance passée et tenter de tirer des projections.

Tour d’abord, il faut savoir qu’il est censé y avoir une relation entre le risque et la performance des actifs. Et si le risque sur les actions n’est pas négligeable, c’est surtout le risque perçu qui est vraiment important. Par exemple, l’épargnant a une perception de l’occurrence possible des krachs boursier bien supérieure à la réalité. La focalisation sur les évolutions de court terme, sans prendre en compte les dividendes, est un facteur aggravant. Il faut dire qu’une année sur trois a été négative si on ne prend pas en compte les dividendes.

Un certain nombre de scientifiques de la finance (dès 1937 avec Chelsie Bosland) pensent que si les investisseurs savaient que les actions étaient si peu risquées (ou en tout cas que le risque réel est bien moins important que le risque perçu), elles auraient une performance inférieure. En effet, c’est la loi de l’offre et de la demande. Le nombre d’investisseur en actions augmenterait. En revanche, le nombre d’actions n’augmentant pas, le prix de chaque action augmenterait. En revanche, les profits n’augmentent pas non plus. L’investisseur achèterait donc plus cher sa part de bénéfice et donc le dividende.

Et justement, d’après le modèle de Gordon, qui fait référence, la performance de long terme des actions est largement liée aux dividendes et à la croissance de ces dividendes. Pour les spécialistes, il faut bien sûr actualiser ces cash-flows à un taux … qui reste à définir.

Il est aussi possible de décomposer la performance des actions selon la classification suivante :

  • Les dividendes. En tant que copropriétaire d’une entreprise vous allez toucher des dividendes. Par exemple, aux Etats-Unis ils ont été en moyenne de 4,4% par an entre 1871 et 2012. Il faut savoir que les entreprises versent à peu près 60% de leurs bénéfices en dividendes. Actuellement, le dividende moyen est de 2,5% dans les pays développés, et d’un peu moins de 3% en France, tout comme dans les pays émergents. Cependant, il y a d’autres façons de retourner de la valeur aux actionnaires : réduction de la dette ou rachat d’actions, par exemple. D’ailleurs, ces méthodes sont en train de prendre une ampleur significative. Elles expliquent une évolution tendancielle à la baisse des dividendes.
  • La croissance des bénéfices (par action) ou des dividendes, net d’inflation. Ils ont augmenté d’un peu moins de 1,5% par an sur cette même période. Ce chiffre est directement lié à la croissance économique. Cependant, il a été inférieur, car la croissance du PIB par tête a été légèrement inférieure à 2% par an et la croissance du PIB d’un peu plus de 3%. La différence a de nombreuses explications potentielles. L’une d’elle est l’émission de nouvelles actions et l’introduction en bourse de nouvelles sociétés. En effet, cela ne profite pas aux actionnaires historiques. Certains pensent que la croissance des bénéfices devrait être plus proche de la croissance de l’économie.
  • L’évolution de la valorisation des actions. C’est-à-dire l’évolution du prix qu’un investisseur est prêt à payer pour être « propriétaire » d’une même somme de profit (ou de dividende).

Au final, la performance des actions c’est :

  1. Du dividende, en y ajoutant les rachats d’actions.
  2. De la croissance de l’économie, qui impacte la croissance des bénéfices et des dividendes. Cette croissance est en lien avec l’augmentation de la productivité et l’augmentation de la population (2/3 et 1/3 aux Etats-Unis).
  3. De la rémunération du risque à la fois réel et perçu.
  4. De la spéculation.

Comme vous le voyez, même si on ne croit pas à la croissance éternelle, les actions sont censées avoir une performance positive sur le long terme. Avec une croissance nette d’inflation de 0, on devrait pouvoir au moins compter sur les dividendes et les rachats d’actions, soit à fin 2015 pratiquement 4% net d’inflation par an. Avec une croissance positive la performance peut devenir largement meilleure. Il faut par ailleurs se rappeler que l’on parle bien d’une croissance mondiale. En effet, les entreprises sont de plus en plus internationalisées et un portefeuille se doit d’être diversifié avec des entreprises du monde entier.

Evidemment, le marché peut aujourd’hui être sur évalué et nous sommes peut être à la veille d’un krach. Mais le marché est aussi peut être sous-évalué et les actions vont encore être multiplié par 2 dans les 5 prochaines années.

Mais je n’en sais rien et personne n’en sait rien. Le mieux est probablement d’investir. Et pour être le plus serein possible, le mieux est probablement d’investir progressivement.

Par |2016-10-15T17:36:29+00:0030/12/15|1 Comment

Un commentaire

  1. PEA Facile 29/10/2017 à 20:21 - Répondre

    Excellent article et très pédagogue : je vais en faire la pub sur mon blog !

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