Définition des ETF et Trackers

Un tracker, encore appelé ETF (Exchange Trade Fund), n’est pas un produit particulièrement complexe à comprendre. Il est, par exemple, bien moins complexe qu’un fonds en Euros, pourtant très apprécié des Français.

Un tracker est un pool d’investissement dans différents types d’actifs possibles tels que les actions, les obligations ou même le pétrole. Il est négociable en bourse, on peut donc l’acheter et le vendre tout au long de la journée de bourse, soit de 9H00 à 17H30 sur la bourse de Paris (Euronext). Tous les trackers disponibles sur la bourse de Paris devraient être accessibles dans votre banque ou votre courtier en actions.

Dans cet article, nous allons détailler son fonctionnement. Nous vous encourageons à télécharger sur ce site le guide pratique des ETF. Il explique de façon très didactique ce qu’il faut savoir sur les ETF.

Un tracker est un fonds classique (OPCVM) négociable en bourse et avec des frais très faibles

Les ETF sont des fonds

Ces trackers sont très proches des fonds classiques. D’ailleurs, il s’agit techniquement, tout comme eux, d’OPCVM (Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières). En France, les ETFs sont notamment soumis aux règles de marché Euronext, au contrôle de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) et également aux directives européennes (UCITS). D’ailleurs, vous verrez souvent ce terme UCITS collé au nom du tracker.

Ils sont cotés en bourse

Ce qui les différencie d’un fonds classique, c’est d’être négociable en bourse. Pourtant ce n’est pas ce qui intéresse en premier lieu l’épargnant « passif ». Ses caractéristiques les plus importantes sont de suivre un indice et d’avoir des frais de gestion très faibles.

S’il y avait des fonds classiques non négociables en bourse, mais suivant de manière transparente un indice et avec des frais faibles… ce serait certainement aussi une bonne option. D’ailleurs, vous avez peut-être cette chance au sein de votre dispositif d’épargne salariale.

Les ETF suivent un indice

Les ETF utilisent différentes méthodes de réplication pour suivre un indice

L’élément le plus important d’un tracker est l’indice boursier qu’il suit. Il peut, par exemple, suivre l’indice CAC 40 ou l’indice MSCI World.

Pour répliquer cet indice au plus juste il a différentes façons de s’y prendre (totale, optimisée, synthétique). Je traite sujet de la méthode de réplication dans cet article. Mais prenons le cas le plus simple, la réplication physique totale. Le gestionnaire va acheter l’ensemble des entreprises composant l’indice et va s’efforcer de garder la même proportion que celle de l’indice. Dans le cas d’un tracker suivant le MSCI World, il y aura 1,86% du tracker qui sera investi sur Apple, car c’est ce qu’a décidé l’indice. Lorsque l’on s’intéresse aux ETF, il faut absolument s’intéresser aux indices.

Parfois, des sociétés rentrent et sortent des indices, par exemple car il y a une fusion. Le gestionnaire doit alors adapter son portefeuille d’actions en conséquence.

L’exemple des ETF Monde

C’est parfaitement transparent. Par exemple, si vous allez regarder sur le site de l’émetteur iShares le tracker iShares MSCI World UCITS ETF (code IWRD) vous pourrez trouver l’ensemble des positions du tracker, c’est-à-dire l’ensemble des sociétés en portefeuille. Cet ETF a plus de 1600 sociétés dans le monde en portefeuille avec la même pondération que l’indice MSCI World. En quelques clics vous pouvez investir dans 23 pays développés dans le monde.

En général, plusieurs ETF suivent le même indice. Ainsi, pour suivre cet indice Monde on peut utiliser les ETF suivants :

  • Amundi MSCI World UCITS ETF
  • Lyxor Core MSCI World
  • Lyxor MSCI World UCITS ETF D-EUR

Il y a toujours une petite différence de suivi de l’indice, mais c’est un sujet minime.

Les trackers doivent créer et supprimer des parts

La vente en gros et en détail des parts d’ETF

Là où cela se complique un peu pour le gestionnaire, c’est lors de la création et l’annulation de part. En effet, quand vous achetez une part de tracker, il doit acheter pour vous les actions correspondantes. Si vous achetez 1000€ d’un tracker monde il doit aller acheter 18,6€ d’Apple (et les autres actions). Lorsque vous vendez votre part de tracker, il doit vendre ces actions.

L’émetteur d’ETF lors de la création du tracker ou de l’émission de nouvelles parts s’adresse à des participant autorisé (Authorized Participant – AP), c’est-à-dire à des grandes institutions financière (de grandes banques). Ce participant autorisé va agir comme un grossiste pour le compte de l’émetteur du tracker, il ne va pas acheter 1000€, mais des millions d’Euros. Ce marché de grossiste est appelé le marché primaire. C’est un marché de gré à gré que l’on ne voit pas en bourse.

Il faut aussi savoir que le grossiste et l’émetteur de tracker font un échange au prix exact de la valeur des actions sur le marché et non au prix en bourse. Nous allons voir qu’il y a une légère différence.

Le grossiste va ensuite revendre ces actions, sur le marché secondaire c’est-à-dire en bourse. Le prix en bourse va être alors déterminé en fonction de l’offre et de la demande. Cette offre et demande est faite par les particuliers, mais aussi par les institutionnels (beaucoup de fonds achètent des trackers) et les « market makers ». Ces market makers sont utilisés pour animer le marché et apporter de la liquidité. Comme un agent de change dans un aéroport, il va constamment acheter et vendre. Il se rémunère par ce qu’il achète moins cher que la valeur intrinsèque du tracker et vend plus cher que la valeur intrinsèque du tracker. L’écart entre la fourchette haute et la fourchette basse est le « bid/ask spread » (écart d’achat vente). Lorsque vous voyez dans un carnet d’ordre, un gros ordre d’achat et à la vente avec le même volume, c’est le market marker.

Le carnet d’ordre des ETF

Vous pouvez voir ici le carnet d’ordre du tracker Monde d’Amundi à un instant donné.

carnet2

L’écart entre l’achat et la vente est de 15 centimes soit 0,07%. Cela veut dire que vous allez acheter l’ETF 0,035% plus cher que sa valeur intrinsèque. On peut considérer que ce sont des coûts de transaction à ajouter à ceux de votre courtier. Mais comme vous pouvez le voir, cela est finalement minime lorsque l’on investit pour le long terme. Pour les traqueurs peu liquides le spread peut être plus élévé. Cependant, il reste souvent acceptable.

Il faut souligner que les émetteurs de trackers utilisent plusieurs AP et Market Makers à la fois. Cela augmente la liquidité et diminue les risques (de défaillance d’un AP ou d’un market maker). Par exemple, Lyxor annonce utiliser 49 AP et 19 Market Makers.

Des mécanismes pour assurer la liquidité et diminuer les coûts

Un mécanisme qui favorise ceux qui investissent sur le long terme

L’un des intérêts de ce système est que les coûts d’émission et d’annulation de parts (les frais de transaction, et les frais administratifs liés) sont payés par le participant autorisé, puis au final par le nouvel entrant. Dans le cas d’un fonds classique, ce sont les épargnants possédant le fonds qui payent pour le processus d’émission de nouvelles parts. En effet, ce sont les fonds qui payent les frais de transaction.

Un mécanisme qui permet de s’assurer que le prix du tracker en bourse est très proche de la valeur réelle des valeurs mobilières sous-jacentes

L’autre intérêt de ce mécanisme est d’améliorer la liquidité de votre investissement. L’objectif est que vous puissiez acheter en toute circonstance et au meilleur prix le tracker, reflétant le mieux la valeur intrinsèque de ses actions.

On a vu que la liquidité est liée au volume d’échange du tracker sur le marché secondaire, c’est celle que vous voyez facilement. Cependant, il y a deux autres points à ne pas oublier :

  1. L’efficience du mécanisme sur le marché primaire. Elle vient du choix des AP (nombre et qualité) par l’émetteur de trackers. Cette information est moins facile à obtenir.
  2. La liquidité du sous-jacent. En effet, l’AP va acheter « physiquement » les titres et cela va être plus compliqué (et mettra « plus de temps ») si les actifs sous-jacents sont peu liquides. Dans ce cas, il faut analyser les indices. La liquidité du sous-jacent est vraiment un élément important.

Par exemple, le tracker Lyxor PEA-PME est par nature moins liquide qu’un tracker Eurostoxx 50 quelque soit tous les efforts de Lyxor pour animer son marché. Mais les fonds classiques ne sont pas logés à meilleure enseigne.

Au final, l’ensemble de ces mécanismes sont plutôt plus efficients que ceux des fonds classiques.

Je vous souhaite le meilleur pour votre épargne et surtout pour tout reste.