POINTS CLÉS

  • Les robo advisors aident les particuliers à gérer leur portefeuille financier, mais ce terme recouvre des réalités très différentes.
  • En France les robo advisors les plus intéressants sont Wesave, Yomoni et Nalo.
  • Les robo advisors apportent une réelle valeur ajoutée à de nombreux épargnants, notamment parce qu’ils évitent de faire des erreurs et les aident à combattre leur biais psychologiques.

Les concepts de robo advisor

Si vous vous intéressez aux start-ups vous et plus spécialement à celles dans la finance, que l’on appelle les fintech, vous avez sûrement entendu parler des robo advisors. Il s’agit d’acteurs on line qui vous aident à optimiser et gérer votre patrimoine financier. La promesse : une performance de votre épargne élevée grâce à des frais contenus, mais aussi une expérience utilisateur agréable et moderne.

Les robo advisor viennent des États-Unis

Cette tendance vient, comme souvent, des États-Unis. Parmi les nombreux acteurs qui se sont développés au cours des dernières années, nous pouvons citer :

  • Wealthfront qui a accumulé 11 milliards de dollars d’encours sous gestion en à peine quelques années.
  • Betterment a lui accumulé 13 milliards d’encours.

En comparaison, Boursorama le leader français de l’assurance vie on line, et acteur présent depuis des années, a deux milliards d’encours en assurance vie. Linxea a accumulé « seulement » 1,4 milliard d’Euros en 15 ans, alors que c’est un excellent courtier en ligne.

Différents modèles de robo advisor en France

Le concept américain a été adapté à l’environnement français, notamment réglementaire et fiscal. Cependant, le concept de robo advisors recouvre une très grande variété de proposition de valeur :

  • Certains vous donnent des conseils pour que vous puissiez prendre des décisions par vous-même et d’autres gèrent pour vous votre argent.
  • Certains s’appuient sur des fonds actifs et d’autres sur des fonds passifs ou ETF (Exchange Traded Funds).
  • Certains adaptent l’allocation de façons très régulière, ce qui s’apparente à une forme de gestion active et d’autres ne font que du rééquilibrer le portefeuille afin maintenir la même allocation (entre classes d’actifs et géographies)
  • Certains s’appuient sur des conseillers (CGPI) et d’autres sont purement on line.

Qu’est-ce qu’un bon robo advisor pour l’Épargnant 3.0 ?

Il est tout à fait possible de piloter son épargne en autonomie de manière performante sans y passer trop de temps

Le livre Épargnant 3.0 et cet article explique comment optimiser son portefeuille financier à moindre coût et par soi-même. Piloter par soi-même son portefeuille financier est possible, mais il faut reconnaître que le processus d’ouverture d’une assurance vie est assez complexe. Beaucoup de gens s’arrêtent devant tous ces papiers à remplir et le choix très large de fonds disponibles. De même, tout le monde n’a pas envie d’apprendre à passer un ordre de bourse sur un PEA.

Il faut comparer les robo advisors aux gestions déléguée ou gestion pilotée

C’est tout à fait accessible, mais on peut comprendre que cela n’intéresse tout simplement pas une bonne partie de la population. On pense alors à déléguer la gestion à un professionnel. Vous trouverez les termes « gestion déléguée » ou « gestion sous mandat ».

Cependant, déléguer la gestion de son épargne est, comme je l’explique dans cet article, est souvent une très mauvaise idée. En effet, en général les frais de gestion sont élevé et ils proposent uniquement des fonds actifs à frais élevés. Pourtant, ces fonds actifs font dans l’immense majorité moins bien que les ETF.

Est-ce que les robo advisors changent la donne ?

Les conditions nécessaires pour être un bon robo advisor

Cependant, à mon sens, ces robo-advisors peuvent être adaptés à l’Épargnant 3.0 s’il respecte certaines conditions.

Simple d’accès avec une interface moderne

Un bon robo advisor doit absolument avoir un processus d’inscription et de gestion parfaitement fluide. Il faut une expérience utilisateur parfaite tout au long de la vie du compte.

L’application doit aussi être digne de ce nom !

Des frais peu élevés

Comme nous l’expliquons régulièrement sur ce blog, l’Épargnant 3.0 doit optimiser ses frais. Il faut donc que le robo advisor ait des frais contenus et transparents. Il va sans dire qu’il faut qu’il s’appuie sur des fonds indiciels ou ETF (Exchange Traded Funds), aussi appelés trackers. L’objectif est d’avoir des frais totaux le plus bas possible. L’AMF a récemment publié les frais des fonds en France. On y apprend que les fonds actions françaises ont facturé en moyenne 2,2% de frais en 2018. En comparaison, il est aisé de trouver des ETF avec des frais de moins de 0,4% par an, et on peut construire un portefeuille d’ETF avec des frais de gestion annuels de 0,2% sans trop de difficulté.

Grâce à ces frais très bas, la performance des ETF est tout simplement exceptionnelle. Les ETF sont régulièrement classés dans les tous meilleurs fonds.

Une capacité à vous aider à définir votre profil de risque

Lorsque l’on veut piloter son épargne de manière efficace, une des choses les plus difficile à faire est de déterminer le niveau de risque que l’on doit et surtout peu prendre. Pour simplifier à l’extrême, plus un portefeuille financier est composé d’actions plus il est risqué (en tout cas sur le court terme) … mais plus il est performant. Il faut trouver le bon équilibre.

Un bon robo advisor doit aussi avoir un questionnaire performant vous permettant d’identifier vos projets et votre tolérance au risque afin d’avoir une allocation de votre portefeuille financier vraiment adapté à votre profil.

Un bon robo advisor ne doit pas seulement conseiller, mais piloter votre épargne de bout en bout

A mon sens, un robo advisor ne doit pas seulement vous conseiller, mais il doit gérer pour vous votre épargne. Quitte à prendre un robo advisor autant qu’il fasse le travail jusqu’au bout. Cela me paraît très important, car le plus grand ennemi de l’investisseur est lui-même.

Déléguer la gestion, plutôt que choisir une allocation conseillée, permettra probablement de passer plus sereinement les krachs ou en tout de faire le moins d’erreurs possible. Pour plus d’information sur les erreurs des investisseurs vous pouvez vous référer à l’article ce blog « L’investisseur est son meilleur ennemi, il investit à contre temps ».

L’accès aux meilleures enveloppes fiscales : assurances vie et PEA

Enfin, il doit s’appuyer sur des enveloppes financières intéressantes, notamment sur le plan de la fiscalité:

  • La plupart des robo advisor s’appuie sur l’assurance vie. La fiscalité de l’assurance vie est assez bonne jusqu’à un montant de 150 000 et lorsque l’on a des enjeux fort de succession.
  • Le PEA (Plan d’Epargne en Action) a une fiscalité encore plus attractive que celle de l’assurance vie. C’est vraiment une option à ne pas négliger.

Quels sont les bons robo advisors en France ?

A aujourd’hui, trois robo advisors respectent en grande partie à ces critères :

  • Wesave
  • Nalo
  • Yomoni
    Wesave robo avisor
Yomoni robo avisor

Ils vous permettent de créer un portefeuille financier adapté à votre profil, gèrent pour vous votre épargne financière, s’appuient sur des fonds indiciels (parfois non accessibles au public et très bien montés) ou ETF, et sont agréables à utiliser. Mais qu’en est-il des tarifs ?

Tout d’abord, assurons-nous de comparer ce qui est comparable. Si vous appliquez à la lettre les conseils donnés dans le livre, vous obtiendrez des frais réellement optimisés, inférieurs à 0,5% par an. Mais les robo-advisors ne font pas la compétition avec le « Do It Yourself », mais, comme je l’écrivais plus haut, plutôt avec les allocations sous gestion sur les assurances vie et les PEA. Et dans l’article « Les gestions sous mandat et les allocations conseillées sont souvent peu conseillées » nous avons montré que les frais totaux pouvaient devenir extrêmement élevés. En effet, il faut ajouter les frais de l’assurance vie, du gestionnaire et des fonds actifs. Il en résulte que le coup complet d’une assurance vie pilotée, même chez les acteurs on-line, peut monter à 4% !

L’offre de Yomoni et les frais associés

Qui est Yomoni ?

Yomoni est une société de gestion créé en 2015. C’est le premier robo advisor en France avec plus de 10 000 clients et 100 millions d’euros d’encours.

Les actionnaires de Yomoni sont :

  • Les fondateurs
  • Le Crédit Mutuel Arkea
  • Iéna Venture, l’incubateur de la Financière de l’Echiquier
  • Le management

Quelle est l’offre ?

Yomoni a une offre assez large :

  • Une assurance vie, en partenariat avec l’assureur Suravenir
  • Un PEA
  • Une offre plus haut de gamme, appelée Yomoni Society
  • Une offre pour les enfants appelée Yomoni Kids
  • De l’épargne salariale
  • Ils distribuent même une assurance vie pilotée au travers du courtier Linxea

Quels sont les frais ?

Yomoni prélève 0,7% de frais de gestion sur la partie investie en actions, et aucun frais de gestion sur la partie fonds en euros (en plus des frais internes du fonds en Euros).

A cela s’ajoute les frais de l’assurance vie de 0,6% et les frais internes des ETF inférieurs à 0,3%

Il en résulte que les frais totaux vont de 0,6% pour le profil le moins risqué (en fonds en Euros) à 1,6% pour les profils uniquement en Unités de Compte (0,6% de frais d’assurance vie, 0,7% de mandat d’arbitrage et 0,3% pour les ETF).

L’offre de Wesave et les frais associés

Qui est Wesave ?

Wesave a été lancé en 2016. Amundi, le célèbre gestionnaire d’actifs et d’ETF est progressivement monté au capital.

Désormais, WeSave est une filiale à 100% d’Amundi, même si l’entreprise garde une autonomie opérationnelle.

Quelle est l’offre ?

Wesave propose :

  • Une assurance vie, en partenariat avec l’assureur Suravenir
  • Un contrat de capitalisation
  • Une offre pour les mineurs, Yomoni Kids
  • De l’immobilier défiscalisant type PINEL ou Malraud, et des SCPI (des sociétés d’immobilier non cotées)

Quels sont les frais ?

Wesave a la même structure tarifaire sur les profils complètement en unité de compte, mais applique les frais de son mandat de gestion aussi sur la partie fond en Euros. Il en résulte que Wesave est plus cher pour les profils peu ou moyennement risqués.

L’offre de Nalo et les frais associés

Qui est Nalo ?

Nalo a été créé un peu plus tard, mi 2017. La start-up a réalisé une levée de fonds de 2 millions d’euros auprès de 67 investisseurs clients et des business angels.  Ce choix assez original pour lever des capitaux permet une plus grande indépendance vis à vis des actionnaires.

Quelle est l’offre ?

Nalo propose :

  • Une assurance vie, en partenariat avec l’assureur Generali (à noter qu’à partir de 250 000 euros d’encours vous êtes accompagné par un conseiller patrimonial).

Quels sont les frais ?

Les frais sont de gestion de l’assurance vie sont de 0,85% (tant sur les Unités de Compte que sur les fonds en euros) auquel s’ajoute 0,55% sur les fonds indiciels et les frais internes des ETF, inférieurs à 0,3%.

Offre spéciale Nalo
500 euros offerts chez Nalo (offre spéciale)

Pour en savoir plus sur Nalo, allez voir mon article dédié à ce robo advisor innovant.

Focus sur le robo advisor Yomoni

Étant donné que Yomoni est à, mon sens, le robo advisor le plus intéressant en France, faisons un focus sur son offre.

Une interface moderne et pensée

La souscription à une assurance vie classique peut être complexe pour un Épargnant 3.0, même s’il est motivé. En effet, une fois votre questionnaire de risque rempli, l’assureur vous propose un portefeuille type, une sorte d’allocation conseillée. Mais bien évidemment, il y a de fortes chances qu’il vous pousse vers des fonds actifs fortement chargés en frais. Il faut alors bien penser à se mettre en gestion libre et choisir vous-même le fonds en euros et les ETF, qui ne sont pas toujours faciles à trouver.

Il n’y a pas ce souci chez Yomoni, car l’allocation qu’il va vous proposer est fondée sur les fonds en Euros et des ETFs, comme présentée dans le livre Épargnant 3.0. De plus, l’expérience utilisateur dans ce processus d’inscription est vraiment très simple, totalement digitalisée.

D’ailleurs de manière générale, je trouve l’interface utilisateur à la fois belle et bien pensée. C’est vraiment le jour et la nuit avec une assurance vie classique.

Interface Yomoni

Un choix d’ETF et de fonds indiciels optimisée

Il faut aussi noter que les ETF et fonds indiciels à disposition du gérant sont vraiment intéressants. Ce sont des ETFs s’appuyant sur des indices de qualité, dont beaucoup ne sont pas accessibles sur des assurances vie classiques ou dans le cadre du PEA. En voici quelques-uns :

  • L’iShares Core MSCI World, un ETF est à réplication physique et a des frais annuels de 0,2%. Pour rappel, l’ETF d’Amundi éligible au PEA a des frais annuels de 0,38%. Et les assurances vie classiques s’appuient souvent sur le Lyxor MSCI World à 0,3% par an.
  • Des trackers Vanguard, non disponibles sur les autres assurances vie. Le Vanguard S&P 500 a des frais annuels de 0,07% par an. L’Amundi disponible sur PEA coûte 0,15% par an.
  • Des fonds indiciels BNP Paribas réservés aux institutionnels.

Un excellent service client

Les seules fois où j’ai eu affaire au service client du client, j’ai eu des réponses précises et rapides.

Le reporting de performance est transparent est très lisible. De plus, Yomoni envoie des commentaires de marchés qui peuvent intéresser certaines personnes, mais surtout des analyses permettant de réfléchir à ses investissements sur le long terme.

Dernier point, et non des moindres, j’ai rencontré plusieurs fois l’équipe et elle est très pro et motivée. D’ailleurs que le Directeur Général de Yomoni est aussi un adepte de la gestion passive et de l’evidence based investing. Il a d’ailleurs rédigé la postface de mon dernier livre Créer et piloter un potefeuille d’ETF.

Le robo advisor yomoni
Offre spéciale Yomoni

Les points d’amélioration de Yomoni

Cependant, il y a bien sûr quelques points d’améliorations :

  • j’espère que les frais pourront baisser progressivement et en particulier sur l’offre PEA (que je trouve assez chère par rapport à un PEA en autonomie).
  • il faudrait avoir une meilleure vue du patrimoine financier global du ménage pour que le robo-advisor propose un portefeuille piloté qui s’insère parfaitement dans ce patrimoine.
  • j’espère qu’il y aura un jour des portefeuilles adaptés à des investisseurs avancés : pensons à ceux veulent faire du smart beta ou du trend following (il s’agit de momentum sur indices, un sujet que je traiterai dans un article prochain). Mettre en place ces stratégies en autonomie n’est pas simple (techniquement et surtout psychologiquement), et le robo-advisor pourrait prendre un sérieux avantage.
  • d’ailleurs, il pourrait être intéressant d’avoir une gestion automatisée, fondée sur des études académiques, plutôt qu’une gestion que l’on peut appeler discrétionnaire. En tout cas, la gestion pourrait être plus transparente lorsqu’elle utilise des signaux systématiques.
  • enfin, il serait possible d’aller au-delà du blog actuel, avec notamment des articles plus avancés d’une part et un forum privé d’autre part (pour échanger entre investisseurs et avec l’équipe de gestion)

C’est un service jeune et je ne doute pas que de nouvelles fonctionnalités vont être proposées sous peu. Au final, on ne peut être que positif sur cette innovation.

Conclusion pour l’Épargnant 3.0 : les robo advisors facilitent la gestion et évitent de faire des erreurs

Les investisseurs particuliers en autonomie peuvent faire des erreurs

L’Épargnant 3.0 peut très largement, s’il s’en donne la peine, piloter son patrimoine financier en autonomie. Les frais seront au plus bas. Cependant, il prend un risque de faire des erreurs, en particulier, au plus mauvais moment, lors d’un krach. Les investisseurs individuels sont nombreux à vendre au plus bas après avoir subi de fortes pertes.

D’ailleurs, il suffit de regarder ce qui s’est passé récemment pour comprendre qu’il est difficile de résister à la tentation de chercher à entrer et à sortir du marché au « bon moment »… alors qu’il s’agit souvent d’un mauvais moment. Je suis absolument certain que de très nombreux investisseurs sont sortis du marché à cause du Brexit, à cause de Trump ou encore à cause du référendum en Italie. Qui imaginerait que suite à ces événements la bourse exploserait ?

Un bon robo advisor pourra tout de même être utile même à un investisseur averti

Un robo advisor devrait aider les investisseurs à limiter leur risque d’erreur

S’appuyer sur un robo advisor permettra à un investisseur individuel de limiter le risque de faire des erreurs. A mon sens cela vaut bien les 1% de frais annuels additionnels par rapport à un investissement en autonomie, optimisant ses avoirs entre son assurance vie et son PEA. De plus, l’écart diminue à, à peu près, 0,5% pour celui qui investit en assurance vie avec des fonds en euros et des ETFs. Mais il faut surtout comparer aux autres formes de gestion déléguée, et là c’est au moins deux fois moins cher !

Par ailleurs, vous gagnez en prime une inscription très facile et une expérience utilisateur sans commune mesure.

Pourquoi pas en complément d’une gestion en autonomie ?

D’ailleurs, pourquoi ne pas mettre une partie de son portefeuille en gestion autonome et une autre partie sur un robo advisor ? Cela peut être un benchmark intéressant. Encore une fois, il s’agit plus d’un benchmark plus sur votre psychologie que sur votre capacité à construire un portefeuille de trackers performant.

Dernier point, j’espère que d’autres acteurs vont arriver sur le marché. Cela poussera vers plus de services et plus d’innovation.

Sur ce, je vous souhaite le meilleur pour votre épargne, et surtout pour tout le reste.