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FAUT-IL INVESTIR DANS UN ETF CAC 40 ? PAS VRAIMENT ! OU PAS DU TOUT ?

L’ETF Lyxor CAC 40 pèse plus de 4 milliards d’euros, l’ETF CAC 40 d’Amundi plus de 1 milliard. Aussi, ces ETF sont présents dans la plupart des assurances vie qui proposent des trackers. Intéressons-nous donc à ces ETF puisqu’ils semblent être plébiscités. Faut-il investir dans un ETF CAC 40 ? Je vous donne déjà la réponse : pas vraiment ! Pas du tout même peut-être ! Mais voyons pourquoi. Le cheminement est au moins aussi important que le résultat.

Les ETF CAC 40 suivent … l’indice CAC 40

Les ETF suivent un indice, c’est le principe de base. La première chose à faire est donc de regarder l’indice. Le CAC 40 est cet indice boursier dont on parle si souvent à la télévision et dans les journaux. Ce serait celui qui donne le « la » de la bourse.

L’indice CAC 40 est l’indice phare de la bourse de Paris

Un indice qui remonte à 1987

L’indice CAC 40 a été créé en 1987 par la Compagnie des Agents de Change, d’où son nom initial. Aujourd’hui, CAC est l’acronyme de « Cotation Assistée en Continu ». Cet indice est désormais géré par la bourse de Paris Euronext. Il permet de suivre l’évolution des 40 principales valeurs cotées sur la bourse de Paris. « Principale » signifie qu’il s’agit à la fois des plus grosses sociétés et celles dont on échange le plus les actions. Le choix de ces valeurs n’est pas complètement automatique, il dépend de la décision d’un comité d’experts, appelé « Conseil Scientifique », qui se réunit régulièrement. Le niveau de l’indice est diffusé toutes les 15 secondes.

Le poids de chaque entreprise est pondéré en fonction de la capitalisation boursière flottante. En effet, certaines sociétés cotées en bourse ne sont pas entièrement cotées en bourse. On pense notamment aux sociétés familiales (LVMH, par exemple) ou aux sociétés étatiques (EDF, par exemple). L’indice ne prend en compte que la partie que l’on peut échanger en bourse. C’est ce que l’on appelle la partie flottante de la capitalisation boursière (« free float » en anglais).

Le poids boursier des 40 plus grandes valeurs française est égal au poids de la plus grande valeur américaine

Le CAC 40 pèse en tout 1200 milliards d’euros, soit un peu plus que la capitalisation boursière d’Apple ! Les plus grosses valeurs sont Total (plus de 10% de l’indice), Sanofi et Airbus. Vous pouvez voir cela dans la « factsheet » de l’indice CAC 40. Pour rappel, un ETF CAC 40 sera investi exactement de la même manière, c’est le principe !

Le CAC 40 classique ne comprend pas les dividendes

60% de performance en plus en moyennes chaque année en intégrant les dividendes

Le CAC 40 dont on parle à la télévision n’intègre pas les dividendes versés par les sociétés qui constituent l’indice. Pourtant, il existe bien un indice dividendes compris. La différence est plus que significative. Entre 1987 et fin 2018, l’indice sans dividendes (appelé « nu ») a eu une performance annuelle de 5,1%, tandis que l’indice dividende compris a eu une performance de 8,5% ! Et évidemment,  les actionnaires reçoivent bien des dividendes.

Cela veut aussi dire que l’investissement a été multiplié par un peu moins de 5 sans prendre en compte les dividendes, et 8,5 en prenant en compte les dividendes.

CAC 40 avec et sans dividendes

Aussi, étant donné que l’inflation a été de 1,7% par an sur cette période, la performance du CAC 40 sans dividende et net d’inflation a été de 3,5% par an et de 6,8% par an dividende compris. Soit pas loin de 2 fois plus.

Une performance extra-ordinaire, même par rapport à l’immobilier

Oui, vous avez bien lu, la bourse française a eu une performance de pratiquement 10% par an depuis 30 ans (brut d’inflation). 1000 euros investis en 1987 sont devenus 13 000 euros 30 ans plus tard (brut d’inflation, encore une fois). L’indice des notaires de l’immobilier à Paris ne remonte qu’à 1991. Mais depuis cette date l’immobilier parisien a eu une performance annuelle de 3,6%. Cette performance n’intègre pas les loyers (ou l’économie de loyers), mais on notera que c’est inférieur à la performance du CAC 40 hors dividendes.

Un ETF CAC 40 va naturellement capter les dividendes des sociétés composant l’indice, comme n’importe quel ETF d’ailleurs.

Vous pouvez retrouver la description détaillée de la méthodologie de calcul de l’indice CAC 40 ici. Mais autant dire que ce n’est pas très lisible.

L’indice CAC 40 par rapport aux autres indices

Mais la question que l’on peut se poser est : pourquoi utiliser cet indice ? Pourquoi investir dans les 40 plus grosses valeurs françaises ? Pourquoi investir uniquement en France ? Pourquoi investir dans les plus grosses valeurs ?

Franchement, je ne vois pas de raison, à part un biais psychologique fort : on se sent plus en sécurité lorsque l’on investit dans ce que l’on connaît. Ce n’est pas absurde, mais ce n’est pas toujours vrai. On confond « familier » et « sûr ».

Pourquoi investir dans la bourse française qui représente moins de 5% des bourses mondiales ?

Ne pas confondre ce qui est connu avec ce qui est sûr

Déjà pourquoi est-ce que la bourse française serait plus performante et/ou plus sûre que la bourse allemande ou même espagnole ? Nous avons la même monnaie et nos économies sont très interconnectées. Vous croyez vraiment à une exception française ?

Pourquoi est-ce que la bourse française serait plus performante et/ou plus sûre que la bourse américaine ? Là encore, le génie français frapperait ! Certes nous n’avons pas la même monnaie, et à première vue un investissement aux États-Unis, pourrait être considéré comme risqué. Mais j’ai montré à plusieurs reprises que le risque de change n’était pas un problème si important que cela à long terme. De plus, il existe des ETF pour se protéger contre le risque de change.

Dans cette interview, je parle de la diversification géographique et de l’impact en termes de risque (à 7 min 10 s) :

Non la bourse française n’est pas la bourse la plus performante et la plus sûre du monde. D’ailleurs, elle ne pèse que 3% de la capitalisation mondiale. Si le poids de vos actions françaises est supérieur à 3%, c’est que vous avez ce que l’on appelle classiquement le « home country bias », le biais qui consiste à investir de façon trop massive dans le pays dans lequel on vit. Rassurez-vous, les français ne sont pas les seuls à être chauvins. En moyenne (selon une étude de Vanguard de 2014), les investisseurs européens investissent 16% de leurs avoirs dans leur pays de résidence, et 61% en Europe. Pourtant l’Europe pèse nettement moins dans le PNB mondial ou dans la capitalisation boursière mondiale. Et c’est un euphémisme !

Une indice investissant uniquement dans les grandes capitalisations et très concentré

Question subsidiaire : pourquoi est-ce que les grandes sociétés seraient plus performantes en bourse que les petites sociétés ? Il n’y a pas de raison, et d’ailleurs cela n’a pas été le cas historiquement. Vous pouvez approfondir ce sujet, grâce à cet article du blog.

Par ailleurs, il faut considérer que l’indice CAC 40 est un indice plus risqué que de nombreux autres indices : il ne compte que 40 valeurs et les 10 premières valeurs pèsent plus de 50% de l’indice. C’est un indice peu large et très concentré. Et concentration = risque !

Il existe des indices plus larges et donc moins risqués

Prenons d’autres indices plus ou moins connus pour comparer cela :

  • Le S&P 500 est l’indice des 500 plus grandes valeurs américaines. Les 10 plus grandes sociétés pèsent 20% de l’indice.
  • Le FTSE Developed Europe est constitué d’à peu près 600 entreprises. Les 10 plus grandes sociétés pèsent 17% de l’indice.
  • Le MSCI World compte plus de 1500 entreprises dans le monde entier. Les 10 plus grandes sociétés pèsent  un peu plus de 10% de l’indice.

Pourquoi ne pas choisir un de ces indices, plus large, moins concentré et donc moins risqué ? Il n’y a pas vraiment de raison ! Surtout qu’il y a des ETF qui suivent ces indices. A mon sens, un ETF Monde va être bien moins risqué qu’un ETF CAC 40 !

(Pour en savoir plus sur les indices, je vous encore à lire cet article du blog)

L’intérêt des ETF CAC 40 … et des ETF France de manière générale

Une fiscalité optimisée …

Enfin si, il y aurait potentiellement une raison d’utiliser un ETF CAC 40. C’est l’imposition, et il ne faut jamais négliger l’imposition. Lorsqu’un investisseur place son argent en bourse dans une société étrangère, il reçoit comme pour une société française, un dividende. Ce dividende est taxé « à la source », dans le pays d’origine. L’investisseur peut se faire rembourser cet investissement à la source dans son pays de résidence sous certaines conditions. Cette imposition à la source peut être élevée. Elle est par exemple de 15% aux États-Unis ou même de 26% en Allemagne, comme je l’explique dans cet article sur le sujet. Il n’y a pas d’impôt à la source en France pour les Français (lire les « ETF domiciliés en France »). Et comme nous venons de le voir, la performance d’un investissement boursier est élevée en particulier grâce aux dividendes. Cela peut faire une différence significative, si l’on ampute ces dividendes d’un impôt à la source ! Par exemple depuis 20 ans l’indice MSCI Europe a eu une performance annualisée de 4,4% avec dividendes dits bruts, et de 3,8% en prenant en compte l’impôt à la source.

… qui permet aux ETF France (et Europe) de surperformer leur indice de référence

C’est une différence qui n’est pas négligeable. Cependant, les ETF arrivent à optimiser cet impôt à la source et, à titre d’exemple, les ETF européens surperforment assez largement l’indice « net return » prenant en compte l’impôt à la source. Par exemple, l’ETF Amundi MSCI Europe a surperformé l’indice net return de 0,2 point par an depuis 5 ans. Il faut aussi dire que la France compte pour pratiquement 20% de cet indice. Or MSCI prend en compte un impôt à la source de 30%, qui n’est pas appliqué pour un investisseur français.

D’ailleurs, j’en profite pour vous dire que les fonds actifs français se comparent à un indice « net return », alors qu’ils ne payent pas d’impôt à la source. Certains fonds ont même une commission de surperformance lorsqu’ils dépassent l’indice net return … Aussi, l’indice de comparaison officiel des ETF CAC est bien aussi le CAC Net Return, ils n’ont pas de mal à le surpasser assez largement. Par exemple, presque 1 point par an, pour l’ETF CAC 40 d’Amundi.

Les ETF CAC 40 et les ETF France disponibles sur la Bourse de Paris Euronext

On peut donc imaginer surpondérer un peu la France, grâce à un ETF CAC 40, dans son portefeuille d’ETF pour profiter de cet « avantage fiscal ». Un ETF France pourrait remplacer un ETF zone euro. Cependant, il n’y a pas que l’indice 40 pour investir en France. Il y a aussi, par exemple, l’indice MSCI France qui est un peu plus diversifié avec 78 valeurs (les 10 premières lignes pèsent un peu moins la moitié de l’indice). Le CAC Mid 60 n’est pas non plus inintéressant, car il suit les valeurs moyennes de la bourse de Paris.

La gamme des ETF CAC 40 et France

On a alors les choix suivants pour les ETF cotés sur Euronext :

  • Lyxor ETF CAC 40 : 4 milliards d’encours et des frais de 0,25% par an.
  • Amundi ETF CAC 40 : 1,5 milliards d’encours et des frais de 0,25% par an.
  • BNP Paribas Easy ETF CAC 40 : 300 millions d’encours et des frais de 0,25% par an.
  • Comstage ETF CAC 40 : 12 millions d’encours et des frais de 0,2% par an.
  • Amundi ETF MSCI France : 60 millions d’encours et des frais de 0,25% par an.
  • Amundi ETF CAC Mid 60 : 96 millions d’encours et des frais de 0,5% par an.
  • Lyxor ETF PEA-PME : 9 millions d’encours et des frais de 0,5% par an.

Par ailleurs, les fonds se comparent parfois (souvent ?) à l’indice CAC 40 tout en investissant de manière beaucoup plus large que les composants du CAC 40. Ils investissent notamment dans des valeurs moyennes qui ont eu, historiquement, une meilleure performance que les grandes valeurs. Lorsqu’un gestionnaire actif actions françaises dit qu’il fait mieux que son indice de référence, il faut donc très attentif : il faut retraiter pour prendre l’indice gross return et vérifier la dose de petites et moyennes capitalisation en portefeuille. On a tout de même plus de transparence avec les ETF.

La performance des ETF par rapport au CAC 40

Cela étant, certains ETF CAC 40, comme celui d’Amundi, se comparent à l’indice CAC 40 Brut (dividendes compris, sans retenue à la source) et d’autres, comme celui de Lyxor, avec le CAC Net (dividendes compris, avec retenue à la source). On arrive aux performances suivantes sur 5 ans (au 19/10/2018) :

  • CAC 40 Net Return : 5,9% / an
  • Amundi ETF CAC 40 : 6,8 % / an
  • Lyxor ETF CAC 40 : 6,8% / an
  • CAC 40 Gross Return : 7% / an

Pas de grande surprise, les ETF CAC 40 ont une performance égale à l’indice de référence retranché de leurs frais (0,25% par an).

Les ETF sont aussi une façon performante d’investir en France et sur son indice phare

Comment se positionnent les ETF par rapport à la gestion active ?

Selon l’étude de Lyxor annuelle « Actif versus Passif », seuls 12% des fonds actifs ont réussi à battre l’indice CAC. A contrario, nous venons de voir que les ETF CAC 40 pouvaient battre leur indice de référence.

Pour passer à la pratique prenons l’exemple de l’ETF Lyxor CAC 40 sur Quantalys (données fin mars 2019) :

  • sur les 10 dernières années il est le 12e meilleur fonds (sur 80) dans la catégorie « Actions France » (dont potentiellement se comparant avec des fonds incluant des petites capitalisations, et donc ayant eu une meilleure performance sur cette période)
  • sur les 12 derniers mois il arrive 6e meilleur fonds (sur 111)

Ce sont des performances excellentes.

Conclusion pour l’Épargnant 3.0 sur les ETF CAC 40 et ETF France de manière générale

A utiliser en complément du cœur de portefeuille

Le CAC 40 est pour les médias l’indice boursier par excellence. Cependant, il n’est pas du tout représentatif des bourses mondiales. À mon sens, il ne peut pas avoir un poids trop significatif dans un portefeuille financier diversifié, qui doit couvrir l’ensemble des zones géographiques. Un ETF CAC 40 ou un ETF France ne peut pas être le cœur du portefeuille.

Cependant, il n’est pas absurde de l’utiliser « à petite dose » afin d’améliorer la fiscalité et donc la performance in fine. On peut imaginer gagner 0,4 point par an sur le long terme. Ce n’est pas rien. Mais cela engendre un risque supérieur puisque l’on s’appuiera sur un portefeuille concentré. Aussi, la zone euro ne représente que 10% de la capitalisation mondiale. Cela voudrait dire qu’on espérerait gagner 0,04 point par an. Je pense qu’il y a d’autres bonnes pratiques à mettre en place avant de chercher à optimiser son portefeuille d’ETF de cette manière.

La diversification géographique est indispensable dans un portefeuille financier efficace

D’ailleurs, un point supplémentaire sur la diversification. On imagine que les bourses mondiales sont de plus en plus corrélées et a fortiori dans la zone euro. Mais regardez la performance annuelle depuis 5 ans :

  • Pays-Bas : 11%
  • France : 9%
  • Allemagne : 7%
  • Espagne : 3,8%

La différence est énorme ! La performance des bourses de la zone euro peuvent très largement diverger ! Pourquoi parier sur un pays qui ne représente que 3% de la capitalisation mondiale et uniquement sur 40 valeurs ?

Si cet article vous a intéressé vous pouvez lire un article similaire sur les ETF Nasdaq.

Sur ce, je vous souhaite le meilleur pour votre épargne … et surtout pour tout le reste.

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22 Comments

  1. Bonjour.

    Merci pour cet article intéressant et très bien détaillé,
    Cependant se qui gêne avec les ETF Monde afin de diversifier, comparativement au ETF CAC 40

    c’est le cout de 0,45% par an ETF MSCI (lyxor)
    + l impot à la source du dividende réinvestis

    Comparé à 0,25% par an ETF CAC 40 et sans impôt sur les dividendes réinvestis

    A la longue cela fait quand même une différence.
    Qu’en pensez vous ?

    Cordialement

    1. Bonjour Tristan, c’est vrai, mais la diversification est vraiment intéressante … et vous pouvez créer un portefeuille d’ETF !

  2. Jérôme dit :

    Bonjour,

    Si on regarde le CAC 40 en mars 2000 il est d’environ 6400 alors que le CAC 40 d’aujourd’hui est d’environ 4400.

    Comment peut-on dire qu’il y a eu une croissance de 4-5% par an comme vous le dites dans votre article ?

    Merci de votre réponse.

      1. Jérôme BENARD dit :

        Pourtant, vous écrivez « Entre 1987 et fin 2018, l’indice sans dividendes (appelé « nu ») a eu une performance annuelle de 5,1%, ».

  3. Bonjour Edouard,

    Es ce que vous avez déjà fait une simulation sur la performance a long terme 10-15ans entre un indice CAC40 et un panier de valeurs selectionnés de sociétés WIDE/NARROW – MOAT comme Vinci, Lvmh, Air L, Dassault S, Esiilor, L’oreal , kering, Schneider Elec, ect…..
    Sur long terme de tels valeurs (Wide Moat) peuvent t’elle battre les indices?

    Au plaisir de vous lire.

    Gregory.

  4. Bonjour, merci pour cet article.
    J’ai une question qui me semble importante: quand je regarde l’indice du CAC 40 Gross Tr (dividendes réinvestis), je vois un cours actuel supérieur au pic de 2007. Mais lorsque je regarde le cours du Lyxor ETF CAC 40 je vois une valeur actuelle inférieure au pic de 2007.
    Comment expliquer cette énorme différence?

    1. Cet etf de Lyxor est distribuant. Donc c’est normal qu’il y ait une différence très importante.

  5. Merci Édouard pour cet article fort instructif, comme d’habitude.

    Un seul point ne me semble pas clair : si les ETF français ne sont pas imposés à la source sur les dividendes de sociétés françaises, cet avantage s’applique à tous les détenteurs de parts de cet ETF, qu’ils soient français ou non, correct ?

    De même, j’imagine qu’un fonds d’actions allemandes domicilié en Allemagne recevra des dividendes sans prélèvement, alors qu’un fonds étranger verra ses dividendes de sociétés allemandes amputés de 26,375%, indépendamment de la nationalité de l’investisseur final.

    La conclusion n’est-elle alors pas qu’un investisseur rationnel (qu’il soit ou non français) devrait choisir un ETF CAC 40 domicilié en France, un ETF DAX domicilié en Allemagne, un ETF Ibex domicilié en Espagne, etc ?

    1. Pour un etf français distribuant, un investisseur étranger va subir la retenue à la source française contrairement à un investisseur français.

      Ainsi, pour être certain de ne pas avoir de retenue à la source, il faut a priori que les entreprises de l’indice, l’ETF sur l’indice et l’investisseur dans l’ETF soient domiciliés fiscalement dans le même état.

    2. Oui, mais c’est un peu théorique :
      – Les ETF US ne sont plus vraiment accessible pour les particuliers européens, et sont distribuants
      – L’Allemagne c’est moins de 3% de la capitalisation mondiale … l’espagne largement moins. Il faut combien d’ETF
      – Les courtiers référencent mal les ETF théoriquement éligibles au PEA mais coté hors Euronext
      etc.

  6. Bonjour,
    Un ETF monde contient 3% de capitalisation boursière française. Il ne semble donc pas pertinent d’acheter des ETF CAC 40, mais l’encours très important de ces ETF CAC 40 n’est-il pas à prendre en compte?

  7. Bonjour Mr petit.
    Merci pour cette article intéressant, mais mon soucis est tout autres. Je n’arrive pas à me procurer vos livre en format Kindle sur Amazon. Je ne parvient a avoir que l’extrait. Auriez vous une astuce ?
    Merci
    Yassine

  8. Merci pour cette analyse.
    Juste une remarque, « Pourquoi investir en France quand on est français ? », Pour soutenir l’économie de son pays évidemment.
    On pleure que le gouvernement n’investie pas assez dans l’économie en France, n’a ton pas un peu le devoir de le faire lorsqu’on en a les moyens ?

    1. Edouard, merci pour l’article encore fort intéressant.

      Je rejoins également Brice.
      Il est clair (pour moi en tout cas) que la principale réponse à la question « Pourquoi investir en France quand on est français ? » n’a rien à voir avec l’espoir d’une quelconque sur-performance des actions françaises vs le reste du monde.
      Pour moi, c’est un biais purement émotionnel (amis, famille travaillant des les entreprises en question, une certaine familiarité avec celles-ci) et totalement assumé (mon épargne fera très vraisemblablement moins bien qu’un ETF Monde simple).
      A ce titre, je préfère également, tout en restant passif, investir dans une poignée de titres français (sans aucune analyse financière) plutôt que dans un ETF CAC 40.

    2. Brice, Cat,

      sujet passionnant, qui mériterait de nombreux articles et de vives discussions autour d’un bon repas.
      Voilà les questions qui me viennent à l’esprit :
      – Est-ce que investir en bourse dans une entreprise déjà cotée permet d’aider les entreprises ?
      – Qu’est ce qu’une entreprise française ?
      – Est-ce qu’aider une entreprise du CAC 40, c’est aider l’économie française ?
      – Est-ce que l’on peut influencer une entreprise française à favoriser l’économie française en étant actionnaire à travers d’un ETF/d’un fonds ? Et en étant actionnaire en direct ?
      – Est-ce qu’il est « éthique » de favoriser l’économie française plutôt que l’économie Allemande (par exemple) ? Sous quelles conditions ? Russe ? Américaine ? Chinoise ? Et si on est Corse ou Alsacien ?
      … et mille autres !

      La réponse dépendra de chacun, et n’est pas toujours évidente je pense.
      (Sauf la première bien sûre)

      1. Merci de votre retour Edouard.
        J’essaie de vous donner brièvement quelques éléments de réponses “personnels” :
        “- Est-ce que investir en bourse dans une entreprise déjà cotée permet d’aider les entreprises ?”
        Je le pense. Un actionnariat stable peut protéger l’entreprise des appétits extérieurs et peut participer aux augmentations de capital pour soutenir une politique de développement de l’entreprise.
        “- Qu’est ce qu’une entreprise française ?”
        Le plus juste serait probablement de penser qu’elle doit avoir son siège social en France. Pour moi, ce serait plutôt une entreprise dont une part non négligeable de l’activité se passe en France et qui ne peut (devrait?) donc pas être totalement indifférente au contexte économique et social français (à ce titre, il y a bien entendu quelques sociétés “étrangères” éligibles).
        “– Est-ce qu’aider une entreprise du CAC 40, c’est aider l’économie française ?”
        Je le pense. Les entreprises du CAC 40 sont de fait beaucoup plus concernés par l’environnement économique et social français que n’importe quelle entreprise qui n’interviendrait que sur les marchés domestiques chinois ou américain.
        “– Est-ce que l’on peut influencer une entreprise française à favoriser l’économie française en étant actionnaire à travers d’un ETF/d’un fonds ? Et en étant actionnaire en direct ?”
        Je pense que oui mais cela demande une bonne motivation car il faut pouvoir structurer les minoritaires pour se faire entendre. A mon avis, c’est effectivement plus simple en étant actionnaire en direct connu qu’à travers un ETF ou un fonds.
        “– Est-ce qu’il est « éthique » de favoriser l’économie française plutôt que l’économie Allemande (par exemple) ? Sous quelles conditions ? Russe ? Américaine ? Chinoise ? Et si on est Corse ou Alsacien ?”
        Je l’ignore. Néanmoins, j’ai tendance à vouloir conserver un lien “affectif” avec une partie de mon épargne (tout en étant diversifié) : investir dans des sociétés dont j’apprécie les produits, dont je respecte la plupart des décisions et/ou dans lesquels travaillent des proches.
        Pour le reste de l’épargne un ETF global fait effectivement fort bien l’affaire.

        1. Oui, mais au delà de l’intuition est-ce qu’on est sûr que les entreprises cotées à Paris favorisent l’économie française ? Par exemple, Carrefour a plus des ses 380 000 employés hors de France. Pourquoi est-ce qu’ils favoriseraient la France ? La plupart des grands groupes ont plus d’intérêts hors de France plutôt qu’en France
          Je n’ai pas de chiffres pour dire que ces groupes ne favoriseraient pas la France, et pas de chiffres pour non plus.

        2. Edouard, je ne sais pas donner de réponse quantitative à votre questionnement (si je trouve des éléments qui mes semblent pertinents, je viendrai en discuter à nouveau ici).

          Néanmoins une entreprise dont :
          1/ les centres de décisions sont France;
          2/ les principaux centres de R&D sont en France;
          3/ le chiffre d’affaires en France est largement surdimensionnée par rapport à la taille de la France dans le PIB mondial;
          est pour moi une entreprise qui par construction favorise la France, car la plupart de ces cadres dirigeants et les emplois les plus qualifiés y vivent (avec leur famille) et y consomment.
          En outre, elles recrutent plus facilement localement (plus loin également mais la proximité géographique joue un rôle). Enfin, elles font également vivre un tissu de prestataires et de fournisseurs en France.

          Néanmoins je suis tout à fait heureux (et je considère que cela très vertueux) que les entreprises françaises développent des centres de compétence également à l’étranger dans les zones où leurs produits sont consommés.