ETF CAC 40 : faut-il vraiment investir dans l’indice phare de Paris ?

Rédigé par Édouard Petit
Fondateur d’Épargnant 3.0 depuis 2015 · Mis à jour le 01/08/2026 · Qui suis-je ?

Rédigé par

Édouard Petit

Fondateur d’Épargnant 3.0 depuis 2015

Mis à jour le 01/08/2026

Depuis le 31 décembre 1987, le CAC 40 dont on parle à la télévision a rapporté 5,52 % par an. Le vrai CAC 40, celui que vous encaissez réellement en tant qu’actionnaire, a rapporté 8,81 % par an. Sur presque quarante ans, cet écart transforme 10 000 euros en 82 000 euros dans un cas, et en 268 000 euros dans l’autre.

Autrement dit : l’indice le plus commenté de France est aussi le plus mal mesuré. Et si vous envisagez d’acheter un ETF CAC 40, ce n’est que le premier des malentendus qui vous attendent.

Le marché s’est d’ailleurs vidé. Lyxor a disparu, absorbé par Amundi, et le paysage s’est recomposé autour de cinq trackers CAC 40 seulement. Pendant ce temps, un produit invisible pour la plupart des épargnants s’est glissé dans les contrats d’assurance vie : les indices « decrement », qui retranchent mécaniquement 5 % de performance chaque année.

Alors, faut-il investir dans un ETF CAC 40 ? Je vous donne ma réponse tout de suite : pas comme cœur de portefeuille, jamais. Mais le raisonnement compte davantage que la conclusion, parce qu’il vous servira pour tous vos autres choix d’investissement.

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L’ESSENTIEL EN 30 SECONDES
  • 01Seuls 5 ETF CAC 40 existent en Europe. Le plus pertinent pour un résident français est l’Amundi CAC 40 Acc, ISIN FR0013380607, à 0,25 % de frais.
  • 02Le CAC 40 rapporte 8,81 % par an depuis 1987 dividendes réinvestis, et non 5,52 % comme l’affichent les médias.
  • 03Ses 10 premières lignes pèsent 59,64 % de l’indice, contre 25,74 % pour le MSCI World. C’est deux fois plus concentré.
  • 04L’avantage fiscal des ETF français est réel mais rapporte environ 0,08 point par an sur un portefeuille. Négligeable.
  • 05Le vrai danger n’est pas l’ETF, ce sont les produits structurés « decrement » qui amputent l’indice de 5 % par an.

Pourquoi le CAC 40 que vous voyez à la télé n’est pas celui que vous touchez ?

Un ETF (Exchange Traded Fund, ou tracker : un fonds coté en Bourse qui réplique un indice) ne vaut jamais mieux que l’indice qu’il suit. La première étape est donc toujours la même : regarder l’indice. Et le CAC 40, ce n’est pas un indice. C’est au moins trois indices différents.

Le CAC 40 « nu », le « NR » et le « GR » : trois chiffres, une seule réalité

  • Le CAC 40 « nu » (price return) : celui des journaux télévisés. Il ignore purement et simplement les dividendes versés par les entreprises. C’est comme juger la rentabilité d’un appartement en ne regardant que le prix au mètre carré, sans compter les loyers.
  • Le CAC 40 NR (Net Return) : dividendes réinvestis, mais après une retenue à la source théorique. C’est l’indice de référence officiel de beaucoup de fonds.
  • Le CAC 40 GR (Gross Return) : dividendes bruts réinvestis, sans retenue. C’est ce que touche réellement un résident fiscal français.

Voici les performances annualisées depuis la création de l’indice, le 31 décembre 1987, telles que publiées par Euronext.

EURONEXT · AU 31 MARS 2026 Performance annualisée depuis le 31/12/1987 4 % 8 % 5,52 % CAC 40 nu sans les dividendes 7,95 % CAC 40 NR après retenue à la source 8,81 % CAC 40 GR ce que touche un résident français +0,86

Source : Euronext, CAC 40 Index Factsheet au 31 mars 2026. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps.

Retenez ce chiffre, il va revenir : 0,86 point par an sépare le CAC 40 GR du CAC 40 NR. C’est l’impôt à la source que le fisc français ne prélève pas sur un résident français détenant un fonds français. Nous verrons plus loin que cet écart est à l’origine d’une petite arnaque bien installée dans l’industrie de la gestion.

Bonne nouvelle au passage : un ETF CAC 40 capte automatiquement les dividendes. Que vous choisissiez la version capitalisante ou distribuante, vous récupérez bien le GR, diminué des frais de gestion. Le débat « nu contre GR » ne concerne donc que la lecture des journaux, pas votre portefeuille.

Le CAC 40 n’est pas un mauvais indice, il est un indice étroit

8,81 % par an sur trente-huit ans, ce n’est pas une mauvaise performance. C’est même une excellente performance, qui inclut le krach de 2000, celui de 2008 et celui de 2020. Ceux qui vous expliquent que « la Bourse française ne rapporte rien » regardent le mauvais indice.

Le problème du CAC 40 n’est donc pas sa rentabilité passée. C’est sa structure. Et c’est là que ça devient sérieux.

Le CAC 40 est-il vraiment diversifié ? La réponse va vous surprendre

C’est l’idée reçue que je vois le plus souvent en 2026 : « le MSCI World est devenu dangereux, il est trop concentré sur quelques mégacaps américaines, je préfère revenir sur le CAC 40 que je comprends ».

Regardons les chiffres plutôt que les impressions. Au 31 mars 2026, les dix premières lignes du CAC 40 pèsent 59,64 % de l’indice. TotalEnergies représente à elle seule 9,52 %.

EURONEXT · 31 MARS 2026 10 valeurs = 59,64 % du CAC 40 TotalEnergies9,52 % Schneider Electric7,57 % LVMH6,63 % Air Liquide5,90 % Sanofi5,53 % Airbus5,47 % Safran5,09 % BNP Paribas4,98 % L’Oréal4,80 % AXA4,14 % CUMUL TOP 10 59,64 %

Source : Euronext, CAC 40 Index Factsheet au 31 mars 2026. Pondération par la capitalisation boursière flottante.

Prenez le temps de mesurer ce que cela signifie. Deux entreprises, TotalEnergies et Schneider Electric, pèsent 17 % de votre investissement.

Regardez maintenant l’autre bout de l’indice. La plus petite ligne du CAC 40 pèse 0,32 %, contre 9,52 % pour la plus grosse. Trente fois moins. En capitalisation, l’écart va de 166 milliards d’euros pour la première à 5,6 milliards pour la dernière. Autrement dit, si les dix plus petites valeurs du CAC 40 disparaissaient demain de l’indice, vous le remarqueriez à peine sur votre relevé. Vous n’achetez pas quarante entreprises, vous en achetez une dizaine avec trente figurants.

Le CAC 40 est deux fois plus concentré que le MSCI World

Maintenant, posons côte à côte les deux indices que l’on oppose en permanence. Au 30 juin 2026, les dix premières lignes du MSCI World, Nvidia et Apple en tête, pèsent 25,74 % de l’indice. Celles du CAC 40 en pèsent 59,64 %.

L’IDÉE REÇUE À L’ENVERS Poids des 10 premières lignes de l’indice CAC 40 40 valeurs 59,64 % MSCI World 1 283 valeurs, 23 pays 25,74 % Le CAC 40 est 2,3 fois plus concentré que l’indice mondial

Sources : Euronext, CAC 40 Index Factsheet au 31/03/2026 ; MSCI World Index Factsheet (USD) au 30/06/2026.

Reprocher au MSCI World sa concentration tout en achetant du CAC 40, c’est se plaindre du bruit dans un restaurant et aller déjeuner sur un chantier.

Et la concentration ne s’arrête pas au nombre de lignes. Les 40 entreprises du CAC partagent :

  • la même monnaie ;
  • le même régime fiscal et les mêmes aléas budgétaires nationaux ;
  • le même cadre réglementaire européen ;
  • le même cycle politique.

Ce que le CAC 40 ne contient pas

Voici l’angle mort dont personne ne parle. Au 31 mars 2026, les cinq premiers secteurs du CAC 40 sont les biens de consommation non durables à 18,7 %, la technologie électronique à 14,9 %, la finance à 13,7 %, les matières premières énergétiques à 9,5 % et la production industrielle à 9,4 %.

Ne vous fiez pas à l’étiquette « technologie électronique » : elle recouvre ici Airbus, Safran et Thales, c’est-à-dire l’aéronautique et la défense. Le CAC 40 ne contient pratiquement aucun logiciel, aucune plateforme internet, aucun semi-conducteur. Vous achetez du luxe, de la banque, de l’énergie fossile, de la pharmacie et de l’aéronautique. Ce sont d’excellentes entreprises. Mais si vous détenez uniquement du CAC 40, vous êtes structurellement absent du secteur qui a porté l’essentiel de la création de valeur boursière mondiale des quinze dernières années. C’est un choix, à condition qu’il soit conscient.

Un investisseur qui possède un CAC 40, un logement en France, un emploi en France et une retraite française n’est pas diversifié. Il est doublé sur le même pari. J’ai développé ce raisonnement en détail dans mon guide sur la gestion passive.

La France pèse 2,4 % des Bourses mondiales

Au 30 juin 2026, la France représente 2,40 % du MSCI World, contre 72,45 % pour les États-Unis. Si votre poche actions contient plus de 2,4 % d’actions françaises, vous surpondérez délibérément votre pays. C’est ce que les chercheurs appellent le home country bias, le biais domestique.

Ce n’est pas illégitime en soi. Mais il faut le faire en conscience, avec une raison, et non par confort psychologique. On confond en permanence « familier » et « sûr ». Vous connaissez le nom de L’Oréal, donc L’Oréal vous paraît moins risqué que Novo Nordisk. Ce n’est qu’une illusion de familiarité, et elle coûte cher.

L’ERREUR QUE JE VOIS TROP SOUVENT

« Je préfère investir dans des entreprises que je connais, c’est moins risqué. »

Le risque d’une action ne dépend pas de votre familiarité avec sa marque, mais de la volatilité de ses résultats et de la diversification de votre portefeuille. Connaître le nom d’une entreprise ne vous donne aucune information que le marché n’a déjà intégrée dans son cours. Cette illusion porte un nom en finance comportementale : le biais de familiarité. Elle pousse les épargnants du monde entier à concentrer leur épargne sur leur propre pays, et les études montrent qu’ils le paient en rendement ajusté du risque.

Pour aller plus loin sur la construction de l’indice mondial, je vous renvoie vers mes articles sur le MSCI World et sur le MSCI ACWI.

Quel est le meilleur ETF CAC 40 en 2026 ?

Le marché s’est considérablement resserré ces dernières années. Seuls cinq ETF suivent aujourd’hui le CAC 40 classique, et deux d’entre eux sont si récents ou si petits qu’ils restent confidentiels. Lyxor a été absorbé par Amundi en 2022, et plusieurs émetteurs ont basculé leur produit vers l’indice CAC 40 ESG, qui n’est pas le même indice.

Les 5 ETF CAC 40 disponibles

LE JARGON DÉCODÉ AVANT DE LIRE LE TABLEAU
ISIN
La plaque d’immatriculation du fonds. Douze caractères uniques dans le monde entier. C’est le seul identifiant fiable, les noms commerciaux se ressemblent trop.
Frais (ou TER)
Le pourcentage prélevé chaque année sur l’encours du fonds. Vous ne le voyez jamais sur votre relevé : il est déjà déduit de la performance affichée.
Encours
La taille totale du fonds. En dessous de 100 millions d’euros, un ETF risque d’être fermé ou fusionné par son émetteur, ce qui vous force à vendre au mauvais moment.
Réplication physique
Le fonds détient réellement les 40 actions de l’indice. L’alternative, dite synthétique, passe par un contrat d’échange avec une banque. Sur un indice français, le physique est parfaitement possible et plus lisible.
Domicile
Le pays où le fonds est juridiquement établi. C’est lui, et non votre propre nationalité, qui détermine le traitement fiscal des dividendes encaissés par le fonds.
ETFISINFraisEncoursDividendesDomicileRéplication
Amundi CAC 40 UCITS ETF DistFR00070527820,25 %3 346 M€DistribuantFrancePhysique
Amundi CAC 40 UCITS ETF AccFR00133806070,25 %1 058 M€CapitalisantFrancePhysique
Xtrackers CAC 40 UCITS ETF 1DLU03222509850,20 %117 M€DistribuantLuxembourgPhysique
Ossiam CAC 40 NR UCITS ETF 1C/ALU30466178020,18 %28 M€CapitalisantLuxembourgSynthétique
Amundi CAC 40 UCITS ETF S AccFR001400ZGQ90,25 %6 M€CapitalisantFrancePhysique
Comparatif des ETF CAC 40. Source : justETF, encours au 24 juillet 2026. Éligibilité PEA à vérifier auprès de votre courtier pour les deux derniers, plus récents.

Trois remarques que vous ne lirez pas ailleurs.

Le moins cher est le plus piégeux. L’Ossiam affiche 0,18 %, le tarif le plus bas du marché. Deux éléments doivent vous arrêter. Il est domicilié au Luxembourg, ce qui annule l’unique avantage structurel d’un ETF CAC 40 pour un résident français, avantage que nous chiffrons dans un instant. Et son nom annonce qu’il suit la version NR de l’indice, celle qui intègre une retenue à la source sur les dividendes. Le même raisonnement vaut pour le Xtrackers à 0,20 %. Payer 0,05 ou 0,07 point de frais en moins pour renoncer à 0,80 point de dividendes serait une très mauvaise affaire. C’est exactement le genre de situation où s’arrêter au TER conduit à la mauvaise décision.

Écartez les deux derniers pour une raison de taille. L’Ossiam pèse 28 millions d’euros et l’Amundi S seulement 6 millions. En dessous de 100 millions, un fonds n’est pas rentable pour son émetteur, qui peut décider de le fermer ou de le fusionner. Vous êtes alors remboursé à une date que vous n’avez pas choisie, ce qui déclenche potentiellement une fiscalité que vous n’aviez pas prévue.

Capitalisant ou distribuant ? Dans un PEA ou une assurance vie, la fiscalité est identique dans les deux cas tant que vous ne retirez rien. Le capitalisant (FR0013380607) vous évite simplement d’avoir à réinvestir les dividendes à la main, donc des ordres de Bourse et des occasions de vous tromper en moins. Sur un compte-titres ordinaire, le distribuant déclenche l’imposition immédiate du dividende au PFU de 30 %, alors que le capitalisant reporte toute imposition à la vente. Le capitalisant gagne dans les trois enveloppes.

Attention aux faux amis, qui ne suivent pas le CAC 40. L’Amundi CAC 40 ESG (LU1681046931) et le BNP Paribas Easy CAC 40 ESG (FR0010150458) répliquent l’indice CAC 40 ESG, qui exclut ou sous-pondère certaines valeurs selon des critères extra-financiers. Ce n’est ni mieux ni moins bien, mais ce n’est pas le même produit, et je vois régulièrement des épargnants acheter l’un en croyant acheter l’autre.

Plus dangereux encore : l’Amundi CAC 40 Daily (-2x) Inverse, ticker BX4, pèse tout de même 365 millions d’euros. Ce produit monte quand le CAC 40 baisse, et il double le mouvement quotidien. C’est un outil de trading à très court terme, absolument pas un placement. Détenu quelques mois, il perd de la valeur même si l’indice revient à son point de départ, par un effet mécanique lié à la réinitialisation quotidienne du levier. Vérifiez toujours le code ISIN avant de valider votre ordre, jamais le seul nom affiché.

Combien coûte réellement un ETF CAC 40 ?

Les frais de l’ETF ne sont qu’une moitié de l’équation. Le seul chiffre qui compte, c’est le coût total annuel = frais de l’enveloppe + frais internes de l’ETF.

EnveloppeFrais d’enveloppeFrais ETFCoût total annuel
PEA chez un bon courtier0 %0,25 %0,25 %
Assurance vie en ligne (0,50 % sur UC)0,50 %0,25 %0,75 %
Assurance vie bancaire (0,90 % sur UC)0,90 %0,25 %1,15 %
Coût total annuel d’un ETF CAC 40 selon l’enveloppe, hors frais de courtage. Le PEA reste l’enveloppe la moins chère pour les actions françaises.

Passer de 0,25 % à 1,15 %, c’est abandonner 0,90 point de performance chaque année. Sur 25 ans, à 7 % brut, cela représente environ 19 % de capital final en moins. Pour choisir l’enveloppe, je maintiens à jour mon comparatif des meilleurs PEA et celui des meilleures assurances vie.

Ce calcul ne vaut vraiment que fait sur vos propres chiffres : votre montant, votre durée, le taux de frais inscrit sur votre contrat. L’application le fait en quelques secondes.

L’avantage fiscal des ETF français : réel, mais bien plus petit qu’on ne le dit

Voici le seul argument sérieux en faveur d’un ETF CAC 40. Il mérite d’être examiné honnêtement, chiffres à l’appui.

Le mécanisme

Quand un fonds encaisse le dividende d’une société étrangère, le pays d’origine prélève un impôt à la source. Ce prélèvement est partiellement récupérable selon les conventions fiscales, mais jamais totalement. C’est une fuite permanente et invisible, que j’ai détaillée dans mon article sur l’impôt à la source.

Un fonds français qui encaisse le dividende d’une société française pour le compte d’un résident français échappe à cette fuite. C’est précisément l’écart de 0,86 point par an entre le CAC 40 GR et le CAC 40 NR.

La preuve par les chiffres

Cet avantage n’est pas théorique, il est mesurable dans la performance réelle du fonds. En 2025 :

  • CAC 40 NR (l’indice de référence « officiel ») : +13,32 %
  • Amundi CAC 40 UCITS ETF Dist : +13,97 %
  • CAC 40 GR : +14,28 %

L’ETF a donc fait 0,65 point de mieux que son indice de référence officiel, et 0,31 point de moins que le CAC 40 GR, ce qui correspond très précisément à ses 0,25 % de frais plus quelques frottements. Le fonds fait exactement son travail.

Et c’est là qu’une petite arnaque bien installée apparaît

Réfléchissez une seconde à ce que ce chiffre implique. Un fonds actions françaises qui se compare au CAC 40 NR bat mécaniquement son indice de référence de 0,65 point par an, sans avoir rien fait du tout. Juste parce qu’il ne paie pas un impôt que son indice suppose payé.

Certains fonds actifs facturent une commission de surperformance dès qu’ils dépassent cet indice. Vous payez donc une prime de performance pour un écart purement comptable. C’est légal, c’est écrit dans le prospectus, et personne ne vous l’explique jamais.

La règle à retenir : quand un gérant vous dit qu’il bat le CAC 40, demandez toujours quelle version de l’indice. S’il se compare au NR, retirez d’office 0,65 à 0,86 point de sa prétendue surperformance. S’il se compare au CAC 40 nu, il ne compare rien du tout.

Combien cet avantage rapporte-t-il vraiment dans votre portefeuille ?

C’est la question que personne ne pose. Faisons le calcul ensemble, il est simple.

Supposons que vous décidiez de consacrer 10 % de votre poche actions à un ETF CAC 40, le reste étant en ETF Monde. Votre exposition à la France passe de 2,4 % à environ 12,2 %, soit un supplément de 9,8 points de portefeuille. Sur ces 9,8 points, vous économisez au mieux 0,8 point de retenue à la source par an.

Gain annuel sur le portefeuille total : 9,8 % × 0,8 % = 0,078 point, soit environ 0,08 % par an.

Sur 100 000 euros, cela fait 78 euros par an. Et c’est une hypothèse haute, car les grands ETF Monde récupèrent déjà une partie de la retenue française par voie conventionnelle. En échange de ces 78 euros, vous multipliez par cinq votre exposition à un seul pays et vous acceptez une concentration où deux entreprises pèsent 17 % de la poche.

Ce n’est pas un mauvais calcul. C’est un calcul négligeable. Il existe dix décisions bien plus rentables à prendre avant celle-là : baisser les frais de votre enveloppe, arrêter les fonds actifs de votre banque, automatiser vos versements, tenir la position pendant les baisses.

Ces dix décisions, je viens de les nommer sans les développer. C’est précisément ce que je détaille dans ma Masterclasse gratuite : dans quel ordre les prendre, et ce que chacune rapporte réellement.

ETF : les trois erreurs qui vous coûtent vraiment cher

Les gérants actifs français font-ils mieux qu’un ETF CAC 40 ?

Ici, les données sont sans appel, et elles viennent de S&P Dow Jones Indices, la source la plus rigoureuse qui existe parce qu’elle corrige le biais du survivant : elle compte aussi les fonds qui ont disparu en cours de route.

SPIVA EUROPE · 31 DÉCEMBRE 2025 % de fonds « actions France » battus par l’indice 100 % 66,9 % 1 an 95,4 % 3 ans 98,1 % 5 ans 98,1 % 10 ans Catégorie France Equity (EUR), indice de référence : S&P France BMI.

Source : S&P Dow Jones Indices, SPIVA Europe Scorecard Year-End 2025, Report 1a. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps.

Sur dix ans, 98,11 % des fonds actions France ont échoué à battre leur indice. Sur 212 fonds présents au départ, moins de 4 ont survécu et gagné.

Mais le chiffre le plus violent n’est pas le taux d’échec, c’est l’ampleur de l’échec. Sur dix ans :

  • Fonds actions France, performance moyenne : 4,46 % par an
  • S&P France BMI : 8,66 % par an

Un écart de 4,2 points par an pendant dix ans. Un épargnant qui aurait placé 50 000 euros dans le fonds moyen se retrouve avec environ 77 500 euros. Le même épargnant en indiciel : environ 114 500 euros. Trente-sept mille euros de différence, pour un choix pris une seule fois, dix ans plus tôt.

Ajoutez un détail que les brochures ne mentionnent jamais : sur ces dix ans, 39,6 % des fonds actions France ont fusionné ou été liquidés. Quatre fonds sur dix ont disparu. Les mauvais élèves sont effacés du tableau, et le palmarès que vous consultez aujourd’hui ne contient que les rescapés.

L’objection honnête : et 2025 alors ?

Un conseiller bien informé vous opposera que 2025 a été une bonne année pour la gestion active française : « seulement » 66,9 % de fonds battus. Et il aura raison, c’est le meilleur millésime depuis 2020.

Regardons alors la série complète des taux d’échec annuels : 98 % en 2018, 90 % en 2019, 34 % en 2020, 83 % en 2021, 89 % en 2022, 90 % en 2023, 91 % en 2024, 67 % en 2025.

Il y a bien de bonnes années. Le problème n’est pas là. Le problème est qu’on ne peut pas les identifier à l’avance, ni identifier à l’avance les gérants qui en profiteront. C’est exactement ce que montrent les Persistence Scorecards de S&P : les fonds du premier quartile n’y restent pas plus souvent que ne le prédirait le hasard. Choisir un bon gérant sur son historique revient à choisir une file d’attente au supermarché en regardant celle qui avançait vite il y a cinq minutes.

Le vrai piège du CAC 40 en 2026 : les indices « decrement »

Voici le sujet dont je ne vois personne parler, et qui concerne pourtant des milliards d’euros d’épargne française.

Euronext ne publie pas seulement le CAC 40 nu, NR et GR. Il publie aussi des versions dites « decrement », qui retranchent mécaniquement un montant fixe chaque année. Le CAC 40 GR Decrement 5 %, par exemple, retire 5 % de performance par an à l’indice dividendes réinvestis.

Ces indices ne servent à aucun ETF. Ils servent aux produits structurés vendus dans les réseaux bancaires et logés dans les contrats d’assurance vie, souvent sous des noms rassurants du type « Objectif Rendement » ou « Certitude Trimestrielle ». Le decrement permet à l’émetteur de financer la garantie affichée. Sur le papier, vous êtes « indexé sur le CAC 40 ». Dans les faits, vous êtes indexé sur un CAC 40 amputé.

L’écart, sur la même période de cinq ans, est stupéfiant.

EURONEXT · 31 MARS 2026 Performance annualisée sur 5 ans CAC 40 GR 8,36 % / an CAC 40 GR Decrement 5 % 3,08 % / an 5,28 points évaporés par an

Source : Euronext, CAC 40 Index Factsheet au 31 mars 2026. Depuis le 31/12/2009, le CAC 40 GR Decrement 5 % affiche 2,52 % par an. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

5,28 points par an. C’est ce que le mécanisme decrement a retiré à un épargnant sur les cinq dernières années. Depuis fin 2009, la version decrement affiche 2,52 % par an, contre 8,81 % pour le CAC 40 GR depuis 1987.

Et ce n’est pas un produit isolé. Euronext publie aujourd’hui toute une famille de variantes amputées, dont voici les principales.

Version de l’indice20255 ans, par an
CAC 40 GR (le vrai)+14,28 %+8,36 %
CAC 40 GR Decrement 5 %+8,71 %+3,08 %
CAC 40 Decrement 5 %+7,80 %+2,33 %
Performances des variantes de l’indice CAC 40. Source : Euronext, CAC 40 Index Factsheet au 31 mars 2026. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Une variante encore plus récente est apparue le 18 juillet 2025, le CAC 40 GR 50 Points Decrement, qui retranche cette fois un nombre fixe de points plutôt qu’un pourcentage. Sa performance depuis son lancement s’établit à moins 4,66 % par an. Le catalogue s’enrichit à mesure que les émetteurs ont besoin de nouveaux sous-jacents à commercialiser.

Rien de tout cela n’est illégal. Tout est dans la documentation. Mais si votre conseiller vous propose un produit « adossé au CAC 40 » avec un coupon garanti, votre première question doit être : quel est le nom exact de l’indice sous-jacent ? Si le mot « decrement » y figure, vous savez désormais ce que cela coûte.

LES 4 QUESTIONS À POSER AVANT DE SIGNER
  • « Quel est le nom exact et complet de l’indice sous-jacent ? »
    Si la réponse contient « decrement », « dividendes forfaitaires » ou « points fixes », vous savez ce que cela coûte.
  • « Cet indice réinvestit-il les dividendes, et à quel taux ? »
    Un indice nu vous prive de la moitié de la performance historique du CAC 40.
  • « Quelle est la performance de cet indice précis sur 10 ans, pas celle du CAC 40 ? »
    Exigez le chiffre de l’indice réellement utilisé, pas celui de son cousin plus flatteur.
  • « Quelle est votre rémunération sur ce produit ? »
    La question qui met fin aux conversations inutiles.

C’est une illustration parfaite du principe qui guide tout ce blog : la complexité d’un produit financier n’est presque jamais au service de celui qui l’achète. La simplicité est une force.

ETF CAC 40 ou ETF Monde : que dit vraiment la comparaison ?

C’est le grand changement de ces dernières années : l’épargnant français dispose désormais d’ETF MSCI World éligibles au PEA, à des frais devenus dérisoires.

ETFIndiceNb de valeursPoids du top 10Frais
Amundi CAC 40 AccCAC 404059,6 %0,25 %
Amundi PEA Monde (DCAM)MSCI World1 28325,7 %0,20 %
iShares MSCI World Swap PEA (WPEA)MSCI World1 28325,7 %0,20 %
Sources : Euronext (31/03/2026), MSCI World Index Factsheet (30/06/2026), documentation émetteurs 2026.

Regardez bien ce tableau : l’ETF le plus diversifié du marché est aussi le moins cher. Cette situation n’a rien d’évident, et elle est récente. C’est probablement l’évolution la plus favorable à l’épargnant français depuis la création du PEA.

ETF CAC 40 ou ETF zone euro ?

Si votre intention est de vous exposer à l’Europe continentale, le CAC 40 est un très mauvais véhicule pour le faire. Un ETF MSCI EMU couvre plusieurs centaines d’entreprises dans une dizaine de pays partageant la même monnaie, pour des frais comparables.

L’année 2025 l’illustre parfaitement. Le S&P Eurozone BMI a gagné 25,1 % quand le S&P France BMI se contentait de 14,4 %. Plus de dix points d’écart en douze mois, entre deux marchés que l’on croit interchangeables parce qu’ils partagent l’euro. La France est un morceau de la zone euro, ce n’est pas la zone euro. J’ai détaillé cette famille d’indices dans mon article sur le MSCI EMU.

Le contre-exemple de 2025, et pourquoi il confirme ma position

Je pourrais m’arrêter là. Ce serait malhonnête, parce que 2025 raconte l’inverse de ce qu’on attend. Voici les performances 2025 en euros, telles que mesurées par S&P :

  • S&P France BMI : +14,4 %
  • S&P World : +7,6 %
  • S&P 500 : +3,9 %

Oui, vous lisez bien. En 2025, en euros, la Bourse française a fait presque quatre fois mieux que le S&P 500. La baisse du dollar a effacé la quasi-totalité du gain américain pour un investisseur de la zone euro.

LE CHIFFRE QUI ÉTONNE

En 2025, en euros, un épargnant de la zone euro a encaissé :

FRANCE
+14,4 %
MONDE
+7,6 %
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Indices S&P France BMI, S&P World et S&P 500, en euros, année civile 2025. Source : SPIVA Europe Year-End 2025. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Souvenez-vous du climat de 2024. Dissolution, instabilité budgétaire, dégradation de la note souveraine, éditoriaux annonçant le déclin. Beaucoup d’épargnants ont alors vendu leurs actions françaises pour « se réfugier » aux États-Unis. Ils ont raté l’une des meilleures années de la décennie pour Paris.

C’est l’argument le plus fort contre l’ETF CAC 40, et il fonctionne exactement dans l’autre sens que ce qu’on croit. Ce n’est pas « la France est un mauvais marché, fuyez ». C’est : personne, y compris vous, y compris moi, n’est capable de dire à l’avance quel pays surperformera. Sur-pondérer la France est un pari. Sous-pondérer la France est un pari symétrique. Les deux sont du market timing géographique.

La seule position qui ne soit pas un pari, c’est la pondération par la capitalisation boursière : 2,4 %. Elle ne prétend rien prédire. Elle reflète simplement ce que l’ensemble des investisseurs du monde sont prêts à payer aujourd’hui pour ces entreprises.

Comment acheter un ETF CAC 40 concrètement ?

Si après tout cela vous décidez d’en loger une petite dose dans votre portefeuille, voici la marche à suivre. Elle tient en cinq étapes et prend une dizaine de minutes.

  1. Choisissez l’enveloppe avant le produit. Pour des actions françaises, le PEA écrase tout le reste : zéro frais d’enveloppe et exonération d’impôt sur le revenu après cinq ans. N’ouvrez un compte-titres que si votre plafond de 150 000 euros de versements est atteint.
  2. Vérifiez les frais de courtage. Sur un ordre de 500 euros, certains courtiers prélèvent 0,50 euro, d’autres 7 euros. Sur douze achats par an pendant vingt ans, l’écart dépasse 1 500 euros. C’est le critère numéro un du choix de courtier.
  3. Cherchez l’ETF par son code ISIN, jamais par son nom. Tapez FR0013380607 pour la version capitalisante. Les noms se ressemblent trop, et un CAC 40 ESG peut s’afficher à la place du CAC 40 classique.
  4. Passez un ordre à cours limité. Fixez vous-même le prix maximum que vous acceptez de payer, plutôt qu’un ordre « au marché » qui s’exécute à n’importe quel cours. Évitez la première et la dernière demi-heure de cotation, où l’écart entre le prix d’achat et le prix de vente, le spread, est le plus large.
  5. Automatisez. Programmez un virement mensuel et un achat à date fixe. C’est le DCA (Dollar Cost Averaging), l’investissement régulier et programmé. Il ne maximise pas mathématiquement votre rendement, mais il vous évite la seule erreur qui coûte vraiment cher : arrêter d’investir au pire moment.

Combien faut-il pour commencer ? Une part de l’Amundi CAC 40 capitalisant valait 42,58 euros à la clôture du 28 août 2026, et a évolué entre 37,19 et 44,35 euros sur les douze mois précédents. Un versement mensuel de 50 à 100 euros permet donc d’acheter une à deux parts. Le montant compte moins que la régularité. Vous pouvez simuler l’effet de vos versements programmés avec ma calculatrice DCA.

Dans quel cas un ETF CAC 40 se justifie-t-il quand même ?

Je ne vais pas vous dire que ce produit est à jeter. Il y a trois situations où il a du sens, et une où il n’en a aucun.

Les cas défendables

  • Un contrat d’assurance vie pauvre en unités de compte. Certains contrats bancaires ne référencent qu’une poignée d’ETF, dont le CAC 40. Entre un ETF CAC 40 à 0,25 % et un fonds actions Europe maison à 1,80 %, prenez l’ETF sans hésiter. Mais votre vrai sujet est alors le contrat lui-même, pas le support.
  • Une brique complémentaire, à petite dose. Si vous tenez à surpondérer légèrement la zone euro, un ETF CAC 40 peut faire partie de l’équation. Je préfère de loin un ETF MSCI EMU ou un ETF MSCI Europe, bien plus larges, pour un coût comparable.
  • Une préférence nationale assumée. Certains lecteurs veulent que leur épargne finance des entreprises dont ils connaissent les produits, où travaillent leurs proches, dont les centres de décision et de recherche sont en France. C’est une raison parfaitement recevable, à condition d’être honnête sur sa nature : c’est un choix de valeurs, pas un choix de performance. Vous n’attendez pas un rendement supérieur, vous acceptez au contraire de vous écarter de l’optimum financier pour une raison qui vous est propre. Dit comme ça, c’est légitime. Dit comme « les entreprises françaises sont plus sûres », c’est une erreur d’analyse.

Sur ce dernier point, permettez-moi une question qui dérange, et à laquelle je n’ai pas de réponse chiffrée définitive : acheter en Bourse les actions d’une entreprise déjà cotée aide-t-il vraiment cette entreprise ? Vous achetez à un autre actionnaire, pas à la société. L’argent ne va pas dans ses caisses, sauf en cas d’augmentation de capital.

Et même en admettant que oui, le CAC 40 est-il vraiment « français » ? La majorité de ses membres réalisent l’essentiel de leur chiffre d’affaires et emploient l’essentiel de leurs salariés hors de France. Un actionnaire de TotalEnergies ou de Carrefour finance une multinationale qui se trouve avoir son siège social à Paris. Si votre objectif est de soutenir l’économie du pays, le financement des PME non cotées ou tout simplement vos choix de consommation sont des leviers bien plus directs que l’achat d’un tracker sur les quarante plus grosses capitalisations de la cote.

Le cas indéfendable

Un ETF CAC 40 comme unique support actions. C’est pourtant le portefeuille le plus répandu chez les épargnants français qui découvrent la Bourse : un PEA, un tracker CAC 40, et c’est tout. Vous détenez 40 entreprises, dont deux représentent 17 % de votre épargne, toutes soumises au même environnement politique et monétaire, dans un pays qui pèse 2,4 % de la capitalisation mondiale.

Ce n’est pas de l’investissement diversifié. C’est un pari concentré qui ne dit pas son nom.

Conclusion pour l’Épargnant 3.0

Les cinq points à retenir.

  1. Le CAC 40 n’est pas un mauvais indice, il est un indice étroit. 8,81 % par an depuis 1987 dividendes réinvestis, c’est solide. Mais 59,64 % de l’indice tient dans dix entreprises, contre 25,74 % pour le MSCI World.
  2. Il n’existe que cinq ETF CAC 40. Pour un résident français, le plus pertinent est l’Amundi CAC 40 UCITS ETF Acc (FR0013380607), capitalisant, domicilié en France, à 0,25 %. Les deux moins chers sont luxembourgeois, ce qui annule l’unique avantage du produit.
  3. L’avantage fiscal existe mais ne change rien. 0,86 point par an sur la poche France, soit environ 0,08 point par an sur un portefeuille où le CAC pèse 10 %. Il y a dix décisions plus rentables à prendre avant celle-là.
  4. 98,11 % des fonds actions France ont échoué sur dix ans, avec 4,2 points d’écart annuel. Si vous détenez un fonds actions françaises dans votre assurance vie, vérifiez ce soir ses frais et sa performance dix ans.
  5. Méfiez-vous des produits « adossés au CAC 40 ». Demandez toujours le nom exact de l’indice. Le mot « decrement » vous a coûté 5,28 points par an sur les cinq dernières années.

Votre action concrète, ce soir, en dix minutes

Ouvrez votre relevé de PEA ou d’assurance vie. Listez chaque support actions et notez en face son poids géographique réel. Si la France dépasse 10 % de votre poche actions, vous avez un biais domestique à corriger. Si un support affiche plus de 1 % de frais annuels, vous avez une décision à prendre cette semaine.

Pour construire le portefeuille qui remplacera ce que vous avez, commencez par mon guide « Comment investir en Bourse », puis choisissez votre enveloppe avec mon comparatif des meilleurs PEA. Si vous voulez la méthode complète, de la répartition d’actifs au rééquilibrage, c’est l’objet de la formation Épargnant 3.0.

Si le sujet des indices nationaux vous intéresse, j’ai mené le même exercice sur les ETF Nasdaq et sur le S&P 500.

Je vous souhaite le meilleur pour votre épargne et surtout pour tout le reste !

Questions fréquentes sur les ETF CAC 40

Quel est le meilleur ETF CAC 40 en 2026 ?

Pour un résident fiscal français, l’Amundi CAC 40 UCITS ETF Acc (FR0013380607) : capitalisant, domicilié en France, à réplication physique, 0,25 % de frais et 1 058 M€ d’encours. Sa version distribuante (FR0007052782) est le plus gros ETF CAC 40 avec 3 346 M€. Sur les cinq ETF CAC 40 existants, les deux moins chers (Xtrackers à 0,20 % et Ossiam à 0,18 %) sont domiciliés au Luxembourg, ce qui annule l’avantage sur la retenue à la source.

Un ETF CAC 40 est-il éligible au PEA ?

Les ETF CAC 40 historiques le sont, ainsi que les versions CAC 40 ESG. Après cinq ans de détention du plan, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu et ne supportent que les prélèvements sociaux à 17,2 %.

Pourquoi le CAC 40 affiche-t-il 5,5 % par an alors qu’on parle de 8,8 % ?

Parce que l’indice diffusé par les médias ne compte pas les dividendes. Depuis le 31/12/1987, le CAC 40 nu progresse de 5,52 % par an et le CAC 40 GR, dividendes bruts réinvestis, de 8,81 % par an. Votre ETF capte bien la seconde version, diminuée de ses frais.

Faut-il choisir la version capitalisante ou distribuante ?

La capitalisante dans la très grande majorité des cas. En PEA et en assurance vie, elle vous évite de réinvestir manuellement. Sur un compte-titres, elle reporte l’imposition à la revente au lieu de déclencher le PFU de 30 % à chaque dividende. La distribuante ne se justifie qu’en phase de consommation du capital.

Un ETF CAC 40 ou un ETF MSCI World ?

Le MSCI World pour le cœur du portefeuille, sans hésitation : 1 283 valeurs contre 40, un top 10 à 25,7 % contre 59,6 %, pour 0,20 % de frais contre 0,25 % en PEA. Le CAC 40 ne peut être qu’un complément marginal, et son avantage fiscal représente environ 0,08 point par an sur un portefeuille total.

Quel montant minimum pour investir dans un ETF CAC 40 ?

Une part de l’Amundi CAC 40 capitalisant valait 42,58 euros au 28 août 2026, ce qui permet de démarrer avec 50 à 100 euros par mois chez la plupart des courtiers. Le vrai seuil n’est pas le prix de la part mais les frais de courtage : un ordre à 3 euros sur un versement de 50 euros représente 6 % de frais d’entrée, ce qui est rédhibitoire.

Peut-on perdre de l’argent avec un ETF CAC 40 ?

Oui, sans aucune ambiguïté. Un ETF CAC 40 reproduit fidèlement l’indice, à la hausse comme à la baisse, et ne comporte aucune garantie en capital. L’Amundi CAC 40 Acc a connu une perte maximale de 38,5 % depuis son lancement en décembre 2018, et une baisse de 21,0 % sur les cinq dernières années. L’indice a par ailleurs perdu 6,9 % en 2022. La concentration sur 40 valeurs d’un seul pays amplifie mécaniquement ces variations par rapport à un indice mondial.

Quel est le rendement du dividende du CAC 40 ?

2,96 % au 31 mars 2026 selon Euronext. C’est ce flux qui explique l’essentiel de l’écart entre le CAC 40 nu affiché dans les médias et le CAC 40 GR réellement encaissé. Attention toutefois : un rendement du dividende élevé n’est pas un rendement supplémentaire, c’est une part de la performance totale versée en liquide plutôt que conservée dans le cours.

Quelle est la différence entre le CAC 40 et le CAC 40 ESG ?

Ce sont deux indices distincts. Le CAC 40 ESG applique un filtre extra-financier qui exclut ou sous-pondère certaines valeurs, sa composition et sa performance diffèrent donc du CAC 40 classique. Les tickers étant très proches, vérifiez systématiquement le code ISIN avant de passer votre ordre : LU1681046931 et FR0010150458 sont des ETF CAC 40 ESG, pas des ETF CAC 40.

À propos de l’auteur

Édouard Petit

Édouard Petit

Créateur d’Épargnant 3.0 · Professeur de finance à l’ESCP · Auteur

Depuis 2015, j’aide des milliers d’investisseurs à éviter les erreurs les plus fréquentes avec les ETF et à construire un patrimoine sur le long terme.

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Les contenus publiés sur Épargnant 3.0 sont fournis à titre pédagogique et ne constituent pas des conseils en investissement. Certains liens peuvent être affiliés, ce qui contribue au financement du contenu gratuit proposé sur le site. Vous pouvez vous référer à ma Charte éditoriale et politique de transparence. L’investissement comporte un risque de perte en capital.

Édouard Petit

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26 commentaires

  1. Bonjour Édouard,

    Futur investisseur en ETF capitalisants sur PEA, j’ai votre livre Epargnant 3.0.
    J’ai passé énormément de temps ces derniers mois à faire des comparaisons entre les différents ETF.
    Pour l’Europe, il y a le Lyxor Core MSCI EMU, capitalisant et surtout à réplication physique. Il comporte 236 positions et est diversifié sur plus d’une dizaine de pays.
    Je trouve ce tracker vraiment très intéressant. Malheureusement il n’est pas assez recommandé à mon goût.
    Son prix à l’unité, son encours plutôt généreux ainsi que ses frais de gestion de seulement 0,12% en font un outil largement plus attractif qu’un ETF CAC 40.

    Jérémy

  2. Pour se diversifier, vous conseillez d’investir à l’étranger, notamment hors d’Europe.

    Mais la diversification elle-même a pour but la diminution du risque…
    Et tout investissement hors zone euro comporte un important risque de change…
    Si bien qu’il y a des calculs à faire, mais je ne suis pas convaincu qu’un ETF Monde-hors-zone-euro soit moins risqué qu’un ETF zone-euro.

  3. Bonjour.

    Merci pour cet article intéressant et très bien détaillé,
    Cependant se qui gêne avec les ETF Monde afin de diversifier, comparativement au ETF CAC 40

    c’est le cout de 0,45% par an ETF MSCI (lyxor)
    + l impot à la source du dividende réinvestis

    Comparé à 0,25% par an ETF CAC 40 et sans impôt sur les dividendes réinvestis

    A la longue cela fait quand même une différence.
    Qu’en pensez vous ?

    Cordialement

  4. Bonjour,

    Si on regarde le CAC 40 en mars 2000 il est d’environ 6400 alors que le CAC 40 d’aujourd’hui est d’environ 4400.

    Comment peut-on dire qu’il y a eu une croissance de 4-5% par an comme vous le dites dans votre article ?

    Merci de votre réponse.

      1. Pourtant, vous écrivez “Entre 1987 et fin 2018, l’indice sans dividendes (appelé « nu ») a eu une performance annuelle de 5,1%,”.

        1. tu regarde la différance entre 1987 et 2018 , et tu annualise le résultat, c pas pcq y’a eu un pic au milieu que la moyenne des montées n’est pas positives…

  5. Bonjour Edouard,

    Es ce que vous avez déjà fait une simulation sur la performance a long terme 10-15ans entre un indice CAC40 et un panier de valeurs selectionnés de sociétés WIDE/NARROW – MOAT comme Vinci, Lvmh, Air L, Dassault S, Esiilor, L’oreal , kering, Schneider Elec, ect…..
    Sur long terme de tels valeurs (Wide Moat) peuvent t’elle battre les indices?

    Au plaisir de vous lire.

    Gregory.

  6. Bonjour, merci pour cet article.
    J’ai une question qui me semble importante: quand je regarde l’indice du CAC 40 Gross Tr (dividendes réinvestis), je vois un cours actuel supérieur au pic de 2007. Mais lorsque je regarde le cours du Lyxor ETF CAC 40 je vois une valeur actuelle inférieure au pic de 2007.
    Comment expliquer cette énorme différence?

  7. Merci Édouard pour cet article fort instructif, comme d’habitude.

    Un seul point ne me semble pas clair : si les ETF français ne sont pas imposés à la source sur les dividendes de sociétés françaises, cet avantage s’applique à tous les détenteurs de parts de cet ETF, qu’ils soient français ou non, correct ?

    De même, j’imagine qu’un fonds d’actions allemandes domicilié en Allemagne recevra des dividendes sans prélèvement, alors qu’un fonds étranger verra ses dividendes de sociétés allemandes amputés de 26,375%, indépendamment de la nationalité de l’investisseur final.

    La conclusion n’est-elle alors pas qu’un investisseur rationnel (qu’il soit ou non français) devrait choisir un ETF CAC 40 domicilié en France, un ETF DAX domicilié en Allemagne, un ETF Ibex domicilié en Espagne, etc ?

    1. Pour un etf français distribuant, un investisseur étranger va subir la retenue à la source française contrairement à un investisseur français.

      Ainsi, pour être certain de ne pas avoir de retenue à la source, il faut a priori que les entreprises de l’indice, l’ETF sur l’indice et l’investisseur dans l’ETF soient domiciliés fiscalement dans le même état.

    2. Oui, mais c’est un peu théorique :
      – Les ETF US ne sont plus vraiment accessible pour les particuliers européens, et sont distribuants
      – L’Allemagne c’est moins de 3% de la capitalisation mondiale … l’espagne largement moins. Il faut combien d’ETF
      – Les courtiers référencent mal les ETF théoriquement éligibles au PEA mais coté hors Euronext
      etc.

  8. Bonjour,
    Un ETF monde contient 3% de capitalisation boursière française. Il ne semble donc pas pertinent d’acheter des ETF CAC 40, mais l’encours très important de ces ETF CAC 40 n’est-il pas à prendre en compte?

  9. Bonjour Mr petit.
    Merci pour cette article intéressant, mais mon soucis est tout autres. Je n’arrive pas à me procurer vos livre en format Kindle sur Amazon. Je ne parvient a avoir que l’extrait. Auriez vous une astuce ?
    Merci
    Yassine

  10. Merci pour cette analyse.
    Juste une remarque, “Pourquoi investir en France quand on est français ?”, Pour soutenir l’économie de son pays évidemment.
    On pleure que le gouvernement n’investie pas assez dans l’économie en France, n’a ton pas un peu le devoir de le faire lorsqu’on en a les moyens ?

    1. Edouard, merci pour l’article encore fort intéressant.

      Je rejoins également Brice.
      Il est clair (pour moi en tout cas) que la principale réponse à la question « Pourquoi investir en France quand on est français ? » n’a rien à voir avec l’espoir d’une quelconque sur-performance des actions françaises vs le reste du monde.
      Pour moi, c’est un biais purement émotionnel (amis, famille travaillant des les entreprises en question, une certaine familiarité avec celles-ci) et totalement assumé (mon épargne fera très vraisemblablement moins bien qu’un ETF Monde simple).
      A ce titre, je préfère également, tout en restant passif, investir dans une poignée de titres français (sans aucune analyse financière) plutôt que dans un ETF CAC 40.

    2. Brice, Cat,

      sujet passionnant, qui mériterait de nombreux articles et de vives discussions autour d’un bon repas.
      Voilà les questions qui me viennent à l’esprit :
      – Est-ce que investir en bourse dans une entreprise déjà cotée permet d’aider les entreprises ?
      – Qu’est ce qu’une entreprise française ?
      – Est-ce qu’aider une entreprise du CAC 40, c’est aider l’économie française ?
      – Est-ce que l’on peut influencer une entreprise française à favoriser l’économie française en étant actionnaire à travers d’un ETF/d’un fonds ? Et en étant actionnaire en direct ?
      – Est-ce qu’il est “éthique” de favoriser l’économie française plutôt que l’économie Allemande (par exemple) ? Sous quelles conditions ? Russe ? Américaine ? Chinoise ? Et si on est Corse ou Alsacien ?
      … et mille autres !

      La réponse dépendra de chacun, et n’est pas toujours évidente je pense.
      (Sauf la première bien sûre)

      1. Merci de votre retour Edouard.
        J’essaie de vous donner brièvement quelques éléments de réponses “personnels” :
        “- Est-ce que investir en bourse dans une entreprise déjà cotée permet d’aider les entreprises ?”
        Je le pense. Un actionnariat stable peut protéger l’entreprise des appétits extérieurs et peut participer aux augmentations de capital pour soutenir une politique de développement de l’entreprise.
        “- Qu’est ce qu’une entreprise française ?”
        Le plus juste serait probablement de penser qu’elle doit avoir son siège social en France. Pour moi, ce serait plutôt une entreprise dont une part non négligeable de l’activité se passe en France et qui ne peut (devrait?) donc pas être totalement indifférente au contexte économique et social français (à ce titre, il y a bien entendu quelques sociétés “étrangères” éligibles).
        “– Est-ce qu’aider une entreprise du CAC 40, c’est aider l’économie française ?”
        Je le pense. Les entreprises du CAC 40 sont de fait beaucoup plus concernés par l’environnement économique et social français que n’importe quelle entreprise qui n’interviendrait que sur les marchés domestiques chinois ou américain.
        “– Est-ce que l’on peut influencer une entreprise française à favoriser l’économie française en étant actionnaire à travers d’un ETF/d’un fonds ? Et en étant actionnaire en direct ?”
        Je pense que oui mais cela demande une bonne motivation car il faut pouvoir structurer les minoritaires pour se faire entendre. A mon avis, c’est effectivement plus simple en étant actionnaire en direct connu qu’à travers un ETF ou un fonds.
        “– Est-ce qu’il est « éthique » de favoriser l’économie française plutôt que l’économie Allemande (par exemple) ? Sous quelles conditions ? Russe ? Américaine ? Chinoise ? Et si on est Corse ou Alsacien ?”
        Je l’ignore. Néanmoins, j’ai tendance à vouloir conserver un lien “affectif” avec une partie de mon épargne (tout en étant diversifié) : investir dans des sociétés dont j’apprécie les produits, dont je respecte la plupart des décisions et/ou dans lesquels travaillent des proches.
        Pour le reste de l’épargne un ETF global fait effectivement fort bien l’affaire.

        1. Oui, mais au delà de l’intuition est-ce qu’on est sûr que les entreprises cotées à Paris favorisent l’économie française ? Par exemple, Carrefour a plus des ses 380 000 employés hors de France. Pourquoi est-ce qu’ils favoriseraient la France ? La plupart des grands groupes ont plus d’intérêts hors de France plutôt qu’en France
          Je n’ai pas de chiffres pour dire que ces groupes ne favoriseraient pas la France, et pas de chiffres pour non plus.

        2. Edouard, je ne sais pas donner de réponse quantitative à votre questionnement (si je trouve des éléments qui mes semblent pertinents, je viendrai en discuter à nouveau ici).

          Néanmoins une entreprise dont :
          1/ les centres de décisions sont France;
          2/ les principaux centres de R&D sont en France;
          3/ le chiffre d’affaires en France est largement surdimensionnée par rapport à la taille de la France dans le PIB mondial;
          est pour moi une entreprise qui par construction favorise la France, car la plupart de ces cadres dirigeants et les emplois les plus qualifiés y vivent (avec leur famille) et y consomment.
          En outre, elles recrutent plus facilement localement (plus loin également mais la proximité géographique joue un rôle). Enfin, elles font également vivre un tissu de prestataires et de fournisseurs en France.

          Néanmoins je suis tout à fait heureux (et je considère que cela très vertueux) que les entreprises françaises développent des centres de compétence également à l’étranger dans les zones où leurs produits sont consommés.