Père riche, père pauvre de Robert Kiyosaki
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Père riche, père pauvre, de Robert Kiyosaki : à lire ?

J’ai profité des dernières vacances estivales pour (enfin !) lire le célèbre « Père Riche, Père Pauvre » de Robert Kiyosaki. Ce livre de finances personnelles grand public, sorti à la fin des années 90, se serait vendu à plus de 40 millions d’exemplaires dans le monde.

Je vois actuellement qu’il est dans les toutes meilleures ventes d’Amazon France, et qu’il obtient une superbe note de 4,5 étoiles sur 5.

Allez voir les commentaires sur la page du livre sur Amazon France, c’est assez incroyable. On peut y lire de très nombreux commentaires où les lecteurs indiquent que ce livre à changé leur vie. Sincèrement, pour un auteur, au delà du nombre de ventes, lire ce genre de commentaires est le Graal !

« Père Riche, Père Pauvre » fait-il figure d’incontournable ? Même pour un français ?

Père Riche, Père Pauvre : Un livre de motivation utilisant le levier du story telling

Malgré tout cela, je dois dire que j’y allais un petit peu à reculons. En effet, ce livre a la réputation d’être très peu orienté mise en pratique. Il s’agit plutôt d’un ouvrage de motivation utilisant le levier du « story telling ». Le story telling est l’art de raconter de belles histoires afin de faire passer son message. Cette technique est très puissante lorsqu’elle est bien utilisée. L’être humain retient bien mieux les concepts (compliqués) lorsqu’on lui raconte des histoires (bien ficelées) plutôt que lorsqu’on lui présente une série de chiffres.

Ici, il s’agit de l’histoire de Robert (Kiyosaki) qui connaît deux pères. Un père est bardé de diplômes. Mais gère son argent « à l’ancienne », en restant employé toute sa vie. L’autre père est un autodidacte. Lui est talentueux en affaires. Le second développera une belle fortune, tandis que le premier n’arrivera pas à se créer de patrimoine.

Robert Kiyosaki a fait faillite

Par ailleurs, il y a des doutes sur l’homme qui a fait longtemps croire que cette histoire est vraie alors qu’elle ne l’est pas. Mais sûrement plus déroutant, son entreprise a fait faillite il y a quelques années. Pour quelqu’un qui donne des leçons d’entrepreneuriat, c’est un petit peu dommage. Il ne s’agit pas d’une faillite personnelle, mais tout de même !

Les auteurs en éducation financière ne sont pas parfaits …

Cela étant, à mon sens, cela ne doit pas discréditer l’intérêt du livre pour plusieurs raisons :

  • Personne n’est à l’abri de l’échec. Et l’échec fait avancer. D’ailleurs, il répète cela souvent dans son livre. Il croit à l’expérience.
  • Un bon professeur n’est pas nécessairement un excellent praticien. Enseigner est une compétence en tant que telle. Et si Robert Kiyosaki a réussi à faire augmenter la culture financière de millions de personnes. C’est tant mieux.

Par ailleurs, personne n’est parfait …

Il faut donc laisser sa chance au produit.

Il y a des erreurs manifestes dans ce best-seller

Je ne vais pas noter toutes le erreurs manifestes de ce livre, car il y en a un certain nombre. Je vais juste vous donner un exemple. Cette erreur arrive dès la page 4 de l’ouvrage !

Robert Kiyosaki présente un graphique avec l’évolution de la bourse américaine, que l’on appelle souvent Wall Street, depuis un peu plus de cent ans (début en 1915). Le graphique ressemble à peu près à ça (j’ai mis à jour jusqu’en 2019, dans mon édition de Père Riche Père Pauvre le graphique va jusqu’en 2015). Vous pouvez aller voir cet article du blog afin de mieux comprendre les indices boursiers.

Les barres verticales grisées représentent les récessions économiques.

Comme on ne voit pas de krach dans les années 30, mais une baisse en 2000 et 2008, il déduit que ces krachs de étaient d’une force incroyable, et que l’investissement boursier est de plus en plus compliqué (et probablement pas une bonne idée).

Je m’arrête là, car c’est du grand n’importe quoi ! Lorsque l’on fait un graphique « normal », une hausse de 100 points en 1930 fait la même taille qu’une hausse de 100 points en 2019. Mais comme vous le voyez sur le graphique la valeur de l’indice était autour de 200 en 1930 et de 25 000 en 2019.  D’un côté, 100 points de variation correspondent à une variation de 50% et de l’autre côté à 0,2% !

Cela tombe bien les graphiques qui permettent de représenter la même variation en pourcentage (et non en valeur) quelle que soit l’année existent : ce sont les graphiques à échelle logarithmique.

Voilà le résultat.

Vous voyez bien que la crise des années 30 a été particulièrement grave, surtout en la comparant aux crises de 2000 et 2008.

Et pour bien faire, il faudrait même retrancher l’inflation. Un dollar de 1930 n’a pas le même pouvoir d’achat qu’un dollar d’aujourd’hui !

Voilà à quoi ressemble le graphique en échelle logarithmique et en prenant en compte l’inflation.

Je trouve tout de même que notre ami Robert à force de vulgariser des concepts arrive à des conclusions, non pas simplifiées, mais erronées.

Robert Kiyosaki a une vue très « personnelle » du concept d’actifs et de passifs

Le point de vue de Robert Kiyosaki

Robert Kiyosaki considère que pour correctement développer son patrimoine, il faut avoir de bonnes bases de comptabilité. Il se focalise sur le concept d’actifs et de passifs. Sa définition est assez simple : un actif rapporte de l’argent et un passif coûte de l’argent. Ainsi, dans la case « actifs » vous allez avoir, par exemple, les investissements. Dans la case « passif » les dettes que vous devez rembourser, mais aussi la résidence principale. En effet, la résidence principale est un centre de coût.

Il insiste très lourdement sur le sujet de la résidence principale. En disant que beaucoup de gens ne sont pas d’accord avec lui, mais qu’il pense réellement que la résidence principale est un mauvais investissement dès que l’on prend en compte les charges d’entretien et les impôts (l’équivalent de la taxe foncière pour nous, par exemple) !

Mon point de vue sur le sujet de l’actif et du passif, ainsi que sur la résidence principale

La définition de Robert Kiyosaki n’est pas juste

Déjà, on peut dire qu’en termes de compatibilité, on ne retient pas ces définitions. Un actif c’est tout ce qui a une valeur et que l’on possède. C’est tout ! Après, la valeur inscrite au bilan (dans son patrimoine) n’est pas nécessairement la valeur d’achat. Si cela vous fait perdre de l’argent la valeur de l’actif sera réduite. Il y a beaucoup de méthodes différentes pour actualiser les actifs dans un patrimoine.

C’est tout de même bizarre d’écrire qu’il faut être bon en comptabilité, et ne pas suivre des règles de comptabilité de base.

Mais encore une fois, dans ce livre c’est l’objectif qui compte, même si Robert Kiyosaki fait de très grosses approximations. Il est clair que beaucoup de foyers n’épargnent pas, car ils dépensent trop. Aux États-Unis, les ménages ont tendance à s’endetter pour s’acheter une résidence principale trop grande ou une voiture trop luxueuse (par rapport à leurs moyens). Aider les ménages américains à moins dépenser est probablement un objectif honorable.

La résidence principale ne doit pas être surdimensionnée et il faut y résider un certain temps

Le sujet de la résidence principale est un peu compliqué, car c’est bien un actif, mais aussi une certaine forme de passif, dans la mesure où cela coûte de l’argent (impôts, entretien, frais d’achat, etc.). Cela étant, lorsque vous possédez votre résidence principale vous économisez des loyers. Et bizarrement ça, Robert Kiyosaki n’en parle pas ! La bonne pratique est de rester suffisamment longtemps pour récupérer les frais d’achat (frais dits de « notaire », et frais d’agence) … et d’acheter un logement que l’on puisse se payer. Il faut tenter de garder une capacité d’épargne par ailleurs, afin de garder une saine diversification.

Par ailleurs, avoir sa résidence principale est loin d’être uniquement une décision financière. C’est, pour beaucoup, un plaisir non quantifiable économiquement. Ce n’est pas neutre …

J’ai fait un article sur “acheter ou louer sa résidence principale“, avec un outil associé gratuit afin de vous aider à faire vos choix.

Le sujet des études et de la formation

Le point de vue Robert Kiyosaki : celui du père riche

De manière générale, Robert Kiyosaki adopte le point de vue du père riche, entrepreneur et autodidacte. Il considère que :

  • l’école de la vie est plus importante que l’école traditionnelle.
  • l’école apprend à être un simple suiveur, employé modèle, mais qui ne sera jamais réellement riche.
  • l’école n’enseigne pas des compétences clés que sont la communication, la vente et le marketing.

Il semble même faire ces reproches aux MBA (Master In Business Administration, l’équivalent américain des grandes écoles de commerce). Mais j’ai l’impression que son point de vue est fortement influencé par le coût faramineux des études aux États-Unis. Un jeune américain doit lourdement s’endetter afin de pouvoir faire de bonnes études. C’est tout de même commencer sa vie avec un sérieux handicap.

Mon point de vue

Des bonnes études aident à se créer un beau patrimoine

Il me semble que ne pas inciter un jeune à faire les meilleures études possible est clairement un mauvais conseil. En tout cas en France ! Il suffit de voir les salaires des jeunes qui sortent des meilleures écoles de commerce ou d’ingénieur.

De plus, ces écoles forment aussi très largement à l’entrepreneuriat.

Naturellement, faire des filières longues sans débouché n’est probablement pas une très bonne idée …

Quelques idées d’amélioration pour notre systèmé scolaire et d’études supérieures

En revanche, je rejoins Robert Kiyosaki sur le fait que l’école pourrait être améliorée. Voilà quelques axes d’amélioration possibles en matière d’école et d’éducation (certains sont en commun avec ceux de Robert Kiyosaki) :

  • Une meilleure information sur les filières qui débouchent sur des emplois (correctement rémunérés). Mais, bien sûr, la rémunération n’est pas le seul critère de choix.
  • Une focalisation plus forte sur l’envie d’apprendre et le plaisir apporté par la connaissance.
  • La prise en compte des différents types d’apprentissages : apprendre à apprendre, mieux comprendre les méthodes qui conviennent à chacun, avoir plus souvent recours à l’expérimentation…
  • Un meilleur développement du sens critique (au-delà du formalisme thèse, antithèse, synthèse).
  • Plus de formation sur des compétences essentielles que sont la communication et ce que l’on pourrait appeler la vente. Ceux qui ont un peu d’expérience de l’entreprise savent bien que le faire savoir est au moins aussi important que le savoir et le faire (même réunis).
  • Des cours pour aider les jeunes à devenir des adultes accomplis, par exemple :
    • Savoir correctement manger (et lire les informations nutritionnelles sur les emballages).
    • Avoir quelques bases de finances personnelles. Il n’est pas normal que tant de jeunes (et d’adultes) ne sachent pas ce qu’est une facture et un budget ! Aussi, il est étonnant de voir que même en école de commerce, on n’enseigne pas les finances personnelles !

Cependant, rien n’empêche aux parents de combler ces lacunes, au travers de leur éducation …

Pour Robert Kiyosaki : une nation d’entrepreneurs et de pères riches ?

Le point de vue de Robert Kiyosaki

Pour cet auteur, il faut faire travailler l’argent pour soi et non travailler pour l’argent. Et le moyen le plus sûr d’y arriver, c’est l’entrepreneuriat. Il y voit plusieurs intérêts :

  • Une grande part de la valeur ajoutée des employés est capturée par les patrons. Alors, autant être celui qui capture la valeur ajoutée !
  • Une entreprise bien organisée peut presque tourner toute seule (enfin avec les employés). Gagner de l’argent sans travailler. Le rêve …
  • La fiscalité des entreprises est plus attrayante. Outre le fait qu’elle soit plus douce, le fait d’être imposé sur le bénéfice et non le chiffre d’affaires est un vrai plus (en fiscalité des particuliers, vous êtes imposés sur votre salaire, l’équivalent de votre chiffre d’affaires, et non sur ce qui vous reste à la fin du mois).

Mon point de vue

L’entrepreneuriat réussi est clairement une source d’enrichissement. Mais il y a tout de même peu d’élus.

Tout le monde n’est pas fait pour être entrepreneur

Aussi, tout le monde n’est pas fait pour être entrepreneur. De plus, il est tout de même possible de gagner correctement sa vie en tant qu’employé (si on sait bien s’y prendre).

Beaucoup de cadres et de cadres supérieurs auraient intérêt à écouter certains conseils du père riche

Mais je rejoins Robert Kiyosaki sur un point : beaucoup d’employés sont la tête dans le guidon, à toujours travailler plus … pour dépenser plus. Et c’est le cercle infernal. C’est ce que l’on appelle la « rat race », c’est-à-dire le rat qui tourne en rond dans sa cage.

Je rencontre beaucoup de cadres supérieurs qui font des choses extrêmement compliquées au bureau … et qui trouvent insurmontable de gérer et développer leur patrimoine. Je suis sûr que vous rencontrez tous les jours des gens qui pensent comme cela.

Précision sur la fiscalité des entreprises

Mais revenons à cette histoire d’imposition sur le bénéfice plutôt que sur le chiffre d’affaires. Robert Kiyosaki soutient qu’il s’agit d’un bon moyen de « se payer en premier ». Il dit qu’il s’est offert comme ça sa première Porsche, payée par son entreprise.

Il faut tout de même rappeler que cela ne se passe du tout comme cela dans la vraie vie ! On ne peut pas faire acheter ce que l’on veut à son entreprise (même détenue à 100%). Les achats doivent servir l’activité de l’entreprise. Sinon, il s’agit d’avantages en nature qui sont taxés.

Après, la fiscalité des entreprises peut clairement être une source d’optimisation.

Mon avis sur « Père Riche, Père Pauvre » de Robert Kiyosaki

Comme beaucoup de livres américains, je trouve Père Riche, Père Pauvre un peu long (plus de 300 pages en poche) pour le réel contenu apporté. Mais la répétition est une force, et force est de constater que l’on trouve beaucoup d’épargnants aujourd’hui aguerris qui ont été motivés par ce livre.

Et il s’agit bien là d’un livre de motivation. Et il traite au moins autant de l’entreprenariat que de l’investissement.

Il ne faudra, en revanche, clairement pas prendre au pied de la lettre les conseils que donne Robert Kiyosaki. Et ce surtout dans un environnement français, très différent des Etats-Unis.

Ne fondez pas uniquement votre éducation financière sur ce qu’écrivent Robert Kisoyaki et ses disciples (tant américains que français).

Pourquoi ne pas lire la version originale en anglais Rich Dad, Poor Dad qui est d’ailleurs nettement moins chère ?

Sur ce je vous souhaite le meilleur pour votre épargne et … surtout pour tout le reste.

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7 Commentaires

  1. Ce livre devrait vous donner plus de confiance en votre capacité à écrire un best seller vous aussi, car vous êtes bien meilleur connaisseur de la finance et des finances que R.K.
    Je vous conseille ce livre de Aswath Damodaran (célèbre prof de Valuation à l’université de Columbia) : Narrative and Numbers.
    Vous verrez ce que vaut une belle histoire sur un stock.

    Je l’ai en ebook si vous voulez par email.
    A+

    1. Bonjour Mehdi,
      je vous remercie, j’espère qu’un jour cela arrivera (en tout cas à l’échelle de la France) … cela étant mes livres pourraient être considérés comme des best sellers en comparaison des tirages en finance en France
      j’adore Aswath Damodaran, j’ai notamment lu “Valuation” et beaucoup de ses cours de finances. Je n’ai pas encore lu Narrative and Numbers. Je vais regarder de plus près alors.

  2. Bonjour, je suis d’accord sur le coté plus “motivant” que “technique” mas c’est aussi ce qui fait que ce livre a une certaine résonance chez nous où l’éducation financière n’est pas très bien vue.
    En tout cas il y a des meetups organisés autour du jeu cashflow(dérivé du livre) qui sont pas mal ! (https://www.meetup.com/fr-FR/CASHFLOW-Game-France/)

  3. Bonjour,

    Je rejoins la question de guillaume qui est intéressante. En effet la théorie de MARKOWITZ amène à chercher à optimiser le fameux couple rendement risque qui lui même repose sur une diversification internationale qui peut reposer sur un indice WORLD. Dans l’article présenté, on parle de bourse américaine, donc l’ indice world comprend la bourse americaine + un ensemble d’entreprises du reste du monde. La crise de 1928, s’est répandue dans l’ensemble des pays du monde et a “permis” d’éliminer les entreprises les plus vulnérables. La question complémentaire et qui est fondamentale pour les ETF est la composition du portefeuille et donc des entreprises retenues au sein de chaque pays, s’il s’agit des entreprises les plus importantes en terme de capitalisation boursiere ou de profitabilité ou d’autres critères (secteur d’activité, ancienneté PER…),
    le résultat ne sera pas identique. Il serait donc interessant de prendre les différents etf world existants et voir celui qui a limité ou qui limiterait le risque de faillite ( amundi, lyxor, ….) Edouard peut-il nous répondre ?

    1. Bonjour,
      je n’ai pas trop compris la question en fait. Il n’y a pas vraiment de risque de faillite pour un ETF (ou il est extrêmement faible), vu qu’ils ont des actifs (les entreprises qu’ils ont en portefeuille) et n’ont pas de dette. Enfin, je parle des ETF “classiques” dont je parle sur ce blog, et non d’autres ETF plus exotiques (effet de levier, etc.), où le sujet est un peu différent.

  4. Guillaume dit :

    Merci d’avoir donné votre avis qui est très interressant !
    Je reviens pour ma part sur le graphique de la bourse inflation comprise (échelle logarithmique)
    Il ne s’agit pas d’une bulle mais d’une baisse importante de la bourse entre 1960 (?) et 1975 (?) Que c’était t’il passé ?

    En 1939, il aura fallut 20 ans à priori (?) Pour que la bourse reprenne le même cours qu’avant le krach.(et 8 ans en 2008)
    Sur un tracker world , est ce probable de devoir également attendre 20 ans si un jours il y a un krach équivalent ?
    Merci

    Existe t’il un de vos articles qui compare le cours de la bourse au cours d un tracker world ?

    Merci

  5. “Il dit qu’il s’est offert comme ça sa première Porsche, payée par son entreprise.”

    Il me semble qu’aux US, la frontière entre finances de l’entreprise et finance personnelle est très poreuse. L’auteur explique donc que l’intérêt d’exercer son activité professionnelle à l’abri de sa propre entreprise est de vivre de ce qui serait en France un abus de bien social permanent.