ETF à effet de levier et short : le piège du BX4, LQQ (2026)
En 2025, plus de 1,1 million de Français ont réalisé au moins une transaction sur un ETF, soit une hausse de 83% par rapport à 2024. Parmi eux, 583 000 personnes ont investi en ETF pour la toute première fois de leur vie, contre 324 000 en 2024 et 113 000 seulement en 2023. L’âge moyen de ces nouveaux investisseurs est tombé à 38 ans. Une excellente nouvelle pour la gestion passive en France.
Mais l’AMF a aussi révélé, dans une étude dédiée, un chiffre qui m’a fait tiquer : une partie non négligeable des investisseurs français en ETF se dirige vers des ETF à effet de levier, et pour près de la moitié d’entre eux, c’est même le seul type d’ETF qu’ils négocient. Autrement dit, des dizaines de milliers de Français découvrent l’investissement en ETF en commençant directement par le produit le plus dangereux de toute la gamme. Un peu comme apprendre à conduire en commençant sur circuit de F1.
Je comprends l’attrait. Un ETF Nasdaq à effet de levier a réalisé une performance de 33% par an entre fin janvier 2014 et fin janvier 2024. De quoi rêver.

Vous vous dites peut-être : la Bourse monte à long terme, alors autant multiplier les gains par 2 grâce au levier (c’est-à-dire l’emprunt qui permet de démultiplier une exposition, à la hausse comme à la baisse). C’est une mauvaise idée. Je vais vous montrer précisément pourquoi, avec les chiffres à l’appui, et surtout je vais répondre aux objections les plus sérieuses que l’on m’oppose régulièrement en commentaire depuis que j’ai commencé à écrire sur ce sujet.

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Les principaux ETF à effet de levier, bear et short disponibles en France
Voyons d’abord le fonctionnement concret de ces ETF à effet de levier positif, mais aussi négatif (dits bear, short ou inverse).
L’ETF à effet de levier CAC 40 : l’exemple du Amundi CAC 40 Daily (2x) Leveraged (LVC)
Un ETF à effet de levier cherche à démultiplier la performance de son indice de référence, aussi appelé sous-jacent. Le Amundi CAC 40 Daily (2x) Leveraged UCITS ETF (code mnémonique : LVC) cherche à doubler la performance quotidienne du CAC 40. Il existe des ETF à effet de levier équivalents chez tous les grands émetteurs (iShares, Lyxor devenu Amundi, DWS). Voici ce que précise l’indice de stratégie suivi :
L’indice de stratégie CAC 40 Leverage est fondé sur l’indice CAC 40 (indice de référence) avec un effet de levier de 2 à la hausse comme à la baisse. Ainsi, quand le CAC 40 monte (resp. baisse) de 2%, l’indice de stratégie CAC 40 Leverage monte (resp. baisse) de 4% hors coût de financement et frais de gestion.
Cela peut paraître séduisant pour deux raisons. D’abord, les indices actions progressent sur le long terme, alors pourquoi ne pas multiplier ses gains. Ensuite, pour ceux qui ont rempli leur PEA, cela permettrait en théorie de mettre plus d’actions en franchise d’impôt pour le même montant investi.
L’ETF à effet de levier sur indice international : le Amundi Nasdaq-100 Daily (2x) Leveraged (LQQ)
Il existe aussi des ETF à effet multiplicateur sur des indices internationaux. Le Amundi Nasdaq-100 Daily (2x) Leveraged UCITS ETF (code mnémonique : LQQ, ISIN FR0010342592) multiplie par deux les variations quotidiennes du NASDAQ 100, l’indice américain des grandes valeurs technologiques. (Si vous voulez comprendre l’ETF Nasdaq 100 classique, sans effet de levier, j’ai consacré un article complet au sujet.)
L’indice Nasdaq 100 Leveraged Notional Net Total Return Index est un indice de stratégie qui reflète l’évolution de l’indice NASDAQ-100 (NDX) avec un effet de levier x2 quotidien.
Le NASDAQ ayant eu une performance exceptionnelle sur la dernière décennie (+25,9% en 2024, contre +25,0% pour le S&P 500), la performance de LQQ a logiquement suivi : environ 27% par an depuis mi-2006, crise de 2008 incluse. Extraordinaire au sens propre.
Comparez cela à un ETF CAC 40 classique sur la même période : à peine 5% par an. Le graphique ci-dessous illustre l’écart.

En se plaçant après la crise de 2008, à partir de fin 2009, on dépasse même les 35% par an. C’est cette statistique-là, sortie de son contexte, qui alimente le plus grand nombre de mauvaises décisions d’investissement que je constate.
L’ETF short : l’exemple du Amundi ETF Short MSCI USA Daily (C2U)
Les ETF bear ou short, eux, évoluent en sens inverse de leur indice. On les utilise en pariant sur une baisse des marchés. Voici la description officielle du Amundi ETF Short MSCI USA Daily UCITS ETF :
Amundi ETF Short MSCI USA Daily UCITS ETF a pour objectif de répliquer au plus près l’évolution en euro de l’indice de stratégie MSCI USA Short Daily, à la hausse comme à la baisse. Cet ETF permet une exposition inverse à l’indice MSCI USA. Ainsi, en cas de baisse de cet indice, la valeur liquidative de l’ETF évoluera à la hausse et vice-versa.
Le BX4, l’ETF pour couvrir un portefeuille ou parier sur la baisse
Il est même possible de démultiplier l’exposition inverse. Certains traders en sont friands. L’ETF Amundi CAC 40 Daily (-2x) Inverse UCITS ETF (code mnémonique : BX4, ISIN FR0010411884) est particulièrement utilisé à cet effet :
L’indice CAC 40 Double Short Gross Return offre une exposition inverse, réajustée quotidiennement, à l’évolution de l’indice CAC 40 Gross Total Return, avec un effet de levier x2.
Fiche technique comparative : LVC, LQQ et BX4
Voici les caractéristiques exactes de ces trois ETF, vérifiées en juillet 2026. Ce sont les données que vous devez systématiquement consulter avant d’envisager ce type de produit, y compris pour du très court terme.
| ETF | Code / ISIN | Indice suivi | Frais de gestion (TER) | Encours |
|---|---|---|---|---|
| Amundi CAC 40 Daily (2x) Leveraged | LVC / FR0010592014 | CAC 40 Leverage (x2) | 0,40% par an | 187 M€ |
| Amundi Nasdaq-100 Daily (2x) Leveraged | LQQ / FR0010342592 | Nasdaq 100 Leverage (x2) | 0,60% par an | 1 179 M€ |
| Amundi CAC 40 Daily (-2x) Inverse | BX4 / FR0010411884 | CAC 40 Double Short | 0,60% par an | 174 M€ |
Un point technique que l’on néglige souvent : ce TER (Total Expense Ratio, c’est-à-dire les frais de gestion annuels prélevés par le fonds) n’est qu’une petite partie du coût réel. Le vrai coût, c’est le beta slippage que je détaille plus bas, et qui peut représenter plusieurs dizaines de points de pourcentage par an selon la volatilité du marché. C’est le seul chiffre qui compte vraiment pour ces produits, bien plus que le TER affiché.
La gamme des produits à effet de levier ou short chez Amundi
Amundi propose une gamme assez large, aussi bien pour le levier positif que pour l’exposition inverse.
Les ETF à effet de levier chez Amundi
- Amundi Nasdaq-100 Daily (2x) Leveraged UCITS ETF Acc
- Amundi ETF Leveraged MSCI USA Daily UCITS ETF – EUR
- Amundi CAC 40 Daily (2x) Leveraged UCITS ETF Acc
- Amundi LevDax Daily (2x) Leveraged UCITS ETF Acc
- Amundi EURO STOXX 50 Daily (2x) Leveraged UCITS ETF Acc
- Amundi FTSE MIB Daily (2x) Leveraged UCITS ETF Dist
Les ETF short chez Amundi
La gamme est large, avec des encours plus faibles, et permet de shorter aussi bien des indices actions que des indices obligataires :
- Amundi CAC 40 Daily (-2x) Inverse UCITS ETF Acc
- Amundi CAC 40 Daily (-1x) Inverse UCITS ETF Acc
- Amundi EURO STOXX 50 Daily (-1x) Inverse UCITS ETF Acc
- Amundi MSCI USA Daily (-1x) Inverse UCITS ETF Acc
- Amundi ShortDAX Daily (-2x) Inverse UCITS ETF Acc
- Amundi US Treasury 10Y Daily (-2x) Inverse UCITS ETF Acc
- Amundi German Bund Daily (-2x) Inverse UCITS ETF Acc
Pourquoi un ETF à effet de levier X2 n’a jamais une performance de 2 fois l’indice sur la durée
Le mécanisme : le beta slippage
C’est ici que se joue toute la mécanique, et c’est une raison purement mathématique : le beta slippage (littéralement, le glissement du bêta, c’est-à-dire l’écart qui se creuse entre la performance théorique x2 attendue et la performance réellement obtenue). Le problème est que le levier de x2 est recalculé, remis à zéro, chaque jour de Bourse. Prenons un exemple.
Imaginons que le CAC 40 parte de 100, perde 10% un jour et reparte à 100 le jour suivant. En pourcentage, il fait -10% puis +11,1%, soit 0% au final (100 x 0,9 x 1,111 = 100). Votre tracker X2 va-t-il aussi faire 0% ? Non, il va faire moins bien. Il perd d’abord deux fois 10%, soit 20%, ce qui l’amène à 80. Puis il gagne deux fois 11,1%, soit 22,2%, ce qui l’amène à 97,8 (80 x 1,222 = 97,8). Soit une baisse de 2,2%, et non de 0%.
Et l’effet s’aggrave avec le temps. Répété quotidiennement sur une année entière avec cette alternance de -10% puis +11,1%, l’indice reste stable, mais le tracker X2 perd environ 94% de sa valeur. Voici le résultat en image :

Il faut aussi noter que pour investir deux fois plus que son capital, l’ETF emprunte en interne (via des instruments dérivés). Or l’emprunt a un coût, même faible. Ce coût de financement s’ajoute au beta slippage, il ne le remplace pas.
En pratique : la performance réelle d’un ETF CAC 40 à effet de levier (LVC)
Le graphique ci-dessous compare un ETF CAC 40 classique et l’ETF LVC (à effet de levier X2 sur le CAC 40) :
- L’ETF CAC 40 a eu une performance annualisée de 4,2% par an
- L’ETF CAC 40 à effet de levier a eu une performance annualisée de 1,5% par an
On voit bien que l’ETF X2 n’a pas eu une performance de 8,4% par an (4,2% x 2). Sa performance a même été inférieure à celle de l’ETF sans effet de levier. C’est une mini-révélation qui surprend systématiquement les investisseurs débutants : le levier peut faire moins bien qu’un ETF classique, pas seulement moins bien que le double espéré.
L’effet n’est pas aussi extrême que dans l’exemple théorique ci-dessus, mais ce sont exactement les mêmes causes qui aboutissent à cette différence.

Cela ne signifie pas que les ETF à effet de levier ne sont jamais gagnants. Comme le montrait l’exemple avec LQQ sur le NASDAQ, si vous cherchez un ETF à effet de levier sur un marché qui a fortement et régulièrement progressé, il sera probablement très gagnant. Mais il s’agit d’un pari où le temps et la volatilité jouent contre vous, et où vous ne savez jamais à l’avance si vous êtes tombé sur le bon indice au bon moment, ou si vous avez simplement eu de la chance.
Et les ETF short comme le BX4 sur le long terme
Sans grande surprise : puisqu’en général la Bourse progresse sur la durée, les ETF inverse baissent sur le long terme.
Voyons tout de même ce qu’a donné le célèbre BX4 sur le long terme. L’ETF a eu une performance depuis début 2007 d’environ -21% par an. Cela signifie que sa valeur, hors inflation, a été divisée par 15 en un peu plus de 10 ans.

Utiliser un ETF de levier inverse suppose d’être sûr que la Bourse va baisser. Autant dire que ce n’est pas simple : même les meilleurs stratèges de marché se trompent régulièrement sur le timing.
Simulation sur le S&P 500 avec dividendes depuis 1988
J’ai simulé la performance d’un ETF X2 sur le S&P 500 depuis 1980 jusqu’à octobre 2024, en incluant :
- Le X2 quotidien (l’effet de levier proprement dit)
- Le coût de l’emprunt
- Les frais de gestion
On arrive au graphique suivant :

Le S&P 500 X2 peut paraître très intéressant, mais :
- La performance du S&P 500 X2 est de 14,8% par an, contre 10,5% pour le S&P 500 classique. C’est mieux, mais loin du double.
- La volatilité du S&P 500 X2 est environ deux fois supérieure.
- La perte maximale (le maximum drawdown, c’est-à-dire la baisse la plus sévère entre un point haut et un point bas) du S&P 500 X2 atteint 87%. Celle du S&P 500 classique est de 55%, ce qui est déjà considérable. Mais la différence est énorme en pratique : avec le S&P 500 classique, votre capital aurait été divisé par 2 au pire moment ; avec le X2, votre capital aurait été divisé par 9.
Il ne faut donc jamais regarder uniquement la performance, mais toujours la mettre en face du risque encouru.
Regardons de plus près la période 2000-2013, durant laquelle le S&P 500 a très peu progressé :

Le S&P 500 a progressé de 25% en 13 ans. Le S&P 500 X2, lui, a reculé de 36% sur la même période. C’est la meilleure illustration du beta slippage à l’œuvre sur une longue période sans tendance nette.
Les ETF à effet de levier ne sont gagnants que quand les marchés progressent sans volatilité
Un lecteur m’a récemment demandé des précisions, en soulignant à raison que les ETF X2 américains avaient particulièrement bien performé sur les dernières années. Voici donc un historique plus long, avec un peu plus de théorie, mais qui reste digeste.
Simulation de l’effet de levier sur le S&P 500 depuis 1950
J’ai regardé ce qu’aurait donné un ETF X2 sur le S&P 500 par rapport à un ETF classique sur le même indice (le S&P 500 me semble un indice nettement plus pertinent que le Dow Jones, bien que ce dernier reste très suivi à Wall Street). Pour avoir des données suffisamment longues, depuis 1950, j’ai pris le S&P 500 hors dividendes.
Dans cette analyse, je n’intègre que l’effet de levier lui-même, pas le coût de l’emprunt. L’objectif est d’isoler l’impact spécifique de la volatilité.
Le graphique ci-dessous est en échelle logarithmique. À première vue, la stratégie avec effet de levier paraît très performante.

Mais les ETF à effet de levier sont nettement plus chers que les ETF classiques. Et surtout, il faut regarder le niveau de risque. Le tableau ci-dessous montre la performance nette de frais, et nette de dividendes, d’une stratégie avec et sans effet de levier sur le S&P 500 depuis 1950.

On observe que :
- La performance de la stratégie avec effet de levier X2 est bien inférieure à deux fois la stratégie sans effet de levier.
- La volatilité est, en revanche, bien double.
- La perte maximale de la stratégie avec effet de levier atteint 87%, soit une division par dix du capital. C’est intenable pour la quasi-totalité des investisseurs, même les plus aguerris.
- Le rapport performance sur risque est donc très défavorable.
Le meilleur moyen d’augmenter sa performance espérée, et son risque, reste d’augmenter la part de son capital investie en actions, y compris en actions dites smart beta (des indices qui pondèrent différemment de la capitalisation boursière classique, par exemple en favorisant les petites valeurs ou les entreprises décotées).
L’impact de la volatilité, chiffres à l’appui
En réalité, la performance des ETF à effet de levier n’est bonne que lorsque les marchés sont haussiers de façon progressive, c’est-à-dire sans volatilité excessive. Au-delà des arguments théoriques déjà énoncés, voici ce que cela donne en chiffres.
J’ai calculé la performance à trois ans du S&P 500 et je l’ai divisée par sa volatilité. C’est une version simplifiée du ratio de Sharpe (théoriquement il faudrait aussi soustraire le taux sans risque, mais restons simples ici). Plus ce ratio est élevé, plus le S&P 500 monte de façon progressive et régulière. Le graphique suivant représente ce ratio de Sharpe du S&P 500 et le rapport entre la performance réelle du S&P 500 X2 et celle du S&P 500 classique.

Le graphique est clair : on n’atteint le levier X2 réel que lorsque le ratio de Sharpe du sous-jacent est élevé, c’est-à-dire dans les phases de hausse la plus régulière possible. Sinon, l’ETF à effet de levier affiche une performance inférieure au double de celle du sous-jacent, tout en subissant une volatilité, elle, bien doublée.
L’effet est naturellement exacerbé sur les ETF à effet de levier X4, et le beta slippage existe aussi sur les ETF bear ou short. Ces derniers sont censés monter quand la Bourse baisse et vous couvrir contre les chutes. Mais comme il est impossible de prévoir les chutes de marché à l’avance, si le beta slippage n’existait pas, ces ETF seraient d’une utilité redoutable pour la spéculation de court terme. Le fait qu’ils soient structurellement pénalisés par ce phénomène limite fortement leur intérêt, même pour couvrir un portefeuille.
Le débat que je dois trancher : “et si on applique le levier à un portefeuille diversifié, pas à un seul indice ?”
C’est l’objection la plus solide qu’on m’oppose régulièrement, et elle mérite une vraie réponse, pas une pirouette. Certains lecteurs me citent Cliff Asness, cofondateur du fonds AQR, et son article fondateur de 1996, Why Not 100% Equities. Sa démonstration : un investisseur qui accepte le risque d’un portefeuille 100% actions ferait en réalité mieux de diversifier avec des obligations, puis d’appliquer un levier modéré à l’ensemble pour retrouver le même niveau de risque, mais avec un rendement espéré supérieur.
C’est de cette logique que sont nés des ETF américains comme le NTSX (90% S&P 500 et l’équivalent de 60% en futures obligataires, donc un “90/60” avec un effet multiplicateur modéré et permanent, et non recalculé chaque jour comme LQQ ou LVC).
L’argument est sérieux : dans ce cadre, le levier ne sert pas à parier sur un seul indice concentré, il sert à améliorer le couple rendement-risque d’un portefeuille déjà diversifié entre actions et obligations. Ce n’est absolument pas la même démarche que d’acheter du LQQ ou du LVC.
Voici pourquoi cette nuance, aussi réelle soit-elle, ne change rien à ma conclusion pour un épargnant français :
- Le levier d’Asness est structurellement différent. Il s’applique à un portefeuille déjà diversifié (actions et obligations), avec un ratio de levier fixe et modéré (environ 1,5x dans son étude originale), pas un ETF à réplication quotidienne x2 sur un seul indice actions. Le mécanisme de beta slippage que je viens de détailler reste présent dans les deux cas, mais son ampleur dépend directement de la volatilité du sous-jacent : un portefeuille diversifié est structurellement moins volatil qu’un indice actions pur, donc le slippage y est nettement plus contenu.
- Ces produits capital-efficient n’existent pas en France de façon praticable. Le NTSX n’est pas domicilié UCITS et n’est pas commercialisable aux particuliers européens. Aucun équivalent réglementé n’est aujourd’hui disponible en PEA ou assurance vie française avec cette même mécanique de levier permanent et modéré sur portefeuille mixte.
- Le débat théorique ne dispense pas du risque de ruine. Même Asness reconnaît que le levier doit rester “raisonnable” (within reason, ce sont ses propres mots) : au-delà d’un certain seuil, la probabilité d’appel de marge ou de liquidation forcée en cas de krach devient le vrai risque, bien plus que la question du rendement espéré à long terme.
Ma conclusion : l’argument d’Asness est académiquement solide, mais il justifie un levier modéré sur un portefeuille diversifié piloté avec rigueur, pas l’achat de LQQ ou LVC en pariant sur la poursuite d’une tendance haussière américaine. Ce sont deux produits, et deux logiques, complètement différentes. Je détaille la construction d’un portefeuille diversifié sans effet de levier, mais optimisé sur le couple rendement-risque, dans mon livre Créer et piloter un portefeuille d’ETF.
Ce que dit l’AMF sur les ETF à effet de levier
Ce n’est pas seulement mon avis. L’Autorité des marchés financiers (AMF), le régulateur français, est très explicite sur le sujet dans son guide destiné aux épargnants :
Parmi les ETF les plus complexes et risqués, on retrouve les ETF avec effet de levier (ou effet de levier inversé) dont l’indice de référence multiplie, à la hausse comme à la baisse, les tendances de l’indice suivi. Avec ces ETF, vous pouvez donc multiplier vos gains, mais vous pouvez également multiplier l’ampleur de vos pertes, qui peuvent être lourdes.
Et l’AMF ajoute une conclusion sans ambiguïté sur l’horizon d’investissement adapté :
Ces ETF à effet de levier sont des placements très spéculatifs, qui peuvent être achetés pour faire un pari sur quelques jours ou quelques semaines, mais qui ne sont pas faits pour investir sur le long terme.
C’est exactement ma position depuis toujours, et c’est un des rares sujets où le régulateur et moi sommes en parfait accord de A à Z.
L’activité sur les ETF à effet de levier et short augmente fortement durant les krachs. Les investisseurs sont alors à la fois plus fébriles et plus avides de gagner rapidement de l’argent. C’est un moment particulièrement intéressant à analyser, car la volatilité y est extrême.
Voici un graphique sur 5 ans jusqu’à mi-mars 2020. J’ai comparé un ETF CAC 40 classique (en bleu), un ETF à effet de levier LVC (en rouge), et un ETF inverse BX4 (en violet). Le constat est sans appel.

Les performances sur cette fenêtre de 5 ans ont été les suivantes :
- ETF CAC 40 : +8%
- ETF LVC (levier x2) : -16%
- ETF BX4 (inverse x2) : -52%
Étonnant, non ? Le CAC 40 est positif sur la période, mais son équivalent à effet de levier est négatif. Le beta slippage a fait perdre au LVC bien plus que ce que le CAC 40 a réellement rapporté, à cause des allers-retours de volatilité pendant le krach de mars 2020.
Combien de BX4 faut-il pour couvrir son PEA ?
C’est la question qui revient le plus souvent en commentaire et dans les forums d’investisseurs dès que le marché devient nerveux. Voici le calcul, tel qu’on le trouve généralement présenté, avant de vous expliquer pourquoi je ne le recommande pas.
Le raisonnement théorique est simple. Le BX4 étant inversé et multiplié par deux, il suffirait en théorie d’y consacrer la moitié de la valeur du portefeuille à couvrir pour neutraliser une baisse du CAC 40. Prenons un exemple concret.
Vous détenez un PEA de 20 000€, investi en actions françaises proches du CAC 40. Vous redoutez une baisse à court terme (une élection, une annonce de banque centrale, une tension géopolitique) mais vous ne voulez pas vendre vos titres, par exemple pour éviter des frais de courtage ou parce que vous croyez toujours en vos entreprises sur le long terme.
Pour couvrir la totalité de ce portefeuille, le calcul théorique donne :
- Montant du portefeuille à couvrir : 20 000€
- Levier du BX4 : x2 inversé
- Montant de BX4 à acheter pour une couverture totale : 20 000€ / 2 = 10 000€
Avec cette allocation, voici ce qui se passerait sur quelques jours, hors beta slippage pour simplifier :
| Scénario | Variation du portefeuille actions (20 000€) | Variation de la ligne BX4 (10 000€) | Résultat net |
|---|---|---|---|
| CAC 40 baisse de 5% | -1 000€ | +1 000€ (+10% sur 10 000€) | 0€, couverture efficace |
| CAC 40 stable | 0€ | Perte liée au beta slippage seul | Légèrement négatif |
| CAC 40 monte de 5% | +1 000€ | -1 000€ (-10% sur 10 000€) | 0€, gain annulé |
En pratique, la plupart des investisseurs qui utilisent cette stratégie ne couvrent pas la totalité de leur portefeuille. Une couverture partielle, de l’ordre de 15% à 25% de la valeur du portefeuille en BX4, est plus couramment pratiquée pour amortir un choc sans annuler tout potentiel de gain en cas de rebond.
Pourquoi je recommande d’alléger plutôt que de couvrir
Le calcul présenté plus haut est juste sur le papier. Mais je ne le recommande pas, et voici pourquoi, très concrètement.
D’abord, se couvrir avec du BX4 revient à se comporter comme un gérant actif qui parie sur le bon moment pour entrer et sortir d’une position. Or rien ne prouve qu’un investisseur particulier, aussi informé soit-il, sache identifier ce moment mieux que le marché lui-même. C’est exactement le même biais que le stock-picking ou le market timing que je déconseille par ailleurs sur ce blog : on remplace une exposition passive et prévisible par un pari actif sur la direction et le timing du marché, avec en plus un produit qui érode sa propre valeur par construction.
Ensuite, il y a un paradoxe que j’aime souligner : les ETF à effet de levier et inverses, censés être des instruments passifs puisqu’ils suivent un indice, se comportent en réalité comme des traders actifs à l’échelle du marché. Pour maintenir leur multiplicateur constant chaque jour, ils sont obligés d’acheter quand les cours montent et de vendre quand ils baissent. Ce mécanisme amplifie la volatilité du marché sous-jacent lui-même, en plus de pénaliser structurellement l’investisseur qui les détient sur la durée à travers le beta slippage détaillé plus haut dans cet article.
Voici les raisons concrètes qui, mises bout à bout, me font toujours préférer l’allègement à la couverture :
- Le beta slippage s’applique aussi à une couverture. Si vous gardez votre ligne de BX4 plus de quelques jours, le rééquilibrage quotidien érode sa valeur, même si le CAC 40 finit par baisser comme prévu. Une couverture qui dure trois semaines au lieu de trois jours peut vous coûter cher en érosion pure, indépendamment du sens du marché.
- Le coefficient bêta de votre portefeuille n’est presque jamais celui du CAC 40. Si vos actions ne suivent pas exactement l’indice (ce qui est la norme dès que vous détenez autre chose que les 40 valeurs du CAC dans les mêmes proportions), votre couverture sera imparfaite : trop forte ou trop faible selon les titres.
- Vendre une partie de vos actions revient au même résultat, en plus simple et moins coûteux. Si vous redoutez une baisse, alléger votre exposition actions de 10 000€ (en vendant directement une partie de votre portefeuille) vous laisse exactement à la même exposition nette au marché qu’une couverture par du BX4 à hauteur de 10 000€, mais sans les frais de gestion du BX4 (0,60% par an), sans le beta slippage, et sans risquer de vous tromper sur le bêta réel de vos titres. Pourquoi payer pour annuler une position, quand il suffit de ne pas la détenir ?
- La vente vous rapporte des liquidités que vous pouvez placer sur un support sans risque, directement dans votre PEA. C’est là que la question se pose différemment en France qu’ailleurs : contrairement à un compte de courtage classique, le PEA n’accepte pas les fonds obligataires traditionnels. Il existe toutefois une exception utile, l’Amundi PEA Euro Court Terme UCITS ETF (ISIN FR0013346681), qui réplique depuis octobre 2024 le taux monétaire de référence de la zone euro (l’€STR), pour des frais de 0,25% par an. Ce n’est pas un ETF obligataire au sens classique, mais une solution de trésorerie rémunérée, directement logeable dans votre PEA, qui remplit exactement le rôle recherché : réduire l’exposition au risque sans sortir de l’enveloppe fiscale ni parier sur le timing du marché.
Ma position est donc simple : si vous redoutez une baisse à court terme, la meilleure protection reste d’ajuster directement la part d’actions dans votre allocation, pas d’empiler un produit dérivé supplémentaire sur votre portefeuille. Le BX4 n’est pas une mauvaise assurance, c’est un produit qui n’est tout simplement pas fait pour ce rôle-là sur autre chose que quelques jours de marché très agité.
Conclusion pour l’Épargnant 3.0
Les ETF à effet de levier et les ETF bear ou short peuvent avoir un intérêt pour du trading de très court terme, quelques jours ou quelques semaines tout au plus. Ils ne sont en revanche absolument pas adaptés à un investissement de long terme, et c’est aussi la position du régulateur français.
Ne vous laissez pas aveugler par la performance impressionnante de certains ETF à effet de levier sur le marché américain de ces dernières années. Il faut systématiquement mettre cette performance en face du risque pris, et notamment de la perte maximale possible. Le ratio performance sur risque de ces produits est structurellement défavorable sur la durée, quel que soit l’indice suivi.
Concrètement, si vous découvrez les ETF, voici ce que je vous recommande :
- Écartez les ETF à effet de levier et les ETF bear ou short de tout portefeuille de long terme, quel que soit votre horizon de placement.
- Privilégiez des ETF larges et sans effet de levier (MSCI World, S&P 500, ou Nasdaq 100 classique) au sein d’une enveloppe fiscale adaptée : PEA pour les actions européennes, assurance vie pour la flexibilité et la fiscalité après 8 ans.
- Si un ETF à effet de levier vous intrigue malgré tout, gardez à l’esprit qu’il s’agit d’un pari de trading, pas d’un placement, et limitez-le à une part infime de votre patrimoine que vous êtes prêt à perdre intégralement.
- Si votre objectif est de vous protéger d’une baisse, n’utilisez pas le BX4 comme assurance : allégez directement votre exposition actions et replacez les liquidités sur un support monétaire éligible à votre enveloppe (comme l’Amundi PEA Euro Court Terme pour un PEA).
Les ETF restent, par ailleurs, des produits particulièrement intéressants pour l’immense majorité des cas d’usage. Je vous encourage à en savoir plus en téléchargeant le guide pratique des ETF, offert sur ce site. Il existe aussi de bonnes pratiques d’investissement à connaître, notamment quand on utilise les ETF : n’hésitez pas à consulter ma formation en ligne sur les ETF et la gestion passive. Vous y apprendrez notamment pourquoi il ne faut pas faire de trading de court terme et comment utiliser au mieux les ETF sur la durée.
Pour suivre l’évolution de votre patrimoine et simuler l’impact réel des frais ou d’une stratégie sur le long terme sans vous fier à des promesses de performance x2, j’ai développé l’application Épargnant 3.0, gratuite et sans inscription. Elle regroupe mes calculateurs d’investisseur long terme (intérêts composés, DCA, impact des frais) directement sur votre téléphone : téléchargement pour iPhone et iPad et téléchargement pour Android.
Je vous souhaite le meilleur pour votre épargne et surtout pour tout le reste !

Bonjour,
En ETFs avec levier et avec une approche un peu plus sophistiquée, il existe également la gamme d’ETFs Efficient Core de WisdomTree que je trouve particulièrement intéressants dans leur démarche.
Ils suivent les préceptes de Cliff Asness, qui rappelle que la meilleure manière de construire un portefeuille est de (1) choisir l’allocation d’actifs qui présente le meilleur ratio « return to risk », puis (2) d’ajuster son niveau de risque souhaité avec du levier (ou une partie en cash).
Cliff Asness – Why Not 100% Equities https://www.aqr.com/Insights/Perspectives/Why-Not-100-Equities
Du coup ils ont lancé l’ETF NTSX pour les US, qui est l’équivalent d’un 60/40 x1.5, soit un 90/60.
Pour ce faire l’ETF est constitué de 90% de S&P 500 et de 10% de futures x6 de bons du Trésor.
NTSX ETF Review: https://www.optimizedportfolio.com/ntsx/
Leur backtest de 1926 à 2021 montre une volatilité égale à celle du S&P 500 mais un Annualized Total Return supérieur de 1.3 pts.
Jusqu’ici le biais US était le seul défaut que je trouvais à cet ETF, mais ils viennent maintenant d’en sortir une version World avec le NTSG, qui, si son encours décolle, pourrait être un excellent produit à détenir sur le long-terme dans un CTO (une fois le PEA rempli ou dans l’optique d’une transmission avec purge des plus-values latentes par exemple) :
NTSG ETF: https://www.justetf.com/fr/etf-profile.html?isin=IE00077IIPQ8#apercu
Qu’en pensez-vous ?
Bonjour, c’est une bonne idée. J’aime bcp les papiers d’AQR (même si dans les faits ca ne fonctionne pas toujouers)
Bonjour Edouard,
Commentaire du 15.11.2024 :
Et si on a le temps, et des capitaux à investir, sur une stratégie de DCA mensuel améliorée, sur un ETF effet de levier…je m’explique : admettons que je puisse investir 4’000€/mois et je commence en janvier, j’ai une vision à 10 ans voire plus si besoin.
Mon objectif à court-moyen terme est de faire baisser mon PRU.
Mon objectif à moyen-long terme est de revendre et encaisser une plus-value (plus grosse que si j’avais investi sur un ETF sans levier).
Je commence en janvier. et investis 4’000€ sur LQQ.
Février :
– Si la valeur a monté, alors j’investirais 1’000€ => mon PRU augmente très peu et je garde 3’000€ pour l’avenir.
– Si la valeur a baissé, alors j’investirais 4’000€ => mon PRU baisse.
Mars :
– Si la valeur est > à mon PRU, alors j’investis 1’000€ et je garde 3’000€.
– Si la valeur est mon PRU baisse fortement.
Et ainsi de suite (oui ok si ça ne fait que baisser, je n’aura pas des réserves infinies des mois précédents mais j’investirai en tout cas 4’000€).
Donc j’investis des grosses sommes lorsque la valeur est à mon PRU.
Je tire mon PRU vers le bas, j’accumule au maximum et optimise dans les baisses, car je sais qu’il y aura un moment où il y aura une hausse ; et plus j’aurais un PRU faible, moins j’aurais besoin que cela monte pour passer de moins-value à plus-value, et à grosse plus-value.
Oui ok, la grosse plus-value peut très vite repasser en grosse moins-value.
Mais si je vends au moment de la grosse plus-value, en théorie j’aurais fortement gagné et plus que sur un ETF sans levier….
Qu’en pensez-vous ?
Merci pour cet article très fouillé. Dans le même esprit de comparer différentes stratégies sur le long terme, puis-je vous suggérer un futur article qui montrerait l’effet de l’option sécurisation ( et/ou dynamisation ) des plus-values tous les ans ou tous les n % de gains , par exemple un ETF sur le S&P 500 ou le MSCI world sécurisé sur un fonds euro ou dynamisé sur un ETF Nasdaq . Ces 2 options qu’on trouve souvent dans les PER ou assurance-vie me semblent intéressantes pour une personne qui ne voudrait absolument pas se mêler de gestion. Merci.
Bonjour Joss, je le mets dans ma to do !
Bonjour,
Super intéressant !
il y a un risque de perte totale. j’imagine que si le Nasdaq 100 leveraged x3 perd 35% en une journée (attaque surprise chinoise sur Taiwan) on a tout perdu !
ou un flash krach de quelques minutes…
Les options sont elles viables pour ce type de cygne noir ?
Merci
Historiquement, même pendant les crises, le NASDAQ n’a JAMAIS perdu autant sur UNE SEULE journée
Bonjour,
Le slippage est anecdotique par rapport à l’effet des intérêts composés. La performance sur le long terme est supérieure à 2x.
Prenez 100€ pendant 10 ans à 7,6% = 208€ soit 108€ de gains
Prenez 100€ pendant 10 à 12,9% = 336€ soit 236 € de gains
La question reste celle deu Max drawdown. Une stratégie de couverture sur option, si elle est bien réalisée, peut permettre de couvrir une partie du ptf, à un cout raisonnable. La relation n’est pas linéaire entre la volatilité et le prix de la prime.
Cordialement
Tout à fait, je suis étonné par l’erreur qui est faite dans l’article. A long terme, on est LARGEMENT plus performant qu’en doublant l’indice de référence (que ce soit S&P 500 ou NASDAQ. Evidemment, on oublie le CAC qui est HS)
C’est important de regarder en % annualisé, et pas seulement en multiplicateur de patrimoine à mon sens.
Avec un CAC à 6200 points, l’achat d’un BX4 sera-t-il judicieux ?
Remerciements anticipés
Bonjour,
J’ai acheté des etf WisdomTree Brent Crude Oil 2x Daily Leveraged quand le pétrole est descendu très bas, ce qui fait que je suis gagnant aujourd’hui et qu’il reste encore beaucoup de marge à ce jour. Quel risque j’ai a attendre 6 mois ou un an quand on sait que le pétrole ne peut que monter au vu de son niveau historiquement bas ?
j’ai investi une grosse part de mon épargne et je voudrai pas me faire avoir,
Merci pour vos réponse,
Cdt
ETF À EFFET DE LEVIER ET BEAR / SHORT : à conseiller vivement en période de forte tendance haussière ou baissière !
Depuis le rebond du CAC 40, l’effet de levier X2 de l’ETF LVC est un vrai régal pour regonfler un PEA ravagé par l’effet COVID 19 :o)
Bien sûr, ordre stop obligatoire pour préserver la +value en cas de rerournement !
Remonter le stop tous les 2 ou 3 jours pour suivre la tendance.
Attention à ne pas trop coller le stop au prix de l’ETF, il faut laisser respirer le marché… ;)
Bon trades !
Très bon article, très bonnes explications sur les ETF à effet de levier.
Merci pour le partage de vos connaissances sur les ETF.
Excellent article Edouard. Analyse propre et convaincante. Une question cependant. Les annonces récentes de la Fed – et en fait des principales banques centrales BOC, BOE, BOJ… – annoncent des rachats sur tous les marchés. Quel impact sur les ETF? Les gérants vont-ils gérer? Sinon je cherche un ETF bear Nasdaq. Le seul indice qui n’ait pas trop souffert récemment.
Bonjour Edouard, le BX4 est-il concerné par l’annonce de l’AMF?
Personne n’a l’air d’accord sur le sujet
Je vous remercie d’avance
Et que pensez vous de la stratégie de vendre des ETF à levier et acheter des CFD sur les mêmes indices et avec les mêmes leviers ?
Bonjour Edouard
Article intelligent, j’ai découvert des choses
J’ai moi même pris du BX4 en urgence sans même réfléchir, lorsque j’ai compris l’impact coronavirus et une bonne plus value
Je comprends à présent l’inconvénient et rejoins votre point de vue que c’est une action court terme.
Aussi la stratégie coronavirus pour moi est de garder l’ETF tant que la courbe de contamination aura un dérivée seconde positive, c’est à dire quelques semaines MAX si tout va bien (ce qu’on espère tous car le malheur des autres ne nous réjouit pas)
Fosco
Malheureusement la prise de nouvelles positions short vient d’être interdite (on peut cependant conserver ses anciennes positions). Je comptait prendre le C2U, mais ce que je comprends c’est parfaitement interdit..?
Merci.
Bonjour Edouard
Je suis bien sur d’accord sur le risque d’un ETF à levier sur le long terme… Mais dans des circonstances exceptionnelles et à court-moyen terme, ce peut être un outil exceptionnel : BX4 acheté en PEA le 24 février en voyant la crise se mettre en place, résultat à ce jour (3 semaines) : +121,32%…
Bonjour,
Je reviens avec une remise à jour sur le débat : Intérêt ou pas utiliser les ETF à effet de levier.
Sur le court terme ça a l’air intéressant mais le long terme (5 ans), je me rends compte que l’on prend beaucoup de risque par rapport à un ETF classique.
Pour s’en convaince, j’ai été sur le site AMUNDI et j’ai comparé les performances des meilleurs ETF sur 5 ans :
– 186% AMUNDI ETF LEVERAGED MSCI USA DAILY UCITS ETF – EUR
– 124% AMUNDI NASDAQ-100 UCITS ETF – EUR (C)
– 103% AMUNDI ETF LEVERAGED CAC 40 DAILY UCITS ETF
– 84% AMUNDI S&P 500 UCITS ETF – EUR (C)
– 82% AMUNDI MSCI USA UCITS ETF – EUR (C)
Je constate que :
– l’ETF Nasdaq sans effet de levier fait 124%, mieux que l’ETF leveraged Cac 40 (103%) .pour moins de risque.
– l ‘ETF Leveraged MSCI USA fait mieux mais avec beaucoup plus de risque et il ne faut pas oublier que nous étions dans une très bonne période haussière sur 5 ans.
Conclusion : Il vaut mieux utiliser l’ETF Nasdaq (en plus il en existe une version PEA) qui est moins risqué sur le long terme et relativement aussi performant qu’un ETF avec effet de levier.
J’utiliserai à l’occasion du levier mais en utilisant une stratégie court termes en me basant sur des bandes de bollinger (pour éviter les émotions) et si nous sommes bien dans une période haussière.
Pour le livre américain dont j’ai parlé, il n’est pas possible sur le marché français d’utiliser les trackers proposés.
Voici un lien intéressant complétant cet article issu du blog NALO (sur lequel ce blog vient éditer un avis ;-)
https://blog.nalo.fr/comment-fonctionnent-etf-effet-de-levier/
En lisant ce blog de NALO, je comprends où se situent les erreurs du livre américain, voici quelques citations issus du blog de NALO :
Citation 1 :
“Il faudrait retirer les frais à ces performances mais, globalement, on observe qu’à très long terme (en l’occurrence sur 31 ans), les ETF à effet de levier sont plus performants que ceux sans effet de levier.
Cependant, on peut également observer que cette performance des ETF à effet de levier se fait au prix d’une plus forte volatilité et que les gains dépendent fortement du point d’entrée sur le marché.”
Et en effet, le livre américain constate le même effet sur l’indice SP500 à effet de levier et est gagnant sur un horizon de 20 à 30 ans lorsque l’on choisit le bon point d’entrée (ce qui est facile avec un backtest).
Conclusion ; Edouard et le livre américain “Passive investing on steroids” ont raison tous les 2, car Edouard parle sur le cout et moyen terme (1 an, 5 ans ou plus) alors que le livre est sur du très long terme (30 ans).
De plus, ses performances sur les ETF à effet de levier va dépendre de votre point d’entrée, vous pourrez être gagnant sur du court terme mais ca sera du hasard.
Le livre en question : https://www.amazon.fr/Passive-investing-steroids-leverage-increase-ebook/dp/B07GMZXBJ9/ref=sr_1_1?s=digital-text&ie=UTF8&qid=1551995601&sr=1-1&keywords=passive+investing+on+steroids
L’ETF AMUNDI ETF LEVERAGED MSCI USA DAILY UCITS ETF – EUR me parait au contraire plutôt cohérant et pas si risque que cela sur long terme SI on considère que les US vont surperformer.
En d’autres termes, un investisseur qui est convaincu par le S&P 500 et le NASDAQ ne devrait pas avoir peur d’avoir une lichette de levier US, que ce soit du NASDAQ X2 ou du AMUNDI ETF LEVERAGED MSCI USA DAILY UCITS ETF. Si on est patient, c’est juste être cohérant avec ses convictions.
Comme expliqué par d’autres, le seul vrai risque serait la perte de surperformance des US (qu’on nous promet depuis des années mais qu’on attend toujours) et un crash de 50% en daily sur l’indice de base, ce qui n’est jamais arrivé (j’ai vérifié les données historiques) même en période de crise.
Salut Edouard,
Whaou ! vous m’avez évité une énorme désillusion !
Ben faudrait qu’ils précisent ce genre de subtilité dans leur note, qu’on s’engage en connaissance de cause
On peut se faire arnaquer facilement
Bon en tout cas , merci
Ric
Super article.
Quid des versements réguliers sur etf à effet de levier ?
Bonjour et merci pour vos articles toujours très instructifs;
Concernant le BX4, vous indiquez qu’il peut être intéressant à “court terme” pour couvrir ses positions.
Pouvez vous m’indiquer quel est selon vous la durée que vous semble la plus adaptée si on anticipe une baisse, afin d’optimiser au mieux l’effet de ce tracker en phase de baisse et d’éviter la perte progressive due au beta slippage.
Bonjour Pierre. Je pense que c’est très difficile de savoir à l’avance si la bourse va baisser. Je ne sais pas quelle est la durée maximale mais je crois avoir lu quelques jours …
Bonjour,
Je suis confus de vos résultat vous précisez que 7.6X2 est plus grand que 12.6, je suis bien d’accord mais cette stats (un peux trop facilement appliqué le 12.6<15.2 donc mauvais) nous permet de conclure que les ETF X2 (voir X3,X4) sont bien plus performant que les ETFX1 (qui rend du 7.6), après cela dépend de l’ETF choisi (quel marché il traque, bear ou short). De plus si vous avez le flair pour retirer votre mise a chaque mauvaise nouvelle (Trade War) les baisses sont limités.
Bonjour,
Personnellement, j’ai pas mal backtesté la théorie du momentum pour les ETF :
– on sélectionne tous les mois les x ETFs ayant superformer sur x mois, y mois et z mois, en appliquant un facteur de pondération différent sur x, y et z.
Je vois ce que vous voulez dire, en fonction de l’univers des ETF que l’on retient et des variations apportées sur les paramètres x,y et z mois et leur pondération, nous pouvons démontrer tout et son contraire.
Cette théorie fonctionne grâce au passé : c’est-à-dire, on sur-optimise nos paramètres (en restreignant ses ETFs et les fameux x, y et z mois) jusqu’à superformer par rapport à ce qui est déjà connu (et on élimine toutes les petites variations de notre modèle qui démontrent que notre modèle est probablement perdant), mais il est probable qu’une telle sur-optimisation finisse par sous-performer.
Je suis tombé sur le même biais lorsque je faisais des stratégies de swing trading sur actions, en oubliant, que par exemple backtester les actions d’un indice introduit un biais forcément haussier puisqu’au final, nous testons les actions qui tôt ou tard finissent par monter et superformer puisqu’elles finissent par entrer ou rester dans un indice (en sachant que par exemple, les entreprises qui composaient initialement le Dow Jones n’existent plus à l’heure actuelle).
Je me permets de vous titiller ;-) car ce qui m’intrigue dans le livre américain que je vous indique, c’est que l’auteur suit à peu près la même logique que vous dans vos livres sur quelques ETF (votre dernier étant vraiment excellent et m’a beaucoup plu en termes de qualité et m’a servi de guide) mais avec des etfs à effets de levier et en re-balançant chaque année entre actions et obligations, sans prendre trop de risques supplémentaires d’après l’auteur et ses backtests.
Seul bémol à cette étude, c’est le nombre restreint d’ETF sur lesquels les backtests ont été réalisés, donc on ne peut pas écarter un biais statistique qui fausserait l’idée de l’auteur.
Cependant, après avoir lu le livre, on se pose pas mal de questions sur ce type de stratégie à effet de levier, dans les 2 sens.
Peut être si vous avez l’occasion de le lire, vous trouverez ce qui cloche. Je continue de mon côté l’analyse et vous tiendrai au courant si je trouve ce qui ne va pas dans le livre, ou j’essaierai de vous convaincre ;-) du contraire.
Merci pour les liens Franck.
Je rejoins l’article de Newfound, où il faut chercher à optimiser l’utilisation de son capital. D’ailleurs, moi même j’ai pris cette voie, en maximisant mon risque (et ma performance ?) dans des enveloppes fiscales attrayantes : je fais aussi du micro value momentum dans mes PEA et PEA-PME.
En revanche, sur le fond, je n’ai pas vu de choses si géniales que ça. Les backtests sont flatteurs oui, mais on le savait ;-)
J’ai pas lu le livre. Il y a peut-être des idées.
Bonjour
Pour relancer le débat, il y a ces 3 articles et ce livre ci-dessous qui vont à contre-courant de l’idée “les etfs à effet de levier, c’est le mal” ;-)
– Les articles en question :
https://blog.thinknewfound.com/2018/01/levered-etfs-long-run/
https://seekingalpha.com/article/4118717-much-maligned-leveraged-etf
https://seekingalpha.com/article/4119259-simulating-historical-returns-leveraged-etfs
Le livre en question : https://www.amazon.fr/Passive-investing-steroids-leverage-increase-ebook/dp/B07GMZXBJ9/ref=sr_1_1?s=digital-text&ie=UTF8&qid=1551995601&sr=1-1&keywords=passive+investing+on+steroids
Ces informations à contre-courant sont dures à trouver car en effet, 99% des sites et des articles que j’ai pu lire déconseillent les effets de leviers sur le long terme avec les mêmes raisons que vous, pourtant les “preuves empiriques” sur un portefeuille bien construits à effet de levier semblent contredire cette “théorie” et ça me laisse perplexe.
L’auteur dans le livre ci-dessus propose un portefeuille de plusieurs trackers à effet de levier pour le marché US qui semblent bien fonctionner et n’a pas les inconvénients que vous décrivez.
Les simulations ont été réalisées sur 30 ans de données et semblent démontrer l’intérêt d’avoir un portefeuille long terme du type SP500 et des bons du trésor avec un effet de levier x2 ou x3 sur l’ensemble de ces produits d’investissement.
Qu’en pensez-vous ?
Je continue à analyser le livre et les articles pour valider personnellement ce qui est affirmé et voir comment l’appliquer avec les trackers existants en France.
Bonjour Franck,
Franchement, j’espère que j’ai eu tort et que les ETF à effet de levier sur le long terme, c’est top :-) On préfère tous trouver des choses qui fonctionnent.
(je sais qu’il y a aussi des gens qui mixent momentum et ETF à levier, mais c’est une stratégie bien plus risquée qu’ils ne croient)
Bonjour Edouard,
Pour quelle raison pensez-vous que les gens qui mixent momentum et ETF à levier serait une stratégie bien plus risquée qu’ils ne croient ?
Au contraire je pense l’inverse, que c’est bien plus sûr et moins volatile qu’un investisseur qui resterait buy & hold sur ETF à levier.
Avez-vous lu une étude qui démontre le contraire ?
Henri
ETF USA LEVERAGED, pour moi il n’y a pas plus performant et il n’y a qu’à regarder le classement des performances des ETF LYXOR et Amundi. Ils sont tous deux premiers et de très loin. Je pense en effet que cela est risqué pour un investissement de court terme mais sur du long terme (plus de 10 ans), c’est ultra performant !!
entièrement d’accord avec toi , j’ai des etf leverage usa depuis 10 15 ans et les performances explosent tout le reste et de très loin (+ 200% ). par contre je suis entrée fort desssu y a 10 15 ans et je n’en ai pas spécialement racheté ensuite (c’est très haut la).
“Edouard Petit 07/02/2018 à 20:11
La baisse a été de sacrément courte durée … mais ça n’aurait rien changé à la stratégie. Après, rien n’empêche de faire des articles pour ré expliquer oui.”
Merci.
D’ailleurs, la baisse, si elle est effectivement finie, aura été de courte durée, mais suffisante pour effacer tous mes gains sur le MSCI world depuis l’été dernier. Les etf obligataires ont baissés aussi (peut être à cause des craintes sur l’évolution des taux?) même chose pour les investissements en dollars.
En cas de remontée des taux, tout a tendance à baisser, mais les obligations théoriquement moins que les actions. Les ETF à levier et bear, sont en tout cas pas la solution.
Bonjour,
Vous n’abordez que la partie ETF à effet de levier qui subissent le beta slippage. Pas la partie ETF short et beta slippage (à peine 3 lignes à la fin mais ce n’est pas très clair selon moi). Merci beaucoup tout de même, j’ai appris des choses très intéressantes qui vont m’éviter des erreurs.
Bonjour,
Oui, mais cela fonctionne de la même façon, avec les mêmes problèmes.
Bonjour, merci pour votre article, je suis novice donc ma question sera peut être naïve.
“La performance de la stratégie avec effet de levier de X2 est bien inférieure à deux fois la stratégie sans effet de levier.”
Je constate en effet que le ratio de Sharpe est inférieur, mais en tout cas je ne comprend pas pourquoi vous dites que la perf du levier X2 est inférieure 2x à la stratégie sans effet de levier ? Car 12.9% > 7.6% .. ?
Merci de votre réponse, je suis sûr d’avoir manqué une information ..
Bonsoir,
oui 7,6% * 2 est supérieur à 12,9%
pourquoi pas?
j’ai lu votre 1er livre et une bonne partie du site et j’ai l’impression, peut être à tort, que les ETF sont adaptés seulement dans un marché haussier, ou si on a un horizon d’investissement de 10, 15 ans. et si on ne rentre pas dans ce catégories comment on évalue le risque?
merci par avance et puisque le sujet est pour moi primordial, s’il est adressé dans votre nouveau livre, merci de me l’indiquer
Les ETF sont adaptés dans tout type de marché et quelque soit l’horizon de placement.
C’est effectivement un sujet important, et c’est probable que la lecture du nouveau livre aiderait à mieux comprendre ce sujet !
j’ai du mal à vous suivre
si les etf sont adaptés à tout type de marché et horizon, pourquoi vendre et passer liquide si on s’attend à une baisse?
Vous adaptez le % d’ETF actions dans votre allocation. (Il y a des ETF obligations d’ailleurs aussi)
Je n’aurais pas du écrire “vous passez liquide”, mais “vous vendez vos ETF Actions pour acheter des ETF Obligataires (ou des fonds en euros)”.
Je ne recommande pas de faire celà, mais c’est possible.
très bien, mais si, par hypothèse, on avait cette perception, quels seraient les outils pour y faire face, vu que les etf bear ne semblent pas adaptés?
merci
Il faut vendre et passer liquide (même si je ne le recommande pas)
bonjour
merci pour cet article, je n’avais pas forcement réfléchi à l’effet slippage pour un etf bear (même s’il me semble de comprendre que, en cas de variation dans le même sens, positive ou négative, l’effet slippage dans ce cas serait positif par rapport à la performance de l’etf haussier).
Je ne suis pas sur d’avoir compris la dernière ligne, par contre. Je suis d’accord qu’il est impossible de prévoir la moment d’une chute et que, dans la longue période, l’approche passive soit gagnante, mais on peut aussi se dire que il est probable que la bourse puisse subir une baisse plutôt violente dans les prochains mois. Que préconiseriez vous, dans ce cas?
Il ne me semble pas spécialement plus probable que d’habitude que la bourse baisse dans les prochains mois
maintenant que la baisse est arrivée, pensez vous faire un post sur les stratégies appropriées? il y a un “tout petit problème” sur les obligations aussi
La baisse a été de sacrément courte durée … mais ça n’aurait rien changé à la stratégie. Après, rien n’empêche de faire des articles pour ré expliquer oui.