POINTS CLÉS

  • Un portefeuille d’ETF doit rester simple et ne pas trop s’éloigner du marché.
  • Si vous ne pensez pas être meilleur que l’intelligence collective des gérants, il faut avoir un portefeuille qui suive le marché.
  • Un ETF Monde représente déjà 75% du marché mondial, c’est une très bonne solution.
  • Vous pouvez compléter cet ETF pour couvrir une plus grande part du marché mondial.
  • Vous pouvez compléter cet ETF avec d’autres classes d’actifs, et en particulier des obligations.
  • Vous pouvez aussi façonner un portefeuille d’ETF qui réponde plus spécifiquement à vos points de vue et surtout à vos besoins.

Un portefeuille financier équilibré doit être composé :

  • d’actifs risqués sur le court terme mais performants sur le long terme, donc d’actions. On peut alors s’appuyer sur un ETF Monde.
  • d’actifs moins risqués mais moins performants. Ce sont les obligations. En France la façon la plus simple et la plus performante est de s’appuyer sur un bon fonds en euros.

C’est en tout cas ce que je préconise dans la méthode de gestion passive décrite sur ce blog, et dans mon livre Epargnant 3.0. Et si vous désirez avoir plus de détail sur les ETF, n’hésitez pas à vous diriger vers cet article du blog.

Un portefeuille d’ETF actions doit s’appuyer sur une réflexion sur la répartition géographique du marché

Pour la partie en actions, lorsque l’on veut créer un portefeuille d’ETF plus avancé qu’un « simple » ETF suivant le MSCI World, il faut d’abord partir du marché, puis se poser des questions sur les raisons de ne pas suivre le marché. En effet, le marché est le résultat de l’intelligence collective de l’ensemble des gérants. Vous avez peu de chances de faire mieux.

Un tracker monde, suivant l’indice MSCI World est déjà très diversifié et représente déjà plus de 75% du marché. Il est très complet, mais ne représente pas l’ensemble du marché des actions :

  • En premier lieu, il ne comporte pas de pays émergents. Il faut donc ajouter à peu près 10% de son portefeuille dans un ETF pays émergents.
  • En deuxième lieu, il ne comporte pas les petites capitalisations (small caps en anglais) alors qu’elles représentent 15% de la capitalisation mondiale. Il n’y a pas de tracker small cap monde éligible au PEA (mais certains sont éligibles au CTO), il faut donc ajouter un tracker small Europe et un tracker small États-Unis.

Si l’on s’appuie sur la nomenclature de MSCI, un émetteur d’indices largement suivi par les ETF (plus d’information ici), il faudrait plutôt suivre l’indice MSCI ACWI (All Country World Index), et même dans sa version IMI (Investable Market Index), qui comprend aussi les petites capitalisations.

Le graphique présente ci-dessous, comment sont organisés les différents indices de MSCI.

MSCI ACWI

Une façon de se rapprocher de l’indice MSCI le plus large (le ACWI IMI) est de créer un portefeuille d’ETF selon l’allocation suivante :

  • Tracker Monde développé (MSCI World) : 75%
  • Tracker Emergent (MSCI Emerging Markets) : 10%
  • Tracker Europe Small Euro (MSCI Small EMU) : 5%
  • Tracker Small États-Unis (Russell 2000) : 10%

Vous remarquerez que j’ai surpondéré les petites capitalisations de la zone euro, qui sont théoriquement à 1%. On aurait pu faire le choix de ne pas sélectionner d’ETF dans ce domaine. Cependant, j’imagine que si vous décidez de créer un portefeuille d’actions, vous aurez certainement “envie” de posséder un tel ETF.

Aussi, peu d’ETF suivent l’indice MSCI USA Small Caps. Ils suivent plutôt le Russell 2000, qui est aussi un indice small cap américain (quasiment équivalent).

En faisant ce portefeuille d’ETF vous avez avez à peu près 85% de la capitalisation boursière mondiale, y compris pays émergents et petites capitalisations. C’est un peu mieux que les 70% du MSCI World seul. En effet, le fait d’intégrer les émergents et les small caps peuvent aboutir à des différences malgré tout significatives.

Vous trouverez ci-dessous la performance annualisée de quelques indices depuis 10 ans (à fin 2014, en dollars):

MSCI : performance à 10 ans

En effet, comme je le montre dans cet article, bien que l’on entende cela souvent, les bourses mondiales se sont pas réellement corrélées à moyen terme. Il est vraiment nécessaire de diversifier.

Il y a d’autres façon de faire une répartition géographique. On peut aussi préférer équilibrer les zones géographiques en fonction du réel poids économique des pays plutôt que de la capitalisation boursière. C’est en fait un autre façon de voir le marché. Cela fait baisser le poids des États-Unis à 30% et augmenter le poids des émergents à 30%. Pour plus d’information sur la façons dont on peut représenter le marché, et la répartition des ETF qui en découlent vous pouvez lire l’article « Répliquer le marché ». Mais attention cette technique a des avantages et des inconvénients (que je détaille dans la formation en ligne).

Un portefeuille d’ETF doit correspondre à une vision personnelle, mais surtout répondre à ses propres besoins

Comme, ce qui est important c’est l’allocation d’actif dans son patrimoine, on peut adapter l’allocation de son PEA en fonction du reste de vos avoirs. Par exemple, si vous avez beaucoup d’actions européennes sur votre PEE, il faudrait augmenter la part des actions non européennes dans votre PEA. N’hésitez par à lire cet article du blog sur l’impact de l’épargne salariale (PEE, PERCO etc.). Il s’agit, à mon sens, d’une des raisons les plus importantes de faire un portefeuille d’ETF plutôt qu’un unique ETF Monde.

On peut aussi avoir envie de diversifier entre les trackers à réplication synthétique et physique. Dans le cadre du PEA, on ne peut mettre que des trackers à réplication physique pour les ETF européens. A mon sens, ce n’est pas un enjeu majeur. Cependant, certaines personnes y font attention. J’ai donc écrit un article, assez technique, sur le sujet, intitulé «  les différents types de réplication et leurs risques ».

Il pourrait être aussi opportun de diversifier ses investissements chez divers émetteurs de trackers. Par principe, car la diversification est un principe de saine gestion.

Si l’on croit à l’investissement factoriel, le « smart beta », on peut s’appuyer sur des trackers value ou multifactoriel. Vous pouvez avoir plus d’information dans l’article de ce blog, sur le smart beta.

Si l’on veut maximiser la dé corrélation entre les actifs on peut ajouter des pays émergents et des foncières cotées.

Si l’on veut minimiser les géographies volatiles, il faudrait réduire la place des pays émergents. En revanche, il faut savoir que les actions américaines, même en prenant en compte l’évolution des taux de change, ne sont pas plus volatiles que les actions européennes.

Si l’on veut tirer des dividendes de ses trackers par exemple afin d’avoir une rente, on peut bien sûr choisir des trackers distribuants. Cependant, on a aussi la possibilité de vendre une partie de ses trackers capitalisant et se verser en rente. C’est tout à fait possible avec un PEA. Pour aller plus loin, cet article du blog «  se créer une rente avec des trackers » est fait pour vous.

Si on veut raffiner, on peut mettre un tracker France avec une allocation un peu surpondérée (supérieure à 3%, c’est à dire son poids dans la capitalisation mondiale), car ils captent les dividendes sans imposition à la source (30% des dividendes). Pour approfondir ce sujet, vous pouvez vous référer à l’article « l’impôt à la source ».

Si l’on veut pondérer les marchés plus “justement” que selon leur capitalisation boursières.

Si l’on veut investir dans les zones du marché les moins valorisées, afin de surperformer sur le long terme.

Si vous voulez payer moins cher qu’un tracker monde, c’est possible aussi en vous appuyant sur divers ETF, c’est toujours cela de gagné. En effet, il est relativement aisé de descendre à un portefeuille d’ETF qui coûte moins de 0,2% par an.

Enfin, pour ceux qui veulent vraiment « timer » le marché (c’est-à-dire tenter et sortir du marché au meilleur moment), on peut s’appuyer sur des critères quantitatifs tels que le Ratio Schiller CAPE ou les moyennes mobiles.

Les autres classes d’actif : or, pétrole, immobilier …

Jusqu’ici nous avons fait un focus sur un portefeuille d’ETF en actions. En effet, nous considérons que mélanger uniquement un ou des ETF actions avec un fonds en euros est déjà très efficient. Cependant, il est possible de diversifier davantage, par exemple en ajoutant les classes d’actifs suivantes : les matières premières, les obligations émergentes, l’immobilier ou l’or. Le livre « Créer et piloter un portefeuille d’ETF», apportera de nombreux détails mais voilà quelques éléments de réponse :

  • Les ETF en matières premières suivent en général, les entreprises du domaine des matières premières et non les matières premières. Par ailleurs, les ETF suivant les matières premières elles mêmes sont en général peu intéressants. Vous trouverez des informations sur les ETF Matières premières dans cet article.
  • On peut ajouter de l’or. Certains sont des ardents défenseurs de l’or, et des spécialistes ont proposé d’inclure dans son portefeuille jusqu’à 25% d’or (je pense notamment au All Weather Portfolio et au Permanent Portfolio). Mon avis est que l’or peut apporter une diversification opportune, mais que la performance intrinsèque de l’or sur le long terme est de 0% (a fortiori net de frais et d’impôt). L’or fera probablement baisser le risque du portefeuille, mais il faut considérer celà comme une assurance. Et comme toute assurance, celà a un coût. Il est tout de même possible d’allouer 5 à 10% de son portefeuille à de l’or.
  • L’immobilier peut être intéressant. On peut s’exposer de manière passive en s’appuyant sur des ETF qui suivent les sociétés immobilières cotées. On peut aussi acheter des sociétés immobilières non cotées, les SCPI. Les SCPI sont plus décorrelées du marché actions que les foncières cotées. Elles ont aussi l’intérêt de pouvoir être achetées grâce à un emprunt immobilier. Mais d’un autre côté, comme je le montre dans cet article sur les SCPI, les frais sont importants et ce n’est pas un investissement sans risque.
  • Les obligations émergentes sont une classe d’actifs pas inintéressantes, mais il existe peu d’ETF sur le domaine.

Le principe clé d’un portefeuille d’ETF : Restez simple

Il n’y a pas de recette magique et il n’y a pas de portefeuilles d’ETF parfaits. Aussi, il ne faut pas prendre ces décisions sur la base de backtests, c’est à dire de simulations sur les performances passées. En effet, les backtests sont rarement suffisamment exhaustif (durée d’analyse, couverture géographique etc.). Aussi, même s’il existe des modèles mathématiques pour optimiser des portefeuilles (optimisation mean-variance, Black Litterman, etc.), ils sont loin d’être parfaits.

Aussi, vous ne pourrez pas avoir tout cela à la fois (un portefeuille performant, peu risqué et adapté à vos spécificités), et il faudra donc faire des choix. Le choix d’ETF est vaste, et il faut à mon avis avoir de bonnes raisons pour ne pas suivre un indice monde. Dans tous les cas, mon conseil est de rester simple. Car, je ne le répéterai jamais assez, toute cette optimisation sera à mettre à la poubelle si vous ne résistez pas à la vente de vos actions quand la bourse perdra 30% et cela arrivera. Si vous voulez plus spécifiquement comparer les avantages et inconvénients d’un portefeuille d’ETF par rapport à un simple tracker monde, vous pouvez lire l’article de ce blog « Vaut-il mieux un ETF World ou un portefeuille de trackers ?»

Aussi, n’oubliez pas de vous focaliser sur les classes d’actifs qui sont éligibles à des enveloppes fiscales intéressantes (en particulier le PEA). Les frais et la fiscalité sont des inducteurs de performance primordiaux.

Si vous voulez construire votre patrimoine en vous appuyant sur les ETF, avec sérénité n’hésitez pas à jeter un œil à ma formation. Vous apprendrez à construire un portefeuille d’ETF, à sélectionner des ETF, à passer des ordres … mais vous apprendrez surtout  à construire une stratégie patrimoniale vous permettant de piloter votre épargne tout au long de votre vie … Le portefeuille d’ETF est le socle de votre stratégie patrimoniale, cela étant elle n’en est qu’une partie. La formation traite de l’ensemble des aspects. Naturellement, vous pouvez apprendre tout cela par vous mêmes, mais prendre la formation vous fera réellement gagner beaucoup de temps, et vous évitera des nombreuses erreurs (au début, mais surtout à la fin, et c’est encore plus grave).

Sur ce je vous souhaite le meilleur pour votre épargne et surtout pour tout le reste.