IPO 2026 : faut-il investir en introduction en Bourse ?
Rédigé par
Édouard Petit
Fondateur d’Épargnant 3.0 depuis 2015
Mis à jour le 20 août 2026
Mis à jour le 20/08/2026
Le 12 juin 2026, SpaceX est entrée au Nasdaq au prix de 135 dollars par action. Le soir même, le titre clôturait à 160,95 dollars, en hausse de 19,2 %. La plus grosse introduction en Bourse de l’histoire, 75 milliards de dollars levés, avait tenu toutes ses promesses.
Sept semaines plus tard, l’action s’échange autour de 115 dollars. Soit 15 % en dessous du prix d’introduction, et 49 % sous le plus haut touché le 16 juin. L’épargnant qui a acheté le premier jour à la clôture, c’est-à-dire l’immense majorité des particuliers, perd près de 30 % en moins de deux mois.
Ce n’est pas un accident. C’est le scénario le plus documenté de toute la finance de marché. Voyons pourquoi, avec 45 ans de données.
Une IPO, c’est quoi exactement (et surtout, qui vend) ?
Une IPO (Initial Public Offering, l’introduction en Bourse) est l’opération par laquelle les actions d’une société deviennent négociables sur un marché organisé. Avant, elles s’échangeaient de gré à gré, chez le notaire ou entre actionnaires. Après, n’importe qui peut les acheter en trois clics.

LE BEST-SELLER POUR DÉBUTER
Prenez vos finances en main en moins de 2 heures.
Pas de jargon, pas de calculs compliqués. Découvrez la méthode simple et prouvée pour investir efficacement sans y passer vos soirées.
⭐️⭐️ ⭐️ ⭐️ ⭐️ 35 000+ lecteurs et plus de 1 900 avis Amazon
8€ en papier et 5€ en Kindle
La question qu’il faut se poser en premier, et que presque personne ne pose, est celle-ci : d’où viennent les actions mises en vente ?
- Des actions nouvelles (on parle d’augmentation de capital, ou de « cash-in ») : l’argent entre dans l’entreprise et finance ses projets. Vous financez la croissance.
- Des actions existantes (une cession, ou « cash-out ») : les actionnaires historiques, fondateurs, fonds d’investissement, parfois l’État, revendent leurs parts. L’argent va dans leur poche, pas dans celle de l’entreprise. Vous financez leur sortie.
Les deux sont légitimes. Mais ce ne sont pas du tout les mêmes opérations. Chez SpaceX, les 555,6 millions de titres placés étaient des actions primaires : l’intégralité des 75 milliards est entrée dans l’entreprise. À l’inverse, lors de l’introduction de SEMCO Technologies sur Euronext Growth en juillet 2025, sur 45 millions d’euros placés, 41 millions correspondaient à des cessions d’actions existantes. Autrement dit, 9 euros sur 10 sont allés à l’actionnaire sortant.
L’information figure noir sur blanc dans le prospectus visé par l’AMF. C’est le premier document à ouvrir, avant toute autre chose.
Les trois modalités que vous rencontrerez en France
Sur Euronext, l’opération se déroule presque toujours en deux tranches : un placement global réservé aux investisseurs professionnels, et une offre à prix ouvert (OPO) ou offre à prix ferme (OPF) destinée aux particuliers. La réglementation française impose de réserver au moins 10 % des titres aux particuliers.
- Offre à prix ouvert : vous indiquez une quantité et un prix, à l’intérieur d’une fourchette annoncée. Le prix définitif est fixé à la fin du processus.
- Offre à prix ferme : le prix est connu à l’avance, seule la quantité servie varie selon la demande.
- Offre à prix minimal : le mécanisme se rapproche d’une enchère. Plus votre prix est élevé, plus vous êtes servi.
Ajoutez à cela l’option de surallocation (le « greenshoe ») : la banque peut placer jusqu’à 15 % de titres supplémentaires si la demande est forte, ce qui lui permet aussi de stabiliser le cours dans les premiers jours en rachetant des actions. Ce que vous prenez pour un marché libre les premiers jours est parfois un marché tenu à bout de bras.
Pourquoi l’action monte-t-elle presque toujours le premier jour ?
Ce phénomène porte un nom : la sous-évaluation initiale (« underpricing »). Il s’observe dans les 55 pays étudiés par Jay Ritter, professeur à l’Université de Floride et référence académique mondiale sur le sujet depuis son article fondateur de 1991.
Sur 9 343 introductions américaines entre 1980 et 2025, la hausse moyenne du premier jour est de 19,0 %. En 2025, elle a même atteint 29,3 %. En France, sur 929 opérations entre 1983 et 2025, elle est de 9,3 %, soit environ la moitié.
| Pays | Nombre d’IPO | Période | Hausse moyenne 1er jour |
|---|---|---|---|
| France | 929 | 1983-2025 | +9,3 % |
| Royaume-Uni | 5 457 | 1959-2025 | +15,5 % |
| États-Unis | 14 079 | 1960-2025 | +17,7 % |
| Allemagne | 868 | 1978-2025 | +21,3 % |
| Japon | 4 306 | 1970-2025 | +48,7 % |
| Chine | 5 410 | 1990-2025 | +159,3 % |
Source : Loughran, Ritter & Rydqvist, « Initial Public Offerings: International Insights », mise à jour du 30 mars 2026. Moyennes équipondérées. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps.
Pourquoi une entreprise accepterait-elle de vendre ses actions moins cher que ce que le marché est prêt à payer ? Trois raisons, qui se cumulent.
La malédiction du vainqueur. C’est l’explication la plus solide, formalisée par Kevin Rock en 1986. Certains investisseurs sont mieux informés que d’autres. Sur une bonne opération, ils se ruent et vous êtes servi au compte-gouttes. Sur une mauvaise, ils s’abstiennent et vous obtenez tout ce que vous avez demandé. Sans décote systématique, l’investisseur mal informé perdrait en moyenne, et le marché primaire s’effondrerait.
Le confort de la banque introductrice. Une opération sous-souscrite est un échec commercial visible de tous. Une opération qui « pop » de 20 % le premier jour fait la une, ravit les clients institutionnels de la banque, et facilite le prochain mandat. La banque est payée par l’émetteur mais vend aux investisseurs : ce conflit d’intérêts est structurel.
Le marketing. Une introduction réussie est un formidable outil de notoriété. La finance, c’est aussi du marketing.
Cette hausse moyenne de 19 % vous semble être une aubaine ? Elle est mathématiquement hors de portée.
Lors de son introduction, SEMCO Technologies a reçu 225,7 millions d’euros de demandes pour 45 millions de titres placés, soit une sursouscription de 5,6 fois. Le communiqué le dit sans détour : la demande des particuliers « a été servie partiellement ». Vous demandez 5 000 €, vous obtenez 900 € de titres, et vous encaissez 19 % sur 900 €.
À l’inverse, le jour où vous êtes servi à 100 %, c’est le signal que personne d’autre n’en voulait. Vous ne pouvez pas construire un portefeuille sur une décote que vous ne touchez qu’en cas d’échec de la sélection adverse.
Deuxième nuance, tout aussi ignorée : cette moyenne masque une dispersion énorme. En 2025, 24,4 % des introductions américaines ont clôturé sous leur prix d’offre dès le premier jour. En 2023, c’était 53,7 %, soit plus d’une sur deux. La moyenne de +19 % est portée par une poignée de doublements spectaculaires, pas par une régularité de métronome.
Et après le premier jour ? Ce que disent 45 ans de données
C’est ici que le décor change complètement. Jay Ritter suit 9 253 introductions américaines de 1980 à 2024, avec des rendements calculés jusqu’au 31 décembre 2025. Le calcul démarre au cours de clôture du premier jour, c’est-à-dire au prix auquel vous, particulier, pouvez réellement acheter.
| Horizon 3 ans, IPO américaines 1980-2024 | Résultat |
|---|---|
| Performance brute cumulée | +19,1 % |
| Écart avec l’indice de marché (CRSP pondéré) | -20,5 % |
| Écart avec des sociétés de taille et de valorisation comparables | -8,9 % |
| Équivalent annualisé (sur 2,8 ans de détention moyenne) | -5,5 % par an |
Source : Jay R. Ritter, « Initial Public Offerings: Updated Long-run Statistics », 7 juillet 2026, tableaux 16 et 16a. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps.
Traduisons. Sur les cinq années qui suivent l’introduction, les sociétés nouvellement cotées ont délivré 10,6 % par an en moyenne géométrique, contre 13,9 % pour des sociétés de taille équivalente déjà cotées. Soit 3,3 points de moins chaque année.
Sur 10 000 € investis pendant cinq ans, cela fait 16 550 € d’un côté contre 19 170 € de l’autre. 2 620 € d’écart, sans avoir pris moins de risque, bien au contraire.
La moyenne ment : regardez la distribution
Voici le chiffre que je n’ai jamais vu cité ailleurs, et c’est pourtant le plus important de tout l’article. Ritter a classé 9 195 introductions de 1975 à 2021 selon leur performance à trois ans, mesurée à partir de la clôture du premier jour.
60 % des introductions en Bourse affichent une performance négative trois ans plus tard, et près de 4 sur 10 ont perdu plus de la moitié de leur valeur. La médiane s’établit à -25,7 %. À cinq ans, c’est pire encore : 42,6 % des titres ont perdu plus de 50 %, pour une médiane de -32,0 %.
Vous comprenez maintenant pourquoi la moyenne est positive alors que l’investisseur médian perd de l’argent. Une petite minorité de titres fait +200 %, +500 %, parfois +1 000 %, et tire l’ensemble vers le haut. La distribution des IPO n’est pas celle d’un placement, c’est celle d’un billet de loterie. Elle a une espérance légèrement positive et une probabilité de perte largement majoritaire.
C’est exactement la structure de rendement que la recherche identifie comme le terrain de jeu favori de nos biais cognitifs : on surestime les probabilités faibles, on se souvient des Amazon et on oublie les 3 537 titres qui ont perdu plus de la moitié de leur valeur.
Toutes les IPO se valent-elles ? Les six marqueurs de danger
Non, et c’est là que les données deviennent réellement actionnables. Ritter découpe son échantillon selon plusieurs critères objectifs, connus au moment de l’introduction et lisibles dans le prospectus. L’écart entre les catégories est spectaculaire.
Le portrait-robot du massacre : une petite société, non rentable, valorisée un multiple délirant de son chiffre d’affaires, avec un prix par action très bas. C’est-à-dire exactement le profil qui fait rêver.
Un septième marqueur mérite d’être connu, parce qu’il est observable en temps réel : l’IPO cassée. Quand une action clôture sous son prix d’offre dès le premier jour, sa sous-performance à trois ans atteint -32,0 %, et 67,6 % de ces titres affichent un rendement négatif sur trois ans. Un mauvais départ n’est pas un point d’entrée, c’est un diagnostic.
Un mot enfin sur les SPAC, ces sociétés-coquilles cotées qui fusionnent ensuite avec une entreprise cible. Le mécanisme a été présenté comme une alternative moderne à l’IPO. Sur 451 opérations conclues entre 2012 et 2022, la performance moyenne à trois ans après la fusion s’établit à -57,7 %, contre +17,0 % pour le marché sur les mêmes périodes. Un écart de 74,7 points. Le débat est clos.
« Mais les introductions récentes à Paris ont explosé ! » L’objection la plus solide
C’est l’argument qu’un bon conseiller en gestion de patrimoine m’opposerait, et il est factuellement exact. Regardez les dernières arrivées sur la place de Paris :
- Exosens (optronique de défense, introduite à 20 € en 2024) : environ +150 % à fin 2025, portée par le réarmement européen.
- SEMCO Technologies (composants pour semi-conducteurs, 15 € en juillet 2025) : plus de +87 % six mois plus tard.
- Odyssée Technologies et Stif : cours doublés depuis leur introduction.
- Planisware : parcours régulièrement cité comme une réussite.
Alors, exception française ? Non. Et la vraie réponse est bien plus intéressante que l’objection.
Ce que vous observez n’est pas une performance, c’est un effet de sélection. Quand la fenêtre boursière est fermée, seules les entreprises les plus solides osent se lancer. Et ces entreprises-là, les données de Ritter le montrent, sous-performent nettement moins : -3,2 % seulement pour les sociétés dépassant 100 millions de dollars de chiffre d’affaires, contre -34,3 % pour les plus petites.
Or la fenêtre parisienne est plus que fermée : elle est murée.
En 2024, la Bourse de Paris a enregistré 4 introductions pour 36 retraits de cote. En 2025, seulement 2 entrées, toutes deux sur Euronext Growth, et zéro sur le marché réglementé : le pire millésime depuis 2003. Au 1er semestre 2026, trois sociétés seulement se sont lancées (Rising Stone en février, IEVA Group, puis Le Slip Français le 14 juillet).
Deux conséquences, et c’est le cœur du raisonnement.
Premièrement, deux à quatre observations par an ne constituent pas un échantillon. Elles constituent une anecdote. Vous ne pouvez rien en déduire pour la décision que vous prendrez sur la prochaine opération. D’ailleurs, tout n’est pas rose même sur cette période : IEVA Group n’a pas atteint son objectif de levée et a plongé de près de 20 %.
Deuxièmement, et c’est décisif, vous ne choisissez pas l’époque à laquelle vous investissez. Quand la fenêtre s’ouvre en grand, la qualité s’effondre, et c’est précisément le moment où les particuliers se ruent. Regardez ce que Ritter mesure par millésime :
| Millésime | Nombre d’IPO US | Hausse 1er jour | Écart avec le marché à 3 ans |
|---|---|---|---|
| 1999-2000 (bulle internet) | 856 | +64,6 % | -31,8 % |
| 2020 | 165 | +41,6 % | -78,6 % |
| 2021 | 311 | +32,1 % | -68,6 % |
| 2022 (fenêtre fermée) | 38 | +48,9 % | -72,2 % |
| 2023 (fenêtre fermée) | 54 | +11,9 % | -88,3 % |
| Ensemble 1980-2024 | 9 253 | +18,9 % | -20,5 % |
Source : Jay R. Ritter, tableau 19, mise à jour du 16 février 2026, rendements calculés jusqu’au 31 décembre 2025. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps.
Aucun millésime récent ne bat le marché sur trois ans. Aucun. Y compris ceux où la sélection était censée être la plus exigeante. C’est ce que la littérature appelle l’hypothèse de la « fenêtre d’opportunité » : les entreprises s’introduisent quand les valorisations sont hautes, pas quand elles sont basses. Elles vendent au bon moment. Pour elles.
Peut-on contourner le problème en achetant toutes les IPO via un ETF ?
C’est la question qu’un lecteur familier de la gestion passive se pose immédiatement. Si le problème est la sélection, diversifions. Il existe un produit conçu exactement pour cela : le Renaissance IPO ETF, lancé en 2013, qui détient les introductions américaines les plus liquides pendant leurs trois premières années de cotation.
| Au 31 mai 2026, rendements annualisés | Renaissance IPO ETF | S&P 500 |
|---|---|---|
| Sur 5 ans | -1,48 % | +14,15 % |
| Sur 10 ans | +11,14 % | +15,65 % |
| Perte maximale depuis la création | -68,8 % | -55,2 % |
| Frais de gestion annuels | 0,60 % | 0,03 à 0,09 % via un ETF classique |
Sources : Renaissance Capital, fiche produit au 31 mai 2026 ; PortfoliosLab pour la perte maximale. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps.
10 000 € placés il y a dix ans seraient devenus environ 28 750 € avec cet ETF, contre 42 800 € avec un simple indice S&P 500. 14 000 € de moins, pour une volatilité et une perte maximale nettement supérieures. Et 0,60 % de frais annuels contre 0,03 % à 0,09 % pour un ETF indiciel classique, sachant que les frais sont le seul paramètre de performance que vous contrôlez à 100 %.
Point pratique, d’ailleurs : ce fonds est de droit américain. Il n’est pas accessible aux particuliers résidant en France, faute de document d’informations clés conforme à la réglementation européenne PRIIPs. Le débat est donc doublement tranché : la stratégie ne fonctionne pas, et vous ne pouvez pas la mettre en œuvre.
Le vrai changement de 2026 : la valeur se crée avant l’introduction
Voici l’argument que je considère comme le plus important de cet article, et le moins souvent formulé.
Le fantasme de l’IPO repose sur une idée : « entrer tôt ». Or les entreprises entrent en Bourse de plus en plus tard, et de plus en plus grosses.
| Profil médian d’une société qui s’introduit aux États-Unis | 1980 | 2024-2025 |
|---|---|---|
| Âge à l’introduction | 6 ans | 14 ans en 2024, 12 ans en 2025 |
| Chiffre d’affaires médian | 16 M$ (soit 64 M$ actualisés) | 218 M$ |
| Nombre d’introductions par an | 158 (médiane 1980-2019) | 72 en 2024, 90 en 2025 |
Sources : Jay R. Ritter, « Age of Companies Going Public » et tableaux 1 et 8, mises à jour 2025-2026 ; synthèses CNBC et TheCorporateCounsel.
SpaceX a été fondée en 2002. Elle est entrée en Bourse 24 ans plus tard, à une valorisation de 1 770 milliards de dollars. Les multiplications par cent ont eu lieu entre 2002 et 2026, et elles ont été captées par des fonds de capital-risque, des salariés et quelques investisseurs institutionnels. Le jour de l’introduction, cette phase est terminée.
Participer à une IPO, ce n’est pas « entrer tôt ». C’est acheter le ticket au moment précis où ceux qui étaient entrés tôt cherchent une porte de sortie. C’est aussi la lecture que j’ai des SPAC, des cessions massives d’actions existantes et des périodes de levée de blocage dont nous allons parler.
Faut-il alors se ruer sur les fonds de non-coté désormais distribués aux particuliers, dans les assurances vie ou les PER ? Prudence. On y retrouve des frais de gestion souvent supérieurs à 2 % par an, une liquidité très contrainte et des valorisations établies par le gérant lui-même, ce qui produit une volatilité artificiellement lissée. Ce n’est pas parce que le coté déçoit que le non-coté grand public tient ses promesses. C’est un sujet qui mérite son propre article.
Comment participer concrètement à une introduction en Bourse ?
Si malgré tout ce qui précède vous souhaitez le faire en connaissance de cause, voici la mécanique réelle, telle qu’elle s’est déroulée pour SpaceX en juin 2026.
- Vérifiez que votre intermédiaire propose l’opération. Pour SpaceX, Trade Republic, Saxo, BoursoBank, Bourse Direct, Revolut et eToro ont ouvert la souscription à leurs clients. XTB, DEGIRO ou Interactive Brokers ne donnaient accès qu’au marché secondaire, dès l’ouverture. Pour les introductions parisiennes, la plupart des courtiers en ligne relaient l’offre à prix ouvert.
- Lisez le prospectus visé par l’AMF ou le formulaire S-1 déposé auprès de la SEC. Vous y trouverez la part de cash-in et de cash-out, la structure du capital, les actions à droits de vote multiples, les facteurs de risque et le calendrier de blocage. C’est long, c’est aride, c’est indispensable.
- Passez votre ordre avant la clôture des souscriptions. Chez Saxo, la limite pour SpaceX était fixée au 11 juin à 9 heures, avec un prix maximal accepté de 162 dollars alors que le prix définitif n’était connu que le 11 au soir.
- Acceptez de ne pas savoir ce que vous obtiendrez. Les courtiers reçoivent une enveloppe de titres et la répartissent selon leurs propres critères. Vous pouvez recevoir 100 %, 20 % ou rien.
- Anticipez la levée du blocage. C’est l’étape que personne n’anticipe et qui coûte le plus cher.
Le calendrier de blocage, ce détail qui décide de tout
Les fondateurs, salariés et investisseurs historiques s’engagent à ne pas vendre pendant une période dite de « lock-up », généralement 180 jours. À son expiration, une vague d’offre s’abat sur un flottant encore étroit.
Chez SpaceX, le calendrier est public et progressif : 20 % des titres bloqués deviennent cessibles dès la publication des premiers résultats trimestriels, un bloc supplémentaire de 10 % se libère si le cours dépasse de 30 % le prix d’introduction pendant au moins 5 séances sur 10 consécutives, puis cinq tranches de 7 % s’ouvrent à 70, 90, 105, 120 et 135 jours.
Les premiers résultats ont été publiés le 4 août 2026. Le titre a perdu plus de 8 % après la clôture. Regardez le parcours complet, il est édifiant.
MASTERCLASSE
1H
Masterclasse gratuite – Accès immédiat
ETF : les 3 erreurs qui vous coûtent vraiment chère
Une heure pour comprendre les erreurs à éviter et investir plus efficacement.
Trois investisseurs, trois destins. Celui qui a été servi à 135 $ perd 15 %. Celui qui a acheté à la clôture du premier jour, cas de figure le plus courant chez les particuliers, perd 28 %. Celui qui a acheté au sommet du 16 juin perd 49 %. En moins de deux mois.
Dans quelle enveloppe loger une action issue d’une IPO ?
Point technique essentiel, et modifié au 1er janvier 2026 par la loi de financement de la Sécurité sociale, qui a relevé la CSG sur les revenus du capital mobilier de 9,2 % à 10,6 %.
| Enveloppe | Titres éligibles | Fiscalité des gains en 2026 |
|---|---|---|
| PEA | Actions de sociétés ayant leur siège dans l’UE ou l’EEE. Une IPO française sur Euronext ou Euronext Growth est donc éligible. | Après 5 ans : exonération d’impôt sur le revenu, 18,6 % de prélèvements sociaux au retrait (contre 17,2 % avant 2026). Avant 5 ans : 31,4 %. |
| PEA-PME | Sociétés de moins de 5 000 salariés avec un CA inférieur à 1,5 Md€ ou un bilan inférieur à 2 Md€. Une société cotée dont la capitalisation est inférieure à 2 Md€ peut également être éligible. | Identique au PEA. Plafond global de 225 000 € en cumulant PEA (150 000 €) et PEA-PME. |
| Compte-titres ordinaire | Tout, y compris les IPO américaines. SpaceX n’est pas éligible au PEA, c’est une société américaine. | Flat tax à 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux), ou barème progressif sur option. |
| Assurance vie | Aucun accès direct à une souscription d’IPO. Certains contrats donnent accès à des titres vifs une fois la société cotée. | Prélèvements sociaux maintenus à 17,2 %, abattement annuel après 8 ans. |
Sources : LFSS 2026 (publiée au JO du 31 décembre 2025), AMF, article L. 221-32-2 du code monétaire et financier. Vérifiez toujours l’éligibilité PEA-PME d’un titre auprès de votre teneur de compte avant l’achat : elle s’apprécie à la date d’acquisition.
Retenez la hiérarchie : une IPO européenne peut aller dans un PEA et bénéficier d’une fiscalité très favorable, une IPO américaine coûtera 31,4 % sur la plus-value. Si vous n’avez pas encore optimisé cette brique, mon comparatif des meilleurs courtiers PEA et CTO et mon guide sur le PEA-PME vous feront gagner bien plus que la décote d’une introduction.
Ce que je fais, personnellement
Je n’ai jamais participé à une introduction en Bourse, et je n’ai pas l’intention de le faire.
Non par principe idéologique, mais parce que l’opération ne correspond à aucune décision d’investissement rationnelle. Ce n’est pas un arbitrage entre risque et rendement : c’est une loterie d’allocation, dont l’espérance est structurellement dégradée par le fait que je serai servi généreusement quand l’affaire est mauvaise, et chichement quand elle est bonne.
Sur les vingt dernières années, j’ai passé beaucoup plus de temps à réduire mes frais de 0,50 point qu’à chercher des coups. Le premier travail a un effet certain et cumulatif sur mon patrimoine. Le second, non.
Si vous tenez malgré tout à le faire, et je respecte parfaitement ce choix, deux garde-fous que je considère comme non négociables :
- Plafonnez à 1 ou 2 % de votre patrimoine financier, tous « coups » confondus. C’est le montant que vous pouvez perdre intégralement sans que cela change quoi que ce soit à vos projets de vie.
- Ne réduisez jamais vos versements programmés pour financer une IPO. Interrompre son investissement régulier pour tenter un coup, c’est échanger un mécanisme dont l’efficacité est documentée sur 125 ans contre un pari dont la médiane est de -25,7 % à trois ans.
Conclusion pour l’Épargnant 3.0
Les introductions en Bourse sont un formidable outil de financement pour les entreprises, un excellent produit marketing pour les banques d’affaires, et un mauvais placement pour l’épargnant particulier. Les trois affirmations sont vraies simultanément, et il n’y a aucune contradiction.
Voici les cinq actions concrètes à retenir.
- Ne dimensionnez jamais une IPO comme un investissement. Espérance faiblement positive, probabilité de perte de 60 % à trois ans : c’est un billet de loterie, traitez-le comme tel, à 1 ou 2 % du patrimoine maximum.
- Si vous participez, ouvrez le prospectus et cherchez trois chiffres : la part de cash-out par rapport au cash-in, le chiffre d’affaires des douze derniers mois, et le résultat net. Petite, non rentable et chèrement valorisée : passez votre chemin, ce trio concentre les pires performances.
- N’achetez jamais au cours de clôture du premier jour. C’est le pire point d’entrée statistique de tout le cycle de vie d’un titre. Si le dossier vous intéresse vraiment, la levée du blocage, entre 90 et 180 jours plus tard, offre historiquement un rapport prix/information bien plus favorable.
- Privilégiez le PEA pour toute opération européenne : exonération d’impôt sur le revenu après 5 ans contre 31,4 % de flat tax sur un compte-titres. Sur une plus-value de 10 000 €, l’écart atteint 1 280 €.
- Consacrez votre énergie là où le rendement de l’effort est certain : le coût total annuel de votre épargne, c’est-à-dire les frais de l’enveloppe additionnés à ceux des fonds. Passer de 2 % à 0,50 % par an sur un capital de 100 000 € vous rapporte plus de 30 000 € sur vingt ans, sans aucun aléa.
La bourse n’est pas un casino, mais elle en propose un au rez-de-chaussée. Le bâtiment principal, celui des ETF larges, des versements programmés et des enveloppes fiscales optimisées, est nettement moins amusant. Il est aussi nettement plus efficace.
Je vous souhaite le meilleur pour votre épargne et surtout pour tout le reste !
Questions fréquentes sur les introductions en Bourse
Est-il rentable de participer à une introduction en Bourse ?
Statistiquement, la hausse moyenne du premier jour est de 19,0 % aux États-Unis sur 1980-2025 et de 9,3 % en France sur 1983-2025. Mais cette décote n’est accessible qu’aux investisseurs servis lors de la souscription, et les demandes des particuliers sont fortement réduites quand l’opération est demandée. À trois ans, 60 % des titres introduits affichent une performance négative, pour une médiane de -25,7 %.
Peut-on mettre une action issue d’une IPO dans un PEA ?
Oui si la société a son siège dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen, ce qui couvre les introductions sur Euronext Paris, Euronext Growth et Euronext Access. Non pour une société américaine : SpaceX, par exemple, ne peut être détenue que sur un compte-titres ordinaire, avec une flat tax de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026.
Quel courtier permet de souscrire à une IPO depuis la France ?
Pour les introductions sur Euronext, la plupart des courtiers en ligne français relaient l’offre à prix ouvert. Pour les opérations américaines, l’accès est beaucoup plus rare et dépend des accords de distribution : lors de l’IPO SpaceX de juin 2026, Trade Republic, Saxo, BoursoBank, Bourse Direct, Revolut et eToro proposaient la souscription au prix d’introduction, tandis que d’autres courtiers ne donnaient accès qu’au marché secondaire.
Pourquoi si peu d’introductions en Bourse à Paris ?
Le solde net entre entrées et sorties de cote est négatif depuis plusieurs années : 4 introductions pour 36 retraits en 2024, seulement 2 introductions en 2025 (pire millésime depuis 2003) et 3 au premier semestre 2026. Les causes principales sont la faible liquidité des compartiments petites et moyennes capitalisations, le coût de la cotation et la disponibilité de capitaux privés abondants.
Qu’est-ce que la période de blocage après une IPO ?
C’est l’engagement pris par les fondateurs, salariés et actionnaires historiques de ne pas céder leurs titres pendant une durée déterminée, en général 180 jours. Son expiration provoque un afflux d’offre sur un flottant encore étroit, et se traduit fréquemment par une pression baissière sur le cours. Le calendrier figure dans le prospectus.
À Propos De l’auteur

Édouard Petit
Créateur d’Épargnant 3.0
Professeur de finance à l’ESCP • Auteur
Depuis 2015, j’aide des milliers d’investisseurs à éviter les erreurs les plus fréquentes avec les ETF et à construire un patrimoine sur le long terme.
livres
avis lecteurs
2015
GUIDE GRATUIT

Bien investir en ETF : auto diagnostic
Les 3 erreurs que j’observe dans les portefeuilles d’ETF
Les contenus publiés sur Épargnant 3.0 sont fournis à titre pédagogique et ne constituent pas des conseils en investissement. Certains liens peuvent être affiliés, ce qui contribue au financement du contenu gratuit proposé sur le site. Vous pouvez vous référer à ma Charte éditoriale et politique de transparence. L’investissement comporte un risque de perte en capital.

À Propos De l’auteur
Édouard Petit
Créateur d’Épargnant 3.0
Professeur de finance à l’ESCP • Auteur

GUIDE GRATUIT
Bien investir en ETF : auto diagnostic
Les 3 erreurs que j’observe dans les portefeuilles d’ETF
Les contenus publiés sur Épargnant 3.0 sont fournis à titre pédagogique et ne constituent pas des conseils en investissement. Certains liens peuvent être affiliés, ce qui contribue au financement du contenu gratuit proposé sur le site. Vous pouvez vous référer à ma Charte éditoriale et politique de transparence. L’investissement comporte un risque de perte en capital.

Bonjour
Je cherche un broker français avec lequel je peux participer à toutes les introductions boursières dans le monde sans contraintes.
Merci
Merci Edouard pour cet article, encore une fois concis et instructif.
Pour rejoindre votre conclusion, ça me rappelle le commentaire ironique d’un des premiers livres de bourse que j’avais lu :
– Les introductions en bourse sont faits pour capter l’épargne des citoyens pour enrichir ou financer une entreprise ou financer le projet pharaonique d’un Etat, pas pour faire gagner de l’argent aux épargnants.
– Si l’épargnant gagne de l’argent avec une action ou en perd, c’est juste un épiphénomène du point de vue de l’Entreprise.
On se rappellera de la banque Dexia ou d’Eurotunnel qui ont ruiné plus d’un petit épargnant en bourse.
Tout à fait d’accord
Statistiquement À éviter.