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LES OPTIONS EN FINANCE

Les options sont des produits financiers moins connus que les actions ou les obligations. Cependant c’est un mécanisme qu’il est important de connaître, car largement utilisé dans le monde de la finance et de l’entreprise. Elles permettent, par exemple, de se couvrir contre la baisse des marchés ou de générer une rente.

Qu’est-ce qu’une option ?

Définition de l’option

Une option est un produit financier qui donne le droit d’acheter ou de vendre un actif (tel qu’une action, une obligation, des matières premières, etc.) à un prix convenu au départ et pendant une certaine période. Le prix convenu au départ s’appelle le prix d’exercice ou strike en anglais. Le prix de l’option s’appelle une prime (premium en anglais).

Il s’agit d’un produit dérivé, c’est à dire d’un produit financier qui dépend de la fluctuation d’un actif sous-jacent sans investir directement dans cet actif.

Exemple de ce produit dérivé

Prenons un exemple afin que ce soit plus parlant : une option peut être le droit (et non l’obligation) d’acheter l’action de la société Total dans 6 mois au prix de 20 euros (imaginons que Total cote aujourd’hui 30 euros). L’investisseur qui lui vend cette option, est lui dans l’obligation de lui vendre Total à 20 euros. Cette option vaut sur le marché 15 euros. Plaçons-nous dans 6 mois à l’échéance de l’option :

  • Si le cours de Total est à 50 euros, l’investisseur va exercer son option. Il va donc acheter Total à 20 euros. Il pourra immédiatement vendre Total à 50 euros. Il fait donc une “marge” de 30 euros. Mais comme l’option a coûté 15 euros, il gagne au final 15 euros (50 euros – 20 euros – 15 euros).
  • Si le cours de Total est à 25 euros, l’investisseur va exercer son option. Il va donc acheter Total à 20 euros. Comme l’option a coûté 15 euros, l’ensemble lui a coûté 35 euros et il perd donc 10 euros (25 euros – 35 euros).
  • Si le cours de Total est à 10 euros, l’investisseur ne va pas exercer l’option. Comme l’option a coûté 15 euros, il perd 15 euros.

Comparaison des options avec l’achat traditionnel d’actions en bourse

Comparons l’achat d’option à l’achat de l’action au départ dans ces trois cas :

  • Si le cours de Total est à 50 euros, l’investisseur gagne 20 euros, car l’action est passée de 30 euros à 50 euros. Il gagne plus qu’avec l’option.
  • Si le cours de Total est à 25 euros, l’investisseur perd 5 euros, car l’action est passée de 30 euros à 25 euros. Il perd moins qu’avec l’option.
  • Si le cours de Total est à 10 euros, l’investisseur perd 20 euros, car l’action est passée de 30 euros à 10 euros. Il perd plus qu’avec l’option.

Vous voyez qu’avec cet exemple, l’option a permis d’adapter la performance et le risque.

Petit aparté : tous les chiffres pris pour les exemples (ci-dessus et ci-dessous), sont des données réelles à fin avril 2020.

Les Call et les Put

Il existe des options d’achat, c’est ce que l’on appelle des calls en anglais. Il existe aussi des options de vente, que l’on appelle des puts.

L’exemple précédent est un call. Mais prenons un exemple de put option : le droit de vendre Total à 40 euros durant les 6 prochains mois.

Notons qu’il est possible d’acheter des puts, mais aussi de les vendre. Il faut toujours un acheteur et un vendeur. On pourra utiliser les techniques de vente à découvert dont je parle ici. De la même manière, on peut acheter ou vendre (à découvert) des call.

Il existe des techniques qui mélangent l’achat et la vente de call et de put. Les possibilités sont quasiment infinies.

Des pertes potentielles illimitées

On pourra noter aussi que les pertes peuvent être illimitées. Imaginons le vendeur de l’option dont nous parlions dans l’exemple au-dessus. Si Total vaut 50 euros au bout de 6 mois, le vendeur de l’option devra vendre à 20 euros Total à l’acheteur de l’option. Il perdra donc 30 euros. Comme il a encaissé la prime de 15 euros, il perd en réalité 15 euros.

Et si Total vaut 70 euros ? Il perdra 35 euros. Plus l’action monte, plus il perd, et il n’y a pas de limite ! C’est un jeu dangereux …

Les options européennes et américaines

Il existe deux types d’options. Pour les actions dites américaines, les détenteurs de l’option peuvent exercer leur droit pendant toute la période jusqu’à la date limite. Pour les options dites européennes, les détenteurs de l’option peuvent exercer leur droit uniquement le dernier jour.

La plupart des options cotées en bourse sont “américaines”, et les options échangées de gré à gré sont plutôt de type “européennes”. Aussi les options sur indices sont souvent de type européen. Il faut regarder précisément afin d’être certain de ce que l’on achète (comme pour tout produit financier d’ailleurs).

Les options dans la monnaie et en dehors de la monnaie

La valeur intrinsèque

On appelle la valeur intrinsèque d’une option la différence, si elle est positive, entre le cours de l’actif sous-jacent et le prix d’exercice. Par exemple, si le prix de Total est de 30 euros, et que l’option a un prix d’exercice à 20 euros, la valeur intrinsèque de l’option est de 10 euros.

On dit qu’une option d’achat est :

  • En dehors de la monnaie lorsque le cours de l’actif sous-jacent est inférieur au prix d’exercice (valeur intrinsèque nulle)
  • Dans la monnaie lorsque le cours de l’actif sous-jacent est supérieur au prix d’exercice (valeur intrinsèque positive)
  • A la monnaie lorsque le cours de l’actif sous-jacent est égal au prix d’exercice (valeur intrinsèque nulle)

La valeur temps

Cependant, la valeur d’une option est supérieure à sa valeur intrinsèque. Il faut ajouter la valeur temps. Elle correspond à la probabilité d’avoir une valeur intrinsèque supérieure.

Ainsi, nous avons vu que le prix de l’option dont nous parlons depuis le début est de 15 euros. Cette valeur est la somme de la valeur intrinsèque (10 euros) et de la valeur temps (5 euros).

La valeur temps dépend de nombreux paramètres dont la volatilité du sous-jacent et la durée de vie de l’option. Les plus matheux pourront s’intéresser aux différentes façons d’évaluer les options ; et notamment le célèbre modèle de Black-Scholes.

Les options pour se couvrir contre le risque de baisse des marchés : le protective put

Lorsque nous avons pris l’exemple des options sur Total, nous avons vu qu’il était possible d’adapter son risque. Continuons ce sujet très intéressant. 

Qui n’a pas envie de se protéger des krachs boursiers ? C’est possible avec les options.

Exemple de protection contre la baisse du marché boursier

Imaginons que nous possédions des ETF S&P 500, et que nous voulions nous assurer que notre portefeuille financier ne baisse pas trop.

Il existe des options sur le S&P 500 et même sur les ETF S&P 500. Au moment où j’écris ces lignes l’ETF américain SPDR S&P 500 est à 279 USD. On peut acheter un put avec un prix d’exercice à 200 dollars pour décembre 2020 (un peu plus de 6 mois). Le put vous donne le droit de vendre le S&P 500 à ce prix. Si l’ETF S&P 500 tombe à 150 $ vous avez pouvez vendre vos avoirs en S&P 500 à 200 $. Vous ne pourrez jamais perdre plus de 30 % de vos avoirs (200 / 279) sur les 6 prochains mois. Naturellement, le put a un coût. Il vaut actuellement 8,5 $. Vous payez 8,5$ (3 %) afin de vous assurer contre une chute de 79$ (30 %) dans les 6 prochains mois.

La perte maximale doit prendre en compte le coût de la prime

Dans ce scénario on se protège contre la baisse et l’investisseur a toujours des gains illimités, non réduits ! En effet, si l’ETF reste au-dessus de 200 $, on n’exerce pas l’option et on la laisse mourir. On a tout de même bien sûr perdu la prime. Une assureur ne vous rembourse pas votre assurance habitation si vous ne vous êtes pas fait cambrioler dans l’année.

Les options pour se générer une rente : le covered call

Une autre stratégie potentiellement intéressante est le covered call. L’épargnant a investi dans un actif. Il vend une option d’achat (un call) sur cet actif. Prenons tout de suite un exemple.

L’investisseur est investi dans l’ETF américain EEM qui suit les marchés émergents. Cet ETF cote actuellement 36$. Il vend le call “fin juin au prix d’exercice de 40 $” pour 4,50 $. L’épargnant s’est créé un revenu de 4,50 $ (13 %) sur les 2 prochains mois. Pas mal ! On recommence tous les deux mois …

Naturellement, si l’ETF Pays Emergents dépasse 40 $, l’acheteur du call va exercer son option, c’est à dire acheter 40 $ l’ETF qui cote plus. La stratégie fonctionne si l’ETF ne croit pas trop. Si l’ETF baisse trop, il aura perdu aussi sur la valeur de l’ETF. En fait, il faut bien prendre conscience que l’on abandonne complètement le potentiel de hausse !

Comment acheter des options ?

Le marché des options est très développé. Evidemment surtout aux Etats-Unis, mais aussi en Europe. Un des marchés des options le plus connu est le CBOE (Chicago Board of Options Exchange), car c’est le plus ancien (début des années 70).

Les options sur Euronext

On peut notamment acheter des options sur Euronext. Euronext propose par exemple des options sur les ETF suivants :

  • iShares Core EURO STOXX 50
  • iShares MSCI Emerging Markets
  • iShares MSCI Japan EUR Hedged
  • iShares Core MSCI Europe
  • iShares Core FTSE 100 UCITS
  • iShares Core S&P 500
  • iShares MSCI World

Les options chez les courtiers Bourse Direct et Binck

Les courtiers peuvent aussi donner accès aux options. Vous voyez ci-dessous l’interface sur les options sur le CAC 40 chez Bourse Direct

Options chez Bourse Direct

Ici une vue sur les options de Total sur Binck :

Options chez Binck

Comme le rappelle l’AMF le marché des options est réservé aux investisseurs (très) avertis.

Les options sur les portails d’information

A noter que l’image mise en avant en tête de cet article présente les données d’options sur l’ETF S&P 500 coté aux Etats-Unis sur le portail de Yahoo Finance. Il faut choisir une option et cliquer sur l’onglet options. Mais toutes les options ne sont pas référencées sur ce portail. C’est aussi le cas entre les différents courtiers.

Quelle performance pour les investisseurs ?

Un jeu à somme nulle

Contrairement à l’investissement en actions, l’investissement en options est un jeu à somme nulle. Il faut qu’il y ait un gagnant et un perdant. Le jeu est même négatif du fait des frais. Cela ne veut pas dire que c’est inutile. Cela veut simplement dire qu’il faut être au courant.

Cela étant, il faut savoir que les techniques citées ici soit pour se protéger des krachs, soit pour se créer un revenu, ne fonctionnent pas très bien (en plus d’être compliquées). Par exemple, concernant la possibilité de se protéger contre les krachs, le coût de cette assurance est absolument énorme.

La performance d’une stratégie anti krach boursier

L’indice CBOE simulant une protection contre les chutes de la bourse

D’ailleurs, le CBOE a même créé un indice sur cette stratégie. Il s’agit du Cboe S&P 500 5% Put Protection Index. L’indice suit la performance d’une stratégie investissant dans l’indice S&P 500 et achetant mensuellement une option put 5% en dehors de la monnaie pour se couvrir. L’indice utilise des échéance mensuelles, qu’il renouvelle à chaque expiration.

L’indice démarre en 1986. On peut donc avoir un retour d’expérience assez intéressant (même si les performances passées ne préjugent pas des performances futures). 

Sur le graphique suivant, de Juin 1986 à Juin 2019, nous pouvons voir les pertes maximales d’un investissement dans le S&P 500 (l’aire en bleu) et dans la stratégie Protective Put (la courbe en rouge).

Une protection limitée contre les krachs et un coût assurantiel assez élevé

Il s’avère que la baisse maximale de la stratégie de protection avec les options est largement supérieure à 5% ! Elle est même de pratiquement 40% ! 

La baisse maximale est supérieure à 5% pour de nombreuses raisons, mais citons en deux :

  • La baisse sur un mois peut être supérieure à 5%, car il faut payer la prime du put. En période de krach boursier la volatilité augmente et le prix des options s’envole. En effet, le prix des options dépend (notamment) de la volatilité. Par exemple, la stratégie a perdu plus de 10% uniquement sur janvier 2008 (la volatilité implicite, le VIX – dont nous parlerons dans un autre article, était montée à plus de 40%).
  • Les baisses peuvent s’enchaîner sur plusieurs mois !

Il paraît clair que cette stratégie ne limite pas tant que cela les baisses. La baisse maximale est de 40% contre 50% pour le S&P 500 non couvert ! C’est toujours bon à prendre, mais pour quel prix ?

En échange de cette mini protection, selon mes calculs, la stratégie avec les options put aura abandonné 3,2 points de performance par an (performance de 7% par an pour la stratégie contre 10,2% pour le S&P 500).

La performance correspond d’ailleurs plus ou moins à un portefeuille à 60% en actions du S&P 500 et à 40% en cash. Mais surtout la protection contre la baisse est nettement moins bonne que celle du portefeuille (partiellement) désinvestit des actions ! Il aura mieux fallu baisser son allocation en actions, plutôt que faire cette stratégie complexe.

Mais finalement ce n’est pas une surprise. C’est tout simplement un meilleur business de vendre une assurance que d’acheter une assurance !

Les options ont une utilité indiscutable

Se protéger contre la variation de prix de son approvisionnement

La théorie des options peut paraître un peu abstraite, et finalement uniquement utile à ceux qui font de l’ingénierie financière sur les marchés. Sachez cependant qu’il y a des applications pratiques fort intéressantes.

Elles permettent, par exemple, à une compagnie aérienne de se protéger contre les évolutions erratiques du pétrole ! Dans son cas, bien sûr que l’assurance contre la chute du pétrole aura un coût. Mais c’est tout de même très utile à la compagnie aérienne.

Les options réelles

Une autre application est les options “réelles”. Elles permettent de valoriser des entreprises et même des projets, donc de prendre de meilleures décisions en entreprises.

Ce sont des outils avancés par rapport aux méthodes traditionnelles telles que la VAN (Valeur Actuelle Nette). Les options réelles permettent en particulier d’estimer la capacité à adapter son plan, ce que ne font pas du tout les outils traditionnels.

C’est sûr que c’est plus compliqué. Mais au-delà du calcul, c’est clairement la démarche qui apporte de l’intérêt ! 

Conclusion pour l’Épargnant 3.0

Comme nous l’avons vu, les options ne permettent pas à un investisseur de long terme de mieux investir. Comme quoi la complexité n’apporte pas nécessairement de bénéfices ; et peut-être bien au contraire dans le domaine de l’investissement.

Cependant, comprendre ce qu’est une option permet de mieux appréhender le monde de la finance. Et c’est certainement très utile, même pour l’Épargnant 3.0 qui vise la simplicité. Il faut parfois comprendre la complexité pour oser la simplicité.

Je vous souhaite le meilleur pour votre épargne … et surtout pour tout le reste !

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8 Commentaires

  1. Merci pour cet article très pédagogique, comme toujours.

  2. Bonjour,

    Merci beaucoup pour cet article.
    Je connaissais vaguement les options, les call et les put, vente à découvert … et je n’ai volontairement jamais utilisé.
    En effet, je trouve que c’est complexe, et j’investis jamais lorsque je ne comprend pas tout (je pense qu’il s’agit ici qu’une règle de base)

    Donc, je suis très d’accord avec votre conclusion.

    Maxime.

  3. Bonjour Edouard,

    Très intéressant cet article.
    Il faudrait préciser que les options sont parfois utilisées aussi pour bénéficier d’un effet de levier car généralement, le particulier n’exerce pas l’option dans la réalité.
    Dans la même catégorie, vous avez aussi des produits dérivés ressemblant comme les warrants et les turbos (avec une barrière désactivante, vous perdez dans ce cas quoi qu’il arrive pas plus que la somme investie) !

    Je suis tout à fait d’accord avec votre conclusion finale “Comme nous l’avons vu, les options ne permettent pas à un investisseur de long terme de mieux investir. “.

    J’ai déjà acheté par le passé des options et j’ai perdu de l’argent.
    Il y a la valeur temps qui est très difficile et complexe à appréhender par un particulier, j’en ai fait les frais.
    De mon expérience, il vaut mieux éviter les produits dérivés comme les warrants, les turbos ou les options, vous pouvez gagner une ou 2 fois mais vous finissez par perdre sur le long terme.

    Les options sont à réserver pour protéger un des actifs de notre portefeuille contre une baisse, dans le cadre d’une vraie stratégie (j’en avais trouvé une ou 2 se basant sur des indicateurs techniques pour donner le signal d’achat et de vente d’une option pour protéger par exemple son ETF SP500 contre la baisse), mais qui est souvent complexe à mettre en place !

    Finalement, avec beaucoup de patience, l’investissement 100% ETF est la plus simple et la meilleure à mon niveau ;-).
    Mon portefeuille est passé à -25% lors du krach et là il est à -4%, finalement, pas besoin d’options pour se protéger des baisses, de la patience et un investissement RSA est plus efficace pour moi et me permet de mieux résister psychologiquement,

    1. La stratégie de vente de put correspond justement au contraire de la stratégie de protection dont je parle. Quand je dis que c’est un meilleure business de vendre des assurances que d’en acheter, cela veut dire que la stratégie de vente de put est gagnante.
      Mais en faisant cela on accepte d’assurer les gens contre les krachs. Quel investisseur particulier veut/peut faire cela ? C’est comme vendre le VIX. Ca fonctionne sur le papier, mais c’est de la bombe atomique.
      Pas vraiment le premier truc à faire lorsqu’on investit en bourse. Mais j’ai plus tendance à être d’accord, c’est une stratégie qui fonctionne.
      (Il y a bien sûr des façons d’adapter le risque, en complexifiant un peu le fonctionnement et en abandonnant une partie de la performance …)
      La performance de cette stratégie est due notamment au fait que la volatilité implicite est plus élevée que la volatilité historique … c’est à dire au fait que les gens veulent absolument se protéger contre la volatilité et les pertes fortes.
      Il en résulte que si vous êtes capable d’endurer cette stratégie, c’est que vous êtes en dehors de la normale. Ce n’est pas impossible, mais quand on pense cela il faut faire attention au biais d’overconfidence, si courant …
      Il faut aussi avoir les compétences et le mental pour roller des positions de produits dérivés … pas donné à tout le monde. Mais pour quelqu’un qui a les compétences et le mental oui …

      1. “Il faut aussi avoir les compétences et le mental pour roller des positions de produits dérivés … pas donné à tout le monde. Mais pour quelqu’un qui a les compétences et le mental oui …”

        Je suis tout à fait d’accord avec vous.
        Ce point n’est jamais mis très en avant par les banques qui vendent les produits dérivés comme les options, les warrants ou turbos (à part l’obligation que l’investissement sur ce produit peut entraîner des pertes partielles ou intégrales en capital).
        En tout cas, je sais que je n’ai pas personnellement le mental pour ça, pour avoir essayé ce genre de stratégies.

  4. Merci pour cet article,

    Une autre manière d’utiliser les options, vendre des puts. Au lieu de mettre un ordre limite sur une action, vendre un put et encaisser la prime. Si le cours ne baisse pas, on a encaissé du cash, sinon on achète l’action au prix initialement désiré.
    Warren Buffet vend régulièrement des puts (mais il faut avoir le cash en face, sinon gare aux appels de marge).

    Je me posais la question de l’achat de call/vente de put sur des ETF US. Quid de l’assignation pour un résident européen ? Peut-on acquérir les ETF ? Notre broker va t-il nous forcer à les vendre ?

    Merci,
    Thomas

    1. Bonjour Thomas,

      Pour répondre à votre question, généralement, votre broker français comme bourse direct ne vous laissera pas acheter un ETF US s’il n’est pas autorisé par l’AMF française.
      En effet, votre broker engagerait sa responsabilité juridique dans le cas contraire, c’est à dire :
      – vous aurez la possibilité de vous retourner contre lui en cas de perte.
      – l’AMF pourrait lui infliger une amende et le poursuivre en justice.
      Je suis chez bourse direct et quand j’essaie d’acheter un ETF non autorisé, l’interface ne me laisse jamais faire et m’affiche un message d’erreur, donc vous n’avez aucun risque d’acheter un ETF non autorisé, si vous arriviez, alors c’est le broker qui serait très embêté.

      Pour éviter les appels de marge, vous avez l’équivalent des options avec les turbos (société générale ou bnp) que vous pouvez négocier chez votre broker français.
      Attention, les turbos contiennent une barrière désactivante, si votre sous-jacent atteint un certain seuil (que ce soit un call ou un put) alors vous perdez tout l’argent investi sur le turbo (mais vous n’avez aucun appel de marge), même si votre sous-jacent rebondit après.
      Par exemple, vous achetez 100 euros un call turbo cac 40 avec une barrière désactivante à 4000 point.
      Lors de votre achat, l’indice cac 40 est à 4 200 points.
      Le lendemain, l’indice tombe à 4000 points, votre investissement de 100 euros même si l’indice remonte à 4100 points dans la journée.

      Attention, la valeur temps joue beaucoup contre nous avec une option ou un turbo, c’est une “dimension temporelle” ;-) très difficile et complexe à appréhender pour un particulier. J’y ai joué personnellement et j’ai perdu de l’argent à cause de cette dimension.

      Autre remarque importante : Il ne faut pas oublier que :
      – lors des krachs (comme le récent), l’AMF peut interdire les produits dérivés de vente à découvert et va vous obliger à vendre votre put alors que vous venez juste de l’acheter et vous faire perdre de l’argent (alors que vous auriez pu en gagner).
      – certaines valeurs sont périodiquement interdites en vente à découverte (et donc les options call/put aussi), comme lors du détachement de dividende, et pour la même raison, l’AMF va vous obliger à vendre votre option au plus mauvais moment !