Bien que la bourse soit très rémunératrice à long terme, peu de gens investissent dans les actions et préfèrent le Livret A ou les fonds en euros. Une des raisons est qu’ils ont peur des chutes de la bourse, et surtout des grands krachs, comme on les appelle.

Pourtant il existe des techniques pour vivre mieux ces krachs et même peut-être les passer sans trop d’encombres !

Définition des krachs boursiers et historique des chutes de la bourse

Définition des krachs

Cependant, tout d’abord voyons ce qu’est un krach boursier.

Un krach boursier est une chute brutale de la bourse.

Voilà, ce n’est pas plus compliqué que cela. Mais que signifie brutale ? Nous pouvons tenter de répondre à la question de deux manières :

  • Une chute brutale en tant que telle. On fixe alors arbitrairement un seuil, 20% 30% ou 50%. Cependant, cela dépendra de la perception des gens.
  • Une chute importante au regard des autres chutes. Le seuil définissant un krach serait alors par exemple “les 10 pires années de la bourse depuis 1900”.

Est-ce que cela arrive souvent ?

Dans tous les cas, et c’est bien le principe cela n’arrive pas souvent, mais l’impact est important.

Les krachs boursiers aux États-Unis depuis 1928

Le marché américain représente 50% du marché mondial et il donne le là sur les autres bourses. Commençons donc par étudier les chutes de la bourse aux États-Unis depuis 1928 soit sur un peu plus de 90 ans :

  • La bourse a baissé une seule fois de plus de 40% dans une année calendaire
  • 6 fois de plus de 20%
  • 11 fois de plus de 10%

Naturellement, la bourse peut baisser plusieurs années de suite. Cette fois-ci j’ai regardé les chutes par rapport au plus haut atteint et en prenant en compte l’inflation :

  • La bourse américaine a chuté d’un peu plus de 50% pendant la crise de 1929
  • Elle a chuté de 40% pendant la Deuxième Guerre mondiale
  • Elle a chuté de 50% pendant la crise pétrolière des années 1970, la crise des sociétés technologiques internet de l’an 2000 et presque de 50% pendant la crise de 2008

On peut donc dire qu’il y a eu 5 grands krachs sur les cent dernières années. Soit un krach tous les vingt ans. Cela ne veut pas dire que cela n’arrive pas, bien au contraire. Mais c’est tout de même un événement relativement rare.

Chutes de la bourse

Est-ce que la bourse remonte rapidement ?

C’est vrai que les chutes peuvent être très sévères, mais est-ce un problème si la bourse remonte rapidement ?

  • La bourse américaine a rattrapé la baisse de 1929 en 5 ans après une chute de 5 ans
  • La bourse a retrouvé son niveau de 1936 uniquement en 1945 soit 9 ans plus tard
  • La bourse a retrouvé son niveau de 1972 en 1984

Il y a eu bien sûr eu d’autres secousses sévères de la bourse telles que :

  • Le krach de 1987 (la bourse n’a même pas baissé sur l’année 1987, alors que l’indice S&P 500 a perdu plus de 20% en une seule journée)
  • La crise des pays asiatiques à la fin des années 90
  • La crise de l’euro en 2011

Mais force est de constater que cela a été finalement assez temporaire. Ce sont des mini-krachs.

C’est pour cela qu’il y a eu uniquement cinq vrais krachs profonds depuis un peu plus d’un siècle en réalité si on prend comme référence les États-Unis.

La meilleure technique pour se protéger des baisses de la bourse : diversifier

Il est très difficile de prévoir et d’annuler les effets d’un krach sur son portefeuille, cependant il est possible de limiter la casse en utilisant une technique simple et quasiment imparable : la diversification.

Avoir de nombreuses sociétés en portefeuille

La première chose à faire lorsque l’on veut réduire son risque, c’est de multiplier les lignes de son portefeuille. Ainsi vous répartissez le risque individuel de faire une grosse perte.

Il faut avoir au grand minimum vingt actions en portefeuille.

Avec les ETF, il est possible d’investir en quelques clics dans des centaines actions, et donc réduire grandement son risque.

Diversifier géographiquement

Le deuxième type de diversification est la diversification géographique. Ce type de diversification ne va probablement pas faire éviter les vrais krachs de long terme. Cependant, il permettra de grandement réduire les soubresauts de la bourse.

À titre d’exemple, un investissement dans le CAC 40 aura perdu pratiquement 15% de sa valeur en 2011, lors de la crise grecque. En revanche, un portefeuille d’actions bien diversifié mondialement n’aura pratiquement pas perdu de valeur.

Investir progressivement

Il est très difficile de prévoir les hauts et les bas de la bourse. Une technique simple est d’investir constamment et de manière automatique. De cette manière, on achète haut et on achète bas.

Diversifier avec d’autres classes d’actifs

Il faut aussi diversifier avec d’autres classes d’actifs. En effet, d’autres classes d’actifs telles que les obligations ou l’or, ont tendance à moins baisser, voire parfois à augmenter lors des krachs boursiers.

Ne pas regarder son portefeuille

Une technique étonnante et simple est tout simplement de ne pas s’occuper de son argent. On n’a même pas le temps de s’apercevoir que la bourse a baissé qu’elle a déjà remonté !

Les techniques pour prévoir les baisses des cours de bourse

Il existe des méthodes très nombreuses, car c’est clairement l’attente principale des investisseurs, ne pas perdre d’argent. Déjà sur un plan théorique, on peut gagner beaucoup d’argent en bourse parce qu’on prend certaines formes de risque.

Voilà deux techniques qui me semblent dignes d’être étudiées de près, même si elles ne fonctionnent pas à tous les coups.

Éviter les marchés chers pour diminuer la probabilité de subir les krachs ?

C’est un peu le sens commun, il vaut mieux acheter ce qui est bon marché et éviter ce qui est trop cher. Les marchés chers ont plus de chance de baisser et même de subir des krachs.

Il existe des indicateurs pour identifier si un marché est cher, en voici deux :

  • La capitalisation boursière totale d’un pays divisé par son PIB. C’est un des ratios préférés de Warren Buffett.
  • Le CAPE (Cyclically Adjusted Price Earnings), un ratio inventé par le prix Nobel d’Économie 2013, Robert Shiller.

Cela étant, il faut vraiment faire attention à correctement manipuler ces ratios, comme je le montre dans l’article de ce blog “Ce n’est pas grave d’investir au plus haut”. En effet, ces ratios sont surtout utilisables pour sélectionner les marchés les plus porteurs plutôt que pour tenter de rentrer et sortir de la bourse.

Éviter les marchés qui baissent, grâce à l’effet Momentum ?

Comme vous le savez certainement, l’être humain aime faire comme ses congénères, c’est l’effet moutonnier. Ainsi, on a aura parfois intérêt à aussi suivre la foule, et acheter quand ça monte et vendre quand cela baisse. En effet, ce qui a augmenté a de bonnes chances de continuer à augmenter et ce qui baisse a de bonnes chances de continuer à baisser. C’est ce que l’on appelle l’effet momentum.

Mais attention, c’est vrai sur certaines périodes d’analyse et complètement le contraire sur d’autres périodes !

À manipuler avec précaution.

Que faire lorsque la bourse chute ?

Imaginons que l’on arrive à identifier à l’avance que la bourse va continuer à baisser. C’est peu probable, mais plaçons-nous dans cette hypothèse.

La mauvaise idée : les trackers short ou inverse

Il existe des ETF que l’on appelle short, beur ou inverse. Mais comme je l’explique dans cet article sur les ETF à effet de levier ou short, c’est souvent une mauvaise idée.

La bonne idée : baisser son allocation en actions

Il est souvent plus sage et moins cher de baisser son allocation en actions. C’est aussi nettement plus simple !

Conclusion : aller plus loin dans les techniques pour préserver son capital et limiter l’impact des krachs

Chercher à prévoir le marché est un jeu dangereux

Il faut savoir que tout le monde aimerait prévoir les baisses du marché, et surtout les krachs. Tout le monde aimerait pouvoir s’en prémunir facilement. Si c’était le cas, tout le monde le ferait. Et force est de constater que ce n’est absolument pas le cas.

D’ailleurs, comme disait le célèbre investisseur Peter Lynch :

Beaucoup plus d’argent a été perdu par les investisseurs en tentant de se préparer aux krachs, plutôt qu’à cause des krachs eux-mêmes.

Une des raisons pour lesquelles ce jeu est difficile est qu’il faut avoir raison deux fois :

  • Au moment où l’on sort du marché
  • Au moment où il faut re rentrer dans le marché

Si l’on cherche à vous vendre un produit, une solution ou une stratégie qui vous permet une performance très attrayante tout en réduisant significativement les risques, prenez garde.

Les livres pour mieux comprendre les crises

Ceux qui veulent aller plus loin pour comprendre les crises boursières pourront lire les deux livres suivants (en anglais) :

Ces livres, très bien documentés, permettent de remonter bien avant le XXe siècle. Car les bulles et crises financières ne datent pas d’hier. On pourra notamment citer :

  • La bulle des bulbes de tulipe en 1636
  • La bulle de Compagnie de la Mer du Sud en 1720

La formation sur les bonnes pratiques de développement de son patrimoine grâce à la gestion passive

Lorsque l’on investit, on a pour ambition de limiter les risques, et a minima de préserver son patrimoine. Dans la formation que j’ai créée, j’aborde naturellement ces sujets. Je détaille aussi la façon dont on peut utiliser au mieux les indicateurs de valorisation du marché et de momentum dont j’ai parlé plus haut.

La formation permet d’accélérer dans la compréhension de tous ces éléments, et de réduire significativement les erreurs qu’un épargnant peut faire. Cela permet d’investir avec une plus grande sérénité.

Sur ce, je vous souhaite le meilleur pour votre épargne … et surtout pour tout le reste.